Résultats

  • ​​Catastrophe évitée : malgré des pluies diluviennes et les crues exceptionnelles du Chari et du Logone, N’Djamena est restée largement épargnée. La ville a pu protéger 1,5 million d’habitants grâce à l’appui du projet de lutte contre les inondations et la résilience urbaine (PILIER).
  • Réseau de drainage remis en état : les 350 kilomètres du réseau de drainage ont été curés et remis en état pour améliorer l’écoulement des eaux, avec un nouveau dispositif de supervision, une cartographie numérique pour suivre l’avancement des travaux et l’introduction de contrats à la performance. L’évacuation sécurisée des déchets issus du curage des canaux est désormais obligatoire.
  • ​Capacités de pompage d’urgence renforcées : douze motopompes de grande capacité ont été acquises à l’étranger dans le cadre d’une commande publique d’urgence, puis déployées dans l’ensemble de la ville ; une trentaine de techniciens municipaux ont été formés pour les faire fonctionner de manière autonome et mener des exercices réguliers.
  • Préparation communautaire renforcée : des groupes de quartier ont reçu des cartes faciles à utiliser et le soutien d’organisations locales, et des fournitures d’urgence ont été prépositionnées pour venir en aide aux familles susceptibles d’être déplacées par les inondations. Au total, 9 858 ménages ont bénéficié de cet appui, soit plus de 60 000 personnes.​

Défi de développement

​Située au confluent du Chari et du Logone, la capitale du Tchad est particulièrement exposée au risque d’inondation, sous l’effet conjugué de précipitations intenses, d’une urbanisation rapide, d’un réseau de drainage des eaux engorgé et d’une capacité de réponse d’urgence limitée. Au lendemain des inondations dévastatrices de 2022, et face à des risques accrus en 2024, le gouvernement devait rapidement mettre en place un plan de préparation rigoureux et techniquement solide pour protéger la capitale d’une nouvelle catastrophe. Cette année-là, le Tchad a connu les inondations les plus meurtrières des dernières décennies, avec 576 décès et 1,9 million de sinistrés dans le pays. N’Djamena, elle, a été largement épargnée.

Approche du Groupe de la Banque mondiale

​​La Banque mondiale a soutenu un plan global de préparation et de réponse aux inondations dans le cadre du projet PILIER. Cette approche a privilégié des actions rapides et techniquement fiables : curage à grande échelle du réseau de drainage de N’Djamena, acquisition de motopompes de grande capacité et formation des équipes chargées de les faire fonctionner, et pré positionnement de matériel d’urgence. Afin d’améliorer la gouvernance dans un secteur souvent fragilisé par des pratiques informelles, le projet a introduit des contrats à la performance et a veillé à ce que l’évacuation des boues s’effectue dans des conditions sécurisées et supervisées.

​Afin d’accélérer la mise en conformité, la Banque mondiale a également fourni un appui environnemental et social de terrain, qui a permis d’aider l’unité d’exécution du projet à mettre en place des mécanismes de gestion des plaintes, à mieux associer les parties prenantes et à assurer le suivi des impacts environnementaux. Le projet PILIER a par ailleurs renforcé la préparation communautaire grâce à des subventions accordées à des ONG et, en collaboration avec l’équipe de l’Initiative de géoréférencement pour le suivi et la supervision (GEMS) de la Banque mondiale, a développé des outils numériques pour le suivi géospatial des opérations de nettoyage.

​La prévention des inondations en 2024 a rétabli la confiance du gouvernement dans les investissements en faveur de la résilience. Un financement additionnel de l’IDA d’un montant de 50 millions de dollars a ainsi été alloué au projet PILIER, destiné à la reconstruction de ponts à travers le pays. Plus fondamentalement, l’effort de 2024 a marqué un tournant, avec le passage d’une gestion réactive des crises à un modèle structuré de préparation fondé sur des données probantes, rompant ainsi le cycle des situations d’urgence et aidant le gouvernement à institutionnaliser l’entretien du réseau de drainage et les capacités d’intervention en cas de catastrophe.​

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Avant, à cette période de l’année, il y avait moins de clients et les ventes baissaient. Maintenant, même avec les fortes pluies, les gens continuent de venir au marché.
Rémadji Aline,
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Contribution aux objectifs du Groupe de la Banque mondiale et à l’emploi

​​Le plan de préparation et de réponse aux inondations a également soutenu l’emploi, avec plus de 800 emplois créés en 2024 et des effectifs similaires attendus chaque année.

​Il a en outre renforcé la gouvernance locale et les services municipaux, contribuant à engager le Tchad sur la voie d’un développement urbain résilient face au changement climatique, malgré un contexte de fragilité élevée.

​Le plan de préparation et de réponse aux inondations du projet PILIER a obtenu de solides résultats sur le plan de l’adaptation au changement climatique. Il a permis de prévenir une catastrophe majeure à N’Djamena et de faire en sorte que les opérations d’urgence respectent les normes environnementales et sociales.​

Enseignements tirés

​​Il est bien plus efficace et bien moins coûteux d’agir avant qu’après la catastrophe. Le curage de l’ensemble du réseau de drainage des eaux en une seule campagne, dans le cadre de contrats à la performance assortis de solides mesures de sauvegarde environnementale et sociale, a amélioré la qualité et la transparence des opérations. La formation des techniciens locaux et la tenue d’exercices réguliers ont renforcé les capacités à long terme et la pérennité des résultats.

​L’expérience a également montré que les normes de gouvernance — benchmarking, maîtrise des coûts, évacuation sécurisée des boues et planification de campagnes annuelles — sont aussi déterminantes que les travaux eux-mêmes. Enfin, la collaboration avec les populations et les partenariats avec les ONG ont permis de restaurer la confiance et de faire participer directement les habitants à la réduction des risques, ce qui souligne l’importance des investissements techniques, institutionnels et sociaux pour renforcer la résilience dans les contextes de fragilité et de conflit.​

Prochaines étapes

​​Le Groupe de la Banque mondiale continuera d’accompagner le Tchad dans ses efforts d’institutionnalisation de la préparation aux inondations et de réduction des risques. Les actions prioritaires comprennent l’extension du réseau de drainage dans les quartiers denses de N’Djamena, le renforcement des digues de protection, la restauration de la chaîne de valeur des déchets solides pour prévenir les obstructions et les débordements, l’intégration d’outils numériques pour la surveillance à distance et le suivi des emplois, ainsi que l’élaboration d’un plan directeur à long terme pour la gestion des inondations et des déchets. Au-delà de N’Djamena, le Groupe de la Banque mondiale s’attachera à appuyer les principales villes secondaires du pays pour l’évaluation de leurs risques d’inondation, en tirant parti de technologies de pointe, et à élaborer un plan d’investissement connexe.

​Afin de pérenniser les résultats, le projet renforcera les activités d’exploitation et d’entretien, formera les équipes municipales, planifiera des campagnes de curage annuelles et intégrera des normes de gouvernance transparente. Dans le cadre du projet PILIER, la Banque mondiale soutiendra également des réformes visant à financer durablement la gestion du drainage des eaux et des déchets solides.

​Les enseignements tirés de l’expérience de 2024 viendront guider un élargissement des investissements dans la gestion des risques de catastrophe menés au titre du projet et plus largement dans le cadre des futurs programmes nationaux de résilience.​

LIENS UTILES

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