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Territoires Palestiniens : rapport de suivi de la situation économique (avril 2017)


Sortant de la récession de 2014, l’économie palestinienne a progressé d’environ 4 % en 2016, grâce à des facteurs transitoires comme la reprise des constructions à Gaza notamment. À 27 %, le chômage reste obstinément élevé. Compte tenu des contraintes qui pèsent actuellement sur la compétitivité de l’économie, la croissance à moyen terme est projetée à 3,5 %. Une aide moins importante que prévu et l’éventualité d'un nouveau conflit font craindre un ralentissement de la croissance et de l’emploi.

On estime que la croissance dans la Bande de Gaza a atteint 7,4 % en 2016, à la faveur d’une explosion des travaux de construction. En Cisjordanie, c’est l’augmentation de la consommation des ménages financée par des prêts bancaires qui explique surtout le taux de croissance de 3,4 %.

En supposant que les restrictions actuelles restent en place et que la situation sécuritaire demeure relativement calme, le taux de croissance du PIB réel de l’économie palestinienne devrait être de 3,5 % en 2017 : 2,7 % pour la Cisjordanie et 5,5 % à Gaza. À moyen terme, ce taux pourrait tourner aux environs de 3,5 %. Cette atonie de la croissance entraîne une quasi-stagnation du revenu réel par habitant et une augmentation du chômage.

Alimentée par les travaux de reconstruction de Gaza, la récente reprise de la croissance ne pourra pas perdurer à moins que les restrictions externes soient assouplies et des efforts soient faits pour améliorer le cadre de l’activité commerciale. Par conséquent, les perspectives économiques dans les territoires palestiniens restent pessimistes, les niveaux de croissance annoncés étant insuffisants pour améliorer les conditions de vie de la population. Le déficit budgétaire (hors dons) devrait augmenter pour se situer à 10 % du PIB (1,35 milliard de dollars) en 2017. Dans le même temps, l’aide étrangère pourrait descendre autour de 640 millions de dollars en 2017, créant un déficit de financement de plus de 700 millions de dollars (5 % du PIB). Et les mesures prises par l’Autorité palestinienne ne suffiront pas pour combler ce déficit. À moins que les bailleurs de fonds n’augmentent considérablement leurs concours, le déficit sera principalement financé par des arriérés de paiement dus au secteur privé et par des emprunts contractés auprès de banques locales.