Programme de Protection Sociale Adaptative au Sahel

À propos du programme

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Photo ©: Andrea Borgarello/Banque mondiale

À propos

Le Sahel est confronté à certains des défis les plus graves au monde, notamment la pauvreté extrême, les chocs climatiques, les conflits, les déplacements de populations et l’instabilité politique. Le Programme de Protection Sociale Adaptative au Sahel (PPSAS) appuie les gouvernements dans la mise en place de systèmes de protection sociale solides et adaptatifs, capables d’atteindre les populations les plus pauvres et de répondre à l’évolution des besoins. En combinant financement, expertise technique et appui institutionnel, le PPSAS aide les pays à renforcer leurs systèmes nationaux, à mobiliser des ressources et à faire de la protection sociale adaptative une priorité majeure de l’agenda de développement de la région.


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    La PSA est essentielle pour réduire la pauvreté, se protéger contre les chocs et améliorer l’emploi

     

    Le Sahel figure parmi les régions les plus pauvres et les plus vulnérables au changement climatique dans le monde, malgré une contribution inférieure à 0,7 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Les sécheresses récurrentes, les inondations, les vagues de chaleur, la dégradation des terres et la désertification menacent les vies et les moyens de subsistance, érodent le capital humain et provoquent des déplacements. D’ici 2050, le changement climatique pourrait réduire le PIB annuel de la région par rapport à une hypothèse de croissance moyenne de 2 à 6 %, et jusqu’à 12 % dans certains pays selon des scénarios pessimistes.

    La protection sociale adaptative (PSA) constitue une approche stratégique et tournée vers l’avenir qui renforce à la fois le potentiel économique et les capacités de résilience des populations les plus pauvres et les plus vulnérables dans le contexte particulièrement fragile du Sahel. En répondant aux chocs provoqués par des crises, notamment ceux liés au changement climatique ou à la fragilité, la PSA s’intéresse à la situation des populations avant et après les chocs, y compris sous l’angle du genre. Dans une région où la volatilité climatique et les conflits se conjuguent à une pauvreté chronique, la PSA fournit aux ménages non seulement un soutien financier, mais aussi la sécurité, les compétences et les capacités productives dont les femmes et les hommes ont besoin pour bâtir des moyens de subsistance plus stables et des emplois plus résilients, et ainsi éviter de sombrer davantage dans la pauvreté.

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    Graphique comparant le bien-être au fil du temps pour les ménages avec et sans couverture avant, pendant et après un choc.

    Avec le soutien du Programme de Protection Sociale Adaptative au Sahel (PPSAS) et de ses partenaires, les gouvernements de la région renforcent les systèmes nationaux de PSA – y compris les registres sociaux, les mécanismes de paiement, les systèmes d’alerte précoce, les mécanismes de gestion des réclamations et les acteurs de terrain – afin de déployer à grande échelle trois interventions complémentaires :

    1. Filets sociaux – Un appui financier prévisible, assorti de mesures d’accompagnement, qui aide les ménages et la société à protéger et développer le capital humain, en veillant à la scolarisation des enfants, en soutenant la nutrition et la santé, et en offrant la stabilité nécessaire pour favoriser les opportunités économiques et la productivité à long terme, tout en permettant de développer les actifs et de renforcer la résilience des ménages face aux chocs.
    2. Inclusion économique – Un ensemble coordonné de mesures servant de tremplin vers l’emploi, permettant de diversifier et d’accroître les revenus et les actifs, de développer les compétences et favoriser l’accès à de meilleurs emplois, à l’entrepreneuriat et à une autonomie durable.
    3. Réponse au choc – Des interventions pouvant être déployées rapidement en cas de crise, afin d’assurer aux ménages un soutien en temps opportun et d’éviter le recours à des stratégies de survie préjudiciables, telles que le retrait des enfants de l’école ou la vente d’actifs productifs. Ces systèmes peuvent s’étendre à la fois verticalement (en augmentant le niveau de soutien) et horizontalement (en élargissant la couverture) en période de choc.

    La PSA est en fin de compte un investissement dans le développement à long terme, car elle renforce la résilience et la productivité des populations les plus pauvres et les plus vulnérables. Au Sahel, la PSA a démontré des effets positifs significatifs à plusieurs niveaux . Pour les bénéficiaires du programme, elle a considérablement renforcé la résilience des ménages, la sécurité alimentaire, la productivité, les revenus et la diversification économique. Elle a également contribué à l’autonomisation des femmes. Au-delà des bénéficiaires directs, la PSA a également généré des effets importants sur les économies locales et la société dans son ensemble, avec des retombées durables pour les générations futures. 

