Mali Présentation

Le pays en bref

Pays pour l’essentiel désertique et peu densément peuplé, le Mali possède une économie insuffisamment  diversifiée et vulnérable aux fluctuations des prix des matières premières et aux conséquences du changement climatique. Ces facteurs, conjugués à une croissance démographique parmi les plus élevées au monde, favorisent l’insécurité alimentaire, la pauvreté et l’instabilité. La prestation de services sur ce vaste territoire à la population clairsemée s’avère difficile créant des disparités géographiques et nuisant à la cohésion sociale de ses 15 millions d’habitants. Seulement 10 % de la population vit dans les trois régions du Nord (Gao, Kidal et Tombouctou) qui représentent les deux tiers de l’ensemble du territoire national.

Contexte politique                       

Depuis quelques années, la situation politique et sécuritaire est particulièrement instable. Le début de l’année 2012 a été marqué par un coup d’État militaire et l’occupation des régions septentrionales du pays par des groupes rebelles et criminels. De janvier à juillet 2013 des forces armées y ont été déployées sous l’égide de la France avant d’être relayées par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) prend le relais. En juillet et août 2013, les deux tours de l’élection présidentielle se sont déroulés sans heurts, avec un taux de participation élevé (de respectivement 49 et 46 %).

En 2014, la France a entrepris de réorganiser son dispositif de lutte contre le terrorisme dans le Sahel avec l’opération Barkhane, basée à N’Djamena (Tchad).

Les négociations de paix entre le gouvernement et deux groupes rebelles (la « Plateforme » et la « Coordination des mouvements de l’Azawad ») ont abouti à la signature d’un accord en deux temps : le 15 mai 2015 pour la Plateforme et le 20 juin 2015 pour la Coordination. Bien que ce texte n’accorde pas l’autonomie aux régions du Nord, il prévoit une décentralisation importante, en leur accordant une place fondamentale avec la création d’une zone de développement

L’application de l’accord est cependant délicate. La situation sécuritaire reste fragile, des groupes djihadistes poursuivant leurs attaques contre les casques bleus et l’armée malienne, notamment dans le Nord mais également dans le Sud du pays, non loin de la frontière avec la Côte d’Ivoire. Cette persistance de l’insécurité entrave la reprise économique et la lutte pour la réduction de la pauvreté.

Contexte social

Depuis son indépendance en 1960, le Mali a connu une transformation sociale spectaculaire accompagnée d’importantes difficultés politiques, sociales et environnementales. Malgré une baisse de la pauvreté dans l’ensemble du pays (de 2001 à 2010), les disparités régionales persistent. Selon les chiffres nationaux, le taux de pauvreté est tombé de 55,6 % en 2001 à 43,6 % en 2010, avant de remonter à 45 % en 2013.

L’indice du développement humain (IDH) établi par les Nations Unies pour le Mali ressort à 0,407 en 2014, ce qui place le pays dans le bas du classement, au 176e rang sur 187 pays et territoires.

En 2010, plus de la moitié de la population (51 %) vivait sous le seuil de pauvreté de 1,25 dollar par jour. Depuis, la sécheresse et la guerre ont aggravé la pauvreté qui sévit toutefois nettement moins dans les zones urbaines (14 %). Les pauvres qui habitent en zone rurale se concentrent à 90 % dans le Sud du pays, où la densité de population est la plus forte. En l’absence d’estimations fiables, il est impératif d’améliorer les méthodes de mesure du bien-être et la collecte de données, afin de mieux analyser les moyens de subsistance des ménages déshérités.

Situation économique

Depuis 2011, la croissance économique du Mali a été soumise à plusieurs chocs exogènes. Le taux de croissance s’est maintenu autour de 4,5 % ces dix dernières années, à la faveur d’un développement rapide de l’offre de main-d’œuvre, de l’urbanisation (parallèlement au développement du secteur informel et de l’activité tertiaire), de l’agriculture extensive, de l’investissement public et de l’extraction d’or. La structure du PIB est restée relativement stable depuis 1990, avec des secteurs primaire (agriculture, or) et tertiaire (commerce, transports et fonction publique) contribuant chacun à la richesse nationale à hauteur de 35 à 40 %, le secteur secondaire assurant le reste. Le secteur industriel du Mali est peu développé et ne représente que 4 % du PIB. Il est essentiellement composé de petites entreprises privées, à l’exception de quelques grands groupes dans certaines filières (filatures de coton, électricité et mines).

 La croissance économique dévie souvent de la trajectoire linéaire voulue par l’État sous l’effet de chocs climatiques, politiques et de la volatilité des prix. L’activité économique a considérablement pâti d’une pluviométrie insuffisante en 2011 et en 2013. Après des conditions exceptionnelles en 2012, les précipitations ont retrouvé des taux normaux en 2014. La crise de 2012 (sécurité et instabilité politique) a engendré d’importantes fluctuations de la production intérieure, avec notamment un brusque tassement de la croissance du PIB consécutif à la destruction des infrastructures, aux déplacements de population, à la suspension des activités économiques, à la désertion des touristes et à la baisse de l’aide internationale.

L’atténuation des tensions sécuritaires et le retour progressif à l’ordre constitutionnel en 2013 ont permis un retour de l’aide dans le sillage de la conférence des bailleurs de fonds à Bruxelles qui a contribué au relèvement du pays en encourageant l’investissement public. La trajectoire de croissance est sensible aux aléas des échanges commerciaux, positifs depuis quelques années grâce au redressement du cours de l’or entre 2011 et 2013 et à la chute des prix du pétrole en 2014. L’un dans l’autre, le taux de croissance du PIB a chuté entre 2011 et 2012, de 2,7 à 0,0 %, avant de repartir à la hausse en 2013, à 1,7 %, puis de rebondir à 7,2 % en 2014 — un sursaut qui doit beaucoup aux effets de rattrapage.

Les perspectives macroéconomiques apparaissent favorables. Des facteurs extérieurs bénéfiques, tels que la faiblesse du franc CFA et la décrue des cours du pétrole, devraient être propices à la croissance. Après le pic de 2014, la croissance du PIB devrait progressivement se normaliser. Sur les trois prochaines années, l’activité intérieure devrait être principalement tirée par les secteurs primaire et tertiaire. Mais le Mali restera exposé à des chocs liés à la situation sécuritaire et climatique, sans véritable marge de manœuvre pour les amortir, sauf à tailler dans les investissements publics dans le contexte de l’union monétaire de la CEDEAO.

Dernière mise à jour: 04 nov. 2015

Le Groupe de la Banque mondiale au Mali

Le Groupe de la Banque mondiale met actuellement en œuvre un programme conçu pour réagir à la crise. Un nouveau cadre de partenariat avec le Mali est en cours de préparation. Il apportera des réponses ciblées aux obstacles à la lutte contre la pauvreté identifiés dans le diagnostic systématique achevé en juin dernier. Pour réaliser ce diagnostic et élaborer ce cadre, l’équipe de la Banque mondiale a organisé des consultations approfondies avec la société civile et ses partenaires au Mali.

Le portefeuille actuel de la Banque mondiale comprend 16 opérations, pour une enveloppe totale de 935 millions de dollars correspondant à des engagements de l’Association internationale de développement (IDA) et de divers fonds fiduciaires. À la fin de l’exercice 2015, le taux de décaissement était de 26,8 %, soit au-delà de l’objectif attendu de 25 %. Le solde non décaissé au 30 juin 2015 ressort à 432 millions de dollars. Deux projets ont été approuvés sur l’exercice 2015: le Projet de développement des compétences et d’emploi des jeunes et le Projet d’appui à l’enseignement supérieur.

La Banque mondiale a institué des réunions mensuelles d’examen du portefeuille avec toutes les unités d’exécution des projets, assurant un suivi dynamique des processus de passation de marchés et apportant son assistance technique au ministère de l’Économie et des Finances en charge des programmes financés par les bailleurs de fonds.

