Au Kenya, le projet pour l’emploi des jeunes et les opportunités (KYEOP) a aidé 310 889 jeunes vulnérables, dont 50 % de femmes. Parmi ces jeunes, 133 453 ont bénéficié d'interventions de développement des compétences et de soutien aux entreprises. Environ 86 % des jeunes ont commencé à gagner un salaire ou se sont mis à leur compte ; 20 % de ceux qui travaillaient déjà auparavant ont vu leurs revenus augmenter ; 48 % des bénéficiaires des activités de soutien aux entreprises ont créé des emplois pour d'autres personnes.
The World Bank

Esther Karisa, une jeune femme vivant à Baraka, au Kenya

« Je suis née dans un village appelé Baraka, dans une famille pauvre. La vie était dure, au point que j'avais perdu espoir. Je n'en pouvais plus d'effectuer des tâches ingrates comme planter des arbres pendant des heures pour un salaire de misère. Mon destin a changé lorsque j'ai rejoint le projet KYEOP et que j'ai choisi de suivre un cours de soudure. Les gens de mon village ont été choqués, parce qu'ils ne pensaient pas qu'une femme pouvait faire un travail d'homme. Mais aujourd'hui, ils me font confiance et me donnent du travail. Je gagne plus d'argent et j'emploie de jeunes soudeurs. Je suis fière d'être une femme qui pratique la soudure. »

Défi

La faiblesse du marché de l'emploi et de la productivité affecte de manière disproportionnée la jeunesse kényane. Cela se traduit par un taux de participation à la population active de 38 % pour les Kényans âgés de 15 à 24 ans. Les nouveaux arrivants sur le marché du travail excèdent chaque année la capacité de l'économie à les absorber dans des emplois productifs. De nombreux jeunes manquent d'expérience professionnelle utile et de compétences cognitives, techniques, socio-affectives et commerciales pour être productifs. L'enquête continue sur les ménages menée en 2019 au Kenya a également révélé que les femmes étaient beaucoup plus susceptibles que les hommes d'être sans emploi ou non scolarisées : elles représentaient 59 % des inactifs et 74 % des personnes ni en emploi, ni en études, ni en formation.

Démarche

La Banque mondiale a cherché à améliorer l'emploi et d'autres possibilités de revenus pour les jeunes vulnérables ciblés, en mettant l'accent sur le développement humain et le soutien à la croissance inclusive. Elle a notamment adopté une démarche globale, multiforme et innovante qui a fait appel à des maîtres-artisans locaux pour dispenser une formation sur le tas. Par ailleurs, la Banque a piloté un dispositif de financement axé sur les résultats avec des prestataires de formation et des entreprises sociales pour atteindre les jeunes en grande difficulté. Cette démarche a aidé le gouvernement du Kenya à tester l'extensibilité des interventions, ce qui a abouti à un nouveau programme national qui s'étendra à l'ensemble des 47 comtés. Le projet prévoyait également une évaluation d'impact afin de tester différentes interventions et de conseiller le gouvernement sur les activités à fort impact dans lesquelles investir.

Résultats

Le projet pour l’emploi des jeunes et les opportunités (KYEOP) (a) a contribué à l'atteinte de la cible 5.3 du cadre de partenariat (CPF) de la Banque mondiale pour le Kenya (2018), en aidant directement 310 889 bénéficiaires, dont 50 % de femmes, dépassant ainsi l'objectif de 280 500 jeunes. Il a aussi contribué à la réalisation de l'objectif numéro 5 du CPF, à savoir l'amélioration de la prestation de services sociaux pour les groupes vulnérables, en particulier les femmes.

Le projet a bénéficié à 310 889 personnes, dont 50 % de femmes et 3 % de jeunes souffrant d'un handicap. En outre, 50 nouvelles normes de tests professionnels ont été élaborées par l'Autorité nationale de formation industrielle du Kenya, couvrant toute une palette de métiers utiles et émergents sur le marché du travail.

Les principaux résultats sont les suivants :

  • 133 453 personnes ont reçu une formation, des subventions ou des conseils de développement commercial.
  • Amélioration des résultats en matière d'employabilité, avec 86 % des bénéficiaires en emploi.
  • 81 % des jeunes ayant bénéficié d'une formation qualifiante et d'un stage occupent un emploi (emploi indépendant ou formel).
  • 90 % des jeunes ayant bénéficié de conseils de développement d'entreprise et/ou de subventions exercent une forme ou une autre d'activité.
  • Les revenus des bénéficiaires ayant un emploi ont augmenté de 20 %. En moyenne, les jeunes qui travaillaient gagnaient 10 970 shillings kényans par mois avant de rejoindre le projet KYEOP. Après avoir obtenu une qualification, leurs revenus ont augmenté pour atteindre une moyenne de 13 793 shillings kényans.

Contribution du Groupe de la Banque mondiale

Le coût total du projet, financé par l'IDA, s'élève à 150 millions de dollars.

Partenaires

Étant donné que les difficultés des jeunes sont multiples, la mise en œuvre conjointe du projet par différentes entités gouvernementales a permis de s'assurer que ces problématiques étaient prises en compte par les parties concernées, de manière à proposer des interventions groupées qui ont abouti à une hausse du taux d'emploi de 86 % par rapport à un objectif de 75 %. Les entités chargées de la mise en œuvre étaient l'Autorité des micro et petites entreprises, le Département d'État pour le travail et l'Autorité nationale de formation industrielle, le Département d'État pour la jeunesse et les arts étant chargé de la coordination générale.

Perspectives

Le succès du projet KYEOP a conduit le gouvernement du Kenya à solliciter la mise en œuvre d'une nouvelle opération. Baptisé NYOTA, ce projet s’inscrit dans la continuité du KYEOP et s'appuie sur son impact. Il élargit les interventions existantes aux 47 comtés du pays, renforce l'ensemble des activités pour offrir aux bénéficiaires des possibilités d'épargne, et fait place à l'innovation pour créer des systèmes durables d'emploi des jeunes dans tout le pays.

LIENS UTILES

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