Bulletin d'information économique de la région MENAAP — Octobre 2026

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Combler les fossés, saisir les opportunités : l’intelligence artificielle

La région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MENAAP) fait face à de lourdes répercussions économiques en raison du conflit qui a éclaté en février 2026. Contrairement aux chocs énergétiques précédents, qui profitaient généralement aux pays exportateurs de pétrole, la fermeture du détroit d'Ormuz a imposé les coûts les plus élevés aux économies exportatrices de pétrole du Golfe. La production régionale devrait se contracter de 2,1% en moyenne en 2026, après une expansion de 3,3% en 2025. Les effets dépassent largement les marchés de l'énergie, perturbant le tourisme, l'aviation et la logistique, tandis que l'incertitude accrue continue de peser sur les marchés financiers et le sentiment des entreprises.

Alors que les décideurs politiques font face aux conséquences immédiates du conflit et des perturbations économiques, la région doit également se préparer à une seconde transformation, plus profonde : l'essor de l'intelligence artificielle (IA). La région connaît non pas une, mais plusieurs transformations qui se déroulent à des rythmes différents. Dans la plupart des économies, l'impact à court terme de l'IA devrait se manifester davantage par une amélioration de la productivité que par un déplacement massif des emplois. Le nouveau rapport intitulé : Combler les fossés, saisir les opportunités : l’intelligence artificielle , emplois et croissance examine comment l'IA peut soutenir la productivité et la croissance dans l'ensemble de la région, et identifie les lacunes structurelles essentielles qui doivent être comblées pour générer des gains largement partagés.

Profils par pays (en anglais)

Chapitres

Chapitre I : Perspectives macroéconomiques

La croissance dans la région MENAAP devrait suivre en 2025 des trajectoires contrastées selon les sous-régions. Les pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) devraient enregistrer une croissance de 3,5 %, soutenue par la levée progressive des réductions volontaires de la production pétrolière et par la vigueur du secteur non pétrolier. Les perspectives se renforcent également pour les pays importateurs de pétrole, où la croissance devrait atteindre 3,7 %, portée par la consommation et l’investissement privés, ainsi que par la reprise de l’agriculture et du tourisme. En revanche, la croissance des pays en développement exportateurs de pétrole devrait ralentir pour s’établir à 0,5 %, en raison des perturbations liées aux conflits et des ajustements à la baisse de la production pétrolière.

L'incertitude entourant la politique commerciale mondiale pourrait avoir un impact limité sur la région, compte tenu de la structure actuelle des exportations, même si les effets varieront d'un pays à l'autre. En revanche, les fluctuations des prix du pétrole pourraient influencer de manière significative la croissance, en particulier pour les pays du CCG et les pays en développement exportateurs de pétrole. Les conflits demeurent une source de profondes souffrances humaines et un frein majeur à l’activité économique, avec des répercussions négatives qui s’étendent aux pays voisins en raison des perturbations du commerce et des déplacements de population. Plus de 160 millions de personnes vivent dans des économies touchées par des conflits dans la région, et rien qu’en 2024, 36 millions de personnes résidaient à proximité d’événements liés à des affrontements.

 

Chapitre 2 : Emploi et Femmes : Talents inexploités, croissance non réalisée au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en Afghanistan et au Pakistan

La région du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord, de l’Afghanistan et du Pakistan est au cœur des enjeux mondiaux liés à l’emploi. La population en âge de travailler devrait augmenter d’environ 220 millions d’ici 2050, soit près de 40 % de plus qu’aujourd’hui — la deuxième plus forte hausse parmi toutes les régions du monde. Dans le même temps, les transformations démographiques en cours, marquées par la baisse de la fécondité et le vieillissement rapide de la population, rendent urgente la valorisation d’un capital humain encore sous-exploité. L’augmentation de la participation des femmes à la population active constitue l’un des leviers les plus puissants pour relever ces défis.

Dans l’ensemble des économies de la région, seule une femme sur cinq en âge de travailler participe au marché du travail — la proportion la plus faible au monde. La participation des femmes à la vie active résulte d’une interaction complexe entre des normes sociales restrictives, des obstacles juridiques, des choix familiaux et les dynamiques de la demande de main-d’œuvre. Lever ces freins permettrait d’accroître le revenu par habitant de 20 à 30 % dans des pays comme l’Égypte, la Jordanie et le Pakistan — un des gains les plus significatifs au monde. Un secteur privé dynamique, moteur de création d’emplois, capable de renforcer les incitations à la participation des femmes au marché du travail, de lutter contre les discriminations et de transformer les aspirations, est indispensable pour concrétiser ce potentiel.

Le rapport met en évidence qu’aucune autre région ne dispose d’un potentiel de gain aussi important que celle-ci si les contraintes pesant sur la participation des femmes au marché du travail étaient levées. Des mesures isolées ne suffiront pas : seules des réformes audacieuses, cohérentes et intégrées permettront de rompre le cycle de faible participation et de croissance limitée.

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