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Gabon - Vue d'ensemble

Pays d’Afrique centrale, le Gabon possède d’importantes ressources naturelles. Ouvert sur l’océan Atlantique, il partage ses frontières terrestres avec le Cameroun, la Guinée équatoriale et la République du Congo. C’est un pays peu densément peuplé, avec une population de 2 millions d’habitants (2017) et 85 % de son territoire occupé par la forêt.

Le Gabon possède en même temps un des taux d’urbanisation les plus élevés du continent : plus de quatre Gabonais sur cinq vivent en ville. Libreville et Port-Gentil, respectivement capitale politique et capitale économique du pays, recensent à eux seuls 59 % de la population totale. Un Gabonais sur deux est âgé de moins de 20 ans. Selon la deuxième enquête démographique et de santé de 2012, le taux de fécondité est de quatre enfants par femme en milieu urbain, contre six en milieu rural.

Situation politique

Le Parti démocratique gabonais (PDG) domine la vie politique. Après Omar Bongo, qui a présidé le pays pendant 41 ans, de 1968 à 2009, c’est son fils, Ali Bongo Ondimba, qui a remporté l’élection présidentielle d’août 2009 sur fond de crise sociale.

L’opposition, qui avait boycotté les élections législatives de 2011, a fait son retour pour les municipales et les départementales de décembre 2013 ainsi que pour les sénatoriales de décembre 2014. Tous ces scrutins se sont pourtant soldés par la victoire du parti au pouvoir. Le 31 août 2016, le président sortant a remporté une élection présidentielle controversée et marquée par un taux de participation relativement faible (59 %).

Des élections législatives et municipales se sont déroulées en octobre 2018, marquant la perte de 15 sièges à l’Assemblée nationale pour le parti au pouvoir, qui a néanmoins conservé sa majorité des deux tiers (98 sièges sur 143). Ces élections faisaient suite à un arrêt de la Cour constitutionnelle d’avril 2018 prononçant la dissolution du Parlement (au motif que le scrutin avait été trop souvent reporté), qui avait entraîné la démission du gouvernement en mai. Le gouvernement par intérim avait pris des mesures (intégrées dans la nouvelle loi de finances de 2018) visant à endiguer la dégradation des performances macroéconomiques du pays et contenir une fonction publique pléthorique.

Le 7 janvier 2019, profitant d’une absence prolongée du président de la république, en convalescence au Maroc, plusieurs militaires ont tenté de s’emparer du pouvoir. Cette tentative de coup d’état s’est soldée par l’arrestation des putschistes.

Depuis la mise en place d’un nouveau gouvernement en janvier 2019, celui-ci a été réaménagé par décret présidentiel le 30 janvier,  le 10 juin 2019 et en décembre 2019.

Situation économique

Le Gabon fait partie des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure. Cinquième producteur de pétrole d’Afrique, il a enregistré une forte croissance économique au cours de la décennie passée portée notamment par la production de pétrole et de manganèse. Ces cinq dernières années, le secteur pétrolier a représenté en moyenne 80 % des exportations, 45 % du PIB et 60 % des recettes budgétaires. Confrontées au déclin des réserves pétrolières, les autorités ont décidé de diversifier leur économie.

La situation budgétaire du Gabon s’est détériorée en 2015, le pays enregistrant un déficit pour la première fois depuis 1998. Les efforts du gouvernement pour juguler les dépenses et compenser le déclin des recettes pétrolières ne sont pas parvenus à relancer l’économie, qui a stagné et devrait afficher un taux de croissance de 0,8 % en 2018 contre 0,5 % en 2017.

Le développement limité des secteurs secondaire et tertiaire, touchés par l’affaiblissement des dépenses publiques, explique cette évolution. Mais la remontée des cours du brut, du manganèse et du caoutchouc — trois produits de base exportés par le pays — a sous-tendu la croissance dans le secteur primaire. En 2019, la croissance pourrait rebondir à 2,9 %, tirée par les secteurs non extractifs comme l’agro-industrie ou le transport et les communications, dont les réseaux ont été modernisés.

Cette croissance espérée va être remise en cause par la crise du Covid-19 et la nouvelle chute du prix du pétrole.  La baisse significative de la mobilisation de revenus domestiques, des exportations et des investissements directs étrangers entraineront un déficit fiscal important.

Enjeux du développement

La faible qualité du climat des affaires du Gabon — le pays se classe à la 169e place sur 190 pays dans l’édition 2018 du rapport Doing Business — constitue une sérieuse entrave à la diversification de son économie. La stratégie du gouvernement pour promouvoir les filières non pétrolières s’est jusqu’ici résumée à accorder des incitations spécifiques aux investisseurs étrangers. Une récente note de politique générale de la Banque mondiale a plaidé pour le renforcement du capital humain, la mise en place d’un environnement des affaires équitable et transparent et l’amélioration de la qualité et du prix des infrastructures clés — trois conditions vitales pour assurer la diversification de l’économie et des exportations. Les autorités ont récemment adopté une série de mesures pour améliorer le climat des affaires, avec la création d’un guichet unique pour les investisseurs, l’introduction d’un cadre institutionnel pour les partenariats public-privé, l’instauration d’un tribunal arbitral national et l’adoption de codes pour les hydrocarbures et les mines.

Le Gabon doit également augmenter ses dépenses sociales : une étude de McKinsey réalisée en 2013 indique qu’environ 30 % de la population est vit dans des conditions précaires, avec un revenu mensuel inférieur au salaire minimum garanti de 80 000 FCFA (soit environ 150 dollars). Elle note également que la situation sociale s’est dégradée en matière d’accès aux services de base (soins de santé, eau potable et électricité) dans 60 % des régions.

À la suite de ce rapport, le gouvernement gabonais a décidé d’améliorer sa politique sociale, autour de trois piliers :

  • Mise en place de programmes sociaux intégrés pour les populations les plus vulnérables (personnes âgées, orphelins, handicapés) ;
  • création d’activités rémunératrices pour les populations les plus démunies ;
  • réduction des inégalités d’accès aux services publics. Bien qu’il possède l’un des taux net de scolarisation en primaire les plus élevés d’Afrique (96,4 %), le système éducatif gabonais se caractérise par un faible taux d’achèvement (37,2 %).

Les failles du système statistique national devront également être traitées, le pays ne disposant pas de données fiables sur la pauvreté et la distribution des revenus, les derniers éléments disponibles remontant à 2010. L’indice des prix à la consommation est toujours calculé en fonction d’une structure de la consommation des ménages établie à partir d’une enquête de 2003.

Dernière mise à jour: 15 oct. 2021

FINANCEMENTS

Gabon: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA
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