     

    Dernière mise à jour: févr. 28, 2026

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    Un partenariat catalyseur de confiance pour réduire l'extrême pauvreté et renforcer la résilience au Sahel

     

    Le PPSAS est un programme soutenu par un fonds fiduciaire multi-bailleurs géré par la Banque mondiale. Fondé en 2014, il opère actuellement dans le cadre du programme-cadre SAWAC, une initiative régionale pour le Sahel et les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest. Depuis plus de dix ans, le PPSAS accompagne les gouvernements de six pays — le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad— dans la mise en œuvre des priorités nationales en matière de protection sociale adaptative (PSA).

    Le PPSAS constitue également une plateforme régionale d’appui technique, de production et de capitalisation des connaissances, ainsi que de financement, visant à faire progresser la PSA pilotée par les gouvernements. Ses avantages comparatifs incluent : une expertise mondiale unique couvrant tous les aspects de l’agenda de PSA ; une présence durable dans les pays et un appui technique continu dans des contextes volatils, y compris lorsque les financements sont suspendus; et un engagement de longue date avec les institutions nationales. Sa complémentarité avec le financement de l’IDA (Association internationale de développement) de la Banque mondiale a permis de mobiliser plus de 1,2 milliard de dollars US pour promouvoir les investissements dans la PSA. Le PPSAS contribue à créer les conditions permettant aux systèmes nationaux de PSA de fonctionner à grande échelle et de manière durable, grâce à ses partenariats avec les agences des Nations Unies, les acteurs humanitaires, les institutions financières, les organisations non gouvernementales (ONG) et les plateformes régionales.

    À fin juin 2025, le PPSAS avait alloué 277 millions de dollars US pour soutenir la PSA : 70 % des fonds sont destinés aux investissements nationaux en PSA (programmes financés par des subventions et mis en œuvre par les gouvernements nationaux), 15 % à l’assistance technique visant à appuyer une mise en œuvre efficace et efficiente, et 15 % à la production de connaissances, au renforcement des capacités et à la mobilisation du consensus autour de la PSA. En appuyant l’expansion de la PSA au Sahel, le PPSAS contribue à l’objectif de la Banque mondiale d’atteindre 500 millions de personnes supplémentaires grâce à la protection sociale et au soutien à l’emploi d’ici 2030 (Objectif SP500).

    Quatre bailleurs de fonds apportent un appui financier au SASPP : l’Allemagne, le Danemark, la France et le Royaume‑Uni. Leurs représentants orientent la mise en œuvre à travers le Conseil de partenariat annuel du SAWAC et les réunions régulières du Groupe consultatif technique, favorisant une collaboration solide fondée sur la confiance.

     

    Dernière mise à jour: févr. 28, 2026

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    Des fondations au passage à l’échelle : un appui progressif pour renforcer l’appropriation, la qualité de la mise en œuvre et la durabilité, sous un pilotage national

     

    Depuis 2014, l’appui du PPSAS à la protection sociale adaptative (PSA) au Sahel s’est déroulé en phases. La phase 1 (2014-2019) a aidé les gouvernements à poser les fondations des systèmes de PSA dans les six pays. La phase 2 (2020‑2024) a permis de tester des innovations et de piloter de nouvelles approches, en générant des données probantes sur des systèmes de mise en œuvre efficaces et efficients, des mesures d’inclusion productive et des mécanismes de réponse aux chocs. La phase 3 (2025-2030) se concentre sur le passage à l’échelle des programmes qui renforcent efficacement les capacités productives et la résilience des ménages, en mettant l’accent sur la durabilité à long terme des systèmes nationaux de PSA et la continuité de leurs impacts à grande échelle.

    Les progrès réalisés au cours de la dernière décennie montrent que les systèmes nationaux de PSA, sous le pilotage des gouvernements et avec l’appui des partenaires, deviennent une pierre angulaire des stratégies économiques nationales pour soutenir les populations les plus vulnérables et promouvoir leur inclusion productive, leur résilience et leur adaptation au changement climatique. Le PPSAS a contribué à ces progrès en appuyant quatre piliers : les programmes, les systèmes, les dispositifs institutionnels et le financement.

