République Centrafricaine - Vue d'ensemble

  • Le pays en bref

    Pays enclavé d’Afrique centrale recensant 4,7 millions d’habitants, la République centrafricaine (RCA ou Centrafrique), entame aujourd’hui un long chemin de redressement. Son histoire a été marquée par une instabilité politique chronique qui a entraîné une crise humanitaire et sécuritaire majeure en 2013, obligeant 25 % des Centrafricains à fuir leur foyer et aggravant le délitement du tissu social. Les dernières élections présidentielles et législatives qui se sont tenues en février 2016, permettent de tourner la page et de mettre un terme à trois années de transition politique et de troubles.

    Situation politique

    Le 2 mars 2016, la cour constitutionnelle de transition a confirmé la victoire de Faustin Archange Touadera au scrutin présidentiel. Cet ancien Premier ministre du gouvernement de François Bozizé a battu son adversaire Anicet Georges Dologuele en recueillant 63 % des voix au second tour, le 14 février 2016. M. Touadera a ainsi succédé à Catherine Samba-Panza, à la tête du gouvernement de transition depuis janvier 2014 et chargée de mettre en place des élections présidentielles auxquelles elle n’était pas autorisée à se présenter. Abdoul Karim Meckassoua, figure emblématique de la minorité musulmane, est quant à lui devenu le nouveau président de l’Assemblée nationale à l’issue du second tour des élections législatives qui s’est également tenu en février. C’est la première fois dans l’histoire de la Centrafrique que le président et les députés sont élus démocratiquement.

    Au cours des dernières décennies, la République centrafricaine a été confrontée à une grave instabilité politique marquée par des conflits communautaires qui ont causé la mort de nombreux civils. Bien que les tensions sectaires entre musulmans et chrétiens persistent, la signature d’un accord de cessez-le-feu entre les différents groupes armés en juillet 2014, et la mise en place du Forum de Bangui en mai 2015, ont mis un terme aux violences meurtrières. La force militaire française Sangaris et l’ONU ont joué un rôle déterminant dans le rétablissement de la paix en RCA. 

    Contexte social

    L’explosion de violences sectaires en mars 2013 a obligé près de 1,2 million de personnes à fuir leur foyer. Quatre ans après, on dénombre encore 384 000 personnes déplacées à l’intérieur de leur pays et plus de 467 000 réfugiés au Cameroun, au Tchad, en République démocratique du Congo et en République du Congo. Plus de la moitié de la population centrafricaine, soit 2,3 millions de personnes, ont urgemment besoin d’aide humanitaire, tandis que plus de 76 % de la population est toujours en situation d’extrême pauvreté. Les structures sanitaires du pays sont confrontées à d’énormes difficultés : seules 55 % d’entre elles sont en état de fonctionner, 25 % disposent d’une source d’énergie et 2 % ont accès à l’eau potable.

    Contexte économique

    La reprise économique en RCA est plus lente qu’escompté. La progression du PIB réel en 2016 a été revue à la baisse pour ressortir à 4,5 % (soit un demi-point de pourcentage de moins par rapport aux prévisions précédentes). Ce résultat est en grande partie imputable à la dégradation récente de la situation sécuritaire et à ses conséquences sur l’activité économique, et notamment sur le secteur des transports, tandis que le retard pris dans les investissements publics est venu aggraver les pressions à la baisse. Le niveau insuffisant des investissements publics, conjugué à un climat de l’investissement peu porteur, continue d’entraver la formation brute de capital fixe.

    Après une année 2015 atone, les exportations semblent être reparties à la hausse en 2016, grâce à une augmentation soutenue de la production dans les principaux produits d’exportation (or, diamants, bois, café et coton). De même, du côté de l’offre, le secteur primaire a bénéficié des performances plus solides enregistrées dans les sous-secteurs de la sylviculture, du café et du coton, alors que le secteur secondaire continue d’être à la peine. Les services, et en particulier les transports, ont souffert des problèmes d’insécurité mais ont récemment commencé à se redresser. 

    Perspectives à moyen terme

    Le bon déroulement de l’élection présidentielle marque une étape importante de la reconstruction du pays. Les réfugiés et les personnes déplacées à l’intérieur de la Centrafrique devraient retourner chez eux avec l’amélioration des conditions de sécurité. La croissance du PIB réel devrait s’accélérer progressivement pour atteindre 4,7 % en 2017, puis 5 % en 2018, en tablant sur la poursuite de l’amélioration de la situation sur le plan de la sécurité, la mise en œuvre du plan d’investissement des autorités et la consolidation des bons résultats obtenus par le secteur primaire et ses produits d’exportation. La croissance économique sera également stimulée par les activités d’import-export, à condition que les efforts de la mission de maintien de la paix continuent d’assurer la sécurité du transport de marchandise le long des principaux axes routiers. 

    Dernière mise à jour: 17 avr. 2017

  • L’engagement du Groupe de la Banque mondiale en République centrafricaine

    Le 30 juin 2015, les administrateurs de la Banque mondiale ont approuvé la Note sur l’action menée en République centrafricaine, qui couvre les exercices 2016 et 2017. Ce cadre stratégique concerne la mise en œuvre des projets approuvés jusqu’à la fin de l’exercice 2015 et comprend les nouveaux financements suivants : une enveloppe supplémentaire de 10 millions de dollars pour financer le Projet d’urgence de rétablissement des services publics, une autre de 12 millions en faveur du Projet d’appui au système de santé ainsi que 20 millions de dollars pour financer le projet Londo (« debout »), une opération de travaux publics à forte intensité de main-d’œuvre déployée dans l’ensemble du pays et approuvée le 30 juillet 2015. La Banque effectuera un diagnostic systématique de la situation du pays qui servira de socle pour l’élaboration de son prochain cadre de partenariat avec la RCA, dont la finalisation est prévue à la fin de 2017.

    Elle a également rédigé une série de notes de politique générale, thématiques et sectorielles, pour préparer son réengagement au sortir de la période de crise, et effectué une « évaluation de la fragilité » en RCA. L’ensemble de ces travaux ont permis d’élaborer un programme de redressement économique de 250 millions de dollars. Ce programme comprend 11 projets destinés à soutenir les efforts de stabilisation mais aussi de développement de la Centrafrique.

    Il prévoit de favoriser la réinsertion des anciens combattants (démobilisation, désarmement et réinsertion) afin de réduire les tensions intercommunautaires et d’instaurer durablement la paix et la stabilité. Les appuis budgétaires sectoriels et pour la gestion des finances publiques, associés à l'assistance technique et au projet sur les statistiques d'aide à la décision, contribueront à renforcer l'administration et à améliorer l'utilisation des deniers publics. Par ailleurs, des projets destinés à améliorer la distribution d’eau et d’énergie et à développer les services sociaux et les technologies de l’information et de la communication (TIC) devraient permettre de rétablir une relation de confiance entre les citoyens et l’État. Enfin, l’appui aux secteurs agricole, minier et sylvicole et la réouverture des principaux bassins de production devraient favoriser l’insertion économique et la relance.

    En outre, la Banque mondiale a réalisé conjointement avec l’ONU et l’Union européenne une évaluation du redressement et de la consolidation de la paix (RPBA), afin d’identifier les priorités du pays à court et moyen termes et de préparer la Conférence internationale des bailleurs de fonds en Centrafrique. Cette conférence, qui s’est tenue à Bruxelles en novembre 2016, a permis de mobiliser 2,2 milliards de dollars de promesses de dons sur trois ans, dont 2 milliards destinés à la reconstruction et 200 millions à l’aide humanitaire (les prévisions tablaient à l’origine sur un montant de 1,6 milliard de dollars). Ces financements proviendront en grande partie d’institutions financières internationales (Banque mondiale, Banque africaine de développement, Fonds arabes pour le développement) et de l’Union européenne (via le Fonds européen de développement et les pays européens, avec la France en première ligne). 

