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Égypte : rapport de suivi de la situation économique (avril 2017)


L’Égypte a entrepris un important programme de réformes économiques pour remédier à ses déséquilibres macroéconomiques, notamment la libéralisation du régime de change, l’assainissement des finances publiques et la réforme du cadre de l’activité économique. La libéralisation du régime de change est une mesure essentielle au rétablissement de la compétitivité de l’économie et à la stimulation de l’activité du secteur privé, fortement entravée par la pénurie de devises. Les réformes exacerbent toutefois les pressions sociales à court terme surtout que le taux d’inflation atteint des niveaux sans précédent.

Les trois premiers mois de l’exercice fiscal 2017 (l’exercice va de juillet à juin) se sont caractérisés par un ralentissement de la croissance a atteint un taux de 3,4 %, contre 5,1 % pour la période correspondante de l’exercice précédent et 4,3 % pour l’ensemble de l’exercice 2016. La croissance a été entravée par une pénurie aiguë de devises fortes, la surévaluation du taux de change et la morosité de la croissance en Europe, principal partenaire commercial de l’Égypte.

Le PIB devrait augmenter de 3,9 % durant l’exercice 2017, entraîné essentiellement par les investissements publics et, dans une certaine mesure, par les exportations nettes. L’investissement privé ne devrait reprendre que dans la deuxième partie de l’exercice, grâce au renforcement de la compétitivité due à la dépréciation de la monnaie et à la mise en oeuvre progressive des réformes concernant le climat de l’activité économique. Le tourisme devrait aussi bénéficier progressivement de l’affaiblissement de la monnaie. Il est toutefois probable que la croissance souffrira du ralentissement de la progression de la consommation privée due à une inflation record. La poursuite d’une politique monétaire prudente devrait, selon les projections, ralentir l’inflation sur la période couverte par les prévisions une fois que les effets exceptionnels de la dépréciation, des réformes des subventions et de l’instauration de la TVA se seront dissipés.