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Un nouveau rapport préconise de meilleurs investissements urbains et une meilleure planification de l’aménagement du territoire, des liens plus solides avec les marchés et une collaboration public-privé renforcée dans la gouvernance urbaine
WASHINGTON, 30 juin 2026 — Dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), les villes peuvent jouer un rôle bien plus important dans la création d’emplois plus nombreux et de meilleure qualité si les politiques urbaines sont plus en phase avec les besoins en infrastructures et en logements nécessaires à la croissance du secteur privé et du marché du travail. Tel est le constat d’un nouveau rapport de la Banque mondiale intitulé Des villes qui fonctionnent : réaliser le potentiel d'emploi des villes de la région MENA.
Ce rapport paraît à un moment charnière pour une région qui comptera près de 300 millions de jeunes à la recherche d’un emploi d’ici à 2050 et où le chômage des jeunes reste parmi les plus élevés au monde. Alors que plus de 60 % de la population de la région vit dans des villes, le rapport met en avant le rôle central des zones urbaines pour répondre au défi de l’emploi et soutenir la croissance à long terme.
En s’appuyant sur une nouvelle analyse portant sur 615 villes de la région MENA et plus de 8 000 villes dans le monde, le rapport constate que les villes de la région MENA sont relativement productives selon les normes mondiales, mais disposent encore d’une marge de progression importante. La ville médiane de la région affiche un niveau de productivité inférieur de 17,6 % à celui des villes les plus performantes au monde (de taille identique).
« C'est dans les villes que se jouera l’avenir de l’emploi dans la région MENA, assure Almud Weitz, directrice régionale chargée des Infrastructures à la Banque mondiale. La politique urbaine ne se résume pas aux bâtiments, aux routes ou à l’aménagement du territoire. Elle consiste aussi à créer les conditions permettant aux entreprises de se développer et d’innover, et aux femmes et aux jeunes d’avoir accès à l’emploi. Lorsque les villes sont bien planifiées, bien connectées et dotées de services fiables et abordables, elles peuvent ouvrir davantage de perspectives aux travailleurs et devenir des moteurs de croissance et de résilience. »
Le rapport identifie plusieurs obstacles qui freinent le développement des villes de la région. De nombreuses entreprises urbaines peinent à accéder à des terrains, à l’électricité, à l’eau et aux transports. La participation des femmes au marché du travail reste limitée et bien en deçà de la moyenne mondiale, et les problèmes de transport, de garde d’enfants et de sécurité entravent leur accès à l’emploi. Les contraintes en matière de logement pèsent également sur la mobilité de la main-d’œuvre, en particulier pour les jeunes et les travailleurs peu qualifiés à la recherche d’opportunités d’emploi. La région compte en outre une faible proportion de grandes entreprises privées et d’entreprises à capitaux étrangers, alors qu’il est prouvé que celles-ci peuvent favoriser la création d’emplois et la croissance de la productivité.
Le rapport met en avant quatre axes d’amélioration pour aider les villes à transformer la croissance urbaine en création d’emplois : la densité productive, qui consiste à garantir que les populations et les entreprises disposent des infrastructures et des services dont elles ont besoin pour travailler efficacement ; la connectivité aux marchés, qui relie les villes aux marchés nationaux et internationaux ; l’attractivité pour les investissements et les talents, grâce à l’amélioration de l’environnement des affaires et la qualité de vie urbaine ; et les partenariats public-privé, qui rassemblent entreprises, investisseurs et pouvoirs publiques autour d’une planification concrète et de réformes.
Le rapport souligne également qu’il n'existe pas d’approche universelle. Les grandes villes et les villes principales doivent se concentrer sur la gestion des embouteillages, la revalorisation des terrains urbains sous-utilisés, l’amélioration de la qualité de vie, l’attraction d’investissements diversifiés et l’innovation, ainsi que la compétitivité sur les marchés mondiaux. Les villes de petite et moyenne taille ont besoin de stratégies plus réalistes et ciblées, notamment de meilleurs services de base, de liens plus solides avec les marchés voisins, d’une connectivité numérique et d’un soutien aux atouts économiques locaux tels que le tourisme, la transformation agricole, la logistique ou l’industrie légère.
Transformer une ville prend du temps, mais les retombées peuvent être considérables. Avec la bonne combinaison de planification urbaine, d’offre de services fiables, de connectivité aux marchés et de participation du secteur privé, les villes de la région MENA peuvent contribuer à relever le défi de l’emploi et ouvrir la voie à une croissance plus inclusive et à des opportunités économiques plus larges.
Ebrahim Al-Harazi
À propos du Groupe de la Banque mondiale
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