Mali Présentation

Le pays en bref          

Pays pour l’essentiel désertique avec une population inégalement répartie sur le territoire, le Mali possède une économie très peu diversifiée et fragilisée par son exposition aux fluctuations des cours des matières premières et par les conséquences du changement climatique. Tous ces facteurs, conjugués à un des taux de croissance démographique les plus élevés au monde, favorisent l’insécurité alimentaire, la pauvreté et l’instabilité politique. La prestation de services sur ce vaste territoire peu densément peuplé se heurte dès lors à des difficultés de taille qui engendrent des problèmes d’inégalité géographique et nuisent à la cohésion sociale de ses 15 millions d’habitants. Seuls 10 % des Maliens vivent dans les trois régions du Nord (Gao, Kidal et Tombouctou) qui représentent les deux tiers du territoire national et contribuaient, avant le coup d’état militaire de 2012, à 9,5 % du PIB du pays.

Contexte politique

Le 8 janvier 2015, le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, a procédé au troisième remaniement gouvernemental depuis son élection, nommant Modibo Keïta au poste de Premier ministre suite à la démission de Moussa Mara. C’est un homme politique expérimenté, qui a exercé cette fonction pour la première fois en 1982, sous la présidence d’Alpha Oumar Konaré (de mars à juin 2002). Plus récemment, il a été le haut représentant du chef de l’État pour les pourparlers de paix inter-maliens qui se sont déroulés à Alger en juillet 2014.

Le nouveau gouvernement compte 29 ministres, contre 31 auparavant. Huit ministres du gouvernement précédent sont partis, dont ceux directement impliqués dans des acquisitions controversées de matériel militaire et de dépenses extrabudgétaires pour l’achat d’un avion présidentiel.

Le gouvernement malien a signé le 1er mars 2015 à Alger un accord de paix préliminaire qui entend mettre fin au conflit armé contre les séparatistes du Nord du pays. Cet accord n’a toutefois pas été signé par les rebelles touaregs qui ont exigé davantage de temps. Des négociations menées sous l’égide des Nations Unies tentent de mettre un terme à  plusieurs décennies de soulèvements au Nord du Mali où les pays occidentaux et les puissances régionales craignent le retour de groupes rebelles.

Les récents combats sur le terrain et les divergences quant au statut politique de cette région désertique que les rebelles nomment « Azawad » ont compliqué les efforts de négociations autour d’un accord durable. L’accord d’Alger prévoit des transferts de compétences au Nord, une force de sécurité régionale et un programme spécifique de développement. En revanche, il laisse en suspens la question de l’identité politique de l’Azawad.

La capitale du pays, Bamako, a été le théâtre début mars, d’une attaque perpétrée par un homme armé dans un restaurant prisé des expatriés. Cet attentat, qui a tué cinq personnes (trois Maliens, un Français et un ressortissant belge), a été revendiqué par le groupe djihadiste Al-Mourabitoun implanté dans le Nord du Mali et allié d’al-Qaïda.

Situation économique

Depuis 2011, la croissance économique du Mali a subi plusieurs chocs exogènes. Le taux de croissance constant avoisine les 5 %, grâce au développement rapide de l’offre de main-d’œuvre, à l’urbanisation (parallèlement au développement du secteur informel), à l’agriculture extensive et à une plus forte exploitation des terrains disponibles, à l’investissement public et à l’extraction d’or.

Si l’activité économique a considérablement pâti d’une pluviométrie insuffisante en 2011 et en 2013, la situation est revenue à la normale en 2014. Deux autres facteurs ont engendré ces dernières années d’importantes fluctuations de la production intérieure : l’insécurité et l’instabilité politique. Les troubles politiques ont abouti au coup d’État de 2012. Les violences, la baisse du tourisme et l’effondrement de l’aide internationale ont par ailleurs entraîné une chute de la croissance du PIB. L’amélioration de la situation sécuritaire et le rétablissement de la démocratie en 2013 ont toutefois permis un retour de l’aide internationale. Les engagements pris lors de la conférence des bailleurs de fonds à Bruxelles aident le pays à se relever de la crise en encourageant l’investissement public. Grâce à la forte hausse du cours de l’or entre 2011 et 2013 et à la baisse du cours du pétrole en 2014, les échanges commerciaux ont affiché ces dernières années un bilan positif qui a également favorisé la croissance. Le taux de croissance du PIB a chuté de 2,7% à 0,0% entre 2011 et 2012 pour remonter à 1,7% en 2013 et atteindre 5,8% en 2014.

Les perspectives macroéconomiques apparaissent favorables. Des facteurs extérieurs positifs tels que la faiblesse du franc CFA des États d’Afrique de l’Ouest et la baisse du cours du pétrole, devraient être propices à la croissance. Après un pic à 5,8 % en 2014, la croissance du PIB se maintiendra probablement autour de 5,2 % en 2017. Sur les trois prochaines années l’activité intérieure sera principalement tirée par l’agriculture et par le secteur tertiaire. Le Mali reste vulnérable aux problèmes sécuritaires et climatiques et ne dispose pas des capacités suffisantes pour y faire face. Les autorités maliennes devront  mobiliser davantage de ressources afin de soutenir les investissements publics et de mettre en place des mécanismes de stabilisation politique et économique.

Contexte social

Depuis son indépendance en 1960, le Mali a connu une transformation sociale spectaculaire, qui s’est accompagnée d’importantes difficultés politiques, sociales et environnementales. Malgré une baisse de la pauvreté dans l’ensemble du pays (2001-2010), les disparités régionales persistent. Selon les chiffres nationaux, le taux de pauvreté est passé de 55,6 % à 43,6 % entre 2001 et 2010 pour remonter à 45 % en 2013. Avant la crise politique et économique de 2012, le Mali figurait au 175e rang de l’indice du développement humain (IDH) établi par les Nations Unies. Mais en à peine un an, il a reculé de sept places dans l’IDH et fait désormais partie des cinq pays les plus pauvres du monde.

L’incidence de la pauvreté est élevée et la plupart des pauvres se trouvent en milieu rural. En 2010, plus de la moitié de la population (51 %) vivait sous le seuil de pauvreté (établi à $1,25 par jour). La sécheresse et la guerre ont depuis accentué la pauvreté qui touche nettement moins les zones urbaines (14 %). Les pauvres qui habitent en zone rurale se concentrent à 90 % dans le Sud du pays où la densité de population est la plus forte. En l’absence d’estimations fiables, il est nécessaire d’améliorer la manière de mesurer le bien-être et la collecte de données afin de mieux analyser les moyens de subsistance des ménages précaires. 

 

Dernière mise à jour: 01 avr. 2015

L’action du Groupe de la Banque mondiale au Mali

La note de stratégie intérimaire du Mali ( NSI) élaborée par le Groupe de la Banque mondiale pour 2014-2015 prévoit un programme adapté d’appui au redressement post-conflit et de soutien aux objectifs de développement de long terme du Mali. Il s’agit de répondre rapidement aux besoins de la population dans tout le pays et d’améliorer la gouvernance sur le long terme.

Les décaissements prévus pour l’exercice 2015 sont en bonne voie, avec un premier financement de 50 millions de dollars effectué en novembre dernier dans le cadre d’une nouvelle série d’opérations à l’appui des politiques de développement. Le portefeuille de projets nationaux inclut 15 opérations d’un montant total de 921 millions de dollars apportés par l’Association internationale de développement (IDA) par le biais d’un fonds fiduciaires, dont 330 millions de dollars ont été approuvés en 2014. Le portefeuille de projets régionaux comprend sept opérations et concerne notamment des programmes mis en œuvre au Sahel en faveur de l’autonomisation des femmes et de la démographie, de la prévention des maladies, de l’aide au pastoralisme et du renforcement de la résilience face aux catastrophes.

La répartition du portefeuille est la suivante : 25% pour l’énergie, 18% pour les transports, 25 % pour le développement rural, 17% pour le développement du secteur public, 4% pour le développement humain, 7% pour l’environnement et 4% pour le développement du secteur privé.

Les engagements de la Société financière internationale (IFC) totalisent 40,2 millions de dollars au profit de six clients dont 14,1 millions non encore décaissés.

L’élaboration d’une nouvelle stratégie de partenariat avec le Mali

Le Groupe de la Banque mondiale a lancé le processus de préparation de sa nouvelle stratégie de partenariat avec le Mali. Ce processus comprend deux phases : i) la réalisation d’un diagnostic systématique qui permettra de déterminer les principaux problèmes et priorités du développement, et ii) l’établissement d’un cadre de partenariat qui définira l’action spécifique du Groupe de la Banque mondiale au Mali.

Des consultations publiques ont été organisées du 9 au 11 février 2015. Durant ces trois jours, différents acteurs de premier plan se sont réunis à Bamako, notamment des représentants des pouvoirs publics et de la société civile, des parlementaires ainsi que des partenaires au développement. D’autres réunions ont également eu lieu avec les jeunes afin de mieux comprendre les problèmes et défis du développement auxquels ces derniers sont confrontés.

L’équipe chargée du diagnostic-pays analyse actuellement les données recueillies grâce à ces consultations. La réunion de décision du comité des opérations régionales relative au diagnostic-pays s’est déroulée en février 2015 mais, étant donné le récent remaniement ministériel, le cadre de partenariat ne sera prêt qu’en début d’année 2016.

 

Dernière mise à jour: 01 avr. 2015

Le soutien du Groupe de la Banque mondiale a contribué à l’obtention de résultats encourageants dans les secteurs suivants :

Agriculture et élevage

Des initiatives du Groupe de la Banque mondiale telles que le Projet de diversification et de compétitivité agricoles ont permis d’améliorer la productivité de  produits ciblés d’horticulture et d’élevage. D’autres progrès ont aussi été accomplis, notamment :

  • l’augmentation, en volume et en valeur, des exportations de produits des trois principales filières (mangue, échalote/oignon et pomme de terre) a pratiquement atteint les niveaux attendus (respectivement 104 %, 93 % et 95 % en volume et 107 %, 90 % et 96 % en valeur) ;
  • l’accès au financement pour les agriculteurs et autres opérateurs économiques privés dans les chaînes de valeur retenues a été porté à 782 millions de francs (FCFA) sur les 880 millions prévus ;
  • quelque 125 investisseurs agro-industriels de taille moyenne ont bénéficié de services de facilitation du crédit pour acquérir des technologies innovantes en matière de micro-irrigation, de stockage ou de transformation après-récolte.

Transport      

  • réalisation de travaux périodiques d’entretien sur environ 339 kilomètres de routes dans les régions de Kayes, Koulikoro et Sikasso ;
  • démarrage en mars 2014, de travaux périodiques d’entretien sur près de 446 kilomètres de routes rurales dans les régions de Mopti, Koulikoro et Sikasso.

 

Dernière mise à jour: 01 avr. 2015

En janvier 2013, le Groupe de la Banque mondiale a pris la présidence de la troïka, le mécanisme de coordination des bailleurs de fonds, et a joué un rôle clé pour aider les autorités maliennes à mener à bien la reconstruction post-conflit. Depuis janvier 2015, la France a succédé à la Banque mondiale dans cette fonction.

En juillet 2014, le Groupe de la Banque mondiale a accueilli un atelier préparatoire pour l’élaboration de la stratégie commune d’assistance pays (SCAP) relative au Mali, dans le cadre du mécanisme de coordination des bailleurs de fonds qu’il a présidé jusqu’à fin 2014. Il s’agissait de définir la méthodologie de programmation conjointe et de s’entendre sur les composantes essentielles d’une analyse commune du contexte malien. Depuis 2015, la SCAP constitue le principal cadre de responsabilité mutuelle pouvoirs publics/partenaires, sur la base de la conférence des bailleurs de fonds à Bruxelles (fin 2014).

Au Mali, les bailleurs de fonds collaborent au sein de 10 groupes thématiques : 1) agriculture et économie rurale ; 2) développement des infrastructures ; 3) décentralisation et développement institutionnel ; 4) gestion macroéconomique ; 5) justice ; 6) processus démocratique et société civile ; 7) développement du secteur privé et microfinance ; 8) éducation ; 9) santé et 10) eau potable et assainissement. 

Dernière mise à jour: 01 avr. 2015


FINANCEMENTS

Mali: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA