1. La croissance en Afrique subsaharienne devrait se maintenir à 4,1 % en 2026, au même rythme qu’en 2025, avec des prévisions révisées à la baisse de 0,3 point de pourcentage par rapport à celles publiées en octobre 2025. La hausse des prix du carburant, de l’alimentation et des engrais, combinée à un durcissement des conditions financières, devrait accentuer les pressions inflationnistes, perturber l’activité économique et affecter de manière disproportionnée les ménages les plus vulnérables, qui consacrent une part plus importante de leurs revenus à l’alimentation et à l’énergie.
2. Les risques géopolitiques — notamment le conflit au Moyen-Orient —, associés à un poids élevé du service de la dette et à des contraintes structurelles persistantes, continuent de freiner la capacité de la région à accélérer la croissance et à créer des emplois. L’endettement public élevé et l’augmentation du service de la dette réduisent les marges de manœuvre budgétaires, tandis que le recul des financements extérieurs — en particulier de l’aide au développement — accentue la pression sur les pays à faible revenu. Après avoir reculé de 4,4 % en 2024 à 3,7 % en 2025, l’inflation médiane devrait remonter à 4,8 % en 2026, principalement sous l’effet des retombées du conflit au Moyen-Orient. Ces défis sont aggravés par l’incertitude des politiques économiques mondiales, la montée des tensions commerciales et le risque d’un resserrement des conditions financières internationales, susceptibles d’affaiblir les exportations et de restreindre l’accès aux financements.
3. À court terme, les gouvernements doivent cibler des ressources limitées pour protéger les ménages les plus vulnérables tout en préservant la stabilité macroéconomique — notamment par la maîtrise de l’inflation et une gestion budgétaire prudente — afin de faire face au choc actuel et de positionner les économies africaines pour une reprise plus rapide une fois la crise passée.
4. Une politique industrielle bien conçue peut jouer un rôle déterminant en permettant aux pays de développer des secteurs prioritaires et de capter une demande croissante pour les produits africains — des minerais critiques aux produits pharmaceutiques — tout en évoluant vers des activités à plus forte valeur ajoutée et des emplois de meilleure qualité. Son succès repose sur une conception réaliste, des capacités solides de mise en œuvre et une intégration dans des écosystèmes plus larges, incluant infrastructures, compétences, financement et marchés régionaux.




