Programme de Protection Sociale Adaptative au Sahel

Systèmes de mise en œuvre pour une fourniture efficace de la PSA

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© Dominic Chavez / World Bank

Les systèmes de mise en œuvre constituent l’infrastructure centrale dont les programmes de protection sociale adaptative (PSA) ont besoin pour identifier, atteindre et soutenir de manière fiable les ménages pauvres et vulnérables, tant en période normale qu’en situation de choc. La PSA repose sur des systèmes de mise en œuvre solides et bien fonctionnels — comprenant les systèmes d’identification, les registres sociaux, les dispositifs de paiement, les mécanismes de réclamation et les prestataires de services de terrain — capables de fonctionner de manière constante et à grande échelle. À travers le Sahel, les pays continuent de renforcer ces systèmes ainsi que l’ancrage institutionnel qui leur permet de fonctionner efficacement, même lorsque les besoins connaissent une augmentation temporaire.

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    Les systèmes et dispositifs de gouvernance qui permettent une mise en œuvre inclusive, rapide et efficace du soutien aux populations les plus pauvres et les plus vulnérables

     

    Le PPSAS offre un soutien aux gouvernements à chaque étape de la chaîne de mise en œuvre de la protection sociale. Toutes ces étapes sont essentielles pour connecter les populations aux interventions de PSA — y compris dans les contextes affectés par des chocs — et pour obtenir des résultats. Le soutien du PPSAS veille également à ce que les systèmes de mise en œuvre soient intégrés dans des dispositifs institutionnels solides et durables, et ancrés dans les politiques nationales.

    Delivery Systems FR
    Source: Lindert et all. 2020. Manuel de référence des Systèmes de mise en œuvre de la protection sociale, Banque mondiale. L’image illustre le cycle de mise en œuvre de la protection sociale, qui comprend quatre phases : l’évaluation, l'inscription, la fourniture et la gestion. Elle met en évidence la manière dont la distribution des prestations et la gestion des cas sont étroitement liées et se répètent dans le temps.

    Les phases d’évaluation et d’inscription se concentrent sur l’identification et l’atteinte des bénéficiaires potentiels. Cela commence par des actions de sensibilisation visant à encourager la participation des ménages, en expliquant clairement les objectifs, les instruments et la conception des programmes, ainsi que les critères d’éligibilité et les processus d’inscription — des éléments essentiels pour la transparence et l’inclusion. Dans la plupart des pays du Sahel, l’admission et l’enregistrement initiaux s’appuient sur les registres sociaux nationaux (voir la section correspondante dans le menu ci-dessus).

    La phase de fourniture se concentre sur la mise en œuvre des programmes de manière inclusive, efficace et efficiente. Cette phase repose sur des systèmes de mise en œuvre tels que les mécanismes de paiement (voir la section correspondante dans le menu ci-dessus), ainsi que sur des réseaux de mise en œuvre décentralisés (travailleurs sociaux locaux fournissant des mesures d’accompagnement ou coachs prodiguant des conseils pour le développement des entreprises).

    Enfin, la phase de gestion favorise l’inclusion, les résultats et l’impact de plusieurs façons. Elle aide les ménages à entrer et sortir des programmes et à progresser vers une plus grande autonomie. Dans cette phase, les mécanismes de gestion des réclamations (MGR) permettent également aux bénéficiaires de signaler leurs préoccupations et de les faire traiter : les MGR au Sahel ont résolu plus de 92 % des réclamations en 2025. Les approches de gestion adaptative permettent aux programmes de s’améliorer en continu. Le suivi et l’évaluation favorisent la compréhension du fonctionnement des prestations, de l’impact atteint et des bonnes pratiques mises en œuvre. Ces processus permettent d’identifier les ajustements nécessaires tout en assurant la responsabilité et la transparence des opérations.

    L’efficacité des systèmes de mise en œuvre pour maximiser l’impact des programmes de PSA dépend des dispositifs institutionnels qui les soutiennent. Institutionnaliser les systèmes de mise en œuvre et les programmes signifie les intégrer dans les politiques nationales, les cadres juridiques et les budgets. Cela implique également de dépasser les approches fragmentées et basées sur des projets pour aller vers des programmes et systèmes intégrés à l’échelle de l’ensemble du gouvernement, utilisables par d’autres acteurs. En renforçant la capacité de l’État à fournir un soutien, les systèmes institutionnalisés consolident le contrat social entre l’État et les citoyens, créant les conditions pour un financement durable et une coordination et harmonisation plus larges des partenaires. Le PPSAS soutient les gouvernements du Sahel à ces deux niveaux : améliorer l’impact des mécanismes de mise en œuvre et renforcer les institutions qui permettent aux systèmes de PSA de fonctionner, de se développer et de durer.

     

    Dernière mise à jour: févr. 28, 2026

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    Le déploiement à grande échelle de registres sociaux dynamiques et interopérables contribue à garantir que les systèmes de PSA n’excluent personne

     

    Les registres sociaux sont des instruments essentiels au Sahel, offrant aux programmes de PSA un moyen fiable d’identifier, d’enregistrer et d’évaluer les besoins et conditions des ménages nécessitant un soutien, y compris dans des contextes en évolution rapide. Pendant la Phase 2 du PPSAS, les registres sont passés de 1,6 million à plus de 4,2 millions de ménages, avec des améliorations significatives de la qualité des données et de leur sensibilité au genre et au handicap. Ces améliorations ont permis aux pays de mettre en œuvre des programmes de filets sociaux et d’inclusion économique plus inclusifs, et de répondre plus rapidement aux chocs. Durant la Phase 3 du PPSAS, alors que les vulnérabilités dans les contextes de fragilité, de conflit et de violence (FCV) et ceux affectés par le climat continuent d’évoluer rapidement, l’étape suivante consiste à rendre les registres sociaux plus dynamiques et interopérables, permettant aux gouvernements et à leurs partenaires d’avoir une visibilité quasiment en temps réel sur les dynamiques changeantes de pauvreté et de vulnérabilité dans la région.

    Un registre social dynamique est une plateforme vivante, qui réduit la perte de données en permettant un enregistrement continue et des évaluations de bien-être plus fréquentes ; qui permet aux ménages de mettre à jour leurs informations via des interfaces accessibles ; qui collecte les données plus efficacement grâce à des questionnaires modulaires ; et/ou qui utilise des proxys (comme les modèles PMT basés sur SWIFT) nécessitant moins de variables et des variables plus flexibles pour évaluer la pauvreté ou la vulnérabilité. Ces éléments renforcent l’inclusion, y compris pour les populations mobiles, tout en permettant aux systèmes de PSA de s’ajuster verticalement et horizontalement au fur et à mesure que les chocs surviennent. L’interopérabilité et l’échange de données entre les registres sociaux, les systèmes nationaux d’identification, les systèmes d’information de gestion des programmes multisectoriels, les plateformes de paiement et les mécanismes de traitement des réclamations contribuent à l’infrastructure publique numérique qui améliore la portée et l’efficacité des systèmes de PSA pour produire des impacts solides en faveur des populations pauvres et vulnérables.

    Le PPSAS se concentre sur l’aide aux pays pour consolider et étendre les acquis des registres sociaux. Cela inclut le soutien à l’expansion des systèmes dynamiques ; le développement de méthodes de collecte de données à la demande ; l’amélioration des directives partenaires pour l’utilisation des registres sociaux ; et la sensibilisation sur le rôle central des registres. En plus de l’assistance technique directe et des investissements, le PPSAS soutient les échanges de connaissances – tels que l’atelier Sud-Sud organisé au Brésil pour tirer des enseignements du Cadastro Único ou un échange technique francophone à Dakar avec des partenaires et représentants de pays.

    Cette démarche s’appuie sur un élan régional. La Mauritanie a élargi son registre social afin d’inclure des données de base sur tous les ménages, ainsi que des données socioéconomiques plus détaillées pour 40 % de la population, couvrant à la fois les plus pauvres et ceux les plus exposés au risque de pauvreté. Avec le soutien du PPSAS, la Mauritanie élabore une stratégie permettant aux ménages de s’enregistrer ou de mettre à jour leurs données à tout moment. Le Sénégal suit une démarche similaire. Après avoir presque doublé la taille de son registre social, passant de 541 000 à près d’un million de ménages, représentant environ 47 % de la population totale du pays et couvrant à la fois les ménages pauvres et vulnérables, le gouvernement développe des modalités d’enregistrement à la demande.

