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Iraq : rapport de suivi de la situation économique (avril 2017)


Depuis le milieu de 2014, l’Iraq est confronté à l’insurrection d’ISIS et à une baisse prolongée des prix du pétrole. Le dynamisme de la production pétrolière a soutenu la croissance, mais le secteur économique non pétrolier s’est fortement contracté. On estime que 10 % d’Irakiens sont toujours déplacés en raison de la persistance des conflits. Un important montage financier international soutient les efforts de réforme du gouvernement. À la suite de l’accord intervenu entre les membres de l’OPEP, la production pétrolière diminuera en 2017, mais la hausse des cours du pétrole contribuera à améliorer les soldes budgétaires et extérieurs. L’activité non pétrolière devrait retrouver une croissance positive. Les risques demeurent toutefois élevés.

Les perspectives économiques de l’Iraq devraient s’améliorer dans l’hypothèse d’un assainissement des conditions de sécurité et de la poursuite du rééquilibrage des finances publiques. Après trois années de fléchissement, l’économie non pétrolière devrait rebondir en 2017 grâce à l’amélioration des conditions de sécurité et à la hausse des dépenses d’investissement non pétrolières. Pour autant, le PIB réel devrait baisser de 3 % en 2017 en raison d’une réduction projetée de 6 % de la production pétrolière découlant de l’accord conclu par les membres de l’OPEP en novembre 2016 sur une réduction de 1,2 million de barils par jour de la production de brut. La baisse de la production devrait entraîner une diminution de 5 % du volume des exportations pétrolières en 2017. Selon les projections, la production et les exportations de pétrole retrouveront leur niveau de 2016 en 2018 et 2019. Le prix moyen des exportations pétrolières irakiennes devrait être de 47,4 dollars le baril en 2017 contre 35,6 dollars en 2016. La hausse des cours pétroliers réduira le déficit budgétaire ainsi que le déficit du compte courant pour les ramener à 4,4 % et 4,5 % du PIB en 2017.

On estime que la croissance globale, portée par le dynamisme de la production pétrolière, a atteint 10 % en 2016. Les conditions de sécurité et les chocs pétroliers ont contraint le gouvernement à procéder rapidement à une réduction des dépenses publiques qui a eu un effet négatif sur la consommation et l’investissement du secteur privé. L’économie non pétrolière s’est contractée de 10 % par an en 2015 et 2016, tandis que le taux moyen l’inflation s’établissait à 0,4 % en 2016.