Fiche d’information 11 juillet 2018

Accès des filles aux études secondaires : des inégalités qui se paient au prix fort

  • À l’échelle mondiale, neuf filles sur dix vont au terme de l’enseignement primaire, tandis que trois sur quatre achèvent le premier cycle du secondaire (soit 8 à 9 ans de scolarité). Dans les pays à faible revenu, moins des deux tiers des filles vont au terme de l’enseignement primaire et seule une fille sur trois achève le premier cycle du secondaire.

  • Une fille qui termine ses études secondaires sera mieux armée pour mener une vie en meilleure santé et plus prospère à l’âge adulte. Elle aura moins d’enfants, tandis que ces derniers seront eux-mêmes moins exposés aux risques de morbidité et de mortalité et auront davantage de chances de réussite. En outre, les filles qui vont au terme de l’enseignement secondaire seront plus susceptibles d’avoir une vie active une fois dans l’âge adulte ainsi qu’un rôle décisionnaire dans leur foyer et leur communauté.

  • Revenus et niveaux de vie : si toutes les filles bénéficiaient d’une scolarité complète de qualité (soit 12 années d’études), les gains en termes de revenus des femmes tout au long de la vie se chiffreraient entre 15 000 et 30 000 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Les femmes qui ont un niveau d’instruction primaire gagnent entre 14 et 19 % de plus seulement que celles qui n’ont pas été scolarisées ; celles qui poursuivent leurs études jusqu’à la fin du secondaire gagnent pratiquement deux fois plus.

  • Mariages et grossesses précoces : l’accès de toutes les filles à l’enseignement secondaire pourrait conduire à la quasi-disparition des mariages d’enfants (unions contractées avant 18 ans), et pourrait de ce fait réduire de 75 % les risques de grossesses précoces (premier enfant avant 18 ans).

  • Fécondité et accroissement de la population : dans les pays qui affichent de forts taux de fécondité, l’accès de toutes les filles à l’enseignement secondaire pourrait contribuer à une réduction d’un tiers du nombre d’enfants par femme et à une hausse de 25 % de l’utilisation de contraceptifs. Ce qui conduirait à une diminution de la croissance démographique mondiale à hauteur de 0,3 point de pourcentage, et permettrait ainsi d’engranger des gains chiffrés à 3 000 milliards de dollars par an, avec des effets cumulatifs au fil du temps.

  • Santé, nutrition et bien-être : dans les pays en développement, l’accès de toutes les filles à l’enseignement secondaire pourrait accroître le niveau de connaissance des femmes sur le VIH/sida et leur donner les moyens de prendre elles-mêmes des décisions touchant à leur santé. L’universalisation de l’enseignement secondaire permettrait également d’améliorer le bien-être psychologique des femmes, de réduire le risque de violences conjugales et de faire baisser les risques de malnutrition et de mortalité chez leurs enfants de moins de cinq ans.

  • Capacité d’agir et de prendre des décisions : l’accès de toutes les filles à l’enseignement secondaire pourrait augmenter d’un dixième la capacité des femmes à prendre des décisions au sein de leur foyer, et d’un cinquième la probabilité que leurs enfants soient enregistrés à l’état civil.

  • Capital social et institutions : l’accès de toutes les filles à l’enseignement secondaire pourrait induire des comportements plus altruistes à l’âge adulte et accroître la capacité des femmes à pouvoir compter sur un réseau d’amis en cas de besoin.

Pour en savoir plus sur le rapport Missed Opportunities: The High Cost of Not Educating Girls,
rendez-vous sur : https://openknowledge.worldbank.org/handle/10986/29956 (a)