Mobiliser des partenariats

La diversité de la communauté mondiale du développement ne cesse de s’accroître, avec l'arrivée de nouveaux acteurs, aux côtés de ceux traditionnels, et une redéfinition des rôles de chacun. Cette évolution suscite de nouveaux partenariats et renforce la collaboration entre les différents acteurs.

Mobiliser des partenariats sur un nouvel échiquier du développement

L’éventail de participants au sein de la communauté de développement du monde ne cesse de s’élargir, les acteurs classiques et non classiques assumant des rôles nouveaux et changeants. Ce paysage en évolution inspire une nouvelle feuille de route pour la constitution de partenariats et le renforcement de la collaboration entre les différents acteurs.

Renforcer les partenariats pour approfondir la collaboration 

Au cours de l’exercice 18, la Banque mondiale a réaffirmé sa détermination à œuvrer avec des partenaires de tous les types pour relever les défis communs du développement dans le monde.

Philanthropes et secteur privé. Pour renforcer l’accent stratégique mis sur l’optimisation des financements pour le développement et s’y aligner, la Banque mondiale s’est davantage focalisée sur l’instauration de partenariats avec un groupe en expansion d’acteurs influents, notamment les fondations, les nouveaux philanthropes, les investisseurs à impact, les entrepreneurs sociaux et d’autres dirigeants du secteur privé. Cette action mobilise des partenariats innovants et stimule de nouveaux défenseurs pour soutenir la poursuite des priorités institutionnelles, notamment les migrations forcées, le climat, le genre et le capital humain.

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Société civile. La Banque mondiale a continué de renforcer la concertation et la collaboration avec les organisations de la société civile (OSC), y compris les organisations confessionnelles. Tout au long de l’exercice, elle a encouragé la participation des OSC aux échanges de vues sur des politiques essentielles et renforcé sa concertation avec les OSC au-delà de Washington, notamment en Indonésie où le Groupe de la Banque mondiale et le FMI tiendront leurs Assemblées annuelles de 2018.

Le Forum de la société civile, organisé en marge des Assemblées annuelles et des Réunions de printemps, a permis à la Banque et aux OSC de délibérer sur des questions cruciales comme la participation citoyenne, les intermédiaires financiers, l’éducation, l’énergie et le changement climatique. Plus de 1 000 représentants d’OSC ont participé aux Réunions de printemps (le contingent le plus important à ce jour), ce qui témoigne de l’intérêt constant que portent ces organisations à la collaboration avec la Banque. Une nouvelle foire à l’innovation des OSC, tenue lors du Forum de la société civile, a également offert aux OSC l’occasion exceptionnelle de communiquer les unes avec les autres, avec les délégués et le personnel de la Banque, en présentant leurs campagnes de sensibilisation, leurs outils de données en ligne et d’autres interventions et produits innovants.

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Parlementaires. En tant que représentants élus, les parlementaires ont un rôle crucial consistant à faire entendre les voix des citoyens dans les programmes et à promouvoir des résultats de développement pérennes. Dans ce contexte, la Banque a élargi sa collaboration avec les parlementaires par des initiatives comme un programme expérimental de sensibilisation avec les services des parlementaires européens qui facilitent la concertation entre les législateurs et la Banque mondiale, en vue d’approfondir la compréhension commune, les connaissances et la collaboration. La Banque a également lancé une initiative mondiale de jeunes parlementaires avec un groupe de parlementaires influents âgés de moins de 45 ans, dans le but de former la prochaine génération de dirigeants parlementaires déterminés à surmonter les défis du développement international. Durant l’exercice, la Banque a organisé une visite parlementaire sur le terrain au Viet Nam, qui a permis à une délégation de 29 parlementaires venus de 15 pays de constater l’impact des projets d’infrastructure financés par la Banque à Hanoï.

Les Assemblées annuelles et les Réunions de printemps continuent d’offrir d’importantes possibilités d’échanges avec les parlementaires. La Conférence parlementaire mondiale annuelle de 2018, coorganisée avec le Réseau des parlementaires et le FMI, a accueilli 205 parlementaires de 58 pays, dont 9 chefs de parlement (présidents et vice-présidents), 20 présidents de commissions et 35 membres de commissions des finances et du budget. La conférence a porté sur une gamme de sujets, dont le chômage des jeunes et la création d’emplois, le capital humain, la gouvernance, le genre et le financement du développement.