    Dernière mise à jour: 14 avr. 2017

  • Projet Londo (« debout » en sango) 

    Le projet Londo fournit des emplois temporaires aux personnes les plus vulnérables à Bangui et dans le reste du pays. Les deux premières phases pilote du projet ont permis les réalisations suivantes :

    ·         la sélection de 17 250 bénéficiaires (dont 34 % de femmes) par le biais de 65 loteries publiques organisées dans 34 sous-préfectures ;

     

    ·         l’entretien de 1 000 kilomètres de routes dans le cadre de chantiers publics fournissant globalement 607 034 journées de travail ;

     

    ·         la remise en état de 12 pistes et des voies d’accès à des aérodromes provinciaux.

    Projet d’urgence de rétablissement des services publics

    Le Projet d’urgence de rétablissement des services publics aide le pays à remettre sur pied le système de rémunération des fonctionnaires et de gestion des finances publiques. Il a permis d’aider le gouvernement à verser les salaires des fonctionnaires dans tous les secteurs publics, (hormis les forces de sécurité et de police). À ce jour, 17 000 fonctionnaires ont pu bénéficier de ce projet, et le délai entre la date prévue de la paie et la date effective a été réduit de 30 heures à 13 heures (pour un objectif initial de 10 heures). En 2015, le pourcentage du personnel de la Direction des douanes ayant repris le travail est passé de 10 à 86 %. Et celui des enseignants et du personnel de santé ayant repris le travail dans les districts sécurisés a augmenté de 0 à 89 %.

    Projet d’urgence en réponse à la crise énergétique

    Le Projet d’urgence en réponse à la crise énergétique contribue à restaurer partiellement une fourniture fiable d’électricité aux habitants de Bangui et aux établissements publics essentiels tels que la Régie des eaux et les hôpitaux. Le projet se concentre notamment sur la remise en état des deux centrales hydroélectriques de Boali 1 et 2 pour accroître la production et la distribution d’électricité. Les établissements publics essentiels de Bangui ont ainsi pu arrêter de recourir au délestage électrique pour pallier le manque d’électricité. Le projet a par ailleurs permis de construire ou de rénover 150 kilomètres de câbles d’alimentation. Enfin, les pertes annuelles d’électricité ont baissé de 9 %.

    Projet d’appui au système de santé

    Le Projet d’appui au système de santé entend améliorer l’utilisation et la qualité des services de santé maternelle et infantile dans des zones rurales spécifiques. À ce jour, le projet a pu aider plus de 1,1 million de personnes (dont la moitié sont des femmes) et 3 500 femmes victimes de violences. Plus d’un million de personnes ont reçu des soins médicaux essentiels, notamment en matière de nutrition et de santé génésique.

    Projet d’urgence de réhabilitation et d’entretien des infrastructures en zones urbaines

    Le Projet d’urgence de réhabilitation et d’entretien des infrastructures en zones urbaines (achevé en septembre 2016) était destiné à améliorer l’accès des habitants des districts les plus défavorisés de Bangui aux infrastructures et services urbains. Près de 85 000 personnes ont un meilleur accès au système d’évacuation des eaux usées, et plus de 37 000 personnes ont un meilleur accès à l’eau. 

    Dernière mise à jour: 17 avr. 2017

  • Partenaires au développement

    La situation de la Centrafrique demeure encore fragile et les menaces sécuritaires sont encore bien réelles. De fait, la Banque mondiale collabore étroitement avec la mission de maintien de la paix des Nations unies (MINUSCA), l’Union africaine, l’Union européenne, la France et les États-Unis. L’évaluation du redressement et de la consolidation de la paix, ainsi que l’évaluation de la fragilité, menées conjointement par la Banque mondiale, le ministre britannique du Développement international (DFID) et l’Agence française de développement, en concertation avec les autorités centrafricaines, illustre parfaitement cette collaboration. L’élaboration de nouveaux projets est étroitement alignée sur l’action des autres partenaires au développement. 

    Dernière mise à jour: 17 avr. 2017

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FINANCEMENTS

République Centrafricaine: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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Autres ressources

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Edmond Badge Dingamhoudou
Chargé de communication
Quartier Beguinage
Av Idriss Miskine
B.P. Box 146, N'Djamena, Tchad
+235 6612 7334
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