République du Congo - Vue d'ensemble

  • Le pays en bref

    La République du Congo est fortement urbanisée avec plus de la moitié de la population concentrée dans ses deux plus grandes villes, Brazzaville et Pointe-Noire. Mais le reste du territoire est l’un des moins denses d’Afrique, avec 12,8 habitants au kilomètre carré. Richement doté en forêts tropicales, le pays dispose aussi de vastes terres arables non cultivées, qui représentent environ un tiers de sa superficie totale. En plus d’abondantes ressources minières, il possède d’importants gisements d’hydrocarbures, avec des réserves prouvées de pétrole et de gaz naturel estimées respectivement à 1,6 milliard de barils et 90 milliards de mètres cubes.

    Malgré des progrès économiques, la République du Congo n’est pas parvenue à tirer pleinement parti de ses ressources naturelles. Globalement, la forte dépendance à l’égard des hydrocarbures a bloqué le développement d’autres secteurs d’activité, comme l’agriculture et la sylviculture.

    Situation politique

    Le pays est dirigé par Denis Sassou Nguesso, réélu le 20 mars 2016, son Premier ministre Clément Mouamba. Le gouvernement donne rapidement le coup d’envoi de « La marche vers le développement », le projet de société du président à l’horizon 2021, et de l’initiative « Vivre ensemble », qui appelle à l’unité, au dialogue et à la cohésion nationale. Mais, dans le même temps, plusieurs dirigeants politiques ou militaires de premier plan sont emprisonnés. Le Parti congolais du travail (PCT) remporte la plupart des sièges aux élections législatives et locales de juillet 2017, cette victoire n’entraînant qu’un remaniement de façade des différents portefeuilles ministériels. La crise qui sévit dans le département du Pool depuis avril 2016 prend par ailleurs une tournure alarmante, sachant que les autorités congolaises continuent de pourchasser Frédéric Bintsamou, plus connun sous le nom de pasteur Ntoumi, ainsi que les membres de sa milice Ninja Nsiloulou, officiellement qualifiée de groupe terroriste. Les violences et l’insécurité ont entraîné le déplacement d’environ 81 000 habitants, 138 000 personnes se trouvant dans une situation humanitaire critique.

    Situation économique

    L’économie congolaise subit de plein fouet les conséquences du tassement des cours du pétrole depuis 2014. Pour la quatrième année consécutive, la croissance du PIB cède du terrain, avec un taux négatif de -2,8 % en 2016 et d’au moins -1,1 % en 2017. Cette évolution tient au déclin du PIB pétrolier (-1,5 %) sur la période 2014-16, les autres secteurs n’ayant pas véritablement pris le relais (3,3 %). En effet, après les bonnes performances de 2014 et 2015, tous les secteurs hors industries extractives ont reculé de 3,1 % en 2016 tandis que l’inflation, attisée par des difficultés dans le secteur ferroviaire, a atteint 3,6 %.

    Les perspectives économiques sont plutôt moroses, avec une croissance moyenne prévue de 0,9 % sur la période 2017-19 et ce, malgré l’entrée en production des nouveaux champs pétrolifères de Moho Nord. Le pays doit engager des réformes structurelles pour stimuler l’activité du secteur privé en s’appuyant notamment sur la relance de l’industrie et du bâtiment, pour renforcer une croissance qui atteignait en moyenne 2,5 % de 2014 à 2016. Ces dispositions devraient permettre de ramener l’inflation sous l’objectif des 3 % fixé par la CEMAC mais également de réduire les déficits budgétaire et extérieur, attendus respectivement à 3 et 2,8 % du PIB en moyenne sur la période 2017-19.

