Avant d’être intégrés au programme MERANKABANDI II, Neema Niyokwizera et ses trois enfants vivaient dans le plus grand dénuement, sans toit ni nourriture assurée. Grâce au soutien apporté par le projet, elle a ouvert un petit commerce, développé son activité, accédé à des services de microfinance et construit sa propre maison, assurant ainsi à sa famille des revenus plus stables et un avenir meilleur.
Le défi de développement
L’extrême pauvreté et l’insécurité alimentaire restent répandues au Burundi. En 2024, 63 % de la population vit avec moins de 2,15 dollars par jour, et plus de la moitié des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique. Les possibilités d’emploi sont rares, en particulier pour les femmes et les jeunes, et la grande majorité de la population dépend d’activités agricoles informelles et peu productives. Les chocs climatiques récurrents, notamment les inondations, les glissements de terrain et les précipitations irrégulières, combinés aux afflux de réfugiés, exercent une pression supplémentaire sur des systèmes locaux déjà fragiles.
L’approche du Groupe de la Banque mondiale
Le Groupe de la Banque mondiale accompagne le gouvernement du Burundi dans le déploiement à grande échelle de son programme national de protection sociale, Merankabandi, avec pour objectifs de réduire la pauvreté, d’élargir les perspectives d’emploi et de permettre une réponse rapide en cas de choc. Le renforcement des systèmes nationaux de prestation est au cœur de cette démarche. Des investissements dans un registre social unifié, un système d’information de gestion open source (CORE-MIS) et le développement des paiements dématérialisés permettent un ciblage transparent et une distribution rapide des aides à l’échelle nationale. Ces systèmes sont de plus en plus utilisés dans le cadre d’autres secteurs et d’autres programmes de développement. Des partenariats avec des acteurs humanitaires — Programme alimentaire mondial, Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture — soutiennent une transition progressive de l’aide d’urgence vers le pilotage, par le gouvernement, de la réponse aux chocs et de la gestion des réfugiés via les systèmes nationaux. Lors des récentes inondations et crises alimentaires qui ont frappé le pays, ces systèmes ont permis au gouvernement d’identifier et d’appuyer plus de 100 000 ménages.
Résultats et réalisations
Entre 2016 et 2025, le projet a obtenu les résultats suivants :
- Expansion nationale : le projet Merankabandi est passé d’une opération en 2016 à un programme national en 2022, au profit de plus de 1,5 million de personnes dans toutes les provinces, dont 97 % de femmes parmi les bénéficiaires principaux.
- Génération de revenus et emplois : l’association de transferts monétaires et de dispositifs d’inclusion productive permet aux ménages pauvres de développer de petites entreprises et des moyens de subsistance. D’ici 2029, le programme devrait soutenir des activités génératrices de revenus au profit de quelque 900 000 personnes, parmi lesquelles environ 50 % de femmes.
- Réponse aux chocs : le système national a permis d’acheminer rapidement une aide d’urgence à plus de 100 000 ménages touchés par les inondations et les crises alimentaires — un chiffre qui pourrait atteindre 200 000 d’ici deux ans en cas de nouveaux chocs.
- Renforcement des systèmes : les investissements dans un registre social unifié, un système d’information de gestion open source (CORE-MIS) et le développement des paiements dématérialisés ont posé les fondations du système national de protection sociale du Burundi, ouvrant la voie à une couverture nationale pérenne et à des réponses plus rapides et mieux coordonnées face aux chocs climatiques et aux afflux de réfugiés.
Contribution aux objectifs du Groupe de la Banque mondiale et à l’emploi
En étendant sa couverture à plus de 1,5 million de personnes au Burundi, le projet Merankabandi contribue directement à l’objectif du Groupe de la Banque mondiale en matière de protection sociale, qui vise à soutenir au moins 500 millions de personnes dans le besoin d’ici 2030. Son registre social est également utilisé dans le cadre du projet Soleil-Nyakiriza, également financé par la Banque mondiale et conçu notamment pour aider les ménages vulnérables à accéder à des kits solaires subventionnés, contribuant ainsi aux objectifs énergétiques de l’initiative Mission 300. Le programme promeut par ailleurs le versement rapide d’allocations monétaires en cas de choc ainsi que la distribution de semences et d’engrais pour aider les communautés à faire face aux inondations et à l’insécurité alimentaire. Enfin, les investissements dans des activités d’inclusion productive qui relient les ménages ruraux, dont majoritairement des femmes, aux chaînes de valeur agroalimentaires et à l’entrepreneuriat posent les bases d’un déploiement à grande échelle dans le cadre de l’initiative AgriConnect.
Enseignements tirés
Un premier enseignement majeur : des systèmes nationaux solides rendent l’aide plus efficace et plus durable. En investissant dans les outils numériques et le leadership des pouvoirs publics, le programme a pu atteindre des familles à travers tout le pays et réagir rapidement lors de récentes inondations et crises alimentaires. Second enseignement du projet : associer les transferts monétaires à des opportunités de revenus et à des fonds de démarrage crée un impact durable. Aider les familles à couvrir leurs besoins immédiats tout en soutenant le développement de petites entreprises et de moyens de subsistance — en particulier pour les femmes — leur a permis de surmonter les chocs et de se constituer des sources de revenus plus stables et plus résilientes.
Prochaines étapes
Le Groupe de la Banque mondiale continuera d’appuyer l’institutionnalisation du système de protection sociale du Burundi, avec, en ligne de mire, une gestion pilotée par le gouvernement, en cohérence avec les objectifs de protection sociale visant à élargir les opportunités de revenus à grande échelle. La priorité sera accordée au renforcement des systèmes fondamentaux pour garantir leur durabilité, leur réactivité aux chocs et une coordination efficace entre les secteurs. Le Groupe de la Banque mondiale approfondira la convergence entre protection sociale, création d’emplois et économie numérique, en conjuguant soutien aux revenus, inclusion productive, aide à l’entrepreneuriat et accès aux services financiers dématérialisés. Les données et analyses disponibles seront mobilisées pour guider des politiques de développement humain plus larges, notamment en matière de nutrition, d’éducation et d’emploi. L’engagement se poursuivra en tirant parti des programmes régionaux portant sur l’autonomisation économique des femmes, afin d’accélérer l’accumulation de capital humain, de combler les écarts entre les sexes et de consolider des moyens de subsistance résilients, en particulier face aux chocs climatiques et alimentaires.
Informations complémentaires
- Projet « Cash for Jobs » au Burundi
- La mise en œuvre du CORE-MIS pour renforcer le déploiement de la protection sociale au Burundi (a)
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- Les transferts monétaires transforment des vies au Burundi (a)