République Centrafricaine - Vue d'ensemble

  • Pays enclavé d’Afrique centrale, qui comptait environ 4,6 millions d’habitants en 2016, la République centrafricaine (RCA) a entamé un long redressement. En 2013, une crise sécuritaire majeure a délité son tissu social. Les élections de 2016 ont apporté l’espoir de tourner progressivement la page des années de transition et de troubles.

    Contexte politique

    Pour la première fois de son histoire, la RCA s’est dotée d’un président et d’un parlement élus démocratiquement. En mars 2016, Faustin Touadera a été officiellement déclaré président, après avoir battu son principal adversaire, Anicet Dologuele. Les élections législatives ont porté Abdoul Meckassoua, de la minorité musulmane, à la tête de l’Assemblée nationale. Ces élections ont mis fin aux deux années de gouvernement de transition dirigé par Catherine Samba-Panza.

    La crise a éclaté en mars 2013, avec le renversement par les rebelles de la Séléka du président François Bozizé. Moins d’un an plus tard, avec le conflit entre le mouvement de la Séléka, essentiellement musulman, et les chrétiens Anti-balaka, Michel Djotodia, chef de la Séléka, est contraint de se retirer. Un cessez-le-feu intervient en juillet 2014, suivi du Forum de Bangui en mai 2015, qui met un terme au conflit, même si des tensions communautaires ressurgissent régulièrement depuis.

    La force militaire française Sangaris et l’ONU ont joué un rôle déterminant dans le rétablissement de la paix en RCA. La mission militaire française a pris fin en octobre 2016 mais le Conseil de sécurité des Nations Unies a prolongé le mandat de la MINUSCA jusqu’en novembre 2018, autorisant le déploiement de 11 650 personnes, y compris des observateurs militaires et des officiers d’état-major, des policiers et des agents des services pénitentiaires. Le but est de disposer de plus de personnel pour protéger les populations civiles.

    Situation sociale

    Selon les Nations Unies, le nombre de déplacés à l’intérieur de la RCA a augmenté en 2017 : début 2018, on en dénombrait près de 688 000, sachant que 546 000 Centrafricains sont réfugiés dans des pays voisins. L’explosion de violences en décembre 2017 a contraint environ 78 000 personnes à fuir la ville de Paoua, dans la préfecture de Ouham-Pendé. En 2018, au moins 2,5 millions d’habitants, soit plus de la moitié de la population, auront besoin d’une aide humanitaire. Le gouvernement et l’équipe pays ont lancé en 2018 un Plan de réponse humanitaire doté de 515,6 millions de dollars (257,7 milliards de FCFA).

    Situation économique

    La reprise économique s’est poursuivie en 2017, avec un taux de croissance du PIB en volume de 4,3 %, légèrement inférieur à celui de 2016 (4,5 %) mais supérieur aux prévisions annoncées au début du second semestre 2017 (3,8 %). La consommation privée en a été le principal moteur, accompagnée par la consommation publique, modeste. Les exportations ont fléchi à 5,2 % en 2017 après avoir enregistré une hausse record de 8,2 % du PIB en 2016, sous-tendue par les principaux produits d’exportation (bois, or, café et coton). Les importations, y compris de produits alimentaires, ont augmenté avec l’amélioration des conditions sécuritaires le long du corridor Bangui-Garoua Boulai.

    Du côté de l’offre, le secteur industriel a progressé, de 2 % en 2016 à 7,2 % en 2017 (grâce à la construction, l’agro-industrie et les diamants verts), tandis que le secteur des services a souffert des problèmes d’insécurité. Le secteur primaire est retombé de pratiquement 6 % en 2016 à environ 3 % en 2017.

    L’inflation a reculé, passant de 4,6 % en 2016 à 4,1 % en 2017. Le déficit du compte courant est ressorti à 8,5 % en 2017, en recul par rapport à 2016 (9,0 %), sous l’effet du fléchissement de l’aide alimentaire et d’un léger redressement des exportations de produits forestiers, de diamants et d’or. Avec l’apurement des arriérés intérieurs, la dette publique, qui atteignait 56,2 % du PIB en 2016, devrait baisser à 51,8 % en 2017. Mais la RCA reste très exposée au risque de surendettement.

    Le gouvernement a poursuivi sa politique d’assainissement budgétaire et s’est employé à respecter ses engagements de recettes à fin 2017. Le solde primaire, toujours déficitaire, s’est redressé, de 3,0 % du PIB en 2015 à 1,1 % en 2016 — entraînant un excédent budgétaire global (dons compris) de 1,6 % du PIB. Le solde devrait ressortir à 1,9 % du PIB en 2017, entraînant un excédent budgétaire de 0,5 % du PIB.

    La pauvreté reste omniprésente et élevée : la dernière enquête auprès des ménages remontant à 2008, le suivi des évolutions récentes est malaisé. Mais les prévisions établies sur la base du PIB par habitant indiquent qu’en 2017, environ 75 % de la population vivaient en dessous du seuil international de pauvreté (1,90 USD par jour, en PPA de 2011). Par ailleurs, la RCA est la lanterne rouge de l’indice du développement humain, au 188e rang sur 188 pays.

    La période prolongée d’insécurité a laissé des traces. L’escalade du conflit en 2017 a entraîné de nouvelles vagues de déplacements forcés qui ne s’étaient plus répétées depuis 2014. Les moyens de subsistance des pauvres sont surtout liés à l’agriculture et l’instabilité empêche les agriculteurs de s’occuper de leurs champs, ce qui fragilise la sécurité alimentaire et entrave la reprise du secteur agricole.

    Perspectives à moyen terme

    Les perspectives positives de la RCA sur le plan macroéconomique et de la pauvreté dépendent fortement de la stabilité mais également de la hausse des investissements et de la croissance. Toute dégradation de la situation sécuritaire fragiliserait la croissance, censée se stabiliser autour de 4,0 % à moyen terme — une performance subordonnée à la mise en œuvre du plan d’investissement du gouvernement. La pauvreté devrait reculer à 73 % en 2019. Les exportations de diamants et de bois devraient redémarrer et la production et les exportations de coton augmenter grâce à l’apurement des arriérés dans le secteur en 2017. Avec la reprise des investissements publics et privés, les importations de biens d’équipement devraient rester élevées.

    L’assainissement budgétaire se poursuivra à moyen terme, avec un excédent moyen de 0,7 % sur la période 2018-20. L’accélération attendue des dépenses totales, l’administration de la RCA se déployant en dehors de Bangui, devrait permettre aux recettes de renouer avec leur niveau d’avant la crise, soit 9 % du PIB.

    L’inflation devrait refluer à 3,6 % en 2018 et atteindre en 2020 le seuil de convergence de 3 % fixé par la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. L’optimisation de la gestion de la dette devrait réduire le fardeau, avec un recul de l’endettement public à 39,6 % du PIB en 2020. Le déficit de la balance courante devrait s’améliorer, de 8,4 % en 2018 à 6,7 % en 2020.

     

    Dernière mise à jour: 16 mai 2018

  • L’engagement du Groupe de la Banque mondiale en République centrafricaine

    En 2015, la Banque mondiale a accordé un financement additionnel de 10 millions de dollars pour l’exercice 2016-17 en appui au Projet d’urgence de rétablissement des services publics et alloué 12 millions de dollars pour le Projet d’appui au système de santé ainsi que 20 millions de dollars pour le projet Londo, une opération de travaux publics à forte intensité de main-d’œuvre couvrant tout le pays. Une série de notes de politique générale ont depuis permis d’élaborer un programme de redressement économique de 250 millions de dollars pour soutenir les efforts de stabilisation à court terme et les activités de développement à long terme. Il comprend couvre plusieurs volets :

    1. un projet de réforme financière ; des objectifs de développement assortis d’une assistance financière ; et un projet pour consolider les capacités de l’État et améliorer l’allocation des ressources ;
    2. un soutien à la réinsertion des anciens combattants et aux populations déplacées ;
    3. des financements destinés à améliorer la distribution d’eau et d’énergie, les services sociaux et les TIC. L’appui aux secteurs agricole, minier et sylvicole et pour favoriser l’accès aux principaux bassins de production devrait créer les indispensables emplois.

    La Banque mondiale a coréalisé une évaluation du redressement et de la consolidation de la paix et joué un rôle clé dans la Conférence internationale des bailleurs de fonds en Centrafrique de novembre 2016, qui a permis de mobiliser 2,2 milliards de dollars de promesses de dons, dont 2 milliards destinés à la reconstruction et 200 millions à l’aide humanitaire. Supérieurs aux attentes (1,6 milliard de dollars sur trois ans), ces financements proviennent pour l’essentiel d’institutions financières internationales (Banque mondiale, Banque africaine de développement, Fonds arabes pour le développement, FMI) et de l’Union européenne — via le Fonds européen de développement et les pays européens, avec la France en première ligne.

