Afrique

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Certes, la région Afrique a accompli des progrès au cours des dix dernières années — dans les domaines de la croissance économique et de la réduction de la pauvreté —, mais elle est maintenant confrontée à des défis de taille en raison principalement de la baisse des cours mondiaux des produits de base et des risques inhérents à la région. La croissance a connu le ralentissement le plus marqué depuis 2009, s’établissant à 3 % en 2015, contre 4,5 % en 2014, et elle devrait reculer davantage à 2,5 % en 2016. La croissance du revenu par habitant, inhibée par l’accroissement de la population, a été encore plus modeste.

La situation diffère d’un pays à l’autre, en particulier entre les pays riches en ressources et les autres, mais globalement, l’évolution de la croissance économique de la région demeure en deçà des niveaux d’avant la crise financière. Le ralentissement de la croissance exacerbe le défi de la réduction de la pauvreté. Malgré les progrès, la proportion de personnes disposant de 1,90 dollar ou moins par jour pour vivre reste très élevée, estimée à 42,7 % en 2012.

L’aide de la Banque mondiale

Durant l’exercice écoulé, la Banque a approuvé une enveloppe de 9,3 milliards de dollars pour la région au titre de 109 projets. Cette enveloppe comprenait 669 millions de dollars de prêts de la BIRD et 8,7 milliards de dollars d’engagements de l’IDA, dont 200 millions de dollars du Mécanisme de financement complémentaire de l’IDA. Les principaux pôles d’intervention incluaient l’augmentation de la productivité agricole, l’élargissement de l’accès à une énergie abordable et fiable, le renforcement de la résilience face au changement climatique, la consolidation des pays fragiles ou touchés par des conflits, et la promotion d’une éducation de qualité.

La Banque a par ailleurs largement contribué à la production de connaissances durant l’exercice écoulé. Selon le rapport intitulé Poverty in a Rising Africa, il se peut que l’incidence de la pauvreté dans la région soit plus faible que ne le laissent penser les estimations actuelles. Toutefois, en raison de la croissance démographique, 50 millions d’Africains de plus qu’en 1990 vivent aujourd’hui dans l’extrême pauvreté.

Augmenter la productivité agricole

L’agriculture représente 65 % des emplois en Afrique. Le développement de ce secteur peut aider à diversifier les économies, à un moment où certains pays font face à des difficultés dues à la baisse des prix des produits de base. Pour améliorer la vie de deux millions des quelque 50 millions d’éleveurs vivant dans la région, le Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel, d’un montant de 248 millions de dollars, vise à élargir l’accès à des facteurs de production essentiels, aux services et aux marchés dans six pays (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad) et à améliorer les ripostes locales aux crises ou situations d’urgence pastorales. La plupart des bénéficiaires de ce projet de six ans seront des femmes et des jeunes.

Accroître l’accès à une énergie abordable et fiable

L’Afrique continue d’être à la traîne par rapport à d’autres régions du monde en ce qui concerne l’accès à l’électricité — le comble pour un continent doté d’un immense potentiel en énergies renouvelables, notamment l’hydroélectricité, le solaire, le géothermique. L’accroissement de l’accès à une énergie abordable, fiable et durable est l’un des principaux objectifs de l’action de la Banque dans la région. Au cours de l’exercice écoulé, la Banque a fourni 700 millions de dollars au titre du Projet gazier de Sankofa au Ghana, qui permettra de mettre en valeur le gaz naturel se trouvant à 60 kilomètres au large de la côte ouest du pays. Ce gaz alimentera la production de non moins de 1 000 mégawatts d’électricité à usage domestique, soit 40 % environ de la capacité de production installée actuelle du Ghana. Le projet permettra de mobiliser 7,9 milliards de dollars d’investissements du secteur privé et devrait être particulièrement rentable et bénéfique pour le Ghana.

S’adapter à l’évolution du climat et renforcer la résilience climatique

Le changement climatique, plus particulièrement les variations des températures et du régime des pluies, devrait frapper de plein fouet les populations les plus pauvres d’Afrique. L’investissement consacré aux techniques d’adaptation au changement climatique et à la gestion des risques de catastrophe demeure l’une des principales priorités de la Banque. Le document intitulé Africa Climate Business Plan, présenté lors des négociations sur le climat de la 21e Conférence des Parties (COP 21) qui s’est tenue à Paris en décembre 2015, définit un programme de travail destiné à aider les pays à réduire les effets du changement climatique et à s’y adapter. En avril 2016, la Banque mondiale, en collaboration avec ses partenaires, a décidé de créer un observatoire du littoral ouest-africain pour enrichir la base de connaissances sur l’érosion côtière, les inondations et d’autres risques liés à la modification du climat auxquels sont confrontés les pays côtiers et insulaires d’Afrique de l’Ouest. Cet observatoire permettra de renforcer les capacités nationales et régionales et soutiendra les efforts déployés par les pays pour rendre leurs zones côtières plus résilientes face au changement climatique.

Venir en aide aux pays fragiles ou touchés par des conflits

Au cours de l’exercice écoulé, l’IDA a approuvé l’octroi de ressources à la Guinée-Bissau et à Madagascar au titre de leur redressement. Ces fonds aident les pays fragiles ou en situation de conflit à s’attaquer aux inducteurs de leur fragilité et de soutenir le rétablissement du bon fonctionnement des institutions étatiques. En Guinée-Bissau et à Madagascar, ils permettront de financer des réformes essentielles, notamment le renforcement d’un système de gestion des finances publiques transparent et responsable.

Les initiatives régionales mises en œuvre par la Banque mondiale et les Nations Unies dans les Grands Lacs, le Sahel et la Corne de l’Afrique soutiennent les efforts déployés par-delà les frontières pour s’attaquer aux causes sous-jacentes de la fragilité. La Banque mondiale s’attaque au problème urgent du déplacement des populations dans les Grands Lacs et la Corne de l’Afrique au moyen de deux opérations visant à aider les pays concernés à juguler la crise en cours en apportant un soutien aux personnes forcées de se déplacer et aux communautés qui les accueillent.

Promouvoir le développement du capital humain

Au cours de chacune des dix prochaines années, 11 millions de jeunes Africains intégreront le marché du travail. Ils devront avoir bénéficié de la formation et disposer des compétences requises pour pouvoir réussir. Pour remédier à l’inadéquation entre le contenu de la formation des étudiants africains et les compétences recherchées par les employeurs, la Banque a lancé des initiatives destinées à promouvoir l’enseignement des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques à travers la région. Un projet d’ouverture de Centres universitaires d’excellence en Afrique d’un montant de 140 millions de dollars permet de financer 24 centres sélectionnés retenus à travers un processus concurrentiel et basés dans des établissements d’enseignement supérieur d’Afrique de l’Est et d’Afrique australe. Ce projet renforcera leurs capacités et mettra l’accent sur l’excellence dans la formation, la recherche appliquée et le transfert de connaissances dans des secteurs prioritaires comme l’agriculture, la santé, l’éducation et la statistique appliquée.

Plus d’informations : Page d’accueil de la Région Afrique de la Banque mondiale »  

 

Augmenter la productivité agricole en Afrique de l’Ouest

En 2008, la Banque mondiale avait mis en œuvre, à titre expérimental, le Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO) au Ghana, au Mali et au Sénégal. Les résultats avaient été impressionnants : les revenus des bénéficiaires avaient augmenté de 34 % et les récoltes de 30 %, les apports en calories avaient progressé et les périodes de famine s’étaient raccourcies. Suite au succès de la phase expérimentale, le programme a été déployé dans 10 autres pays, à savoir Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Gambie, Guinée, Libéria, Niger, Nigéria, Sierra Leone et Togo.

Ce programme élargi a permis d’augmenter les revenus et d’améliorer la sécurité alimentaire de 7 millions de bénéficiaires directs (dont 42 % de femmes) et d’une cinquantaine de millions de bénéficiaires indirects. Il a en outre permis de fournir 160 nouvelles variétés de cultures, des outils de transformation de produits alimentaires et d’autres technologies agricoles à de petits exploitants travaillant sur presque 4 millions d’hectares de terre. Le PPAAO jette en outre les bases de l’innovation agricole dans l’avenir. C’est ainsi qu’il appuie l’ouverture de neuf centres de recherche spécialisés, qui coordonnent la recherche et l’application à travers la région. Le PPAAO a aussi financé la formation de 1 000 jeunes doctorants et étudiants en maîtrise dans le domaine des sciences, et permis d’associer des universités à la mise au point de technologies agricoles.

Face au succès de ce programme, la Banque a décidé de l’étendre au Sénégal durant l’exercice écoulé. Un financement supplémentaire de 20 millions de dollars accompagnera les efforts déployés par les pouvoirs publics pour renforcer la production de semences certifiées et le système de commercialisation de l’arachide, et aidera à diversifier les activités dans le bassin arachidier.

ENGAGEMENTS ET DÉCAISSEMENTS RÉGIONAUX POUR LES EXERCICES 14-16

  ENGAGEMENTS (MILLIONS DE DOLLARS) DÉCAISSEMENTS (MILLIONS DE DOLLARS)
  Ex. 14 Ex. 15 Ex. 16 Ex. 14 Ex. 15 Ex. 16
BIRD  420  1 209  669  335
 816  874
IDA  10 193  10 360  8 677  6 604  6 595  6 813
Note : Portefeuille de projets en cours d’exécution au 30 juin 2016 : 56,1 milliards de dollars.

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INDICATEUR 2011 2012 2013 2014 2015

Population totale (millions)

898 923 948 974 1 001

Croissance démographique (% annuel)

2,8 2,8 2,8 2,7 2,7
RNB par habitant (méthode de l’Atlas, dollars courants) 1 402 1 617 1 691 1 727 1 627
Croissance du PIB par habitant (% annuel) 1,5 0,9 1,9 1,8 0,2
Population disposant de moins de 1,90 dollar par jour pour vivre (millions) 394 389 - - -
Espérance de vie à la naissance, femmes (années) 58 59 59 60 -
Espérance de vie à la naissance, hommes (années) 56 56 57 57 -
Taux d’alphabétisation des jeunes, filles (% de la population âgée de 15 à 24 ans) 66 66 66 66 -
Taux d’alphabétisation des jeunes, garçons (% de la population âgée de 15 à 24 ans) 76 76 76 76 -
Émissions de dioxyde de carbone (mégatonnes) 753 - - - -
SUIVI DES OBJECTIFS DE DÉVELOPPEMENT DURABLE (ODD)
ODD 1.1 Extrême pauvreté (% de la population disposant de moins de 1,90 dollar par jour pour vivre, PPA 2011) 44,4 42,7 - - -
ODD 2.2 Prévalence du retard de croissance, taille pour âge (% des enfants âgés de moins de 5 ans) - - - 36 -
ODD 3.1 Taux de mortalité maternelle (estimation modélisée, pour 100 000 naissances vivantes) 601 587 573 560 547
ODD 3.2 Taux de mortalité des enfants âgés de moins de 5 ans (pour 1 000 naissances vivantes) 97 93 89 86 83
ODD 4.1 Taux d’achèvement des études primaires (% du groupe d’âge concerné) 69 69 69 - -
ODD 5 Taux des femmes par rapport aux hommes (estimation modélisée de l’OIT, %) 84 84 84 84 -
ODD 5.5 Pourcentage de sièges occupés par des femmes dans les parlements nationaux (% du total) 20 21 22 22 24
ODD 6.1 Accès à l’eau potable (% de la population bénéficiant de l’accès) 64 65 66 67 68
ODD 6.2 Accès à des installations sanitaires de base (% de la population bénéficiant de l’accès) 28 29 29 29 30
ODD 7.1 Accès à l’électricité (% de la population) - 35 - - -
ODD 7.2 Consommation d’énergie renouvelable (% de la consommation énergétique finale totale) 71 70 - - -
ODD 17.8 Personnes utilisant Internet (% de la population) 12 15 17 20 22

Note :
 OIT = Organisation internationale du travail ; PPA = parité de pouvoir d’achat; - = indisponible. Consulter le site donnees.banquemondiale.org pour les données actualisées.
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