Cisjordanie et Gaza - Présentation

  • Compte tenu de l’absence de perspective claire de paix et de réconciliation, la situation économique de la Cisjordanie et de Gaza n’est pas viable. Bien que, entre 2007 et 2012, l’aide des donateurs ait permis de développer les services financés par l’État et d’alimenter une croissance tirée par la consommation, ce modèle de croissance n’est pas tenable. L’aide internationale, qui a considérablement baissé ces dernières années, ne peut pas, en tout état de cause, compenser un investissement privé insuffisant, lequel est limité par le manque de confiance des investisseurs découlant des restrictions en vigueur et de l’absence d’avancées politiques. Alors que l’administration de Gaza et de la Cisjordanie reste divisée, les initiatives récentes de réconciliation entre les autorités des deux territoires ont donné des premiers signaux positifs.

    La guerre qui a sévi à Gaza en 2014 a provoqué une crise humanitaire et entraîné 1,7 milliard de dollars de pertes dans l’économie, qui peine encore à s’en remettre. Les efforts de reconstruction ont permis un redressement de la croissance à une moyenne annuelle de 3 à 4 % en 2015-2016. Cependant, l’aide reçue pour la reconstruction s’est considérablement contractée en 2017, entraînant un ralentissement notable de ces activités. En plus de cette reprise ralentie, l’activité à Gaza est pénalisée par de graves pénuries d’électricité et des coupures de courant permanentes.

    En juin 2017, le chômage demeurait obstinément élevé, à 29 %, avec un taux de 21 % en Cisjordanie et de 44 % pour Gaza. Le niveau de chômage des jeunes Gazaouis est particulièrement préoccupant, puisqu’il atteint 58 %. Et bien que près de 80 % des habitants de Gaza reçoivent des aides, le taux de pauvreté est très élevé.

    Le déclin actuel de l’activité économique pourrait être inversé dans un environnement de croissance durable, couplée à un engagement de la communauté internationale en faveur de la poursuite de l’aide financière. Le secteur privé peut être le moteur de cette croissance durable, mais les restrictions instaurées par le gouvernement israélien constituent toujours un frein aux investissements privés. L’accès à Gaza demeure extrêmement contrôlé et une grande partie de la zone C, qui représente 60 % du territoire de la Cisjordanie, est inaccessible aux Palestiniens.

    Dernière mise à jour: 01 oct. 2017

  • En 1993, la Banque mondiale a institué un fonds fiduciaire pour Gaza et la Cisjordanie (a) afin de mettre en place un mécanisme d’aide financière. En plus d’offrir un éventail de services de conseil, la Société financière internationale (IFC) poursuit son soutien au secteur privé palestinien, auprès de clients existants ou potentiels. De son côté, l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) a garanti plusieurs projets dans les secteurs de l’électricité, de l’agroalimentaire et de la production manufacturière.

    Le programme de la Banque dans les Territoires palestiniens se concentre sur l’établissement des fondements d’un futur État. Ses dons et services intellectuels concernent les secteurs suivants : gestion des finances publiques, services municipaux, énergie, gestion de l’eau et des déchets solides, protection sociale, développement du secteur privé, santé et éducation. Compte tenu de sa taille, l’économie palestinienne ne pourra s’engager sur une trajectoire de croissance durable que si le secteur privé parvient à être compétitif sur le marché régional et plus généralement au niveau mondial, et qu’il augmente ses exportations de biens et de services. La stratégie du Groupe de la Banque mondiale s’attachera dorénavant à contribuer à la création des conditions propices à une croissance du secteur privé dynamique et inclusive.

    • Le long du sentier d’Abraham, le Groupe de la Banque mondiale a soutenu la création d’emplois pour les femmes dans des territoires ruraux marginalisés.
    • La MIGA a apporté son soutien à des industries génératrices d’emplois en fournissant des garanties contre les risques politiques.
    • Le programme d’analyses conduit par la Banque mondiale a aidé l’Autorité palestinienne à suivre l’impact des restrictions sur l’activité économique et à promouvoir une croissance tirée par le secteur privé. La Banque aide actuellement l’Autorité palestinienne à se doter d’une vision stratégique en matière de commerce, d’électricité et de création d’emplois.
    • La Banque assure le secrétariat du Comité spécial de liaison des bailleurs de fonds auprès de l’Autorité palestinienne. Avant chaque réunion, elle soumet un rapport informant les partenaires de l’évolution de la situation économique et budgétaire et fournit des analyses économiques et institutionnelles. Le rapport présenté en septembre 2017 expose une nouvelle vision pour la croissance et la création d’emplois, assortie du chiffrage des gains potentiels attendus. 
  • Un fonds fiduciaire multidonateurs a acheminé à ce jour environ 1,4 milliard de dollars pour fournir un appui au programme de réformes de l’Autorité palestinienne en matière de gestion des finances publiques et de renforcement des politiques macro-budgétaires.

    Le Partenariat pour le développement des infrastructures du fonds fiduciaire multidonateurs, créé en 2012 pour soutenir des projets dans le secteur de l’eau, de l’énergie et du développement humain, compte désormais huit bailleurs de fonds (Danemark, France, Finlande, Norvège, Suède, Pays-Bas, Portugal et Croatie) et est doté à ce jour de plus de 111 millions de dollars de financement. Il s’agit du principal dispositif d’acheminement des fonds en faveur des interventions de reconstruction d’urgence à Gaza dans les secteurs de l’eau, de l’énergie et des services municipaux.

    Le gouvernement norvégien coopère en outre avec la Banque mondiale pour le fonctionnement du Comité spécial de liaison des bailleurs de fonds et à travers son fonds fiduciaire pour la bande de Gaza et la Cisjordanie, créé en 2014 et doté de 2 millions de dollars dans le but de favoriser la coordination de l’aide et les travaux analytiques concernant l’énergie, l’éducation et le développement du secteur privé. 

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FINANCEMENTS

Cisjordanie et Gaza: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA