République du Congo - Vue d'ensemble

  • Le pays en bref

    La République du Congo est un pays fortement urbanisé : plus de la moitié de la population est concentrée dans ses deux plus grandes villes, Brazzaville et Pointe-Noire. Mais le reste du territoire est l’un des moins denses d’Afrique, avec 12,8 habitants par kilomètre carré.

    Richement doté en forêts tropicales, le pays dispose aussi de vastes terres arables non cultivées, qui représentent environ un tiers de sa superficie totale. Surtout, en plus d’abondantes ressources minières, il possède d’importants gisements d’hydrocarbures, avec des réserves prouvées de pétrole et de gaz naturel estimées respectivement à 1,6 milliard de barils et 90 milliards de mètres cubes.

    Malgré des progrès sur le plan de la croissance économique, la République du Congo n’est pas parvenue à exploiter pleinement l’atout que constituent ses ressources naturelles pour obtenir des performances socioéconomiques robustes. Globalement, la forte dépendance à l’égard des hydrocarbures a bloqué le développement d’autres secteurs d’activité, comme l’agriculture et la sylviculture.

    Situation politique

    Le pays est actuellement dirigé par le président Denis Sassou Nguesso, réélu le 20 mars 2016, et par son Premier ministre Clément Mouamba.

    Le Parti congolais du travail (PCT) a remporté la plupart des sièges aux élections législatives et locales de juillet 2017, qui ont donné lieu à un remaniement ministériel sans conséquence sur les portefeuilles clés.

    La crise qui sévit dans le département du Pool depuis avril 2016 a connu récemment des développements positifs, avec la signature, le 23 novembre 2017, d’un accord de cessez-le-feu entre le gouvernement congolais et les représentants de l’ancien chef rebelle Frédéric Bintsamou (alias le pasteur Ntumi). Cet accord a permis à plusieurs centaines de miliciens Ninja de quitter les forêts du Pool et de déposer leurs armes dans le cadre d’un processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration. Parallèlement, les 138 000 personnes ayant besoin d’une aide d’urgence ont pu commencer à bénéficier d’une assistance humanitaire.

    Situation économique

    La crise économique s’est accentuée en 2017, avec une contraction du PIB de 4,6 % (contre -2,8 % l’année précédente). La hausse de la production pétrolière liée à la mise en service d’un nouveau gisement (Moho Nord) et la remontée des cours du brut n’ont pas permis de compenser le déclin des activités non pétrolières. Celles-ci ont enregistré une baisse de 9,2 % en 2017, les difficultés financières imputables à l'accumulation des arriérés de l'État ayant poussé de nombreuses entreprises à réduire leur activité et leur personnel, en particulier dans les secteurs des télécommunications, des transports et de la construction.

    La croissance économique devrait connaître une reprise timide à moyen terme, à hauteur de 1,4 % en moyenne sur la période 2018-2020. Elle bénéficiera de la hausse de la production pétrolière et des activités dans les TIC et le secteur manufacturier, avec l’entrée en production de la cimenterie Dangote en novembre 2017. La production non pétrolière se redressera progressivement pour atteindre son pic en 2019. L’inflation devrait rester maîtrisée sous l’objectif des 3 % fixé par la CEMAC, ce qui devrait permettre de contenir les déficits budgétaire et extérieur sur la période 2018-2020, parallèlement à la bonne exécution des réformes budgétaires et économiques.

    Dernière mise à jour: 19 avr. 2018

  • La dernière stratégie de partenariat du Groupe de la Banque mondiale pour la République du Congo a été approuvée par le Conseil des administrateurs en novembre 2012 et couvrait la période 2013-2016. Elle avait comme objectif principal d’aider le gouvernement congolais à diversifier son économie en réduisant sa dépendance au pétrole, pour privilégier une croissance tirée par le secteur privé et la création d’emplois. La stratégie, qui cherchait également à améliorer la performance des services publics de base, notamment dans la santé et l’éducation, s’articulait autour de trois axes : compétitivité et emploi ; vulnérabilité et résilience ; et renforcement des capacités gouvernementales et de la gouvernance.

    Un examen des progrès et des enseignements réalisé au deuxième semestre de l’exercice 2016 afin d’orienter la poursuite de la collaboration de la Banque a globalement confirmé la pertinence de ces axes stratégiques. L’effondrement récent des recettes pétrolières souligne l’importance de diversifier l’économie congolaise et d’utiliser de manière plus efficace les ressources publiques afin d’obtenir de meilleurs résultats.

    Les ajustements proposés traduisent la volonté de mieux aligner le programme d’activités sur le double objectif de la Banque mondiale visant à mettre fin à l’extrême pauvreté d’ici 2030 et à favoriser une croissance plus inclusive. Il s’agira dans cette perspective de soutenir des projets porteurs de transformations dans les infrastructures urbaines, le développement des compétences agricoles, les services de santé (avec le recours à des financements basés sur les performances), les filets de protection sociale et la qualité de l’éducation.

    Le Groupe de la Banque mondiale réfléchira par ailleurs à des mécanismes alternatifs de financement des grands projets d’infrastructures en s’appuyant sur la collaboration avec la Société financière internationale (IFC) et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) (a), et en promouvant les partenariats public-privé.

    Un diagnostic-pays systématique est en cours de finalisation et le nouveau cadre de partenariat-pays, actuellement en préparation, devrait être examiné par le Conseil des administrateurs d’ici la fin de l’exercice budgétaire 2018.

    Dernière mise à jour: 19 avr. 2018

  • Agriculture

    Un crédit de l’IDA de 100 millions de dollars a été approuvé en juillet 2017 pour financer le projet d’appui au développement de l’agriculture commerciale. Cette opération devrait améliorer la productivité des agriculteurs et l’accès aux marchés pour les groupes de producteurs et les micro, petites et moyennes entreprises dans les zones couvertes, tout en apportant une réponse efficace et immédiate en cas de crise ou de situation d’urgence.

    Éducation

    Le nouveau projet d’appui au secteur de l’éducation, entré en vigueur le 4 août 2017, est en partie financé par l’IDA (30 millions de dollars sur un coût total de 70 millions). Il vise à améliorer les résultats scolaires au primaire et au collège et à renforcer l’efficacité des systèmes de gestion, en particulier pour les ressources humaines. Trois études stratégiques ont été conduites pendant la phase de préparation pour évaluer les performances des instituts de formation des enseignants, de la direction de la formation continue et de l’Institut national de recherche et d’action pédagogique.

    Sylviculture

    La Banque mondiale soutient les autorités congolaises avec un don de 8,6 millions de dollars du Fonds de partenariat pour la réduction des émissions dues à la déforestation (FCPF) (a). En juin 2017, le programme de réduction des émissions établi par le gouvernement, et évalué à 50 millions de dollars, a reçu l’aval conditionnel du Fonds carbone du FCPF. Au mois de décembre suivant, le sous-comité du Programme d’investissement forestier (FIP) a approuvé le plan d’investissement de la stratégie nationale de réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD+), ouvrant ainsi la voie à de nouveaux financements dans ce domaine. Les autorités continuent d’étoffer leur plan d’investissement avec le soutien de l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (CAFI).

    Parallèlement, le projet de foresterie et de diversification économique, financé par l’IDA à hauteur de 10 millions de dollars, soutient le renforcement de l’administration des forêts, le développement des communautés locales et la participation des populations autochtones. Ce projet, qui a bénéficié au total à 13 416 personnes, a appuyé l’élaboration d’un plan de gestion simplifiée de 117 000 hectares de zones de développement communautaires dans des concessions forestières, soutenu 1 195 ménages à travers des microprojets agricoles, aidé l’administration à réaliser 4 256 missions de contrôle supplémentaires dans les concessions et formé les deux tiers du personnel du ministère de l’Économie forestière. La Banque mondiale a approuvé un financement additionnel du Fonds pour l’environnement mondial d’un montant de 6,5 millions de dollars en appui à ce projet.

    Gouvernance

    Le projet intégré de réforme du secteur public (a), financé par un crédit de l’IDA de 40 millions de dollars, a été approuvé par le Groupe de la Banque mondiale le 4 mai 2017, la signature de l’accord de financement étant intervenu le 23 juin suivant pour un démarrage désormais prévu le 29 avril 2018 (à la suite de deux prolongations de la date limite d’entrée en vigueur). Cette opération a pour objectif de développement l’amélioration de la gestion des recettes publiques et de la reddition de compte.

    Santé

    La Banque mondiale met en œuvre la deuxième phase du projet de renforcement du système de santé, doté de 120 millions de dollars et cofinancé par l’État congolais (100 millions), l’IDA (10 millions) et un fonds fiduciaire multidonateurs pour l’innovation en matière de résultats sanitaires (10 millions). Le but est d’améliorer la qualité et l’utilisation des services de santé maternelle et infantile dans les zones visées. Les financements à la performance sont en cours d’introduction dans l’ensemble du système de santé.

    Technologies de l’information et des communications

    Le projet de dorsale de télécommunications en Afrique centrale, financé par un crédit de l’IDA de 15 millions de dollars, relève d’une initiative régionale qui a pour objectif d’accroître la couverture géographique et l’utilisation des services de réseau Internet haut débit, tout en réduisant leurs tarifs. Au Congo, il a financé la construction de la ligne de fibre optique entre Pointe-Noire and Mbinda. Un accord de financement additionnel de 5 millions de dollars a été signé pour assumer les coûts relatifs à i) l’installation de la couche active sur l’infrastructure de fibre optique dans la région occidentale du pays ; et ii) la mise en place d’un incubateur de start-up et d’un fonds pour le développement du numérique, dans le but de mobiliser des investissements privés en appui à la création d’entreprises dans le secteur des TIC, de créer du contenu local et d’offrir de nouveaux débouchés professionnels à la jeunesse du pays.

    Filets sociaux

    Le projet Lisungi, doté à l’origine de 17 millions de dollars et cofinancé par l’IDA (2 millions) et le gouvernement congolais (15 millions), entend poser les jalons indispensables à un programme national de protection sociale et tester un dispositif de transferts monétaires pour améliorer, dans les zones visées, l’accès des ménages les plus pauvres aux services d’éducation et de santé. L’IDA a depuis porté sa contribution à 12 millions de dollars (ce financement additionnel devant encore être approuvé par le Parlement), tandis que l’Agence française de développement (AFD) a apporté 8 millions d’euros supplémentaires en appui à l’extension du programme à d’autres régions. De son côté, l’UNICEF a débloqué 83 millions de francs CFA pour renforcer les mesures d’accompagnement visant les familles bénéficiaires, améliorer la communication avec les ménages et donner davantage de moyens aux travailleurs sociaux des bureaux locaux rattachés aux circonscriptions d’action sociale. Environ 3 455 ménages et 2 794 personnes âgées ont bénéficié du projet qui distribue tous les trimestres des sommes d’argent à condition que les enfants soient scolarisés et fassent l’objet d’un suivi médical régulier.

    Emplois et qualifications

    Le projet de développement des compétences pour l’employabilité, doté au départ de 32 millions de dollars cofinancés par l’IDA (10 millions) et le gouvernement congolais (22 millions), a pour objectif d’améliorer les compétences professionnelles et entrepreneuriales de jeunes urbains en situation précaire. Actuellement en cours de restructuration faute d’avoir pu mobiliser des fonds de contrepartie, le projet sera revu à la baisse pour ne couvrir finalement plus que 6 000 jeunes vulnérables.

    Statistiques et pauvreté

    Le projet de renforcement des capacités statistiques, doté de 33 millions de dollars cofinancés par l’IDA (4,8 millions) et le gouvernement congolais (28,2 millions), a été approuvé par le Groupe de la Banque mondiale le 9 juin 2014 et est entré en vigueur le 8 avril 2015.

    Développement urbain

    Le projet de développement des infrastructures d’eau et d’électricité en milieu urbain, une opération initiale de 125,5 millions de dollars cofinancée par le gouvernement congolais et approuvée en 2010, a directement bénéficié à 1,1 million de personnes et contribué à la construction de 32 kilomètres de routes goudronnées et de 230 kilomètres de canalisations d’eau sur les réseaux secondaire et tertiaire. Une opération additionnelle de 150 millions de dollars, approuvée en 2014, finance la modernisation du réseau de distribution électrique, l’amélioration des performances opérationnelles et commerciales de la compagnie nationale d’électricité et le renforcement des compétences institutionnelles.

    Le projet de développement urbain et de restructuration des quartiers précaires, qui bénéficie d’un cofinancement de la Banque mondiale, a été lancé le 7 avril 2017.

    Eau et assainissement

    Le Groupe de la Banque mondiale a apporté une assistance technique pour la conduite d’un audit des institutions, qui a débouché sur l’élaboration d’une nouvelle politique nationale de l’eau et de l’assainissement conforme aux Objectifs de développement durable.

    Dernière mise à jour: 19 avr. 2018

  • Le volume de l’aide financière extérieure est modeste. En dehors du Groupe de la Banque mondiale, les principaux partenaires internationaux de la République du Congo sont la Chine, l’Union européenne, l’Agence française de développement et la Banque africaine de développement. Tous ces partenaires travaillent ensemble pour promouvoir la diversification économique et développer les secteurs de la santé et de l’éducation. Les Nations Unies et la Banque de développement des États de l’Afrique centrale sont également actives dans le pays. En outre, les autorités ont récemment intensifié leur collaboration avec Singapour en ce qui concerne le développement des zones économiques spéciales.

    Dernière mise à jour: 19 avr. 2018

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FINANCEMENTS

République du Congo: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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