Résultats
- Mobilisation d’investissements privés (2017-2024) : Plus de 600 millions de dollars de nouveaux investissements privés dans le tourisme ont été mobilisés à Cabo Verde, au Sénégal, au Ghana et en Gambie entre 2017 et 2024. Rien qu’à Cabo Verde, 230 millions de dollars ont été mobilisés, ce qui représente environ 9 % du PIB du pays en 2024.
- Résilience climatique et protection de l’environnement (2016-2027) : À Saly, au Sénégal, 325 000 m2 de plage en proie à l’érosion ont été restaurés entre 2016 et 2023, permettant ainsi de stabiliser le littoral et de préserver un site touristique majeur. Saly est en effet la principale destination de la Petite Côte : elle accueille plus de 60 % des touristes de loisirs internationaux et assure les moyens de subsistance d’environ 65 % des résidents locaux. Le projet a permis aux hôtels de rester ouverts et de réinvestir, enclenchant 350 millions de dollars de nouveaux investissements. En Gambie, 50 millions de dollars sont investis dans la protection de 280 000 m2 de littoral. Dans ce cadre, une priorité est accordée aux femmes pour l’accès aux subventions et aux formations liées à la résilience climatique.
- Patrimoine, nature et aménagement des sites (2016-2027) : Plus de 20 sites culturels, historiques et naturels ont été rénovés au Ghana, au Sénégal et en Gambie, dont des sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Au Ghana, les visites du Mausolée Kwame Nkrumah sont passées de 555 000 en 2019 à près de 850 000 en 2023, avec à la clé une hausse des emplois locaux et des revenus.
- Appui aux micro, petites et moyennes entreprises (MPME) (2016-2027) : Plus de 20 000 MPME dans les quatre pays concernés ont bénéficié de subventions, de certifications et de formations, dans les secteurs du tourisme, de l’hôtellerie, de l’artisanat, de la production alimentaire et du transport. Plus de la moitié étaient détenues ou dirigées par des femmes, contribuant ainsi à favoriser une croissance inclusive et l’innovation.
Le défi de développement
Les freins qui limitent la croissance du tourisme en Afrique de l’Ouest revêtent diverses formes en fonction des pays. À Cabo Verde, le tourisme représentait environ 40 % des emplois, mais le pays ne disposait pas d’une autorité dédiée au tourisme ni d’un zonage clairement défini pour les zones touristiques, ce qui rendait difficile l’attraction d’investissements. Au Sénégal et en Gambie, l’érosion côtière, qui pouvait atteindre jusqu’à 6 mètres par an, menaçait des destinations balnéaires prisées qui accueillent plus de 60 % des touristes internationaux. Au Ghana, les principaux sites patrimoniaux souffraient d’un sous-financement chronique, alors même que le tourisme soutenait plus de 700 000 emplois. Un obstacle est commun à l’ensemble des pays : la grande difficulté de milliers de petites entreprises à accéder aux financements et aux marchés.
L'approche du Groupe de la Banque mondiale
Le Groupe de la Banque mondiale a répondu aux contraintes qui pesaient sur le tourisme en Afrique de l'Ouest en s’attaquant aux obstacles les plus critiques et en combinant prêts d’investissement, soutien aux réformes et services de conseil. Là où une gouvernance défaillante faisait obstacle à la participation du secteur privé, l’appui du Groupe de la Banque mondiale a permis de créer des institutions touristiques dédiées, de renforcer les règles d’utilisation des terres et de zonage, et d’améliorer la promotion de l’investissement de manière à réduire les risques et à attirer des capitaux privés. Là où la dégradation environnementale, notamment l’érosion côtière, menaçait le tourisme, les efforts ont porté sur la protection des ressources naturelles et le renforcement de la résilience climatique afin de préserver les emplois et maintenir la confiance des investisseurs. Dans les villes, des investissements dans de grands sites culturels et patrimoniaux ont stimulé la demande touristique tout au long de l’année et accru le nombre de visiteurs.
Les projets ont soutenu les chaînes de valeur touristiques pour en faire bénéficier entreprises et travailleurs. Des fonds publics et des subventions adaptés aux contextes locaux ont été mobilisés pour attirer les investissements privés et renforcer les capacités des entreprises, en aidant ainsi les petites structures à se moderniser, à entrer dans l’économie formelle et à s’intégrer aux marchés touristiques. Une étroite collaboration avec IFC, notamment en Gambie, a permis d’articuler l’action publique avec le financement des MPME et le développement des chaînes d’approvisionnement, tandis que des partenariats avec l’Union européenne, l'Agence française de développement et des programmes climatiques ont renforcé la résilience et la durabilité de l’ensemble du secteur.
Contribution aux objectifs du Groupe de la Banque mondiale et à l’emploi
Les activités menées dans le secteur du tourisme en Afrique de l’Ouest ont permis d’attirer plus de 600 millions de dollars d’investissements privés à Cabo Verde, au Sénégal, au Ghana et en Gambie, qui devraient créer jusqu'à 45 000 emplois directs et au sein des chaînes de valeur : production alimentaire, transport, artisanat, etc. Le tourisme génère de puissants effets d’entraînement : pour chaque emploi créé dans le secteur, 1,5 emploi supplémentaire est créé dans les secteurs connexes. Si les chiffres régionaux agrégés peuvent paraître modestes, l’impact local peut être transformateur. Par exemple, sur l'île de Sal, à Cabo Verde, les quelque 6 000 emplois touristiques directs représentent environ un habitant sur six, mais du fait des effets d’entraînement du tourisme sur l’économie, ils soutiennent environ une personne sur dix dans la population active nationale, ce qui illustre comment l’investissement touristique dans les petites îles peut améliorer les conditions de vie à l’échelle de toute une économie.
Citations de bénéficiaires
Enseignements tires
Premier enseignement : traiter les sites et les régions touristiques dans leur globalité, et non à travers des projets isolés. Les investissements sont les plus efficaces lorsqu’ils s’attaquent aux obstacles les plus importants dans une destination donnée : renforcement des institutions, protection des ressources naturelles et culturelles face aux risques environnementaux et climatiques, mise à niveau des sites phares, etc. Cette approche permet d’attirer des investissements privés dans la durée, de préserver les emplois et de renforcer les moyens de subsistance locaux. Deuxième enseignement : combiner la modernisation des sites avec un appui aux petites entreprises. Lorsque ces améliorations s’accompagnent d’un meilleur accès au financement, de formations et de normes de qualité plus exigeantes, une plus grande part des dépenses touristiques reste dans la communauté. Le tourisme se transforme alors en emplois locaux et en une croissance plus résiliente et inclusive.
Prochaines étapes
Le tourisme représentait 10 % du PIB mondial en 2024, et 357 millions d’emplois en dépendent dans le monde. Il s’agit, selon le Conseil consultatif de haut niveau sur l’emploi du Groupe de la Banque mondiale, de l’un des cinq secteurs les plus porteurs pour générer des emplois locaux à grande échelle (a). Avec 66 projets en cours dans ce secteur en 2025 (a), la stratégie du Groupe de la Banque mondiale pour le tourisme s’articule autour de trois axes complémentaires : développer les destinations touristiques à travers la conservation du patrimoine et la gestion des ressources naturelles ; investir dans des entreprises du secteur privé et leur apporter des garanties pour développer les capacités d’hébergement et améliorer la qualité des services ; et lever les obstacles réglementaires au développement du secteur. Ces interventions stimulent l’investissement privé et élargissent les recettes touristiques, générant des effets d’entraînement sur les chaînes d’approvisionnement et la consommation qui se traduisent par une hausse de l’emploi et des revenus du travail. La promotion d’un développement durable reste au cœur de la démarche, avec la valorisation de l’écotourisme, la préservation du patrimoine et la construction d’infrastructures climato-intelligentes. La publication trimestrielle Tourism Watch assure le suivi des performances du secteur et des retombées des mesures mises en place. Dans les prochains mois, en collaboration avec le Conseil consultatif sur l’emploi, le Groupe de la Banque mondiale s’attachera à concevoir des solutions sectorielles, notamment des instruments de financement mixte pour les infrastructures touristiques, des plateformes numériques connectant les petits opérateurs aux marchés, et des approches d’économie circulaire garantissant un développement touristique à la fois extensible et pérenne.