Fin juin 2015, la note de stratégie intérimaire pour l’exercice 2014-2015 a été finalisée comme prévu, s’étendant même au programme régional pour le Sahel. Les projets planifiés sur l’exercice 2015, pour une enveloppe de 288 millions de dollars, ont bien été approuvés ; ils comprennent : deux projets nationaux de respectivement 96 et 63 millions de dollars (le Projet de développement des compétences et d’emploi des jeunes et le Projet d’appui à l’enseignement supérieur) ; une opération à l’appui des politiques de développement (63 millions de dollars) ; trois opérations régionales pour le Sahel se chiffrant respectivement à 40, 45 et 37 millions de dollars (le Projet pour l’autonomisation des femmes et la démographie, le Projet d’appui au pastoralisme et le Projet pour les maladies tropicales négligées et le paludisme) ; et un projet du Fonds pour l’environnement mondial de 4 millions de dollars (le Projet de prévention et d’élimination des pesticides périmés au Mali).

Au 30 juin 2015, les engagements de la Société financière internationale (IFC) totalisaient 43 millions de dollars pour sept projets (deux dans les infrastructures, deux dans le secteur financier et trois dans le secteur manufacturier). La signature d’un accord de concession pour deux projets d’énergie renouvelable portés par des producteurs indépendants (la centrale hydroélectrique de Kenié pour 42 MW et le projet solaire Scatec pour 33 MW) fait partie des résultats marquants de l’exercice. De plus, la Banque est en train d’élaborer un projet de garantie partielle des risques souverains, d’un montant de 10 millions de dollars, qui doit être approuvé sur l’exercice 2015.

Dernière mise à jour: 04 nov. 2015

Le soutien du Groupe de la Banque mondiale a contribué à l’obtention de résultats dans les secteurs suivants :

Agriculture et élevage

Grâce entre autres au Projet de diversification et de compétitivité agricoles, la productivité enregistrée pour certains produits horticoles/d’élevage ciblés s’est améliorée. D’autres progrès ont aussi été accomplis, notamment :

  • l’augmentation, en volume et en valeur, des exportations de produits dans les trois principales filières (mangue, échalote/oignon et pomme de terre) a pratiquement atteint les niveaux attendus (respectivement 104, 93 et 95 % en volume et 107, 90 et 96 % en valeur) ;
  • l’accès au financement pour les agriculteurs et autres opérateurs économiques privés dans les chaînes de valeur retenues a été porté à 782 millions de francs (FCFA) sur les 880 millions prévus ;
  • quelque 125 investisseurs agro-industriels de taille moyenne ont bénéficié de services de facilitation du crédit pour se doter de technologies innovantes en matière de micro-irrigation, de stockage ou de transformation après-récolte.

Transport

Les efforts de la Banque mondiale ont porté leurs fruits dans les domaines suivants :

  • amélioration de 2 192 kilomètres (km) de routes rurales, désormais praticables en toute saison ;
  • réhabilitation de 295 km de grands axes régionaux à Mopti et Kayes ;
  • construction de quatre jetées sur le delta intérieur du fleuve Niger ;
  • construction/réhabilitation de nombreuses infrastructures locales, avec notamment le creusement de puits d’eau potable, la création de dispensaires et d’écoles et l’installation de panneaux solaires ;
  • construction d’une voie réservée aux autobus de 1,3 km de long sur le boulevard du Peuple, à Bamako ;
  • construction d’une rocade de 4,8 km partiellement réservée aux minibus (rocade de SOTRAMA) dans le centre de Bamako pour faciliter le trafic ;
  • construction de trottoirs et de deux passerelles pour les piétons.

Le Deuxième projet pour le secteur des transports au Mali bénéficie à 2,7 millions de personnes et a amélioré le pourcentage de ruraux ayant accès à une route praticable en toute saison dans la zone couverte (de 32 à 45 %). Il a également facilité la mobilité des habitants du centre de Bamako.

Dernière mise à jour: 04 nov. 2015

Au titre de l’accord de paix, la Banque a été sollicitée pour prendre la direction d’une équipe de bailleurs de fonds chargée de réaliser une évaluation des besoins post-conflit. Les préparatifs ont démarré dès la signature de l’accord, avec la Banque africaine de développement et la Banque islamique de développement.

Le Groupe de la Banque mondiale continue de travailler en étroite concertation avec d’autres partenaires de développement, le secteur privé, les organisations de la société civile, les représentants de la jeunesse et les groupes de réflexion. Les agences des Nations Unies (PNUD, UNICEF), la Commission européenne et l’USAID font partie de ses partenaires traditionnels.

Dernière mise à jour: 04 nov. 2015


FINANCEMENTS

Mali: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA