Togo
EN CHIFFRES : TOGO
VUE D’ENSEMBLE : TOGO
Le score du Togo sur l'indice de capital humain (ICH) est de 0,43. Cela signifie que les enfants nés au Togo aujourd'hui ne seront productifs qu'à 43 % de ce qu'ils pourraient être à l'âge adulte en raison d'un accès limité à des soins de santé de qualité, à une nutrition adéquate, à une éducation de qualité et à une alimentation suffisante.
Contexte politique
Le Togo est passé à un système parlementaire, Faure Gnassingbé étant le premier président du Conseil et exerçant le pouvoir exécutif. Dans le nouveau système, le Président de la République exerce principalement des fonctions cérémonielles, tandis qu'un Parlement bicaméral – composé de l'Assemblée nationale et du Sénat – est chargé d'élire à la fois le Président de la République et le Président du Conseil. Le paysage politique togolais reste dominé par le parti au pouvoir, l'Union pour la République (UNIR).
La situation sécuritaire dans le nord du Togo reste une priorité essentielle, les autorités étant confrontées à des menaces persistantes dans la région des Savanes. L'état d'urgence, déclaré pour la première fois en juin 2022 puis renouvelé en mars 2026, est en place parallèlement à un plan de riposte 2026-2027 pour soutenir les populations touchées par l'insécurité et les déplacements.
La croissance du PIB devrait encore ralentir à 5 % en 2026, sous l'effet de la poursuite des efforts d'assainissement budgétaire et des répercussions du conflit au Moyen-Orient. L'inflation devrait passer de 0,4 % en 2025 à 2,8 % en 2026 et le déficit budgétaire se réduire à 3,0 % du PIB à partir de 2026, contre 3,5 % du PIB en 2025. Cet ajustement s'appuiera principalement sur des réformes de la politique et de l'administration fiscales, complétées par une limitation des dépenses. La dette publique devrait atteindre 64,8 % du PIB en 2026. Les risques de surendettement devraient rester modérés, bien que des pressions de refinancement à court terme persistent.
À moins d'une nouvelle escalade des tensions géopolitiques et dans l'hypothèse de la pleine mise en œuvre des engagements de réforme du gouvernement, la croissance devrait se renforcer pour atteindre une moyenne de 6,0 % en 2027-28. Cette accélération serait soutenue par les réformes en cours qui devraient permettre d'augmenter le revenu disponible des ménages et de stimuler l'investissement privé, notamment dans les zones de développement agricole et les zones industrielles.
Du côté de l'offre, l'activité industrielle et les rendements agricoles devraient également s'améliorer, grâce à l'exploitation minière, à l'industrie légère, à l'expansion de la capacité de production d'électricité et à la poursuite des réformes sectorielles. Dans ce contexte, le taux de pauvreté devrait diminuer progressivement pour atteindre 22,2 % d'ici à 2028 soutenu par la hausse du revenu par habitant dans tous les secteurs et une inflation généralement modérée.
Le Projet de développement inclusif par l'accès à l'électricité (IDEA) a contribué à améliorer la viabilité financière du secteur de l'énergie, à accroître le recours aux énergies renouvelables et à renforcer le réseau de distribution. Les efforts en cours visent à la gouvernance et restructuration de la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET), à l'introduction de compteurs intelligents, au prépaiement pour les institutions publiques, à la réforme tarifaire et aux directives pour les autos producteurs et la participation du secteur privé.
La Banque mondiale continue de soutenir le secteur de l'énergie sous forme de prêts à l'appui des politiques de développement, de prêts d'investissement, d'assistance technique, de renforcement des capacités, de services de conseil et d'analyse.
Le Projet de services de santé essentiels de qualité pour la couverture sanitaire universelle a bénéficié d'un financement supplémentaire de 81 millions de dollars au cours de l'exercice écoulé. Il vise à améliorer la fourniture de services essentiels de santé et de nutrition ainsi que la qualité des soins aux femmes enceintes, aux enfants et aux populations vulnérables.
Le Projet pour l'autonomisation des femmes et le dividende démographique au Sahel vise à améliorer l'accès à l'éducation, aux opportunités économiques et aux services de santé, et à renforcer les capacités en matière d'égalité des sexes. Le Togo fait également partie des pays engagés dans la mise en œuvre accélérée de la mise en œuvre d'une initiative de promotion de l'égalité des sexes soutenue par le Groupe de promotion de l'égalité des sexes.
