Prospérité
En bref
Nous encourageons la stabilité macroéconomique et celle du secteur financier, des politiques budgétaires rigoureuses, notamment par une plus grande mobilisation des ressources intérieures, ainsi que la mise en place d’institutions publiques responsables, équitables et efficaces.
Nous collaborons avec les autorités publiques pour créer des emplois plus nombreux et de meilleure qualité, et favoriser une croissance généralisée, tirée par le secteur privé, en éliminant les obstacles au développement du secteur financier, à l’inclusion financière, à la compétitivité et à l’investissement privé. Nous suivons également les progrès réalisés en matière de réduction de la pauvreté et des inégalités, tout en évaluant les effets distributifs des politiques et des chocs macroéconomiques.
Côte d’ivoire : convertir la dette en programmes de développement pour promouvoir l’apprentissage
Le système éducatif ivoirien est soumis à d’énormes pressions, alimentées par une croissance démographique annuelle de 2,6 % et le plus important flux migratoire d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. L’instauration, en 2015, de l’école obligatoire pour les enfants âgés de 6 à 16 ans, est venue amplifier la demande d’établissements, de salles de classe, d’enseignants et d’équipements de base.
Grâce à un financement de 854 millions de dollars du Groupe de la Banque mondiale, la Côte d’Ivoire a pu réaliser sa première opération de conversion de dette en programmes de développement à la faveur du nouveau mécanisme conjoint de la Banque mondiale et du FMI en la matière ; le pays a ainsi pu dégager l’équivalent de 389 millions de dollars d’économies budgétaires sur cinq ans. Cette opération, combinant une initiative gouvernementale de gestion de la dette et un prêt commercial indexé sur la durabilité, était adossée à une garantie du Groupe de la Banque mondiale. Les économies réalisées serviront à financer la construction de 30 nouvelles écoles, facilitant ainsi l’accès à l’éducation à 30 000 élèves supplémentaires.
La conversion de la dette s’appuie sur le partenariat de longue date entre le Groupe de la Banque mondiale et la Côte d’Ivoire, qui a permis à plus de 63 000 enfants de la première à la troisième année, dont près de 32 000 filles, d’améliorer leurs compétences en lecture, en écriture et en mathématiques. En misant sur sa jeunesse, la Côte d’Ivoire prépare la prochaine génération de travailleurs qualifiés, leviers de sa croissance économique.
Monde : financer la croissance des entreprises dans les marchés émergents
Les analyses économiques du Groupe de la Banque mondiale fournissent des informations exploitables permettant de stimuler les investissements privés dans les marchés émergents.
Une des nouveautés de l’exercice 25 a été la publication d’un rapport dévoilant le rôle des marchés boursiers et obligataires dans la promotion de la croissance et de l’emploi dans les économies en développement. Le rapport Financing Firm Growth, préparé conjointement par IFC et la Banque mondiale, révèle que le montant des capitaux levés grâce à l’émission d’actions et d’obligations par des entreprises de certains pays à revenu faible et intermédiaire a doublé en pourcentage du PIB entre 2000 et 2022. À mesure que ces marchés financiers prenaient de l’ampleur, ils orientaient davantage d’investissements vers des entreprises productives, favorisant ainsi le développement et la création d’emplois.
L’impact sur la croissance et l’emploi est particulièrement visible chez les entreprises entrant sur les marchés financiers, montrant ainsi combien l’accès au financement libère le potentiel des petites et des jeunes entreprises, leur permettant de transformer les économies émergentes.
Les analyses menées permettent de proposer aux pays en développement des solutions pour élargir davantage leurs marchés financiers. Il peut s’agir de réformer les retraites — ce qui permet d’avoir une base d’investisseurs nationaux solide — ou d’adopter des lois rigoureuses sur la gestion des entreprises et la protection des investisseurs.
Par ailleurs, le rapport de la Banque mondiale intitulé Boosting SME Finance for Growth : The Case for More Effective Policies propose aux gouvernements des pays à revenu faible et intermédiaire des recommandations concrètes pour combler le déficit de financement des petites entreprises, un facteur essentiel à leur croissance et à la création d’emplois rémunérés.