    Dernière mise à jour: 27 oct. 2017

  • La dernière stratégie de partenariat entre le Groupe de la Banque mondiale et la République du Congo a été approuvée par le Conseil des administrateurs en novembre 2012 et couvrait la période 2013-16. Elle avait comme objectif principal d’aider le gouvernement congolais à diversifier son économie en réduisant sa dépendance au pétrole, pour privilégier une croissance tirée par le secteur privé et la création d’emplois. La stratégie, qui cherchait également à améliorer la performance des services publics de base, notamment dans la santé et l’éducation, s’articulait autour de trois axes : compétitivité et emploi ; vulnérabilité et résilience ; et renforcement des capacités gouvernementales et de la gouvernance.

    Un examen des progrès et des enseignements a été réalisé afin d’orienter la poursuite de la collaboration de la Banque avec la République du Congo. À l’issue de cet exercice, les trois priorités stratégiques mentionnées ci-dessus ont été confirmées. L’effondrement récent des recettes pétrolières souligne l’importance de diversifier l’économie congolaise et d’utiliser de manière plus efficace les ressources publiques afin d’obtenir des résultats économiques et sociaux optimaux. Les ajustements proposés traduisent la volonté de soutenir des projets transformateurs susceptibles de moderniser les infrastructures urbaines, de développer les compétences agricoles, d’améliorer les services de santé (avec le recours à des financements basés sur les performances), de renforcer la protection sociale et d’améliorer l’éducation. Le Groupe de la Banque mondiale réfléchira par ailleurs à des mécanismes alternatifs pour financer les grands projets d’infrastructures en s’appuyant sur la Société financière internationale (IFC) et en promouvant les partenariats public-privé.

    La Banque mondiale réalise actuellement un diagnostic systématique de la situation économique et sociale du pays qui devrait être examiné par son conseil des administrateurs courant 2018.

    Dernière mise à jour: 27 oct. 2017

  • Agriculture

    Le projet de développement agricole et de réhabilitation des pistes rurales a été financé grâce à un don de 20 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA) pour la période 2008-14, auquel est venu s’ajouter un prêt de 2,5 millions de dollars entre 2014-17. Ces deux financements complétant les 28 millions de dollars apportés par le gouvernement sur toute la période. Il a bénéficié au total à 321 600 personnes, dont 51,6 % de femmes. Les 952 microprojets agricoles auxquels ont participé 12 047 personnes ont permis d’augmenter considérablement les rendements des principales cultures de base : entre 2008 et 2016, la production de manioc à l’hectare est passée 5,6 à 49,1 tonnes, tandis que celle de banane a augmenté de 0,4 tonnes à 14,03 tonnes. Le projet a également contribué à la remise en état de 41 marchés ruraux et 1 319 kilomètres de routes rurales desservant 248 villages, permettant aux 340 000 habitants d’accéder aux marchés et aux autres services sociaux de base (eau potable, moyens de communication, écoles).

    L’IDA a aussi octroyé un crédit de 100 millions de dollars en juillet 2017 pour financer le projet d’appui au développement de l’agriculture commerciale.

    Éducation

    Le nouveau projet d’appui à l’amélioration du système éducatif, entré en vigueur le 4 août 2017, est en partie financé par l’IDA (30 millions de dollars sur un coût total de 70 millions). Il vise à améliorer le niveau de connaissances acquises au primaire et au collège et à renforcer l’efficacité de certains systèmes de gestion, en particulier pour les ressources humaines. Trois études stratégiques ont été conduites pendant la phase de préparation pour évaluer les performances des instituts de formation des enseignants, de la direction de la formation continue et de l’Institut national de recherche et d’action pédagogique. Les conclusions, largement diffusées, font actuellement l’objet de discussions avec le gouvernement.

    Sylviculture

    La Banque mondiale soutient les autorités congolaises avec un don de 8,6 millions de dollars du Fonds de partenariat pour la réduction des émissions dues à la déforestation (FCPF). En juin 2017, le programme de réduction des émissions établi par le gouvernement, et évalué à 50 millions de dollars, a reçu l’aval conditionnel du Fonds carbone du FCPF.

    Parallèlement, le projet de foresterie et de diversification économique, financé par l’IDA à hauteur de 10 millions de dollars, aide à renforcer l’administration des forêts et à développer les communautés locales. Ce projet, qui a bénéficié au total à 12 786 personnes, a permis d’élaborer un plan de gestion simplifiée de 117 000 hectares de zones de développement communautaires dans des concessions forestières. Il aura également soutenu 885 ménages à travers des microprojets agricoles, aidé l’administration à réaliser 3 765 missions de contrôle supplémentaires dans les concessions et formé les deux tiers du personnel du ministère de l’Économie forestière. La Banque mondiale a approuvé un financement additionnel du Fonds pour l’environnement mondial d’un montant de 6,5 millions de dollars pour ce projet.

    Gouvernance

    Le projet intégré de réforme du secteur public, financé par un crédit de l’IDA de 40 millions de dollars, a été approuvé par le Groupe de la Banque mondiale le 4 mai 2017, et devrait commencer à être mis en œuvre le 21 octobre 2017. Objectif principal : améliorer la gestion des recettes publiques et responsabiliser l’administration afin d’optimiser la fourniture de services publics. Une meilleure mobilisation des recettes (notamment celles provenant de la sylviculture et des impôts fonciers) devrait permettre au pays de financer les services sociaux de base et de renforcer la gestion et le contrôle des dépenses tout en améliorant l’efficacité des fonctionnaires.

    Santé

    La Banque mondiale met en œuvre la deuxième phase du projet de renforcement du système de santé, doté de 120 millions de dollars et cofinancé par l’État congolais (100 millions), l’IDA (10 millions) et un fonds fiduciaire multidonateurs (10 millions) afin d’apporter des solutions innovantes pour améliorer la performance du secteur de la santé. Notamment la qualité et l’utilisation des services de santé maternelle et infantile dans les zones visées. Les financements basés sur la performance sont actuellement mis en place dans l’ensemble du système de santé.

    Technologies de l’information et de la communication

    Le projet de dorsale de télécommunications en Afrique centrale, financé par un crédit de l’IDA de 15 millions de dollars, relève d’une initiative régionale qui a pour objectif d’accroître la couverture géographique et l’utilisation des services de réseau Internet haut débit, tout en réduisant leurs tarifs. Au Congo, il a financé la construction de la ligne de fibre optique entre Pointe-Noire et Mbinda. Un accord de financement additionnel de 5 millions de dollars a été signé afin de stimuler les investissements privés en faveur de la création d’entreprises dans le secteur des TIC, de créer du contenu local et d’offrir de nouveaux débouchés professionnels aux jeunes.

    Filets sociaux

    Le projet Lisungi, doté à l’origine de 17 millions de dollars et cofinancé par l’IDA (2 millions) et le gouvernement congolais (15 millions), entend poser les bases d’un programme national de protection sociale et tester un dispositif d’allocations familiales pour améliorer l’accès des ménages les plus pauvres aux services d’éducation et de santé. L’IDA a depuis porté sa contribution à 12 millions de dollars (ce financement additionnel devant encore être approuvé par le Parlement), tandis que l’Agence française de développement (AFD) a apporté 8 millions d’euros supplémentaires afin d’étendre le programme à d’autres régions. De son côté, l’UNICEF a débloqué 83 millions de francs CFA. Environ 3 455 ménages et 2 794 personnes âgées ont bénéficié du projet qui distribue tous les trimestres des sommes d’argent à condition que les enfants soient scolarisés et fassent l’objet d’un suivi médical régulier. Avec le soutien de l’AFD, 3 000 nouveaux foyers devraient bénéficier de ces allocations, sachant que le registre social unifié recense actuellement quelque 60 000 ménages pauvres et vulnérables dans tout le pays.

    Emplois et qualifications

    Le projet de développement des compétences pour l’employabilité, doté au départ de 32 millions de dollars cofinancés par l’IDA (10 millions) et le gouvernement congolais (22 millions), a pour objectif d’améliorer les compétences professionnelles et entrepreneuriales de jeunes urbains en situation précaire. Actuellement en cours de restructuration faute d’avoir pu mobiliser des fonds de contrepartie, le projet sera revu à la baisse pour ne couvrir finalement plus que 6 000 jeunes vulnérables.

    Statistiques et pauvreté

    Le projet de renforcement des capacités statistiques, doté de 33 millions de dollars cofinancés par l’IDA (4,8 millions) et le gouvernement congolais (28,2 millions), a été approuvé par le Groupe de la Banque mondiale le 9 juin 2014 et est entré en vigueur le 8 avril 2015.

    Développement urbain

    Le projet de développement des infrastructures d’eau et d’électricité en milieu urbain, une opération initiale de 125,5 millions de dollars cofinancée par le gouvernement congolais et approuvée en 2010, a directement bénéficié à 1,1 million de personnes et contribué à la construction de 32 kilomètres de routes goudronnées et de 230 kilomètres de canalisations d’eau sur les réseaux secondaire et tertiaire. Une opération additionnelle de 150 millions de dollars, approuvée en 2014, finance la modernisation du réseau de distribution électrique et l’amélioration de la gestion de la compagnie nationale d’électricité. 

    La Banque mondiale cofinance également le projet de développement urbain et de restructuration des quartiers précaires entré en vigueur le 7 avril 2017.

    Eau et assainissement

    Le Groupe de la Banque mondiale a apporté une assistance technique pour la conduite d’un audit des institutions, qui a débouché sur l’élaboration d’une nouvelle politique nationale de l’eau et de l’assainissement conforme aux Objectifs de développement durable.

    Dernière mise à jour: 27 oct. 2017

  • Le volume de l’aide financière extérieure est modeste. En dehors du Groupe de la Banque mondiale, les principaux partenaires internationaux de la République du Congo sont la Chine, l’Union européenne, l’Agence française de développement et la Banque africaine de développement. Tous ces partenaires travaillent ensemble pour favoriser la diversification de l’économie et développer les secteurs de la santé et de l’éducation. L’ONU et la Banque de développement des États de l’Afrique centrale sont également actives dans le pays. En outre, les autorités ont récemment intensifié leur collaboration avec Singapour, autour notamment des zones économiques spéciales.

    Dernière mise à jour: 27 oct. 2017

Api


FINANCEMENTS

République du Congo: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


GALERIE PHOTO

Plus de photos Arrow

ACTIONS

30 oct. 2017

Africa's Pulse, No. 16, Octobre 2017

La dernière édition d’Africa’s Pulse, rapport semestriel de la Banque mondiale qui analyse l’état des économies africaines, consacre en ...

07 juin 2017

Réfugiés : comment l’Afrique fait face

De nombreux pays africains, parfois très pauvres, s’attachent à intégrer durablement les réfugiés.

30 oct. 2017

L’Association internationale de développement en Afrique

En attribuant près de 50% de ses ressources à 39 pays africains, l’IDA aide les pays les plus défavorisés de la planète.

30 oct. 2017

Multimédia de la Banque mondiale Région Afrique

Consultez les dernières vidéos, audiodiffusions et galleries de photos qui reflètent le travail de la Banque mondiale en Afrique ...

31 oct. 2017

Doing Business en République du Congo (a)

Le rapport « Doing Business » évalue la règlementation des affaires dans le monde. Découvrez le classement de votre pays.

Autres ressources:

Coordonnées du bureau-pays

Bureau de la Banque mondiale à Brazzaville
+242-22-81-3330
Brazzaville
Franck Sidney Chrysantheme Bitemo
Chargé de communication
Immeuble BDEAC, 2ème étage
Bd Denis Sassou Nguesso
Brazzaville, Rép. du Congo
+242-22-81-3330
fbitemo@worldbank.org
Washington
Yisgedu Amde
Coordinatrice de programmes-pays
1818 H Street, NW
Washington, DC 20433
+1-202-473-2203
yamde@worldbank.org