NOTE

Paludisme

19 août 2013


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VUE D'ENSEMBLE

Le contexte

Au cours de la dernière décennie, les sommes importantes qui ont été investies dans la lutte contre le paludisme ont produit des résultats remarquables. À l'échelle mondiale, les cas de paludisme ont chuté de 233 millions en 2000 à 219 millions en 2010, et le nombre de décès liés à la maladie est tombé de 985 000 à 655 000 sur la même période. En 2010, la moitié de la population mondiale (3,3 milliards de personnes) restait cependant encore exposée au paludisme, et les dirigeants internationaux insistent sur la nécessité de consolider les avancées réalisées afin d'éviter que cette maladie parasitaire ne redevienne un problème de santé publique majeur dans des pays où la maladie a été endiguée.

En Afrique subsaharienne, la prévention a permis d'éviter à 1,1 million d'enfants de contracter le paludisme au cours de la dernière décennie. Onze pays de la région ont atteint les objectifs du Plan d'action mondial contre le paludisme qui avaient été fixés à l’horizon 2010, en plus de 32 autres pays endémiques situés hors d'Afrique.

Dans les pays du monde où l'accès aux interventions de lutte contre le paludisme s'est le plus amélioré, les taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans ont reculé d'environ 20 % ; en Afrique, les taux de mortalité ont enregistré un recul de 33 %. Cinquante pays sont sur la bonne voie pour réduire les taux d'incidence du paludisme de 75 % d'ici 2015. Néanmoins, ces pays ne représentent que 3 % du nombre total de cas estimés.

Dix-sept pays dans le monde concentrent 80 % des cas de paludisme estimés. Des pays comme le Maroc, le Turkménistan, les Émirats arabes unis et l'Arménie sont parvenus à éradiquer le paludisme au cours des cinq dernières années. En Afrique, le Botswana, la Namibie, l'Afrique du Sud, le Swaziland, l'Angola, le Mozambique, la Zambie et le Zimbabwe ont mis en place une stratégie régionale d'éradication du paludisme.

La charge de morbidité de cette pathologie dans le monde reste cependant anormalement élevée, sachant qu’elle touche en outre les enfants de manière disproportionnée : selon les estimations, les moins de cinq ans représentent 86 % des décès.

La maladie pèse lourdement sur les foyers et les systèmes de santé, et constitue un frein au développement économique dans les pays endémiques. Le paludisme ralentirait ainsi la croissance du PIB d'environ 1,3 point de pourcentage par an dans un certain nombre de pays africains. Il a également pour effet de décourager les investissements étrangers, d'accroître les dépenses de santé restant à la charge des patients et de diminuer les capacités d'apprentissage des enfants, particulièrement chez ceux qui survivent à un épisode sévère de la maladie.

Les interventions de lutte contre le paludisme qui sont les plus efficaces et rentables résident dans l'utilisation de moustiquaires imprégnées d'insecticide à longue durée d'action, la gestion efficace des cas (diagnostic rapide et traitement effectif) et les pulvérisations intradomiciliaires d’insecticide à effet rémanent. L'augmentation de la résistance aux médicaments, qu'on observe par exemple le long de la frontière séparant la Thaïlande et le Myanmar, cause cependant de sérieuses inquiétudes et souligne la nécessité d'investir également dans le renforcement de fonctions essentielles de santé publique telles que la surveillance épidémiologique dans les pays endémiques.

Partenariats

La baisse spectaculaire du nombre de cas de paludisme est le fruit d'une meilleure harmonisation des efforts déployés par les différents partenaires en direction des programmes nationaux, de l'engagement de la communauté internationale et de la mobilisation durable des États.

La communauté internationale s'est fixé des cibles chiffrées en matière de lutte contre le paludisme dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et, afin d’atteindre ces cibles, elle s'est rassemblée au sein du partenariat Roll Back Malaria (RBM). La Banque mondiale figure au nombre des membres fondateurs de ce partenariat créé pour servir de cadre mondial à la coordination des efforts.

Les membres du partenariat RBM ont approuvé les objectifs du Plan d'action mondial contre le paludisme (GMAP), lancé en 2008. La réalisation de ces objectifs permettra de considérablement réduire la mortalité chez les moins de cinq ans (OMD 4) et améliorer la santé maternelle (OMD 5), des aspects qui s'inscrivent aussi dans les priorités stratégiques de la Banque en matière de santé, nutrition et démographie.


La stratégie

La Banque mondiale est la troisième source de financement de la lutte contre le paludisme à l'échelle mondiale, après l'Initiative du président des États-Unis contre le paludisme (a) et le Fonds mondial. Au total, elle a engagé près de 1 milliard de dollars dans ce domaine.

Dans 20 pays d’Afrique, notamment, la Banque a engagé, sur la période 2005-2013, 773,6 millions de dollars dans la lutte contre le paludisme, un montant plus de dix fois supérieur à celui engagé entre 2000 et 2005. Entre 2006 et 2012, dans le cadre de l'appui qu'elle apporte à des projets nationaux en Afrique subsaharienne, la Banque mondiale a financé l'acquisition et la distribution de 62 millions de moustiquaires antipaludiques, ainsi que la distribution de 39,3 millions de moustiquaires supplémentaires fournies par d'autres membres du partenariat RBM. Cela s'est traduit par une augmentation considérable du nombre de foyers disposant d'une moustiquaire dans des pays tels que la République démocratique du Congo (RDC), la Zambie, le Bénin, le Nigéria et l'Éthiopie. De plus, la Banque a financé 97 millions de doses de traitement antipaludique ainsi que 22,3 millions de tests de diagnostic rapide. Près de 60 % des ressources de la Banque mondiale affectées à la lutte contre le paludisme en Afrique sont dirigées vers le Nigéria et la RDC, deux pays qui enregistrent à eux seuls 58 % des cas et des décès liés à cette maladie en Afrique.

Ailleurs, comme en Inde notamment, la Banque a alloué près de 190 millions de dollars aux efforts de lutte contre le paludisme dans le cadre d'un projet plus large portant sur le contrôle des vecteurs de la maladie. La Banque a financé 6,1 millions de moustiquaires imprégnées d'insecticide, ainsi qu'une grande quantité de tests de diagnostic rapide et de médicaments.

La Banque a adopté une approche à deux niveaux de la lutte contre le paludisme : elle cherche d'une part à développer à grande échelle les interventions qui ont fait leurs preuves, et d'autre part à renforcer les systèmes dans des domaines tels que les chaînes d'approvisionnement, les ressources humaines et le suivi-évaluation. Afin de pérenniser les avancées et continuer à progresser vers l'éradication du paludisme, il sera crucial pour les pays d'améliorer leurs systèmes de santé et d'assurer efficacement des fonctions de santé publique essentielles telles que la surveillance épidémiologique. Par le passé, la Banque est parvenue à mobiliser les ressources de l'IDA pour inciter des donateurs non traditionnels à s'engager dans ce combat : la Fédération de Russie a ainsi cofinancé les activités de lutte contre le paludisme de la Banque mondiale (16 millions de dollars) en Zambie et au Mozambique.

La stratégie de lutte contre le paludisme de la Banque porte également sur des secteurs autres que la santé. Par exemple, un programme de lutte contre le paludisme de 42 millions de dollars couvrant le bassin du fleuve Sénégal (notamment le Sénégal, le Mali, la Mauritanie et la Guinée) a été intégré à un projet de développement des ressources en eau couvrant ces mêmes pays. De la même façon, en RDC, la Banque a apporté 13 millions de dollars pour l'achat de moustiquaires dans le cadre d'un projet d'urgence pour la réhabilitation urbaine et sociale.

La Banque accorde une grande importance aux activités de suivi-évaluation pour ajuster la mise en œuvre des projets et s'assurer qu'ils délivreront des résultats. Elle a ainsi collaboré avec certains pays pour renforcer leurs capacités dans ce domaine ainsi que pour conduire des enquêtes visant à suivre les progrès et à identifier les goulets d'étranglement. L'évaluation de l'impact des programmes de lutte contre le paludisme permet d’obtenir des résultats plus efficaces et équitables. La Banque conduit des études de ce type au Kenya et au Sénégal (programmes en milieu scolaire), au Nigéria (impact de la formation des distributeurs locaux et des fournisseurs) et en Inde (amélioration des résultats de la lutte contre le paludisme par le biais de programmes fondés sur des données probantes).


Les résultats

Voici quelques exemples de résultats obtenus dans différents pays grâce à l'appui apporté par la Banque à des programmes de prévention et de lutte contre le paludisme :

  • Rwanda : le soutien de la Banque a conduit à une hausse de 63 % de l'utilisation de moustiquaires imprégnées, à une baisse de 62 % de l'incidence du paludisme et à un recul de 30 % de la mortalité juvénile (enfants de moins de cinq ans).
  • Éthiopie : le pourcentage d'enfants de moins de cinq ans dormant sous une moustiquaire imprégnée est passé de 5 % en 2003 à 90 % en 2010.
  • Zambie : le nombre annuel de décès liés au paludisme a chuté de 50 % entre 2000 et 2008, avec une réduction de 29 % de la mortalité juvénile et de 26 % de la mortalité infantile (entre 2000 et 2007).
  • Sierra Leone : le nombre de foyers équipés d'au moins une moustiquaire imprégnée est passé de 33 % en 2010 à 87 % en juin 2011.
  • Inde : la Banque a financé 6,1 millions de moustiquaires, 1,1 million de doses de traitement antipaludique et 3,6 millions de tests de diagnostic rapide.

VOIR AUSSI

Journée mondiale de la lutte contre le paludisme 2014