Le Groupe de la Banque mondiale met également à contribution ses instruments financiers et ses partenariats pour renforcer davantage les marchés financiers. Il s’agit par exemple des produits en monnaie nationale d’IFC, qui permettent de protéger les recettes des clients en monnaie nationale du risque de change. Par ailleurs, nous travaillons avec nos clients pour émettre des titres de créance sur les marchés locaux de capitaux d’emprunt, tandis que nos investissements d’ancrage incitent les investisseurs à souscrire aux obligations émises dans les économies émergentes.
Turquie : encourager la production aux fins d’exportation
Les progrès de la République de Turquie en matière de développement au cours des vingt dernières années sont remarquables. La croissance du PIB réel était en moyenne de 5,4 % entre 2002 et 2023, ce qui a plus que doublé le revenu par habitant sur la même période. Cette croissance s’est par ailleurs accompagnée d’une réduction rapide de la pauvreté, dont le taux est passé de plus de 20 % en 2007 à environ 7,6 % en 2021 selon le seuil de pauvreté des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, soit 6,85 dollars (en parité de pouvoir d’achat de 2017). Cependant, l’essor économique rapide du pays, conjugué à l’accroissement de sa population, a entraîné une augmentation importante de l’utilisation des ressources, de la production de déchets et des émissions de gaz à effet de serre.
La BIRD, IFC et la MIGA conjuguent leurs efforts pour accompagner les exportateurs turcs et favoriser les exportations vertes. Au cours de l’exercice 25, IFC a engagé 1,3 milliard de dollars au titre d’activités de financement du commerce (875 millions de dollars d’aide officielle et 423 millions de dollars mobilisés) afin de faciliter les exportations par les petites entreprises. L’Institution réfléchit aussi aux moyens de financer les exportateurs désireux de décarboner leurs opérations et de proposer davantage de solutions de financement du commerce aux banques commerciales privées. Elle a en outre accordé 887 millions de dollars à des clients du secteur réel en République de Turquie afin de faciliter les exportations.
La Banque mondiale et la MIGA ont fourni des garanties pour aider à surmonter les obstacles auxquels se heurte le secteur des exportations du pays en raison de sa croissance rapide. La MIGA a émis une garantie d’un montant équivalant à 350 millions de dollars au titre du financement du commerce, qui permet d’accorder des prêts commerciaux à court terme aux exportateurs locaux afin de pallier le manque de liquidités résultant des délais entre les dépenses de production et les paiements des clients.
En abaissant les coûts d’emprunt et en favorisant l’accès à des financements en devises, le projet vise à soutenir les exportateurs qui font face à des coûts d’emprunt élevés et qui ne disposent pas suffisamment de crédits en devises. La garantie partielle de prêt de la Banque mondiale, d’un montant équivalant à 654,9 millions de dollars, permet d’obtenir des financements commerciaux à long terme pour appuyer les efforts d’écologisation des exportateurs turcs, notamment des financements d’un coût abordable et à longue échéance, pour les inciter à moderniser les équipements et les systèmes de chauffage et de refroidissement, ainsi qu’à réduire ou à recycler les des déchets.
L’ensemble de cet appui facilite l’accès à des financements à grande échelle et à moindre coût, offre des liquidités à court terme pour la production de biens destinés à l’exportation et contribue à mobiliser des capitaux à long terme pour assurer la décarbonation des exportations turques.
Programme post-universitaire d’ifc sur les marchés financiers
Des marchés financiers solides sont essentiels pour stimuler la croissance économique. Mais ils restent sous‑développés dans de nombreux pays, souvent en raison de l’absence de régulateurs qualifiés. Le programme post‑universitaire de neuf mois d’IFC vient résoudre ce problème, car il permet aux régulateurs du secteur et aux professionnels de la finance en milieu de carrière d’acquérir les compétences nécessaires pour promouvoir et développer les marchés financiers nationaux. Depuis son lancement en 2016, le programme a déjà permis de former 318 régulateurs de marchés financiers et professionnels de la finance de 69 pays. Au cours de l’exercice 25, IFC a publié le rapport Shaping the Next Generation of Capital Markets Leaders, qui montre la manière dont des anciens participants au programme ont évolué dans leurs carrières et influencé le développement des marchés financiers dans leurs pays respectifs, favorisant ainsi la croissance économique, la création d’emplois et les opportunités commerciales.