Fiches de résultats19 novembre 2025

Des salles de classe aux communautés : éduquer, autonomiser et valoriser les filles et les femmes au Nigéria

The World Bank

​​​L’Association internationale de développement (IDA) finance plusieurs projets au Nigéria (AGILE, NFWP, IMPACT, ANRiN, NASSP-SU et NG-CARES) qui visent à favoriser l’autonomie des adolescentes et des femmes, le développement du capital humain et une croissance inclusive.​

​AGILE (« Initiative pour l’apprentissage et l’autonomisation des adolescentes ») : 

Lancé en 2021, le projet AGILE améliore l’éducation secondaire des filles dans 18 États du pays, grâce à la mise en place d’écoles sûres, l'aide à l’acquisition de compétences pour la vie courante et d’une culture numérique, et le versement de bourses d’études. Plus de 4 millions d’adolescentes en ont bénéficié à ce jour — sur un objectif de 15 millions d’ici à 2028 —, ce qui permettra de réduire les disparités entre garçons et filles, et de préparer ces dernières à l’âge adulte et à l’emploi.

​NFWP (« Programme Nigéria pour les femmes ») : 

Lancé en 2019, le NFWP soutient l’émancipation économique des femmes (18 ans et plus) dans six États, par le biais de groupements affinitaires féminins, de dispositifs d’épargne, d’aides en soutien aux moyens de subsistance et de formations professionnelles. Plus d’un million de femmes ont ainsi bénéficié de la création de quelque 22 000 groupes affinitaires, de la mise en épargne d’un montant total de plus de 5 milliards de nairas (3,4 millions de dollars) et d’un meilleur accès aux marchés, au crédit et aux fonctions décisionnelles, au profit d’une plus grande indépendance financière et inclusion sociale. ​ 

​IMPACT (« Vaccination Plus et lutte contre le paludisme ») : 

Lancé en 2021, le projet IMPACT vise à réduire les décès chez les enfants de moins de cinq ans en améliorant les services de vaccination et de lutte contre le paludisme dans 28 États du Nigéria. Il finance pour cela la distribution de vaccins, la formation des agents de santé et la modernisation des installations. Des millions d’enfants et de femmes bénéficient d’un meilleur accès à des services de santé vitaux, l’objectif étant de réduire de 40 % la mortalité infantile d’ici à 2030. 

​ANRiN (« Accélérer les résultats en matière de nutrition au Nigéria ») : 

Lancé en 2019, le projet ANRiN fournit des services de nutrition d’un bon rapport coût-efficacité aux femmes enceintes, aux adolescentes et aux enfants de moins de cinq ans dans 11 États. Plus de 13,5 millions de personnes, dont 9 millions d’enfants et 4,3 millions de femmes, ont bénéficié d’interventions qui ont permis de réduire la malnutrition et les retards de croissance, tandis que le projet s'est aussi attaché à renforcer la capacité des États à mettre en œuvre des programmes nutritionnels à grande échelle. ​ 

​NASSP-SU (« Extension du programme national de protection sociale ») : 

Lancé en 2023, le projet NASSP-SU étend à l’échelle nationale la portée des transferts monétaires en réponse aux chocs, avec pour objectif d’atteindre 56 millions de personnes pauvres et vulnérables. Plus de 42 millions de bénéficiaires ont reçu des transferts monétaires numériques ; parmi les bénéficiaires des transferts réguliers, 94 % étaient des femmes. Le programme renforce les registres sociaux, les paiements numériques et la résilience aux chocs économiques.

​NG-CARES (« Relèvement d’urgence et relance économique post-COVID au Nigéria ») : 

Lancé en 2021 à la suite de la pandémie de COVID-19, le projet NG-CARES vient en aide à plus de 17 millions de ménages pauvres et à des petites entreprises. Il met en place des transferts monétaires, des aides alimentaires, des subventions et des chantiers de travaux publics, fournit des services de base à plus de 12 millions de personnes et soutient 3,5 millions d’agriculteurs, en contribuant ainsi à renforcer la résilience et à appuyer la reprise économique dans tout le pays.​​

Faits marquants

  • ​​Éducation et formation des adolescentes : En 2025, 2,1 millions d’adolescentes avaient bénéficié d’infrastructures scolaires améliorées (13 000 salles de classe et 8 900 installations sanitaires) et 466 876 jeunes filles vulnérables avaient reçu des bourses qui ont permis d'accroître les taux de scolarisation et de poursuite des études ; 225 000 élèves ont pu acquérir des compétences numériques de base. Entre 2022 et 2025, 200 000 filles ont participé à des programmes offrant un cadre d’échange sans risques, dans le cadre desquels elles ont été sensibilisées à la santé reproductive, l’hygiène menstruelle et la confiance en soi (projet AGILE).
  • ​Santé et nutrition maternelles et infantiles : De 2021 à 2025, 3,56 millions de femmes ont bénéficié de services de prévention du paludisme, et 919 000 femmes enceintes et allaitantes ont eu accès à des nutriments essentiels, avec à la clé une amélioration de l’état de santé maternelle et infantile (projets IMPACT et ANRiN).
  • ​Autonomisation économique des femmes : Depuis 2022, 400 000 femmes ont pu épargner et emprunter au sein de 19 200 groupements affinitaires féminins qui ont capitalisé un montant total de 6 millions de dollars d’économies (projet NFWP). En 2025, 2,87 millions de femmes avaient bénéficié de programmes de protection sociale qui ont contribué à renforcer les moyens de subsistance des agricultrices et des entrepreneuses (projets NG-CARES et NASSP-SU).​

Défi

Les femmes et les filles nigérianes se heurtent à des obstacles considérables. Un grand nombre d’entre elles se marient jeunes et deviennent mères à l’adolescence. Il existe d’importantes disparités entre les garçons et les filles dans le domaine de l’éducation, les filles étant moins susceptibles d’achever leur scolarité. Les violences de genre sont répandues, et peu de femmes travaillent ou ont accès aux services financiers. Leur rémunération est inférieure à celle des hommes, et leurs activités moins productives et moins profitables, en particulier dans l’agriculture. Le développement et la croissance du Nigéria passent nécessairement par l’amélioration de la santé, de l’éducation, des compétences et des opportunités économiques des femmes et des adolescentes..

Démarche

Afin de promouvoir l’autonomisation des femmes et des filles nigérianes, la Banque mondiale a adopté depuis dix ans une stratégie globale et intégrée visant à développer leur capital humain et leurs opportunités économiques tout en accélérant la transition démographique. En combinant soutien à l’éducation des filles, à la santé des adolescentes, à l’inclusion économique et à la prévention des violences sexistes, les projets ont été conçus de manière à ce que les avancées dans un domaine soutiennent et amplifient les progrès dans les autres. Ils comportent des aspects innovants, notamment en matière d’inclusion sociale et économique (groupements affinitaires féminins), d’inclusion financière numérique et de protection sociale, ainsi que sur le plan de l’analyse rigoureuse des politiques. Divers partenariats — avec la Fondation Gates, le ministère britannique des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement (FCDO), les agences des Nations Unies, IFC et la MIGA — ont par ailleurs permis d’amplifier les efforts d’inclusion financière, de mobilisation du secteur privé et de promotion de l’emploi des femmes. Les résultats obtenus sont notamment les suivants : l’augmentation de la scolarisation des filles, l’extension des filets de protection sociale, l’amélioration des services de santé et le renforcement des protections juridiques contre les violences sexuelles et sexistes. En intégrant les priorités liées aux enjeux de genre dans les stratégies nationales et en mobilisant tout un éventail d’instruments, l’approche coordonnée et à long terme de la Banque mondiale a permis de réaliser des progrès importants dans la réduction des inégalités entre les sexes et la valorisation du capital humain au Nigéria, qui sont essentiels pour l’avenir du pays.

Témoignage d'une bénéficiaire

The World Bank
Élèves dans l’une des salles de classe récemment rénovées du Hassu Iro Inko Girls College, dans l’État de Katsina.

The World Bank
Des espaces d'échange sans risques pour les adolescentes au Government Girls College de l’État de Katsina.

Des salles de classe aux communautés : éduquer, autonomiser et valoriser les filles et les femmes au Nigéria
Grâce au projet AGILE, le Nigéria se dote d’une génération de jeunes femmes informées, autonomes et plus sûres d’elles-mêmes, capables de surmonter les obstacles, de façonner leur avenir et de développer le capital humain de demain. Maryam Ma’aruf, sortie du Government Girls College de l’État de Katsina en 2024, témoigne lors d’une consultation des parties prenantes :

Grâce à AGILE et à ses formations au numérique et aux compétences pour la vie courante, j’ai terminé mes études, j’ai appris à communiquer en public et je suis maintenant graphiste.
Maryam Ma’aruf,
sortie du Government Girls College de l’État de Katsina en 2024

Contribution du Groupe de la Banque mondiale 

Le projet AGILE élargit l’accès des filles à l’éducation ainsi que leurs compétences nécessaires à la vie courante, contribuant ainsi à réduire la pauvreté et à améliorer les perspectives d’emploi. Le projet NFWP favorise l’émancipation féminine à l’aide de groupes d’épargne, de subventions aux entreprises et de dispositifs d’assurance maladie qui améliorent l’inclusion financière et l’état de santé des femmes. Les projets IMPACT et ANRiN s’attachent à améliorer l’accès des femmes et des enfants aux services de santé et de nutrition. Les projets NASSP-SU et NG-CARES fournissent des transferts monétaires et des subsides aux femmes pauvres, soutenant l’entrepreneuriat féminin et créant des emplois plus nombreux et de meilleure qualité.

Leçons apprises 

On peut tirer deux enseignements clés du soutien apporté par la Banque mondiale aux femmes et filles du Nigéria. L’expérience du projet AGILE montre le rôle indispensable joué par des mécanismes de subventions flexibles, gérés localement, et les actions de renforcement des capacités des comités d’école dans l’efficacité de cet appui et la pérennité de ses résultats. Les groupements affinitaires féminins mis en place dans le cadre du NFWP mettent quant à eux en lumière l’utilité de l’action collective : grâce à des réunions régulières et à un système d’épargne et de prêt entre membres, ces associations renforcent le capital financier, les compétences et l’entraide sociale, permettant ainsi aux femmes d’accéder aux marchés et aux services financiers formels. Ces deux projets soulignent l’importance de faire évoluer les normes sociales en collaborant avec les communautés, de veiller à ce que les interventions soient inclusives et résilientes, et d’accorder le temps nécessaire pour que s’enracinent des changements véritables.

Perspectives

L’action du Groupe de la Banque mondiale est guidée par sa stratégie en matière de genre 2024-2030, qui vise à accélérer l’égalité femmes-hommes en tant que fondement du développement durable. Au Nigéria, le Groupe de la Banque mondiale s’attache à renforcer une collaboration pilotée par le pays, à intégrer une analyse genrée dans ses diagnostics et à favoriser la coopération avec et entre les secteurs public et privé. La pérennité de son action est assurée par ses financements, son suivi rigoureux et son soutien continu aux réformes et au renforcement des capacités.