Le Groupe de la Banque mondiale (GBM) soutient la transformation du secteur agricole par le biais du FSRP et de la nouvelle opération de 300 millions de dollars AgriConnect MPA, une opération conjointe du GBM combinant des financements de l'IDA, des financements et des services-conseil pour les chaînes de valeur d'IFC, et des garanties commerciales de la MIGA pour l'accès aux engrais.
La politique de développement actuelle du gouvernement est décrite dans son Plan national de développement (PND) pour la période 2017-2022 et actualisée dans le cadre de sa feuille de route 2020-2025. L'objectif global est de transformer structurellement l'économie pour promouvoir la croissance, l'inclusion sociale, la création d'emplois et la modernisation des institutions, notamment grâce à la numérisation.
Le Togo a accédé à l'allocation pour la prévention et la résilience (PRA) en mai 2024, conscient de la nécessité de passer à la prévention et de s'attaquer à la dynamique de fragilité. La stratégie nationale de prévention – Plan d'urgence pour le renforcement de la résilience dans les Savanes (PURS) adoptée en 2022 – a été étendue à l'échelle nationale, afin de : (i) renforcer la fourniture des services de base ; ii) renforcer les moyens de subsistance et la création d'emplois ; et iii) renforcer la sécurité, l'administration territoriale et les systèmes d'alerte précoce. La PRA constitue un complément de 75 % à l'allocation basée sur la performance du Togo et une plateforme importante pour le dialogue sur les politiques, soutenue par des engagements en faveur de réformes visant à changer de trajectoire pour lutter contre la fragilité, les conflits et la violence.
Le nouveau cadre de partenariat de la Banque mondiale avec le Togo (exercices 25 à 29) est aligné sur les stratégies nationales en cours et se concentre sur trois objectifs :
- Accroître la qualité de l'emploi dans le secteur privé ;
- Valorisation du capital humain ;
- Promouvoir un aménagement du territoire résilient et profitant à tous.
Dans le cadre de ce CPF, le Groupe de la Banque mondiale prévoit de mobiliser environ 1,5 milliard de dollars pour soutenir les réformes et les investissements dans les secteurs stratégiques. En février 2025, le portefeuille de la Banque mondiale au Togo comprenait sept projets nationaux, neuf projets régionaux et une opération d'appui aux réformes prioritaires, pour un engagement total de 1,5 milliard de dollars. Ces projets sont financés par l'Association internationale de développement (IDA).
IFC est un partenaire clé pour le Togo, réalisant des investissements dans la logistique portuaire, l'énergie et la facilitation de l'accès des petites et moyennes entreprises (PME) au financement.
Comme indiqué dans le cadre du CPF, la stratégie d'IFC au Togo sera axée sur : i) la productivité agricole et certaines chaînes de valeur agroalimentaires, ainsi que l'accès à l'irrigation, à la mécanisation et aux services financiers ; ii) l'amélioration des infrastructures de transport et de logistique pour faire du pays un pôle d'affaires régional grâce à des financements directs et à des partenariats public-privé (PPP) ; iii) restructurer le secteur de l'énergie pour assurer un accès fiable et durable à l'électricité pour tous ; et iv) la numérisation et le développement de l'économie numérique pour stimuler la croissance, créer des emplois et renforcer la résilience.
Le portefeuille d'IFC a augmenté entre les exercices 22 et 26. Au cours de cette période, IFC a investi et mobilisé 359 millions de dollars notamment dans l'agroalimentaire, l'industrie manufacturière, l'énergie, les transports, la logistique, le financement des MPME et le numérique. La stratégie d'IFC s'aligne sur les priorités de la Banque mondiale, notamment l'initiative M300 visant à améliorer l'accès à une énergie fiable et durable, et AgriConnect, qui vise à transformer les petites exploitations agricoles, à créer des emplois et à renforcer la sécurité alimentaire.
L'engagement de la MIGA au Togo s'est considérablement approfondi et positionne l'Agence comme un partenaire catalyseur pour attirer des capitaux privés dans des conditions budgétaires tendues, en particulier dans les domaines du financement du commerce et de l'énergie. En février 2026, les engagements bruts de la MIGA au Togo s'élevaient à 172,80 millions de dollars. La MIGA a également soutenu la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), dont le Togo est membre, en mobilisant 535 millions de dollars de financements commerciaux en faveur de projets de financement durable et climatique dans ses pays membres.
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