     

    Dernière mise à jour: 16 mai 2018

  • Projet Londo (« debout » en sango, la langue officielle du pays)

    Le projet Londo vise à consolider la paix en organisant des travaux publics à forte intensité de main-d’œuvre dans le but de promouvoir la cohésion sociale, le redressement économique et la gouvernance locale. Ses quatre premières phases étant achevées, le taux d’exécution s’établit à 75 % et le taux de décaissement à 70 %. Le gouvernement a demandé un financement additionnel de 25 millions de dollars (pour le début de l’année 2019) dans le but de soutenir le redéploiement de l’administration et des services publics dans les provinces du pays. Plus vaste projet de travail contre rémunération du pays, il a offert pratiquement un million de jours de travail/hommes dans 54 des 74 districts du pays. Par ce biais, les quelque 26 000 bénéficiaires (dont 35 % de femmes) ont entretenu 1 500 kilomètres de routes rurales pour aider leurs communautés. Le projet bénéficie de la collaboration entre partenaires internationaux et nationaux engagés dans l’humanitaire, le développement et la paix.

    Projet d’urgence de rétablissement des services publics

    Le Projet d’urgence de rétablissement des services publics entend remettre sur pied les systèmes de rémunération des fonctionnaires et de gestion opérationnelle des finances publiques. Il aide le gouvernement à verser les salaires des fonctionnaires dans tous les secteurs publics (hormis les forces de sécurité et de police). À ce jour, plus de 17 000 fonctionnaires en ont bénéficié et le délai entre la date prévue de la paie et la date effective a été ramené de 30 à 13 heures (pour un objectif de 10 heures). Pour la seule année 2015, le pourcentage du personnel des douanes ayant repris le travail est passé de 10 à 86 % et celui des enseignants et du personnel de santé ayant repris le travail dans les districts sécurisés a augmenté de 0 à 89 %.

    Projet d’urgence en réponse à la crise énergétique

    Le Projet d’urgence en réponse à la crise énergétique contribue à restaurer partiellement une fourniture fiable d’électricité aux habitants de Bangui, y compris pour la Régie des eaux et les hôpitaux. Il se concentre sur la remise en état des deux centrales hydroélectriques de Boali. Les établissements publics essentiels ont mis fin au délestage électrique ; 150 kilomètres de câbles d’alimentation ont été construits ou rénovés ; et les pertes annuelles d’électricité ont baissé de 9 %.

    Projet d’appui au système de santé

    Le projet d’appui au système de santé vise à accroître le recours à des services améliorés de santé maternelle et infantile dans les zones rurales visées. Il a pu aider plus de 3,2 millions de personnes (dont la moitié sont des femmes) et prendre en charge 3 391 femmes victimes de violences. Plus d’un million de femmes ont reçu des soins médicaux essentiels, notamment en matière de nutrition et de santé génésique.

    Projet d’urgence de réhabilitation et d’entretien des infrastructures en zones urbaines

    Le Projet d’urgence de réhabilitation et d’entretien des infrastructures urbaines (achevé en septembre 2016) a amélioré l’accès des habitants des districts les plus défavorisés de Bangui aux infrastructures et services urbains. Près de 85 000 personnes ont un meilleur accès au système d’évacuation des eaux usées et plus de 37 000 personnes ont un meilleur accès à l’eau.

    Dernière mise à jour: 16 mai 2018

  • Dans un climat d’instabilité où les menaces sécuritaires sont encore bien réelles, le Groupe de la Banque mondiale collabore étroitement avec la mission de maintien de la paix des Nations Unies (MINUSCA), l’Union africaine, l’Union européenne, la France et les États-Unis. Cette collaboration a donné lieu à des évaluations menées conjointement avec les Nations Unies, le ministre britannique du Développement international (DFID) et l’Agence française de développement, en concertation avec les autorités centrafricaines. L’élaboration de nouveaux projets est alignée sur l’action des autres partenaires au développement.

    Dernière mise à jour: 16 mai 2018

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FINANCEMENTS

République Centrafricaine: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA


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