Tchad - Vue d'ensemble

  • Le pays en bref

    Pays enclavé d’Afrique centrale, le Tchad est confronté à une forte instabilité politique liée aux conflits qui sévissent dans les pays limitrophes ainsi qu’à la désertification et l’assèchement du lac Tchad, principales conséquences du changement climatique.

    Le président Idriss Déby et son parti, le Mouvement patriotique du salut, dominent la scène politique tchadienne depuis leur accession au pouvoir en 1990. M. Déby a remporté les élections de 1996 — premier scrutin pluraliste dans l’histoire du pays — puis celles de 2001, 2006 et 2011, dans le cadre de processus électoraux controversés. Idriss Deby a prêté serment pour la cinquième fois en août 2016, au cours d’une cérémonie publique qui a rassemblé 14 chefs d’État. Au début de la même année, le tribunal spécial africain de Dakar (Sénégal) avait reconnu l’ancien président Hissène Habré coupable de crimes contre l'humanité en le condamnant à la réclusion criminelle à perpétuité.

    Situation économique

    Le Tchad, qui a rejoint l’Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) en 2003, est devenu très dépendant de cette ressource. L’économie tchadienne, qui reposait essentiellement sur l’agriculture, a vu son PIB par habitant augmenter de 220 dollars environ en 2001-2002 (soit moins de la moitié de la moyenne de l’Afrique subsaharienne) à près de 1 024 dollars en 2014.

    La chute des cours du pétrole en 2014, conjuguée à la détérioration de la situation sécuritaire, ont conduit le pays à une profonde récession en 2016, tandis que le taux de pauvreté devrait augmenter pour atteindre 39,8 % d’ici 2019. Une évolution qui s’explique par la politique d’austérité budgétaire et les coupes dans les services publics, ainsi que par les pertes de revenus découlant de la désorganisation du commerce transfrontalier d’animaux d’élevage. Ces tendances défavorables ont été en partie contrebalancées par des progressions modestes dans l’agriculture, un secteur qui continue d’employer près de 75 % de la population tchadienne en âge de travailler.

    Malgré un plan d’ajustement budgétaire rigoureux, le déficit global des finances publiques s’est creusé légèrement, pour passer de 4,4 % du PIB non pétrolier en 2014 à 4,6 % en 2016. Il est financé essentiellement par l’émission d’obligations sur les marchés financiers régionaux, les financements du FMI et l’appui budgétaire fourni par des donateurs. La hausse récente de la dette intérieure compromet la soutenabilité de l’endettement. Le rationnement des devises et les mesures importantes d’assainissement des finances publiques ont permis de réduire le déficit de la balance courante. Les réserves de change du Tchad continuent cependant de baisser et couvrent à peine un mois d’importations.

    Perspectives à court et moyen termes

    À court terme, le gouvernement doit augmenter ses recettes et réduire ses dépenses publiques. Les prévisions sont peu favorables dans un contexte de prix du pétrole toujours bas et de volumes d’exportations limités, ainsi qu’avec l’arrivée à échéance du remboursement des avances sur recettes pétrolières à l’entreprise Glencore.

    À moyen terme, le Tchad doit impérativement mettre en place un fonds de stabilisation, diversifier son économie, introduire des mesures pour atténuer les risques sécuritaires et déployer des forces militaires le long des axes routiers pour sécuriser la circulation des personnes et des marchandises. La variation des recettes tirées du pétrole perturbe la gestion des finances publiques et les prévisions budgétaires. Autre coup dur pour l’activité économique, l’instabilité de la région qui a des répercussions négatives sur les échanges commerciaux, les dépenses publiques et les investissements privés.

    Situation sociale

    En janvier 2015, le Tchad a déployé des troupes aux côtés du Cameroun et du Niger pour combattre le groupe Boko Haram dans la région. Le pays est à la tête de cette coalition militaire établie pour éradiquer le terrorisme. En juin et juillet 2015, Ndjamena a été le théâtre d’attentats-suicides à la bombe qui ont fait des dizaines de victimes et blessé de nombreuses personnes. Le pays subit toujours des attaques sporadiques.

    Le prolongement de la campagne militaire s’accompagne de difficultés sur le plan humanitaire. Le Tchad accueille près de 400 000 réfugiés en provenance du Soudan du Sud, de la République centrafricaine et du Nigéria. Ce chiffre équivaut à 4 % de la population tchadienne, et il vient s’ajouter aux Tchadiens rapatriés et ceux déplacés à l’intérieur du pays qui ont également besoin d’aide. Les populations d’accueil qui ont partagé leurs terres, leur nourriture et leur foyer aimeraient aussi voir leurs conditions de vie s’améliorer. En outre, les conséquences du changement climatique viennent exacerber cette situation et assombrir l’avenir de ces populations.

    Enjeux de développement

    Le pays est classé 185e sur 188 selon l’indice de développement humain 2015 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). De nombreux Tchadiens souffrent toujours de graves privations : la plupart des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) n’ont pas été atteints en 2015. Entre 2003 et 2011, le Tchad a enregistré des progrès modérés mais significatifs sur le front de la pauvreté, avec un taux de pauvreté national qui a baissé de 55 à 47 %. En raison de la crise économique et financière que traverse actuellement le pays, la pauvreté risque de s’aggraver : selon les projections, le nombre de pauvres devrait augmenter de 4,7 à 6,3 millions entre 2012 et 2019.

    Les progrès en matière de réduction de la pauvreté non monétaire sont inégaux. La dernière enquête statistique sur la population et les ménages, réalisée début 2015, constate que la mortalité infantile a baissé, passant de 91 % sur la période 2005-2009 à 72 % en 2010-2014. La mortalité juvénile a également baissé de 79 % à 65 %, tout comme la mortalité maternelle qui a reculé de 1 099 à 860 décès pour 100 000 naissances.

    Dernière mise à jour: 12 avr. 2017

  • L’engagement du Groupe de la Banque mondiale au Tchad

    Le Tchad est devenu membre de la Banque mondiale en 1963. Depuis cette date, la Banque a financé plus de 50 projets de développement.

    Au cours de la dernière décennie, l’appui du Groupe de la Banque mondiale au Tchad a principalement porté sur le projet d’oléoduc Tchad-Cameroun (CCPP). La Banque a contribué au financement de cet oléoduc avec trois crédits au titre d’un accord sur l’utilisation des recettes pétrolières. En 2010, ses administrateurs ont approuvé une note de stratégie intérimaire portant sur l’engagement de la Banque au Tchad pour la période allant de juin 2010 à juin 2012. Ses principaux objectifs consistaient à rétablir une collaboration et un dialogue productifs entre les intervenants étatiques et non étatiques, ainsi qu’à développer l’expertise de la Banque pour qu’elle continue de mener son action au Tchad.

    Au terme de la mise en œuvre des projets énoncés dans cette note de stratégie intérimaire, le gouvernement a élaboré un plan national de développement pour la période 2013-2015. La Banque a contribué à l’organisation d’une conférence des donateurs à Paris en juin 2014, dans le but de réunir les fonds manquants pour financer ce plan de développement. En outre, elle est active dans les domaines du plan national de développement qui sont cohérents avec l’actuel cadre de partenariat qui régit son engagement avec le Tchad pour la période 2016-2020 et qui a été approuvé par ses administrateurs en décembre 2015.

    Le portefeuille du Groupe de la Banque mondiale comporte neuf projets de l’Association internationale de développement (IDA) mis en œuvre à l’échelle nationale, pour un montant global de 365 millions de dollars ainsi que quatre fonds fiduciaires et trois opérations régionales de l’IDA.

    L’engagement de la Société financière internationale (IFC)

    Le portefeuille des opérations d’IFC au Tchad s’élève à 63 millions de dollars. IFC collabore avec la Banque mondiale pour améliorer le climat des affaires selon une approche programmatique. Par ailleurs, l’institution tente de faciliter l’accès au financement dans le pays par le biais d’un dispositif de partage de risques avec certaines banques commerciales (ECOBANK et ORABANK) et d’un programme de crédit-bail. Enfin, elle investit dans la téléphonie et communication mobiles (Milicom) et dans la fourniture de services médicaux privés. 

    Dernière mise à jour: 12 avr. 2017

  • Réforme de l’éducation

    La deuxième phase du Projet de réforme du secteur éducatif (PARSET), approuvée en juin 2013, vise à améliorer l’enseignement et l’apprentissage dans les écoles primaires et les collèges/lycées des zones sélectionnées. Les résultats obtenus pendant la première phase sont les suivants :

    • 400 salles de classe ont été construites et équipées ;
    • 2 606 300 manuels scolaires ont été achetés et distribués aux écoles ;
    • 20 000 personnes (dont 60 % de femmes) ont appris à lire et à écrire ;
    • 11 700 enseignants communautaires ont été formés
    • un nouveau centre national d’élaboration des programmes scolaires a été créé et le taux global d’enfants scolarisés est passé de 87 % en 2003/2004 à 96 % en 2007/2008.

    Projet d’appui à la production agricole

    Face à l’insécurité alimentaire au Tchad, la Banque mondiale s’attache à favoriser les investissements dans l’agriculture en vue d’améliorer la production. Approuvé en mai 2012, le Projet d’appui à la production agricole a pour objectif d’aider les communautés rurales et les organisations de producteurs à améliorer la production des filières végétales et animales ciblées dans les zones du projet tout en recourant à des pratiques de gestion durable du sol et de l’eau dans les écosystèmes vulnérables au climat.

    ·       Depuis le début du projet, la production a augmenté de 20 % dans les cultures ciblées (ce qui correspond à 95 % de l’objectif visé à terme par le projet), tandis qu’elle a progressé de 15 % dans les élevages de ruminants de petite et grande taille.

    ·       Le projet recense actuellement 113 685 bénéficiaires directs (soit 19 % de plus que l’objectif visé initialement).

    ·       31 microprojets ont été menés à bien, tandis que 153 autres sont financés et en cours d’exécution ; 4 sous-projets destinés à des organisations féminines ont été financés et menés à bien, tandis que 53 sous-projets supplémentaires sont financés et en cours d’exécution.

    Stabilité macroéconomique et mesures d’assainissement budgétaire

    En décembre 2016, la Banque mondiale a alloué un financement supplémentaire de 80 millions de dollars à une opération d’appui budgétaire qui vise à maintenir la stabilité macroéconomique et améliorer la gestion des finances publiques. Ce financement, approuvé au titre du Mécanisme de réponse aux crises (CRW), doit aider les autorités à faire face à la grave crise économique que traverse le Tchad du fait de l’effondrement des cours du pétrole et du coût de la campagne militaire contre Boko Haram.

    Projet d’urgence pour venir en aide aux réfugiés centrafricains

    La Banque mondiale collabore avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM), pour venir en aide aux réfugiés centrafricains, aux rapatriés et aux communautés d’accueil dans le sud du Tchad. Elle est également en train de lancer une nouvelle initiative avec le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) pour transformer deux camps de réfugiés pilotes (à Gondje et Amboko) en vrais villages, en aidant les victimes de déplacements forcés et la population locale à développer des activités de subsistance et professionnelles qui leur permettent de subvenir à leurs besoins.

    Le volet du projet qui porte sur une aide alimentaire ciblée a été mis en œuvre par le PAM :

    ·       32 460 bénéficiaires (dont 50 % de femmes) ont reçu des bons alimentaires (contre une cible initiale de 31 200 personnes) ;

    ·       2 520 enfants entre 6 et 59 mois ont reçu des compléments nutritifs afin de lutter contre les cas de malnutrition aiguë modérée.

    Le volet portant sur la production agricole et la stabilisation du cheptel est mis en œuvre par la FAO :

    ·       5 000 ménages ont reçu des fournitures techniques essentielles (semences, engrais, matériel agricole, etc.) pour la production maraîchère durant la saison sèche 2015/16.

    ·       10 000 ménages supplémentaires ont été sélectionnés pour recevoir des fournitures techniques. 

    Dernière mise à jour: 12 avr. 2017

  • Le Groupe de la Banque mondiale est un membre actif du Comité des partenaires techniques et financiers (CPTF) qui réunit toutes les agences des Nations unies présentes au Tchad ainsi que la Banque africaine de développement (BAD), l’Union européenne (UE), la Coopération suisse, la France, l’Allemagne et les États-Unis. 

    Dernière mise à jour: 12 avr. 2017

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FINANCEMENTS

Tchad: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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