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BRAZZAVILLE, 29 juin 2023 – Selon un nouveau rapport publié aujourd'hui, la croissance en République du Congo s'est redressée pour atteindre 1,5 % du PIB en 2022, et elle devrait s'accélérer à 3,5 % en 2023 grâce à l'augmentation des investissements.
Le Rapport de suivi de la situation économique et financière de la République du Congo souligne que l'inflation a été contenue, mais que la hausse des prix des denrées alimentaires exacerbe les difficultés socioéconomiques. Il estime que 56 % de la population souffre déjà d'une insécurité alimentaire sévère et que la pauvreté demeure élevée avec plus d'un Congolais sur deux vivant avec moins de 2,15 dollars par jour en 2022.
Cette édition se penche sur les réformes des subventions aux carburants, en soulignant que ces mesures profitent principalement aux couches les plus aisées de la population.
En 2022, la forte hausse des cours mondiaux de l’or noir a entraîné une augmentation des subventions pétrolières à hauteur de 2,4 % du PIB, soit davantage que les dépenses consacrées par le Congo à la protection sociale. Alors que les subventions aux carburants visent à soutenir le pouvoir d’achat des consommateurs et plus particulièrement celui des plus vulnérables, elles profitent en réalité aux segments les plus riches de la population, notamment les citadins.
« Le rapport souligne combien il est important de renforcer la protection sociale pour atténuer l'impact de la réforme des subventions pétrolières sur les plus vulnérables », explique Korotoumou Ouattara, représentante résidente de la Banque mondiale pour la République du Congo.
Selon Marilyne Youbi, économiste et autrice principale du rapport, « les subventions aux carburants fossiles représentent une charge budgétaire importante en République du Congo. L’utilisation de fonds publics pour geler les prix de détail des carburants détourne les ressources d’autres usages, par exemple les dépenses publiques en faveur des infrastructures, de l'éducation, de la santé et des services sociaux, et ce dans un pays où le développement du capital humain a stagné au cours de la dernière décennie. »
Le rapport décrit les bonnes pratiques de mise en œuvre des réformes des subventions aux carburants et préconise des mesures ciblées pour en atténuer l'impact sur les groupes et les secteurs affectés :
- renforcer les filets sociaux pour atténuer l'impact immédiat de la réforme des subventions aux carburants ;
- améliorer la transparence de la gestion des finances publiques ;
- augmenter les dépenses sociales, en particulier pendant les périodes critiques d'une réforme des subventions, afin de rétablir la confiance entre le gouvernement et les citoyens ;
- intensifier les investissements publics structurels productifs pour servir le double objectif de renforcement de la confiance dans l'action publique et de contribution à une transformation structurelle positive.
Franck Bitemo,
À propos du Groupe de la Banque mondiale
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