Mali Présentation

  • CONTEXTE

    Le Mali est un vaste État enclavé de 1 241 238 km². Pays pour l’essentiel désertique à la population clairsemée, le Mali possède une économie très peu diversifiée et fragilisée par son exposition aux fluctuations des prix des produits de base et aux conséquences du changement climatique. Il abrite une population de plus de 17 millions d’habitants, dont un dixième vit dans les régions du Nord. Sa forte croissance démographique, conjuguée à la sécheresse, ont fait monter l’insécurité alimentaire, la pauvreté et l’instabilité. La délivrance des services sur ce vaste territoire peu densément peuplé est compliquée, avec des conséquences négatives sur le plan de l’égalité géographique et de la cohésion sociale.

    Situation politique

    Depuis quelques années, la situation politique et sécuritaire est particulièrement instable. Le début de l’année 2012 a été marqué par un coup d’État militaire et l’occupation des régions septentrionales du pays par des groupes armés. Une intervention militaire est lancée en janvier 2013 sous l’égide de la France, avant que la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) ne prenne le relais au mois de juillet suivant.

     

    Les deux tours de l’élection présidentielle se sont déroulés dans le calme en juillet et août 2013. Des élections locales se sont tenues en novembre 2016.

                                      

    Les négociations de paix entre le gouvernement et deux groupes rebelles (la « Plateforme » et la « Coordination des mouvements de l’Azawad ») débouchent sur la signature d’un accord en deux temps : le 15 mai 2015 pour la Plateforme et le 20 juin 2015 pour la Coordination. Bien que ce texte ne prévoie pas l’autonomie des régions du Nord, il formalise la volonté de décentralisation, en leur accordant une place fondamentale et en les dotant d’une zone de développement spécifique dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de développement accéléré du Nord (PDAN).

     

    L’application de l’accord est cependant délicate. La situation sécuritaire reste fragile, des groupes terroristes poursuivant leurs attaques contre les casques bleus et l’armée malienne, notamment dans le Nord. Cette persistance de l’insécurité entrave la reprise économique et les efforts de réduction de la pauvreté.

    Situation sociale

    Alors que le taux de pauvreté a baissé en moyenne de 55,6 % en 2001 à 43,6 % en 2010, des disparités régionales persistent et l’incidence de la pauvreté s’est aggravée pour atteindre 45 % en 2013.

    Son indice de développement humain classe le Mali au 176e rang sur 188 pays dans le classement établi en 2015 par l’ONU. Exacerbée par la sécheresse et la guerre, l’incidence de la pauvreté est beaucoup moins élevée dans les zones urbaines ; les populations pauvres se concentrent à 90 % dans les des zones rurales du sud du pays, où la densité démographique est la plus forte. En l’absence d’estimations fiables, il est impératif d’améliorer la mesure du bien-être et la collecte de données, afin de mieux comprendre les moyens de subsistance des ménages pauvres.

    Situation économique

    Ces dernières années, la croissance économique du Mali a été soumise à plusieurs chocs exogènes. Le taux de croissance s’est maintenu autour de 4,5 % au cours de la dernière décennie, à la faveur d’une expansion rapide de l’offre de main-d’œuvre, de l’urbanisation (parallèlement au développement du secteur informel et de l’activité tertiaire), de l’agriculture extensive, de l’investissement public et de l’extraction d’or. La structure du PIB est restée relativement stable depuis 1990, avec des secteurs primaire (agriculture, or) et tertiaire (commerce, transports et fonction publique) contribuant chacun à la richesse nationale à hauteur de 35 à 40 %. Le secteur industriel du Mali, restreint (4 % du PIB), est essentiellement composé de petites entreprises privées, à l’exception de quelques grands groupes dans certaines filières (filatures de coton, électricité et mines).

     

    La stabilisation politique progressive et l’amélioration de la situation sécuritaire ont favorisé l’accélération de la croissance : la progression du PIB a atteint 7 % en 2014, soit son taux le plus élevé depuis 2003, et s’est poursuivie en 2015 et 2016 à un rythme soutenu (6 % et 5,4 % respectivement). La croissance de l’économie malienne devrait s’établir autour de 5 % par an sur la période 2017-2019, compte tenu d’un retour prévisible à la normalité et de la diminution progressive de l’aide internationale. Tous les secteurs devraient y contribuer, et en particulier le secteur tertiaire, dont le développement devrait s’accélérer grâce au dynamisme soutenu des télécommunications et des transports. 

     

    Dernière mise à jour: 26 avr. 2017

  • L’action du Groupe de la Banque mondiale au Mali

    Le Groupe de la Banque mondiale met actuellement en œuvre un programme conçu pour faire face aux enjeux de l’après-crise. Un nouveau cadre de partenariat avec le Mali a été approuvé par le Conseil des administrateurs le 10 décembre 2015. Fruit d’une collaboration étroite avec les autorités du pays et les autres parties prenantes, il s’attelle aux obstacles qui entravent la réduction de la pauvreté et qui ont été mis en évidence dans le cadre du diagnostic systématique entrepris précédemment et achevé en juin 2015. Cet exercice de diagnostic, mené par la Banque mondiale pour nourrir et contribuer à l’élaboration de sa nouvelle stratégie d’action pour le Mali, a donné lieu à des consultations approfondies avec l’ensemble de ses partenaires et avec la société civile.

    Société financière internationale (IFC)

    En décembre 2016, les engagements d’IFC totalisaient 33,6 millions de dollars pour huit projets (deux d’entre eux concernent les infrastructures, deux autres des institutions financières et quatre des investissements dans le secteur manufacturier).

    Les principales réalisations accomplies au titre du programme d’IFC en faveur de l’accès des micro, petites et moyennes entreprises aux financements sont les suivantes : i) un investissement de 2,5 millions de dollars dans un mécanisme de partage des risques avec Ecobank Mali et un investissement de 4 millions de dollars (prêt et participation) dans une société de microfinancement (Microcred Mali) ; ii) la création d’une plateforme « Business Edge » destinée à former les PME à la gestion et aux plans d’entreprise afin d’accroître leurs chances de bénéficier de prêts bancaires ; et iii) la mise en place d’un programme visant à développer le cadre juridique et règlementaire du crédit-bail en Afrique afin de faciliter l’acquisition de biens d’équipement par les PME.

    IFC joue aussi un rôle important dans le domaine des infrastructures, dans le cadre de deux projets d’énergie renouvelable portés par des producteurs indépendants, qui permettront s’accroître la capacité énergétique du Mali de 75 MW.

    Le développement de l’agriculture constitue une autre priorité d’IFC dans ce pays, en raison du fort potentiel que recèle le Mali en la matière et de l’importance du secteur agricole pour la réduction de la pauvreté. Son portefeuille dans ce secteur comprend deux projets dans l’agroalimentaire (concernant la minoterie et les boissons), tandis que d’autres opérations en faveur de secteurs dans lesquels le Mali possède un avantage concurrentiel sont actuellement à l’étude.

    Dernière mise à jour: 26 avr. 2017

  • Le soutien du Groupe de la Banque mondiale a contribué à l’obtention de résultats dans les secteurs suivants :

    Agriculture et élevage

    Grâce entre autres au Projet de diversification et de compétitivité agricoles, la productivité enregistrée pour certains produits horticoles/d’élevage ciblés s’est améliorée. D’autres progrès ont aussi été accomplis, notamment :

    • l’augmentation, en volume et en valeur, des exportations de produits dans les trois principales filières (mangue, échalote/oignon et pomme de terre) a pratiquement atteint les niveaux attendus (respectivement 107, 115 et 117 % en volume et 107, 121 et 128 % en valeur). Les importations de mangues ont augmenté de 3 447 tonnes en 2006 à 37 572 tonnes en 2014, soit une hausse de 668 % ;
    • l’accès au financement pour les agriculteurs et autres opérateurs économiques privés dans les chaînes de valeur retenues a été porté à 836 millions de francs (FCFA) sur les 880 millions prévus ;
    • quelque 612 investisseurs agro-industriels de taille moyenne ont bénéficié de services de facilitation du crédit pour acquérir des technologies innovantes en matière de micro-irrigation, de stockage ou de transformation après-récolte. Les PME concernées se sont avérées profitables et un grand nombre d’entre elles sont toujours actives.

    À la clôture du projet, le 30 juin 2015, sa réalisation a été jugée satisfaisante par le Groupe indépendant d’évaluation (IEG).

    Par ailleurs, le Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest qui a pour objectif de développer la création, la diffusion et l’adoption de techniques améliorées pour un certain nombre de produits agricoles de base prioritaires, a couvert 685 000 bénéficiaires (dont 34 % de femmes). 

    Transport

    Le Deuxième projet pour le secteur des transports au Mali bénéficie à 2,7 millions de personnes et a amélioré le pourcentage de ruraux ayant accès à une route praticable en toute saison dans la zone couverte (de 26 à 33 %). Il a également facilité la mobilité des habitants du centre de Bamako :

    ·       amélioration de 2 192 kilomètres (km) de routes rurales, désormais praticables en toute saison dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et Mopti ;

    ·       réhabilitation de 295 km de grands axes régionaux dans les régions de Mopti (142 km entre Badiangara et Douentza) et de Kayes (150 km entre Badougou et Bafoulabe) ;

    ·       construction de quatre jetées sur le delta intérieur du fleuve Niger à Diafarabe, Konna et Tenenkou, dans la région de Mopti, et à Dioro, dans la région de Ségou ;

    ·       construction/réhabilitation de 292 infrastructures locales, avec notamment le creusement de puits pour l’eau potable, la création de dispensaires et d’écoles, l’installation de panneaux solaires et la mise en place d’une plateforme agricole multifonctionnelle.

     

    Éducation

    Projet d’urgence Éducation pour tous au Mali : ce projet, qui consiste en un financement du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE) de 41,7 millions de dollars, a pour objectif d’améliorer l’accès à l’éducation de base pour les enfants victimes du conflit ainsi que leurs conditions d’apprentissage.

    ·       Le projet a déjà équipé 789 salles de classe sur les 1 050 programmées, ce qui a permis la scolarisation de 40 050 élèves supplémentaires dans les zones ciblées. De plus, 21 millions de repas ont été distribués à 133 516 élèves sur les 27 millions prévus sur toute la durée du projet et dont la fourniture devrait été assurée d’ici la fin de cette année scolaire (2016-2017). Le projet a par ailleurs financé la mise en place de 1 300 comités de de gestion des établissements scolaires et la formation des parents y prenant part, afin de gérer notamment des cours de soutien pour plus de 30 000 enfants, d’organiser les cantines et de surveiller l’assiduité des élèves. Le projet a également permis de fournir des pupitres et du matériels pédagogiques à 10 000 élèves. Des retards dans la gestion des contrats et le transfert des fonds aux établissements scolaires ont ralenti la mise en œuvre des activités, en particulier dans le nord du pays, où le projet prévoit la remise en état des écoles et une deuxième phase de constructions. 

    Dernière mise à jour: 26 avr. 2017

  • Les partenaires techniques et financiers (donateurs bilatéraux et multilatéraux et système de l’ONU au Mali) sont organisés en Groupe exécutif de coopération (GEC) piloté par trois bailleurs ; et en 10 groupes thématiques sectoriels, pour coordonner leur action.

    Le GEC réunit les chefs de mission une fois par mois. En consultation avec le gouvernement, ils ont ainsi élaboré une Stratégie commune d’assistance pays (SCAP) permettant de définir les domaines prioritaires de coopération et de coordonner l’aide.

    Un groupe technique appuie ce mécanisme dont la Banque mondiale est un acteur clé. En 2016, la Banque a animé le groupe thématique économie agricole et rurale et énergie. En 2017 elle prend en charge le groupe thématique économie, finances et secteur privé.

    Dernière mise à jour: 26 avr. 2017

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