Résultats :
Au Sénégal :
- Plus de 350 000 agriculteurs (dont 45 % de femmes) ont reçu des outils et des services de soutien (2020–2025).
- La mortalité des petits ruminants (ovins et caprins) a reculé de 13 % en 2024 et les rendements du maïs ont atteint 3 tonnes par hectare en 2025.
- Plus de 835 000 cultivateurs et éleveurs ont bénéficié d’une couverture d’assurance indicielle contre la sécheresse et les déficits pluviométriques (en 2025).
En Gambie :
- Les ventes des bénéficiaires ont progressé de 78 % depuis le lancement du projet et plus de 53 000 agriculteurs ont adopté des pratiques climato-intelligentes et reçu des outils et services de soutien (2025).
- Plus de 1 000 tonnes de semences améliorées de riz et de maïs ont été distribuées à plus de 57 000 agriculteurs (dont 66 % de femmes et 23 % de jeunes) via une plateforme de distribution numérique, auxquelles s’ajoutent 15 000 tonnes d’engrais subventionnés (2025).
- Le programme de subventions de contrepartie a soutenu plus de 400 entreprises agroalimentaires (dont 19 PME et 74 coopératives), avec quatre plateformes numériques opérationnelles (2022-2025).
En Guinée :
Environ 15 000 emplois ont été créés (dont près de 5 000 à l’intention des femmes) et près de 50 000 ménages ruraux ont bénéficié de nouvelles possibilités de revenus ; 600 tonnes de fonio ont été exportées vers l’Europe (2021-2024).
Le défi de développement
Au Sénégal, en Gambie et en Guinée, la compétitivité des secteurs agricole et agro-industriel pâtit de multiples obstacles : faible productivité des exploitations et accès limité à des intrants de qualité et à l’irrigation ; organisations d’agriculteurs et institutions d’appui peu solides ; lacunes dans la gestion post-récolte, la logistique et les infrastructures de commercialisation qui restreignent l’accès aux marchés et les exportations ; systèmes de sécurité sanitaire et de contrôle qualité des aliments insuffisants (notamment l’absence d'un laboratoire accrédité en Guinée) ; environnement des entreprises et des investissements hétérogène ; accès limité au financement pour les entreprises agroalimentaires ; et risques climatiques croissants pesant sur les cultures et l’élevage. Tous ces facteurs conjugués réduisent les revenus dans les zones rurales et freinent la croissance économique.
L'approche du Groupe de la Banque mondiale
Sénégal : Grâce aux financements du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds international de développement agricole (FIDA), le programme a augmenté la productivité agricole et amélioré l’accès aux marchés en élargissant l’accès à des semences de qualité, aux services vétérinaires et aux outils de gestion des risques climatiques. En conditionnant les financements aux résultats, il a contribué à développer la production semencière, à accroître les vaccinations et à réduire les pertes animales. Le programme a renforcé les marchés ; un organisme de régulation du système de récépissés d’entrepôt a été créé et 100 entrepôts ont été agréés. Un nouveau mécanisme d’assurance indicielle protège les cultivateurs et les éleveurs contre la sécheresse et les déficits pluviométriques.
Gambie : Le projet vise à transformer l’agriculture et l’économie rurale en s’attachant à créer des emplois, augmenter les revenus, développer le commerce et réduire l’insécurité alimentaire. Il s’appuie sur les acquis d’autres opérations soutenues par des partenaires — l’Agence française de développement (AFD), la Banque africaine de développement (BAD), l’Union européenne, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la Banque islamique de développement et le Fonds international de développement agricole (FIDA).
Guinée : Des subventions de contrepartie favorisent l’intégration des petits exploitants dans les chaînes de valeur. L’appui de la Société financière internationale (IFC) et de la Banque mondiale a attiré des investissements privés et a permis la création, en 2023, du Fonds de garanties des prêts aux entreprises (FGPE).
Contribution aux objectifs du Groupe de la Banque mondiale et à l’emploi
Ces opérations sont en phase avec l’initiative AgriConnect du Groupe de la Banque mondiale, qui vise à créer des emplois tout au long des chaînes de valeur agroalimentaires en appuyant 300 millions d'agriculteurs et les entreprises qui les relient aux marchés.
Les opérations menées au Sénégal, en Gambie et en Guinée renforcent l’agriculture pour en faire source d'emplois et de revenus.. En Guinée, environ 15 000 emplois ont été créés, dont 5 000 occupés par des femmes, tandis que près de 50 000 ménages ruraux ont bénéficié de nouvelles possibilités de revenus. En Gambie, des subventions de contrepartie ont soutenu plus de 400 entreprises agroalimentaires, avec à la clé la création de plus de 1 000 emplois par an et la mobilisation de 11,1 millions de dollars d’investissements, dont 3,5 millions de dollars de capitaux privés. De nouvelles exploitations agro-industrielles dirigées par des femmes et des jeunes créeront de meilleures opportunités d’emploi pour plus de 2 000 jeunes et femmes. Au Sénégal, environ 350 000 agriculteurs (dont 45 % de femmes) ont reçu des outils et services agricoles, et plus de 835 000 cultivateurs et éleveurs bénéficient d’une couverture d’assurance pour protéger leurs moyens de subsistance.
Citations de bénéficiaires
Enseignements tirés
L’approche de financement axé sur les résultats (PforR) peut catalyser un développement à fort impact et des réformes structurelles nécessaires, à condition qu’il existe une forte appropriation nationale et une volonté politique affirmée. Elle contribue également à faire avancer des réformes longtemps attendues en matière de transformation agricole.
Des programmes de subventions de contrepartie transparents et compétitifs, ciblant des chaînes de valeur prioritaires, peuvent rapidement amplifier les investissements productifs. En reliant agriculteurs, coopératives, PME et banques, il est possible d’accroître la production et la productivité, d’augmenter les revenus, de créer des emplois, de renforcer la sécurité alimentaire et de mobiliser des capitaux privés.
Pour favoriser le développement à grande échelle de l’agro-industrie, le secteur privé doit être pleinement associé. Les assurances de la MIGA contre les risques politiques et les garanties du Groupe de la Banque mondiale peuvent contribuer à réduire l’exposition des investisseurs tout en soutenant le renforcement des infrastructures et des institutions. Le succès repose sur la réduction des incertitudes, le développement d’infrastructures fiables (routes, stockage), l’application de réglementations et de normes claires, ainsi que le renforcement des institutions pour réduire les pertes, instaurer la confiance et mobiliser l’investissement privé.
Prochaines étapes
Au Sénégal, le programme régional pour la résilience des systèmes alimentaires en Afrique de l'Ouest (FSRP-Sénégal), en cours d’exécution, et le programme AgriConnect, en préparation, s’appuient sur les réalisations accomplies pour soutenir les petits exploitants ainsi que les petites et moyennes entreprises et les relier à des chaînes de valeur agricoles structurées. Ces interventions investissent également dans le renforcement des systèmes d’innovation agricole, dans l’irrigation pour une agriculture plus climato-intelligente, et dans un meilleur accès au financement, au moyen de subventions de contrepartie, de produits d’assurance agricole élargie et de garanties pour le financement du commerce appuyées par la MIGA. L’ensemble de ces interventions devrait permettre de réduire l’insécurité alimentaire de 25 %, de financer 1 400 projets d’investissement privé pour les petits exploitants et 15 pour des PME, et de créer 800 000 emplois.
En Gambie, les progrès récents améliorent la sécurité alimentaire dans les filières de l’aviculture et de l’oignon. Pour la première fois de son histoire, le pays a imposé une interdiction temporaire d’exportation afin de favoriser la commercialisation nationale d’une production en hausse. Deux centres logistiques sont en cours de construction pour renforcer la commercialisation grâce à des installations de stockage frigorifique et à sec qui contribueront à stabiliser l’offre sur le marché. Par ailleurs, le dispositif de subventions de contrepartie, qui soutient 500 petits exploitants, 100 organisations d'agriculteurs et 19 PME, favorise la transformation du secteur et sera étendu dans le cadre d’une nouvelle opération. Les 40 exploitations agro-industrielles dirigées par des femmes et des jeunes seront équipées de systèmes d’irrigation modernes et joueront un rôle décisif pour maintenir et attirer les jeunes dans le secteur en leur offrant des revenus rémunérateurs. Ces solutions, reproductibles à grande échelle, s’inscrivent dans la dynamique d’AgriConnect en faveur de la création d’emplois.
En Guinée, le Groupe de la Banque mondiale et Rio Tinto expérimentent des programmes d’aide aux petits cultivateurs qui combinent subventions, dépenses d’investissement et assistance technique, axés sur la biosécurité et la fiabilité de l’approvisionnement. Ce projet pilote devrait générer 400 emplois directs et 200 emplois indirects.