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WASHINGTON, 19 février 2026— Face à des risques climatiques de plus en plus marqués, l’île Maurice peut transformer ces défis en opportunités de croissance et de création d’emplois. En investissant dans les énergies renouvelables et dans une utilisation durable des ressources océaniques afin de stimuler la croissance économique, d’améliorer les moyens de subsistance et de préserver la santé des écosystèmes marins, l’île Maurice pourrait créer jusqu’à 32 000 emplois d’ici 2030, selon un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale.
Le Rapport sur le climat et le développement (CCDR) pour l’île Maurice, lancé aujourd’hui par le Gouvernement mauricien et le Groupe de la Banque mondiale, met en lumière les réformes et les investissements prioritaires pour renforcer la résilience du pays, élargir les opportunités économiques et permettre à tous les Mauriciens de prospérer.
Le rapport souligne l’urgence d’agir : sans réformes rapides, les impacts climatiques pourraient entraîner une baisse du PIB pouvant atteindre 4 % d’ici 2050.
« Les inondations éclair du 30 mars 2013 ont été un véritable électrochoc pour la population mauricienne. Elles ont mis en lumière notre forte vulnérabilité face aux phénomènes climatiques extrêmes », a déclaré l’Honorable Rajesh Anand Bhagwan, ministre de l’Environnement, de la Gestion des déchets solides et du Changement climatique. « Ce rapport confirme que le changement climatique n’est pas une menace lointaine, mais une réalité économique et sociale déjà bien présente. Notre responsabilité est claire : agir de manière décisive et sans délai, renforcer notre résilience, informer et autonomiser la population, protéger nos ressources naturelles et préserver l’avenir de notre nation. »
Le rapport souligne que, pour renforcer sa résilience à l’horizon 2050, l’île Maurice doit renforcer ses fondations macro‑budgétaires et institutionnelles, réorienter les secteurs du tourisme, de l’océan et de l’énergie vers des modèles plus durables, et réduire son exposition aux impacts climatiques grâce à des mesures d’adaptation ciblées.
Des actions audacieuses seront nécessaires dans les secteurs clés. Il s’agira notamment d’orienter le tourisme vers une croissance à plus forte valeur ajoutée et à faible impact, de libérer le potentiel de création d’emplois de l’économie bleue grâce à des réformes juridiques et à la pleine mise en œuvre du Plan spatial marin, d’accélérer les investissements dans les énergies propres, d’améliorer la sécurité hydrique et de renforcer les finances publiques. Combinées à des mesures d’adaptation ciblées et à des investissements dans les compétences liées au climat, ces actions permettraient de réduire les pertes économiques liées au changement climatique et d’inscrire l’économie mauricienne sur une trajectoire de croissance durable et inclusive.
« Nous avons le devoir, envers notre pays et les générations présentes et futures, de préserver et de bâtir un héritage : celui d’une île Maurice résiliente face au changement climatique et durable sur le plan environnemental. Atteindre la résilience climatique et la durabilité environnementale est indispensable à la stabilité macroéconomique et financière, ainsi qu’au développement et au bien‑être de notre population et de notre nation », a ajouté l’honorable Dhaneshwar Damry, Junior Minister aux Finances.
La dette publique élevée et la marge de manœuvre budgétaire limitée restreignent la capacité du pays à réagir aux chocs. Pourtant, le CCDR montre que l’île Maurice dispose des leviers nécessaires pour agir, à condition que les mesures climatiques soient accompagnées de mesures solides pour renforcer les finances publiques et ramener le ratio dette publique/PIB sur une trajectoire descendante. Orienter l’économie vers un modèle plus résilient et durable nécessiterait une augmentation modérée de la dette publique, estimée à environ 4 % du PIB, un investissement stratégique susceptible de transformer les risques climatiques en opportunités de développement.
La mise en œuvre des recommandations du CCDR nécessitera 5,6 milliards de dollars d’investissements supplémentaires sur les 25 prochaines années (en valeur actuelle nette). Avec un déficit annuel estimé à 213 millions de dollars, les finances publiques devront jouer un rôle catalyseur pour mobiliser les capitaux privés. Les banques locales, les assureurs, les fonds de pension et les mécanismes de paiement pour services écosystémiques peuvent contribuer à combler cet écart, à condition que le secteur public mette en place un cadre propice à la réduction des risques liés aux investissements.
« En améliorant les conditions favorables aux initiatives d’adaptation climatique, comme la protection du littoral, la sécurité hydrique, la résilience des infrastructures, la réduction des risques liés au financement, ainsi que le déploiement de solutions bas carbone telles que les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, l’île Maurice peut ouvrir de nouvelles perspectives de croissance, de création d’emplois et de bien‑être, tout en protégeant sa population et son environnement », a déclaré Sjamsu Rahardja, représentant résident du Groupe de la Banque mondiale pour l’île Maurice. « Le CCDR offre un cadre clair et opérationnel pour aligner les ambitions de développement de l’île Maurice sur les impératifs de résilience climatique. »
Diana Styvanley
Daniella van Leggelo-Padilla
À propos du Groupe de la Banque mondiale
Créer un monde sans pauvreté sur une planète vivable, c'est la vision qui guide le Groupe de la Banque mondiale. Dans plus de 100 pays, le Groupe de la Banque mondiale apporte des financements, des conseils et des solutions innovantes qui améliorent les conditions de vie en créant des emplois, en renforçant la croissance économique et en s'attaquant aux défis du développement les plus urgents. Le Groupe de la Banque mondiale est l'une des principales sources de financements et de partage de connaissances et compétences pour les pays en développement. Il est constitué de la Banque mondiale, qui se compose de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et de l'Association internationale de développement (IDA) ; de la Société financière internationale (IFC) ; de l'Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) ; et du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI). Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.banquemondiale.org/fr, www.miga.org et www.ifc.org.
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