    Les preuves du rôle et des réalisations de la PSA dans la création d’opportunités génératrices de revenus pour les populations les plus pauvres et vulnérables sont significatives. Il reste donc beaucoup à faire pour étendre la PSA à grande échelle au Sahel et au-delà.

    Quels progrès ont été observés dans les pays soutenus par le PPSAS ?

    1. Plus de 1,2 milliard de dollars US de ressources de l’IDA mobilisés, s’appuyant sur les allocations de ressources du PPSAS pendant la phase 2.
    2. Le PPSAS a soutenu des partenariats solides et fondés sur la confiance dans la région avec des institutions telles que l’Alliance Sahel (AS), le CGAP, la Commission de la population et du développement (CPD), le Fonds monétaire international (FMI), le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’UNICEF. 
    3. Une augmentation significative du financement public des systèmes et programmes de PSA dans des pays tels que la Mauritanie et le Sénégal, qui financent la majorité de leurs programmes sur ressources nationales.
    4. D'importants investissements nationaux dans les registres sociaux à travers le Sahel – le nombre de ménages inscrits étant passé de 1,66 million en 2021 à plus de 4,2 millions en 2025.
    5. Des innovations opérationnelles soutenues par le PPSAS pour des réponses plus rapides aux chocs climatiques — notamment en intervenant plus rapidement que les réponses traditionnelles aux sécheresses au Niger et dans les deux semaines suivant des inondations majeures au Sénégal.
    6. Un corpus solide de données probantes sur les programmes d’inclusion productive soutenus par le PPSAS, incluant des impacts sur les revenus des ménages, la productivité, l’épargne et la diversification, ainsi que sur l’autonomisation des femmes, avec des revenus en hausse de 60 à 100 % en 18 mois.

    Comment la PSA peut-elle être mise à l’échelle dans le cadre de la stratégie économique des pays afin de stimuler la croissance et de soutenir un avenir plus résilient, plus inclusif et créateur d’emplois ?

    Fournir des programmes à fort impact aux 15 % de ménages les plus pauvres et soutenir ceux touchés par des chocs nécessiterait environ 900 à 950 millions de dollars US par an pour les six pays. Cet investissement permettrait de toucher chaque année environ 25 millions de personnes pauvres et vulnérables, ainsi que les réfugiés dépendant de ces systèmes. Assurer un financement durable pour cet effort est un défi, mais il peut être relevé en augmentant progressivement le financement domestique et en canalisant l’appui programmatique des partenaires via les systèmes nationaux de PSA. S’appuyer sur les systèmes de mise en œuvre existants et sur un financement prévisible peut réduire le besoin de réponses ponctuelles plus coûteuses face aux crises, tout en augmentant l’efficacité des interventions.

    Dans la phase 3, le PPSAS se concentre sur le soutien à l’extension et à la durabilité de la PSA dans les pays sahéliens grâce à une stratégie en trois axes :

    1. Renforcer les systèmes nationaux de PSA : développer et améliorer les registres sociaux, les infrastructures de paiement numérique, les plateformes de données sécurisées et les dispositifs institutionnels soutenant l’emploi, l’inclusion et la résilience. Intégrer l’adaptation au changement climatique et l’autonomisation des femmes dans les politiques, la mise en œuvre et le développement des systèmes de PSA.
    2. Étendre les programmes efficaces et efficients : tester et déployer à grande échelle des interventions éprouvées dans les domaines des filets sociaux, de l’inclusion productive et de la réponse aux chocs, afin d’aider les ménages à stabiliser leurs revenus, investir et saisir des opportunités génératrices de revenus — un enjeu crucial dans une région où les moyens de subsistance sont soumis aux pressions du changement climatique, des conflits et d’autres chocs.
    3. Mobiliser le financement et les partenariats : promouvoir l’alignement de l’appui des partenaires — à travers les financements du développement, l’aide humanitaire et les fonds climatiques — sur les systèmes nationaux de PSA afin de favoriser des programmes prévisibles qui renforcent durablement les trajectoires vers l’emploi et l’autonomie.

     

    Dernière mise à jour: févr. 28, 2026

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En bref

Le PPSAS, un fonds fiduciaire multibailleurs géré par la Banque mondiale, vise à renforcer les systèmes de protection sociale adaptative dans le Sahel afin de permettre aux populations pauvres et vulnérables de mieux résister aux impacts du changement climatique.



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Programme de protection sociale adaptative au Sahel
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