    Bien que de nombreux défis subsistent, ces initiatives posent ensemble les bases d’un écosystème de registres sociaux de nouvelle génération : plus inclusif, plus réactif et mieux aligné sur les réalités du Sahel.

     

    Dernière mise à jour: févr. 28, 2026

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    Rendre les paiements de la protection sociale adaptative centrés sur les bénéficiaires, efficaces et sécurisés

     

    Les transferts monétaires constituent une composante essentielle de nombreux programmes de PSA, aux côtés des mesures d’accompagnement axées notamment sur le renforcement du capital humain, de la productivité, de l’adaptation climatique ou de la cohésion sociale. Les mécanismes de paiement sont les moyens par lesquels les programmes versent ces transferts à travers différents instruments, tels que les paiements en espèces ou les comptes de monnaie mobile. Lorsqu’ils fonctionnent bien, le soutien est accessible, ponctuel, sûr, efficace et sans frais supplémentaire pour les bénéficiaires. Lorsqu’ils fonctionnent mal, les populations doivent parcourir de longues distances, s’exposent à des risques supplémentaires, font face à des pénuries de liquidités, à des retards, voire à des frais illégitimes. Le PPSAS soutient les pays du Sahel afin de mettre en place des paiements accessibles, prévisibles, sécurisés, faciles à utiliser et offrant un véritable choix aux bénéficiaires — facilitant ainsi l’accès des femmes et des hommes au soutien de la manière la plus adaptée à leurs besoins et contraintes.

    Les gouvernements en bénéficient également. Des mécanismes de paiement renforcés améliorent la transparence, réduisent la fraude et diminuent les coûts de mise en œuvre. Lorsque plusieurs programmes mobilisent différents prestataires en utilisant une infrastructure nationale de paiement partagée, cela favorise la concurrence, garantit la continuité du service, améliore l’expérience des usagers et réduit les coûts. Le PPSAS accompagne cette transition en réalisant des diagnostics pays, comme au Mali ou au Sénégal ; en renforçant la compréhension et l’échange de bonnes pratiques en matière de paiements sociaux ; et en fournissant une assistance technique ponctuelle pour améliorer les mécanismes existants ou mobiliser les acteurs du secteur autour du développement d’une infrastructure nationale de paiement partagée.

    Le PPSAS soutient des programmes de PSA pilotés par les gouvernements ; ainsi, la numérisation des paiements gouvernement-à-personne (G2P) constitue une priorité. Numériser les paiements au Sahel signifie à la fois promouvoir des instruments de paiement numériques, tels que les transferts sur comptes via la monnaie mobile, et améliorer les processus internes (« back-end ») qui assurent le bon fonctionnement des programmes. Le PPSAS aide les gouvernements à renforcer ces fondations techniques afin qu’elles se traduisent par une meilleure qualité de service pour les bénéficiaires. Lorsque les transferts sont versés efficacement sur des portefeuilles mobiles, l’accès est plus rapide, la traçabilité s’améliore et, à terme, l’inclusion financière progresse également (ouvrant l’accès à l’épargne, au crédit et renforçant ainsi les capacités d’adaptation des bénéficiaires).

    Malgré les défis, la part des paiements numériques a considérablement augmenté dans la région, passant de 20 % à 64 % entre 2021 et 2025. Les pays progressent dans la mise en place de transferts sociaux numériques afin de réduire les délais d’attente et la fraude, tout en améliorant la commodité, l’inclusion financière et l’autonomie des femmes. Par exemple, au Sénégal, un projet pilote soutenu par le PPSAS a proposé des options de paiement différenciées et des contrôles rigoureux des risques afin de garantir l’inclusion sûre et réussie des bénéficiaires disposant d’un accès limité au téléphone, à une pièce d’identité ou à des agents de proximité dans cette transition.

     

    Dernière mise à jour: févr. 28, 2026



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