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Partenariats au sein des collectivités. La Banque s’emploie activement à collaborer avec les collectivités au sein desquelles elle mène ses activités et à y apporter sa contribution, que ce soit à Washington ou dans ses bureaux nationaux dans le monde entier. Par l’intermédiaire de son programme de dons aux membres de la collectivité, l’ensemble du Groupe de la Banque mondiale et ses agents nouent des partenariats personnels avec les populations locales et des organisations non gouvernementales, par le biais de dons du personnel, des abondements de l’institution à titre philanthropique, du bénévolat, des dons en nature et un programme de stage pour les élèves d’établissements secondaires publics locaux en vue d’apporter une aide aux collectivités au sein desquelles la Banque mène ses activités. Ensemble, ces programmes mobilisent une main-d’œuvre internationale motivée et très instruite pour l’amélioration des collectivités dans lesquelles elle vit, partout dans le monde.

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Œuvrer de concert pour faire face aux enjeux cruciaux de notre époque 

Le Groupe de la Banque mondiale œuvre activement à l’échelle de l’institution pour renforcer la collaboration et les partenariats qui peuvent contribuer à attirer immédiatement l’attention sur les grands enjeux mondiaux.

Fragilité. Actuellement, plus de 68 millions de personnes dans le monde ont été contraintes de partir de chez elles, et d’ici 2030 près de la moitié des pauvres vivront dans des situations de fragilité et de conflit. La lutte contre la fragilité et les migrations forcées et l’élimination de l’écart entre les activités d’aide humanitaire et de développement sont essentielles pour le programme mondial de développement et représentent une priorité pour bon nombre de partenaires et parties prenantes de la Banque.

Durant l’exercice écoulé, la Banque mondiale a orienté le travail de son Conseil consultatif annuel — une réunion des dirigeants du monde représentant le secteur privé, les investisseurs à impact, les philanthropes et les fondations — sur la fragilité afin de s’attaquer à cette question cruciale sous tous les angles. Les participants ont examiné la crise des réfugiés syriens et présenté un point de vue commun des difficultés auxquelles se heurtent les acteurs intervenant dans les situations de fragilité et des possibilités qui s’offrent à eux. Ils ont aussi discuté de la manière de tirer parti des atouts de chaque acteur, par exemple, les capitaux patients des fondations, le pouvoir mobilisateur de la Banque et la capacité du secteur privé à être agile, créer des emplois et stimuler la croissance. Les échanges de vues du Conseil consultatif ont abouti à un engagement des fondations, du secteur privé et du Groupe de la Banque mondiale de mettre en place une plateforme de mise en relation pour venir en aide aux réfugiés et aux communautés d’accueil. La plateforme comprend une initiative axée sur les entreprises du secteur privé pour leur indiquer les possibilités d’intervention en faveur des réfugiés, un mécanisme visant à débloquer les financements d’investissement et à créer une initiative mondiale de mobilisation et sensibilisation pour changer le discours concernant les réfugiés.

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Changement climatique. Durant l’exercice écoulé, la Banque a mobilisé des partenariats dans les sphères publique, privée, multilatérale et avec la société civile pour promouvoir l’action en faveur du climat. Le travail s’est poursuivi sur les contours d’Invest4Climate, une plateforme en cours d’élaboration avec le concours de partenaires des Nations Unies destinée à mobiliser des financements publics et philanthropiques pour accroître les investissements du secteur privé dans l’action climatique, dans les pays en développement. Et en mai, la Banque a organisé la deuxième édition de
« Innovate4Climate », une nouvelle conférence annuelle qui réunit des dirigeants des secteurs de la finance, du monde des affaires et du secteur des technologies, ainsi que des politiques pour stimuler les investissements climatiques.

Depuis 2011, le programme Connect4Climate (C4C) a mis en place un réseau mondial de plus de 500 partenaires entre la société civile, les coalitions de jeunes, le secteur privé, les organisations internationales et autres. Il met en rapport des individus et des groupes, amplifie le débat et l’interaction, et communique des informations pour promouvoir des manifestations et des activités liées au climat, en mettant un accent tout particulier sur la collaboration avec les jeunes. Durant l’exercice écoulé, le programme C4C a participé à des initiatives qui renforcent la mobilisation et la sensibilisation concernant le changement climatique. Ces initiatives incluaient All4theGreen à Bologne, un programme de plus de 80 manifestations sur le changement climatique avant et pendant la réunion ministérielle du G-7 sur l’environnement de juin 2017, et Uniting4Climate, une campagne élaborée en collaboration avec les instances de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et les gouvernements fidjien, italien et allemand avant et tout au long de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques de 2017, tenue à Bonn en novembre 2017, et le Sommet One Planet tenu à Paris en décembre 2017. C4C a aussi poursuivi avec succès sa collaboration avec l’industrie du cinéma par le biais de la campagne mondiale de l’initiative Film4Climate consacrée à la promotion de l’action climatique et de l’inclusion des messages favorables au développement durable dans les films et les témoignages visuels innovants.

Enfin, le Réseau des agents de liaison avec le secteur privé (PSLO) a aussi mené des missions essentielles portant sur les énergies durables et l’agriculture climato-intelligente à Washington et à Abidjan (Côte d’Ivoire), respectivement.

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Capital humain. Alors que l’économie mondiale reprend, davantage de pays sont en passe de réaliser de réels gains économiques. Ceux-ci pourraient être de courte durée et les pays pourraient laisser des opportunités leur échapper s’ils n’investissent pas dans le capital humain pour préparer leurs populations aux emplois du futur. En s’efforçant de catalyser des investissements plus importants en quantité et en qualité dans les populations, la Banque place le capital humain au centre de son programme mondial à travers le Projet de promotion du capital humain. Pour mobiliser des soutiens à l’échelle mondiale en faveur de cet effort, la Banque collabore avec des acteurs des secteurs public et privé, ainsi que de la société civile et des fondations. Du Sommet sur le capital humain des Assemblées annuelles, au cours duquel les dirigeants gouvernementaux, dont le président Paul Kagame du Rwanda, se sont engagés à mener une action ayant pour but d’investir dans le capital humain, aux discussions des Réunions de printemps visant à faire du capital humain un projet pour le monde, en collaboration avec Bill Gates et le Secrétaire d’État pour le développement international du Royaume-Uni Penny Mordaunt, un large éventail d’acteurs se manifestent pour se faire des champions du programme sur le capital humain en partenariat avec la Banque.

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Technologies. L’exploitation du pouvoir des technologies et des données offre des possibilités intéressantes de créer de nouveaux marchés et des emplois et de stimuler la croissance économique. Elle doit cependant se faire de manière à éviter de creuser les inégalités au sein et entre les pays. Au cours de l’exercice écoulé, le Groupe de la Banque mondiale a collaboré activement avec les partenaires pour relier les clients aux possibilités dynamiques offertes par les technologies tout en gérant les défis qu’elles présentent. TechEmerge, un programme de liaison unique en son genre, établit des passerelles entre des solutions technologiques éprouvées du monde entier et des organisations et des institutions sur des marchés en développement. Il soutient également des projets pilotes locaux pour accélérer l’adoption de technologies là où elles font le plus défaut. Durant l’exercice écoulé, le Groupe de la Banque mondiale a lancé le programme TechEmerge pour le marché des soins de santé au Brésil, travaillant avec 25 prestataires de services de santé à travers le pays au profit de 19 millions de patients par an. Un nouveau partenariat avec Crédit Suisse sur un fonds pour les technologies de rupture au service du développement a également été lancé pour appuyer des initiatives axées sur des ruptures technologiques dans les opérations de la Banque, qui permettront aux différents philanthropes d’investir directement dans des activités opérationnelles de la Banque. En outre, l’initiative Identification pour le développement (ID4D) apporte les connaissances et l’expertise mondiales pour aider les pays à exploiter les potentialités des systèmes d’identification numérique. Pour permettre d’atteindre ces objectifs, l’initiative ID4D a noué des partenariats avec la Fondation Bill et Melinda Gates, Omidyar Network et le Gouvernement australien qui lui apportent un leadership éclairé et des financements. Enfin, l’initiative Potentiel de l’économie numérique pour l’Afrique, lancée aux Réunions de printemps, a réuni les gouvernements africains, des organismes de développement, des bailleurs de fonds bilatéraux et le secteur privé pour soutenir la mise en place des fondements de l’économie numérique dans les pays africains.

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Genre. L’assurance d’une véritable égalité entre les sexes demeure un défi majeur. De nombreuses femmes dans le monde entier n’ont pas voix au chapitre et sont privées du pouvoir de décision d’améliorer leurs moyens de subsistance pour elles-mêmes ou pour leurs familles, plus particulièrement dans les pays en développement. Investir dans l’égalité des sexes est non seulement un impératif moral, mais aussi une décision économique intelligente. Au cours de l’exercice 18, la Banque a continué de promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes dans le cadre du développement par diverses initiatives, comme l’Initiative pour le financement des femmes entrepreneurs (We-Fi), un partenariat de collaboration entre la Banque, les gouvernements, les banques multilatérales de développement (BMD) et d’autres parties prenantes destiné à aider à débloquer des milliards de dollars pour le financement des petites et moyennes entreprises appartenant à des femmes et dirigées par elles dans les pays en développement. L’initiative vise à éliminer les obstacles financiers et non financiers et à créer un meilleur environnement pour les femmes entrepreneurs. En partenariat avec le Gouvernement canadien, la Banque a également lancé une nouvelle étude sur le coût économique des inégalités entre les sexes, dont il ressort que la perte mondiale en capital humain due à ces inégalités s’élèverait à 160,2 billions de dollars. L’étude, qui a contribué à apporter des éclairages à la réunion des ministres des Finances du G-7 au Canada, fournit des données probantes économiques pour aider les clients et les partenaires à plaider en faveur d’investissements qui comblent les écarts entre les sexes..

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Engagement multilatéral. La participation de la Banque mondiale aux principaux forums internationaux est une occasion importante pour permettre aux pays en développement de faire entendre leurs voix et de faire valoir des priorités essentielles pour les clients de la Banque. Durant l’exercice écoulé, la Banque a soutenu les initiatives de la présidence argentine du G-20 tendant à développer les infrastructures en tant que catégorie d’actif, ainsi qu’à préparer les gouvernements et les travailleurs pour une économie marquée par la progression de la numérisation, de l’autonomisation et de l’intelligence artificielle. Avec l’UNICEF et la Banque interaméricaine de développement, la Banque mondiale appuie également la réalisation de la priorité accordée par le G-20 au développement de la petite enfance. En outre, la Banque mène les efforts visant à collaborer plus systématiquement avec les investisseurs institutionnels en vue de stimuler des financements plus importants à long terme dans les pays en développement et les pays développés. La Banque continue de suivre les travaux réalisés l’année dernière sous la présidence allemande du G-20 afin de mettre en œuvre les initiatives consistant à promouvoir le développement économique durable et profitant à tous en Afrique, à mobiliser des financements plus importants du secteur privé et à renforcer l’autonomisation économique des femmes. Au sein du G-7, la Banque appuie sans réserve la la démarche du Canada d’accorder la priorité aux questions de genre, tout en démontrant également comment les BMD œuvrent davantage en tant que système à travers l’optimisation des ressources et un impact accru en matière de développement grâce à des opérations du secteur privé.

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Petits États. La Banque mondiale utilise son pouvoir mobilisateur pour aider les petits États à adopter une position commune dans les forums internationaux afin de souligner les difficultés auxquels ils font face sur le plan du développement et d’attirer plus d’attention sur leurs préoccupations. Elle organise un forum annuel des petits États en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale et du FMI. Ce forum constitue une plateforme pour un dialogue de haut niveau sur les principales difficultés auxquelles se heurtent les petits États et permet aux membres de présenter les initiatives et activités menées dans le domaine du développement. Le Forum de 2017 à Washington a été l’occasion d’examiner les questions liées aux financements concessionnels, aux financements climatiques, aux financements privés et à l’économie bleue.

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Privilégier les initiatives de partenariat et améliorer les efficacités. Pour collaborer plus efficacement avec les organisations sur les objectifs de développement dans le monde, le Groupe de la Banque mondiale s’emploie à améliorer la coordination, à mieux tirer parti des capacités et à rechercher des gains d’efficacité dans la collaboration avec ses partenaires. Durant l’exercice écoulé, le président Kim a signé avec le Secrétaire général de l’ONU António Guterres un nouveau Cadre de partenariat stratégique pour consolider l’engagement conjoint des deux institutions à aider les pays à mettre en œuvre le Programme de développement durable à l’horizon 2030. L’accord approfondit le partenariat en concentrant les efforts sur les priorités choisies de commun accord et en utilisant les atouts complémentaires des deux institutions pour élargir leur impact. Il s’articule autour de quatre principaux domaines de coopération : financement et appui à la mise en œuvre pour aider les pays à réaliser les Objectifs de développement durable ; action mondiale résolue sur le changement climatique ; activités conjointes dans les environnements post-crise et humanitaires ; et exploitation des données pour améliorer les résultats sur le plan du développement. En outre, le Groupe de la Banque mondiale soutient la « Grande Négociation » entre les organisations d’aide et les bailleurs de fonds, qui vise à améliorer l’efficacité de l’aide humanitaire. Lancée au Sommet mondial sur l’action humanitaire, la Grande Négociation est un engagement à renforcer l’efficacité, la transparence et la collaboration concernant les modalités d’octroi et d’emploi des financements dans les situations de crise.

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