République Centrafricaine - Vue d'ensemble

La République centrafricaine (RCA), ou Centrafrique, est un pays enclavé d’Afrique centrale de 4,5 millions d’habitants. L'instabilité politique a marqué l’histoire du pays. En 2013, une crise sécuritaire et humanitaire majeure a ravagé la Centrafrique.

En décembre 2012, une coalition baptisée Séléka (« alliance » en  langue Sango), composée de cinq mouvements armés distincts, lance une insurrection contre le gouvernement du président François Bozizé, rébellion qui se solde par un coup d’État en mars 2013 (en dépit de la signature d’un accord de paix en janvier 2013 à Libreville au Gabon).

Evincé, Bozizé est contraint à l’exil et Michel Djotodia, leader des forces rebelles, prend alors le pouvoir. Il devient le premier chef d’État musulman d’un pays majoritairement chrétien. Les affrontements entre les partisans du président déchu et les forces du nouveau régime, sur fond de violence sectaire, plongent le pays dans le chaos.

Le bilan de la crise qui a secoué le pays tout au long de l’année 2013 est lourd : plus d’un millier de personnes ont été tuées. Près d’un million de personnes ont fui leur foyer, les  réfugiés représentant à l'heure actuelle près d’un quart de la population. Selon les Nations Unies, 2,2 millions de personnes ont aujourd'hui désespérément besoin d’une aide humanitaire.

Le 9 janvier 2014, un sommet extraordinaire de la Communauté  économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC), convoqué par Idriss Déby, le président tchadien, cherche à trouver des solutions à la crise. Sous la pression, Michel Djotodia, accusé de passivité face à la crise, démissionne. Le 20 janvier, Catherine Samba-Panza, maire de Bangui, la capitale de la Centrafrique, est élue présidente intérimaire par le Conseil national de transition. Sa mission est de pacifier le pays, remettre une administration totalement paralysée en état de marche et permettre aux centaines de milliers de déplacés de rentrer chez eux. Selon le calendrier de la transition, des élections générales (législatives et présidentielles) doivent être organisées au plus tard au premier semestre 2015

Contexte économique et social

Même avant l’avènement de la crise politique et sécuritaire qui a eu un impact dévastateur sur l’économie du pays, le taux de pauvreté (62%) en République centrafricaine était l’un des plus élevés au monde. Les indicateurs sociaux placent en effet la RCA parmi les pays les moins développés au monde. Ainsi, le « Rapport mondial 2013 sur le développement humain » du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) — qui classe les pays selon leur  indice de développement humain (IDH) —, classe la RCA au 180e rang (sur 187 pays). Le pays s’était doté en 2007 d’un document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP1). L’espérance de vie  (48 ans) reste pourtant l’une des plus faibles au monde et les taux de mortalité infantile et maternelle se sont détériorés au fil du temps.

Si le pays dispose de ressources naturelles abondantes, elles sont sous-exploitées. Ses principales exportations sont le bois et les diamants et l’agriculture de subsistance constitue presque un tiers du PIB.

En 2014, les perspectives économiques du pays sont incertaines, la crise de 2013 ayant eu un impact profond sur l’économie centrafricaine : -19,8% de croissance du PIB, selon les prévisions d’octobre 2013. En 2012, la croissance (4,1%) était supérieure à celle de 2011 (3,3%), selon les estimations de la Banque mondiale et du FMI (dans leurs rapports de mission de novembre 2013). L’économie demeure fragile du fait des crises à répétitions et les ressources générées par la RCA sont insuffisantes pour son développement. Les recettes fiscales de l’État représentent moins de 10% du PIB et ne permettent pas de financer les services publics de base. L’investissement public est donc financé à plus de 80% par des financements extérieurs.

La Centrafrique avait signé en juin 2012 une Facilite élargie de crédit (FEC) avec le FMI. En juin 2009, la République centrafricaine avait atteint le point d’achèvement de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) et la dette totale ne représente plus que 30% du PIB en 2012. 

Dernière mise à jour: 23 janv. 2014

Le Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP-I) des pouvoirs publics de la RCA reste à ce jour le document de référence pour la programmation de l’aide extérieure. Il s’appuie sur quatre piliers stratégiques :

  • Pilier 1 : Restaurer la sécurité, renforcer les efforts de paix et prévenir les conflits ;
  • Pilier 2 : Promouvoir la bonne gouvernance et l’État de droit ;
  • Pilier 3 : Reconstruire et diversifier l’économie 

Au cours de l’exercice 2011, l’aide fournie par la Banque mondiale avait atteint environ 39 millions de dollars dont sept millions provenant de l’Association internationale de développement (IDA), 19 millions au titre du guichet d’intervention rapide de l’IDA, 5 millions supplémentaires provenant de l’IDA pour les inondations et 8 millions du Fonds d’édification de l’État et de consolidation de la paix.

Suite à la crise de 2013,  le Groupe de la Banque mondiale a annoncé le déblocage d’une aide d’urgence de 100 millions de dollars visant à rétablir les services publics de base et fournir de la nourriture, des soins de santé et d’autres services vitaux au peuple centrafricain. La Banque mondiale va également restructurer son portefeuille afin de débloquer ces fonds dans l’urgence. Les premiers fonds déversés permettront d’accélérer la délivrance de l’aide aux nombreux réfugiés du pays et autres personnes déplacées par le conflit dans la capitale et les zones rurales.

En 2014, le portefeuille de la Banque mondiale en République centrafricaine (RCA) s’élève  à environ 200  millions de dollars de fonds non déboursés, dans le cadre d’un don de l’Association internationale de développement (IDA).

