Mali Présentation

  • Le Mali est un vaste pays de pratiquement 18 millions d’habitants (2016) à l’économie très peu diversifiée et exposée de ce fait aux fluctuations des prix des produits de base. Traversé par le fleuve Niger, son territoire essentiellement désertique subit les conséquences du changement climatique. Malgré une population clairsemée, dont 10 % seulement vit dans les régions du Nord, la forte croissance démographique conjuguée à la sécheresse ont fait monter l’insécurité alimentaire, la pauvreté et l’instabilité. La délivrance de services sur ce territoire étendu est compliquée, ce qui rejaillit sur l’égalité géographique et la cohésion sociale.

    Le Mali partage ses frontières avec l’Algérie, le Burkina Faso, la Guinée, la Mauritanie, le Niger et le Sénégal.

    Situation politique

    Depuis quelques années, la situation politique et sécuritaire au Mali est particulièrement instable. Le début de l’année 2012 a été marqué par un coup d’État militaire et l’occupation des régions septentrionales du pays par des groupes armés. Une intervention militaire est lancée en janvier 2013 sous l’égide de la France, avant que la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) ne prenne le relais au mois de juillet suivant. En 2014, la France a réorganisé ses actions de lutte contre le terrorisme au Sahel.

    Les deux tours de l’élection présidentielle se sont déroulés en juillet et août 2013 tandis que des élections locales se sont tenues en novembre 2016. Les négociations de paix entre le gouvernement et deux groupes rebelles (la « Plateforme » et la « Coordination ») débouchent sur la signature d’un accord en mai et en juin 2015. Bien que ce texte ne prévoie pas l’autonomie des régions du nord du Mali, il formalise la volonté de décentralisation, en leur accordant une place fondamentale, en les dotant d’une zone de développement spécifique et en leur consacrant un plan d’action, le Programme de développement accéléré du Nord (PDAN). L’application de cet accord de paix est délicate, cependant. Indispensable pour la reprise économique et la réduction de la pauvreté, la sécurité reste fragile, des groupes armés poursuivant leurs attaques contre les casques bleus et l’armée malienne, essentiellement dans le Nord du pays.

    Situation sociale

    Alors que le taux de pauvreté a baissé en moyenne de 55,6 % en 2001 à 43,6 % en 2010, des disparités régionales persistent et l’incidence de la pauvreté s’est aggravée pour atteindre 45 % en 2013.

    Son indice de développement humain classe le Mali au 176e rang sur 188 pays dans le classement établi en 2015 par l’ONU. Exacerbée par la sécheresse et la guerre, l’incidence de la pauvreté est beaucoup moins élevée dans les zones urbaines, les populations pauvres se concentrant à 90 % dans les zones rurales du sud du pays, où la densité démographique est la plus forte. En l’absence d’estimations fiables, il est impératif d’améliorer la mesure du bien-être et la collecte de données, afin de mieux comprendre les moyens de subsistance des ménages pauvres.

    Situation économique

    En dépit d’une situation sécuritaire qui se dégrade, les performances économiques du pays restent bonnes, avec une croissance alerte et, plus récemment, un recul visible du taux de pauvreté. L’agriculture et les services ont bien résisté à l’instabilité ambiante et permettent de tabler sur un taux de croissance de 5,8 % en 2016 (contre 6 % en 2015). Malgré l’accord de paix de 2015, le gouvernement peine toujours à regagner le contrôle sur les régions septentrionales et l’insécurité se propage au Centre et au Sud.

    La croissance du secteur primaire a progressé, de 6,9 à 7,6 % entre 2015 et 2016, portée par de bonnes performances agricoles et une pluviométrie favorable, tandis que le secteur tertiaire a confirmé sa robustesse (avec une croissance avoisinant les 6 % depuis 2014) à la faveur du dynamisme retrouvé des télécommunications. Côté demande, la consommation privée a rebondi de 5,1 % sous le double effet de la hausse des revenus agricoles en milieu rural et de la stabilité des prix alimentaires en ville. La formation brute de capital fixe a fortement progressé, de 14,9 %, conséquence des efforts du gouvernement pour remédier aux déficits d’infrastructures, notamment dans le cadre de l’accord de paix.

    La chute des prix alimentaires et l’atonie des cours internationaux de pétrole expliquent le taux d’inflation négatif, à -1,8 %.

    Le tassement des cours de l’or et la hausse des importations consécutive aux investissements publics ont creusé le déficit courant, passé de 5,3 % du PIB en 2015 à 7,3 % en 2016 et financé par les apports nets de capitaux (aide et investissements directs étrangers pour l’essentiel). Plombées par l’affaiblissement de la position extérieure, les réserves de change ont fondu. En 2016, la masse monétaire au sens large a augmenté de 6,4 %.

    Les investissements massifs décidés par le gouvernement ont contribué à la dégradation des finances publiques : le déficit budgétaire global (dons compris) s’est aggravé, passant de 1,8 % du PIB en 2015 à 4 % en 2016, sous l’effet de la hausse des dépenses de l’État qui n’a pu être compensée par le net redressement des recettes intérieures. L’augmentation des dépenses d’investissement a provoqué une hausse brutale des dépenses publiques et du montant net des prêts au gouvernement central, à 22,4 % du PIB (contre 20,9 % en 2015). L’optimisation de la fiscalité frappant les carburants et les réformes visant à élargir l’assiette fiscale et à rationaliser les exemptions d’impôt ont entraîné une augmentation des recettes fiscales correspondant à 1 % du PIB.

    Le risque de surendettement reste modéré mais la dette publique s’est alourdie de 3 % du PIB entre 2014 et 2016.

    Le Mali faisant partie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), c’est la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) qui gère la politique monétaire, veillant au maintien de la parité entre le franc CFA et l’euro avec l’appui du Trésor public français.

    En décembre 2016, la BCEAO a porté le taux d’intérêt de la facilité de prêt marginal à 4,5 % (contre 3,5 % auparavant), renchérissant ce faisant le coût des fonds souverains sur le marché régional — une mesure qu’elle a atténuée en mars 2017 en ramenant le ratio des fonds propres obligatoires de 5 à 3 %.

    À moyenne échéance, la croissance du Mali devrait rester soutenue, autour de 5 %, ce qui est conforme au taux de croissance potentiel à long terme du pays. L’agriculture bénéficie de conditions météorologiques propices et des retombées positives de la réforme des subventions à l’achat d’intrants. Le dynamisme du secteur marchand, des télécommunications et du transport devrait se confirmer. Et tant que la production agricole contient toute nouvelle flambée des prix alimentaires, l’inflation devrait rester modérée.

    Côté demande, les investissements pourraient augmenter avec l’entrée en application de la loi sur les partenariats public-privé et l’opérationnalisation du Fonds de développement durable pour les projets régionaux, notamment dans le Nord du pays. Le déficit courant, attendu à 8,4 % du PIB en 2017, devrait progressivement se contracter autour des 6,5 % sous l’effet des politiques d’assainissement budgétaire envisagées. Il sera financé par les investissements directs étrangers et des emprunts extérieurs.

    La poursuite des efforts d’assainissement budgétaire (rationalisation des dépenses courantes et optimisation du recouvrement des impôts) devrait ramener le déficit budgétaire à 3 % du PIB en 2019, contre 4,3 % en 2016. Mais la viabilité de la dette pourrait pâtir du durcissement des conditions financières (notamment la baisse des transferts de fonds, des investissements directs étrangers et des cours des produits de base).

    Dernière mise à jour: 31 oct. 2017

  • L’action du Groupe de la Banque mondiale au Mali

    Le Groupe de la Banque mondiale met en œuvre un programme conçu pour faire face aux enjeux de l’après-crise. Un nouveau cadre de partenariat avec le Mali s’attelle aux obstacles qui entravent la réduction de la pauvreté mis en évidence dans le cadre du diagnostic systématique achevé en juin 2015.

    Société financière internationale

    En décembre 2016, les engagements d’IFC totalisaient 33,6 millions de dollars pour huit projets (deux d’entre eux concernent les infrastructures, deux autres des institutions financières et quatre des investissements dans le secteur manufacturier).

    Les principales réalisations accomplies au titre du programme d’IFC en faveur de l’accès des micro, petites et moyennes entreprises aux financements sont les suivantes : i) un investissement de 2,5 millions de dollars dans un mécanisme de partage des risques avec Ecobank Mali et un investissement de 4 millions de dollars (prêt et participation) dans une société de microfinance (Microcred Mali) ; ii) la création d’une plateforme « Business Edge » destinée à former les PME à la gestion et aux plans d’entreprise afin d’accroître leurs chances de bénéficier de prêts bancaires ; et iii) la mise en place d’un programme visant à développer le cadre juridique et réglementaire du crédit-bail en Afrique afin de faciliter l’acquisition de biens d’équipement par les PME.

    IFC joue aussi un rôle important dans le domaine des infrastructures, dans le cadre de deux projets d’énergie renouvelable portés par des producteurs indépendants, qui permettront s’accroître la capacité énergétique du Mali de 75 MW.

    Le développement de l’agriculture constitue une autre priorité d’IFC dans ce pays, en raison du fort potentiel que recèle le Mali en la matière et de l’importance du secteur agricole pour la réduction de la pauvreté. Son portefeuille comprend deux projets dans la minoterie et les boissons, tandis que d’autres opérations en faveur de secteurs dans lesquels le Mali possède un avantage concurrentiel sont à l’étude.

    Dernière mise à jour: 31 oct. 2017

  • Le soutien du Groupe de la Banque mondiale a contribué à l’obtention de résultats dans les secteurs suivants.

    Agriculture et élevage

    Le projet de diversification et de compétitivité agricoles a permis d’améliorer la productivité pour certains produits horticoles/d’élevage ciblés. D’autres progrès ont aussi été accomplis, notamment :

    • l’augmentation, en volume et en valeur, des exportations de produits dans trois filières (mangue, échalote/oignon et pomme de terre) a dépassé les niveaux attendus, avec une hausse de 668 % pour la mangue, les exportations étant passées de 3 447 tonnes en 2006 à 37 572 tonnes en 2014 ;
    • l’accès au financement pour les agriculteurs et autres opérateurs privés dans les chaînes de valeur retenues a été porté à 836 millions de francs (FCFA) sur les 880 millions prévus (32 lignes de crédit) ;
    • quelque 612 investisseurs agro-industriels de taille moyenne ont obtenu des crédits pour acquérir des technologies innovantes en matière de micro-irrigation, de stockage ou de transformation après-récolte. Les PME concernées, qui étaient déjà rentables, le sont toujours ;
    • à la clôture du projet, en juin 2015, sa réalisation a été jugée satisfaisante par le Groupe indépendant d’évaluation (IEG) ;

    Le programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest a pour objectif de développer la création, la diffusion et l’adoption de techniques améliorées pour un certain nombre de produits agricoles de base prioritaires. Le projet a couvert 685 000 bénéficiaires (dont 34 % de femmes) ; environ 447 800 hectares ont bénéficié de nouvelles technologies (contre les 240 000 programmés par an) et 325 000 producteurs ont eu accès à des semences certifiées.

    Le programme de bons électroniques obtient des résultats satisfaisants, avec la distribution de lots d’intrants agricoles à pratiquement 40 000 producteurs vulnérables dans le Nord du Mali. Un dispositif identique (méthode progressive et base de données identique) sera utilisé pour acheminer les intrants distribués par le gouvernement malien. Il faudra néanmoins remédier aux défaillances du réseau pour assurer le bon fonctionnement du système.

    Transport

    Le deuxième projet pour le secteur des transports au Mali bénéficie à 2,7 millions de personnes et a amélioré le pourcentage de ruraux ayant accès à une route praticable en toute saison dans la zone couverte (de 26 à 33 %). Il a également facilité la mobilité des habitants du centre de Bamako :

    • remise en état de 2 192 kilomètres (km) de routes rurales, désormais praticables en toute saison dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et Mopti ;
    • réhabilitation de 295 km de grands axes régionaux autour de Mopti (142 km entre Badiangara et Douentza) et Kayes (150 km entre Badougou et Bafoulabe). Sur ces deux tronçons, le trafic a augmenté respectivement de 10 à 323 véhicules par jour et de 35 à 373 véhicules par jour ;
    • construction de quatre jetées sur le delta intérieur du fleuve Niger à Diafarabe, Konna et Tenenkou (Mopti) et à Dioro (Ségou) ;
    • amélioration des infrastructures locales à travers 292 interventions, avec notamment le creusement de puits pour l’eau potable, la construction ou la réhabilitation de dispensaires et d’écoles, l’installation de panneaux solaires ou la mise en place de plateformes agricoles multifonctionnelles.

    Éducation

    Le projet d’urgence Éducation pour tous au Mali, qui consiste en un financement du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE) de 41,7 millions de dollars, a pour objectif d’améliorer l’accès à l’éducation de base pour les enfants victimes du conflit ainsi que leurs conditions d’apprentissage.

    Il a déjà équipé 789 salles de classe sur les 1 050 programmées, ce qui a permis la scolarisation de 40 050 élèves supplémentaires. De plus, 21 millions de repas ont été distribués à 133 516 élèves, sur les 27 millions prévus sur toute la durée du projet et dont la fourniture devrait été assurée d’ici la fin de cette année scolaire (2016-17). Le projet a par ailleurs financé la mise en place de 1 300 comités de gestion des établissements scolaires et la formation des parents y prenant part, afin de gérer notamment des cours de soutien pour plus de 30 000 enfants, d’organiser les cantines et de surveiller l’assiduité des élèves. Le projet a également permis la fourniture de pupitres et de matériels pédagogiques au profit de 10 000 élèves environ. Des retards dans la gestion des contrats et le transfert des fonds aux établissements scolaires ont ralenti la mise en œuvre des activités, en particulier dans le Nord du pays, où le projet prévoit la remise en état des écoles et une deuxième phase de constructions. Le projet doit finaliser la totalité des activités programmées d’ici la nouvelle date de clôture (fin décembre 2017).

    Dernière mise à jour: 31 oct. 2017

  • Afin de faciliter leur coordination, les partenaires techniques et financiers du Mali (donateurs bilatéraux et multilatéraux et système de l’ONU sur place) sont organisés comme suit : i) un Groupe exécutif de coopération (GEC) piloté par trois bailleurs ; et ii) dix groupes thématiques sectoriels.

    Le GEC réunit les chefs de mission une fois par mois. En consultation avec le gouvernement, ils ont élaboré une Stratégie commune d’assistance pays (SCAP) permettant de définir les domaines prioritaires de coopération et de coordonner l’aide. Un groupe technique appuie ce mécanisme dont la Banque mondiale est un acteur clé. En 2016, la Banque a présidé le groupe thématique économie agricole et rurale et énergie. En 2017, elle prend en charge le groupe thématique économie, finances et secteur privé.

    Par ailleurs, le Groupe de la Banque mondiale travaille en étroite concertation avec le secteur privé, la société civile, les municipalités et les universités.

    Dernière mise à jour: 31 oct. 2017

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FINANCEMENTS

Mali: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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