Tchad - Vue d'ensemble

  • Le pays en bref

    Pays du G5 Sahel avec la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso et le Niger, le Tchad connait une forte instabilité politique depuis son indépendance en 1960, alimentée par des affrontements interethniques, mais aussi par les conflits qui sévissent dans les pays limitrophes. Ce pays enclavé d’Afrique centrale est également confronté aux conséquences du changement climatique, qui aggrave la désertification et l’assèchement du lac Tchad.

    Situation politique

    Le président Idriss Déby et son parti, le Mouvement patriotique du salut, dominent la scène politique tchadienne depuis leur accession au pouvoir en 1990. M. Déby a remporté les élections de 1996 — premier scrutin pluraliste dans l’histoire du pays — puis celles de 2001, 2006, 2011 et 2016, dans le cadre de processus électoraux controversés. Depuis le scrutin présidentiel de 2016, en particulier, le régime est confronté à une montée des mécontentements, notamment parmi les jeunes. Les manifestations sont de plus en plus fréquentes, et les motifs de protestation multiples : du coût de la vie à l'austérité budgétaire, en passant par la corruption, l’impunité et la réélection du président Déby pour un cinquième mandat.

    Alors que le mandat de l’actuelle législature a pris fin en mars 2015, le président Déby a annoncé en février 2017 un nouveau report sine die des élections législatives par manque de moyens financiers. Le déclin persistant des prix pétroliers a en effet enlisé l'économie tchadienne dans une grave récession. En février 2018, l'Assemblée nationale a voté la prolongation du mandat des maires en invoquant le même motif.

    Situation économique

    Le Tchad, qui compte parmi les pays producteurs de pétrole depuis 2003, est devenu très dépendant de cette ressource. L’économie tchadienne, qui reposait auparavant sur l’agriculture, a vu son PIB par habitant augmenter de 497 dollars environ en 2001-2002 (soit moins de la moitié de la moyenne de l’Afrique subsaharienne) à près de 967 dollars en 2014.

    La chute des cours du pétrole en 2014, conjuguée à un contexte sécuritaire peu favorable, a plongé le pays dans une profonde récession, tandis que le taux de pauvreté devrait augmenter pour atteindre 39,8 % d’ici 2019. La crise se traduit par des coupes dans les dépenses publiques, un faible niveau d’investissements directs étrangers et des pertes de revenus dues à la désorganisation du commerce transfrontalier d’animaux d’élevage. Elle s’est toutefois accompagnée d’un redressement modeste de l’agriculture, un secteur qui continue d’employer près de 75 % de la population tchadienne en âge de travailler.

    Malgré un plan d’ajustement budgétaire rigoureux, le déficit global des finances publiques (sur la base des encaissements-décaissements) s’est creusé légèrement, pour passer de 4,4 % du PIB non pétrolier en 2014 à 4,9 % en 2016. Il a été financé par l’émission d’obligations sur les marchés financiers régionaux, les versements du FMI et l’appui budgétaire fourni par des donateurs. La hausse de la dette publique a conduit à un risque de surendettement. Le contrôle de l'accès aux devises et les mesures importantes d’assainissement des finances publiques ont permis de réduire le déficit de la balance courante de 11,3 % du PIB en 2015 à 5,2 % en 2017. Les réserves officielles du pays continuent néanmoins de baisser et couvraient à peine un mois d’importations en 2017.

    Perspectives à court et moyen termes

    À court terme, le gouvernement doit augmenter les recettes budgétaires tout en réduisant les dépenses publiques. Les prévisions sont peu favorables dans un contexte marqué par des cours pétroliers toujours bas et des volumes d’exportations limités, ainsi que par l’arrivée à échéance du remboursement des avances sur recettes pétrolières à l’entreprise Glencore.

    À moyen terme, le Tchad doit impérativement mettre en place un fonds de stabilisation et diversifier son économie. Il doit également s’attacher en priorité à atténuer les risques sécuritaires régionaux et à déployer des forces militaires le long des axes routiers pour sécuriser la circulation des personnes et des marchandises. La volatilité des recettes tirées du pétrole complique la gestion des finances publiques et les prévisions budgétaires, tandis que l’instabilité régionale a des répercussions négatives sur les échanges commerciaux, les dépenses publiques et les investissements privés.

    Situation sociale

    Le premier trimestre 2018 a été marqué par un important mouvement social provoqué par la baisse des primes et indemnités versées aux fonctionnaires dans le cadre de la loi de finances 2018. Au mois de janvier, la plateforme intersyndicale appelle à une grève générale illimitée dans le secteur public. En mars, les syndicats et le gouvernement tchadien parviennent à un accord qui met fin à la grève des fonctionnaires. Le gouvernement s’engage à verser les salaires non payés du mois de février, tandis que l’accord prévoit l’application d’un moratoire de trois mois (février, mars et avril) par les banques sur les prêts contractés par les fonctionnaires. Les deux parties conviennent également de suspendre le recensement des fonctionnaires en cours et d'étudier des alternatives pour parvenir à diminuer la masse salariale de 30 milliards de francs CFA.

    Le Tchad accueille près de 400 000 réfugiés en provenance du Soudan du Sud, de la République centrafricaine et du Nigéria. Ce chiffre représente environ 4 % de la population totale du pays, et il vient s’ajouter au nombre important de personnes rapatriées et déplacées à l’intérieur du pays, qui ont également besoin d’une aide humanitaire. Les populations d’accueil qui ont partagé leurs terres, leur nourriture et leur foyer aimeraient aussi voir leurs conditions de vie s’améliorer. En outre, les conséquences des dérèglements climatiques viennent exacerber cette situation et assombrir l’avenir de ces populations.

    Enjeux de développement

    Le pays est classé 185e sur 188 selon l’indice de développement humain 2015 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). De nombreux Tchadiens souffrent toujours de graves privations : la plupart des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) n’ont pas été atteints en 2015. Entre 2003 et 2011, le Tchad a enregistré des progrès modérés mais significatifs sur le front de la pauvreté, avec un taux de pauvreté national qui a baissé de 55 à 47 %. En raison de la crise économique et financière que traverse actuellement le pays, la pauvreté risque de s’aggraver : selon les projections, le nombre de pauvres devrait augmenter de 4,7 à 6,3 millions entre 2012 et 2019.

    Les progrès en matière de réduction de la pauvreté non monétaire sont inégaux. D'après la dernière enquête menée auprès des ménages au début de l'année 2015, le taux de mortalité infantile est passé de 91 décès pour 1 000 naissances vivantes en 2005-2009 à 72 p. 1 000 en 2010-2014. Le taux de mortalité juvénile a également baissé de 79 à 65 p. 1 000, tout comme la mortalité maternelle, qui a reculé de 1 099 à 860 décès pour 100 000 naissances.

    Dernière mise à jour: 18 mai 2018

  • L’action du Groupe de la Banque mondiale au Tchad

    Le Tchad est devenu membre de la Banque mondiale en 1963. Depuis cette date, la Banque a financé une cinquantaine de projets de développement et accompagné ainsi les efforts déployés par le pays pour parvenir à une croissance économique durable.

    Au cours de la dernière décennie, l’appui du Groupe de la Banque mondiale au Tchad a principalement porté sur le projet d’oléoduc Tchad-Cameroun. La Banque a contribué au financement de cet ouvrage avec trois crédits faisant l’objet d’un accord sur l’utilisation des recettes pétrolières. En 2010, ses administrateurs ont approuvé une note de stratégie intérimaire portant sur les activités de la Banque au Tchad pour la période allant de juin 2010 à juin 2012. Les principaux objectifs de cette stratégie visaient à rétablir une collaboration et un dialogue productifs entre les intervenants étatiques et non étatiques, ainsi qu’à développer l’expertise de la Banque pour qu’elle intensifie ses activités dans le pays.

    Au terme de la mise en œuvre des projets énoncés dans la note de stratégie intérimaire, le gouvernement a élaboré un plan national de développement (PND) pour la période 2013-2015. La Banque a contribué à l’organisation d’une conférence des donateurs à Paris en septembre 2017, dans le but de réunir les fonds manquants pour financer ce plan. Ses activités au Tchad sont en phase avec le PND et s’inscrivent dans l’actuel cadre de partenariat approuvé par ses administrateurs en décembre 2015 et couvrant la période 2016-2020.

    Afin d’aider ces pays à stabiliser la région et accélérer leur développement, l’Union européenne, la France et l’Allemagne, le Programme des Nations Unies pour le développement, la Banque africaine de développement et la Banque mondiale ont fondé l’Alliance Sahel en juillet 2017. L’Espagne, l’Italie et le Royaume uni se sont joints à l’Alliance. Et d’autres partenaires seront amenés à y prendre part.

    Le portefeuille du Groupe de la Banque mondiale est constitué de six projets de l’Association internationale de développement (IDA) mis en œuvre à l’échelle nationale, pour un montant global de 142 millions de dollars. Il comprend en outre quatre fonds fiduciaires et trois opérations régionales de l’IDA totalisant 127 millions de dollars. Trois autres projets nationaux sont en préparation, pour un montant total de 97 millions de dollars.

    Dernière mise à jour: 17 mai 2018

  • Réforme de l’éducation

    La deuxième phase du Projet de réforme du secteur éducatif (PARSET), approuvée en juin 2013, vise à améliorer l’enseignement et l’apprentissage dans les écoles primaires et les collèges/lycées des zones sélectionnées. Les résultats obtenus pendant la première phase sont les suivants :

    • 400 salles de classe ont été construites et équipées ;
    • 2 606 300 manuels scolaires ont été achetés et distribués aux écoles ;
    • 20 000 élèves (dont 60 % de filles) ont appris à lire et à écrire ;
    • 11 700 enseignants communautaires ont été formés ;
    • un nouveau centre national d’élaboration des programmes scolaires a été créé ;
    • le taux global d’enfants scolarisés est passé de 87 % en 2003/2004 à 96 % en 2007/2008.

    Les activités entreprises dans le cadre de la deuxième phase ont déjà permis de construire et aménager 70 salles de classe, d'acquérir et distribuer 465 000 manuels scolaires et de former 300 enseignants.

    • 70 salles de classe ont été construites et équipées ;
    • 465,000 manuels scolaires ont été achetés et distribués aux écoles ;
    • 300 enseignants communautaires ont été formés.

    Projet d’appui à la production agricole

    Le Projet d’appui à la production agricole a pour objectif d’aider les communautés rurales et les organisations de producteurs à améliorer la production de certaines filières végétales et animales dans des zones ciblées. Il promeut également le recours à des pratiques de gestion durable du sol et de l’eau dans les écosystèmes vulnérables au climat.

    • Depuis le début du projet, la production a augmenté de 20 % dans les cultures ciblées (ce qui correspond à 95 % de l’objectif visé à terme par le projet), tandis qu’elle a progressé de 15 % dans les élevages de ruminants de petite et grande taille.
    • Le projet recense 113 685 bénéficiaires directs (soit 19 % de plus que l’objectif visé initialement).
    • 31 microprojets ont été menés à bien, tandis que 153 autres sont financés et en cours d’exécution ; quatre sous-projets destinés à des organisations féminines ont été financés et menés à bien, tandis que 53 sous-projets supplémentaires sont en cours d’exécution.

    Stabilité macroéconomique et mesures d’assainissement budgétaire

    En décembre 2016, la Banque mondiale a alloué un financement supplémentaire de 80 millions de dollars à une opération d’appui budgétaire qui vise à maintenir la stabilité macroéconomique et améliorer la gestion des finances publiques. Ce financement, approuvé au titre du Mécanisme de réponse aux crises (CRW), doit aider les autorités à faire face à la grave crise économique que traverse le Tchad du fait de l’effondrement des cours du pétrole et du coût de la campagne militaire contre Boko Haram.

    Projet d’urgence pour venir en aide aux réfugiés centrafricains

    La Banque mondiale collabore avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM), pour venir en aide aux réfugiés centrafricains, aux rapatriés et aux communautés d’accueil dans le sud du Tchad. Elle œuvre également aux côtés du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) dans le cadre d’une initiative pilote qui vise à favoriser l'intégration de deux camps de réfugiés (Gondje et Amboko) aux villages environnants.

    Le volet du projet qui porte sur une aide alimentaire ciblée a été mis en œuvre par le PAM :

    •  32 460 bénéficiaires (dont 50 % de femmes) ont reçu des bons alimentaires (contre une cible initiale de 31 200 personnes) ;
    • 2 520 enfants entre 6 et 59 mois ont reçu des compléments nutritifs afin de lutter contre les cas de malnutrition aiguë modérée.

    Le volet portant sur la production agricole et la stabilisation du cheptel est mis en œuvre par la FAO :

    • 5 000 ménages ont reçu des fournitures essentielles (semences, engrais, matériel agricole, etc.) pour la production maraîchère durant la saison sèche 2015/16 ;
    • 10 000 ménages ont bénéficié d’un transfert global de technologie pour la production agricole ;
    • les stocks de nourriture pour la période de soudure couvrent trois à quatre mois ;
    • des cultures maraîchères ont été introduites dans plusieurs régions ;
    • 250 kilomètres de couloirs de transhumance ont été identifiés.

    Dernière mise à jour: 17 mai 2018

  • Le Groupe de la Banque mondiale est un membre actif du Comité des partenaires techniques et financiers (CPTF) qui réunit tous les organismes des Nations unies présents au Tchad ainsi que la Banque africaine de développement (BAD), l’Union européenne (UE), la Coopération suisse, la France, l’Allemagne et les États-Unis. 

    Dernière mise à jour: 17 mai 2018

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FINANCEMENTS

Tchad: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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ACTIONS

19 avr. 2018

Africa's Pulse, No. 17, Avril 2018

Nos dernières perspectives économiques tablent sur une croissance à 3,1 % en 2018, qui s’établira à 3,6 % en moyenne sur 2019–20.

07 juin 2017

Réfugiés : comment l’Afrique fait face

De nombreux pays africains, parfois très pauvres, s’attachent à intégrer durablement les réfugiés.

30 oct. 2017

L’Association internationale de développement en Afrique

En attribuant près de 50% de ses ressources à 39 pays africains, l’IDA aide les pays les plus défavorisés de la planète.

30 oct. 2017

Multimédia de la Banque mondiale Région Afrique

Consultez les dernières vidéos, audiodiffusions et galleries de photos qui reflètent le travail de la Banque mondiale en Afrique subsaharienne.

31 oct. 2017

Doing Business au Tchad (a)

Le rapport « Doing Business » évalue la règlementation des affaires dans le monde. Découvrez le classement de votre pays.

Autres ressources:

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