Le Groupe de la Banque mondiale agira rapidement, en partenariat avec les agences des Nations Unies et les organisations de la société civile, pour mettre en place une aide médicale d’urgence afin d’éviter la propagation de maladies chez les populations déplacées et mettre en œuvre des programmes de travaux publics qui donneront aux Centrafricains les emplois et les revenus dont ils ont désespéramment besoin.

Dernière mise à jour: 23 janv. 2014

Le projet d’urgence de réhabilitation d’infrastructures et de services urbains PURISU a permis au gouvernement de la RCA d’apporter à ses citoyens des améliorations sensibles

  • 46 600 personnes sont protégées contre les inondations périodiques
  • 541 118 personnes ont accès à des routes toute l’année
  • 53 460 personnes ont accès à un système opérationnel de gestion des déchets solides.

Les dommages causés par les inondations catastrophiques  dans les quartiers Sud-Ouest de Bangui les 14 et 15 juin et les 3 et 4 juillet 2009 ont été évalués entre dix et 15 millions de dollars.

Un programme intégré d’assistance technique pour la municipalité de Bangui financé par trois donateurs a été exécuté. L’aide de la Banque mondiale comprenait : a) un don de 150 000 dollars dans le cadre du Mécanisme mondial de prévention des catastrophes et de reconstruction et du plan anti-inondation, b) un don de 200 000 dollars dans le cadre des opérations de PPI en Afrique pour un plan de gestion des déchets solides et c) une proposition à l’Alliance pour l’avenir des villes, d’assistance technique au développement urbain à hauteur de 500 000 dollars.

Transports :  Suite à l’approbation d’un troisième financement additionnel de 125 millions de dollars américains dans le cadre du Projet de facilitation du transport et de transit dans la zone CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale), l’IDA (Association internationale de développement) est devenu le principal bailleur de fonds dans ce secteur en termes d’engagements financiers et a accordé son soutien au programme d’investissement des pouvoirs publics. Ce financement se concentre essentiellement sur le corridor de transit avec le Cameroun et le Tchad et sur les liaisons de ce dernier avec le réseau national. Des résultats ont déjà été obtenus sur le plan de l’amélioration de certaines routes régionales avec le soutien de la Commission européenne et de l’IDA (Axe routier Sibut-Grimari).

Énergie : des projets complémentaires de l’Agence française de développement (à hauteur de quatre millions d’euros) et de la Banque mondiale (huit millions de dollars) contribuent à restaurer partiellement une fourniture fiable d’électricité à partir de Boali 1 et à partir de deux centrales hydroélectriques fournissant les habitants de Bangui, notamment les services des eaux et les hôpitaux. Cet appui permettra de mettre un coup d’arrêt à la forte détérioration des infrastructures énergétiques et à la fourniture de services en RCA, et permettra aussi d’améliorer les capacités financières et de gestion d’ENERCA, la compagnie d’électricité. Ces deux projets favorisent également les performances financières et de gestion du secteur, grâce à l’introduction d’ampoules basse consommation, de compteurs prépayés. . La fourniture de services d’électricité plus sûrs et plus fiables, essentiellement à Bangui, constituera une contribution non négligeable à la sécurité et à la confiance du public pendant cette période importante de transition vers la stabilité.

Éducation : la finalisation de la stratégie de la RCA pour l’éducation a jeté les bases de l’obtention par la RCA  d’un don de 37,8 millions de dollars du Fonds catalyseur pour la mise en œuvre accélérée du programme Éducation pour tous, avec le soutien de la Banque mondiale. Les résultats  se manifestent sous la forme d’une amélioration des capacités institutionnelles de base dans ce secteur, mais il sera nécessaire d’assurer des flux financiers plus prévisibles et de redoubler d’efforts pendant les phases suivantes pour renforcer les capacités et assurer la pérennité des infrastructures administratives, de la planification stratégique et des améliorations de la gestion.

Santé : le Projet plurisectoriel de lutte contre le VIH/SIDA et pour la santé et l’éducation, financé par la Banque mondiale à hauteur de 17,5 millions de dollars  a aidé la RCA à lutter contre le VIH/SIDA et à fournir des services de base en matière de santé et d’éducation primaire. Ce projet qui a été clôturé en Mars 2012, a contribué à renforcer les capacités des pouvoirs publics pour fournir des services de prévention, de soins et de traitement des malades.

Le développement des communautés

La Banque mondiale a aidé  les pouvoirs publics à mettre en place un programme de développement conduit par les communautés y compris le développement et la remise en état des infrastructures productives, surtout dans les situations où les populations sont fragiles ou affectées par des conflits. 

Dernière mise à jour: 23 janv. 2014

La RCA est membre de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Elle participe à trois projets régionaux : i) la facilité de commerce et de transit de la CEMAC, ii) le dispositif de soutien des institutions financières régionales de la CEMAC et iii) le projet de fibre optique. Le secteur des transports en RCA est dominé par le secteur routier et les services sont de faible niveau (moins de 1 000 kilomètres sont pavés et une grande partie du réseau routier est à l’état de quasi-abandon ou non accessible en raison de considérations sécuritaires). Cette situation entraîne des coûts de transport très élevés vers la RCA ou à partir de la RCA. Autre point important, l’absence d’opérateurs du secteur privé capables de réaliser des opérations et de fournir des services dans des conditions acceptables, ce qui rend coûteux les processus de passation des marchés. Les pouvoirs publics ont accordé la priorité au lien avec le Cameroun et à l’axe est-ouest, tout en cherchant progressivement à améliorer l’état des axes routiers principaux entre les régions. Les financements sont très insuffisants tant pour la maintenance que pour la remise en état.  Les principaux donateurs sont la Communauté Européenne, la Banque africaine de développement et l’IDA, el FMI et la France.

Dernière mise à jour: 23 janv. 2014


FINANCEMENTS

République Centrafricaine: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA