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Au Maroc, des crédits carbone grâce au gaz de décharge

13 octobre 2015


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Traitement des ordures ménagères à Oum Azza. 


DESCRIPTION

Au Maroc, le Programme de collecte, de torchage et de valorisation du gaz de décharge permet d’éviter l’émission de méthane dans un certain nombre de décharges nouvelles ou anciennes. Il consiste à capter le biogaz provenant des déchets solides et de l’utiliser pour produire de l’énergie.

En tant que banque de développement local, le Fonds d’équipement communal (FEC) du Maroc a pour mission de promouvoir et de gérer ces activités. Les municipalités qui participent à ce programme seront chargées de la construction et de l’exploitation des installations nécessaires, ou sous-traiteront la mise en œuvre du projet au secteur privé.

En se substituant à la production d’électricité ou de chaleur à partir de combustibles fossiles, le programme contribuera également à réduire les émissions de dioxyde de carbone dans le pays.

Ce programme d’activités, qui relève du Mécanisme de développement propre (MDP) (a), génèrera d’ici 2020 environ 1 million de crédits carbone, lesquels seront vendus au Fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone (CPF) (a) de la Banque mondiale. Il devrait également, par la suite, continuer à réduire les émissions et à générer des crédits carbone.

 

CONTEXTE

Le Maroc a lancé un ambitieux plan de réformes en adoptant le Programme national de gestion des déchets municipaux (PNDM), en septembre 2006, et en adoptant la Loi 28-00 relative à la gestion des déchets solides, au mois de novembre suivant. Les municipalités sont aujourd’hui tenues d’améliorer leurs services d’assainissement et leurs méthodes d’évacuation des déchets, de remettre en état ou de fermer les décharges à ciel ouvert, et de promouvoir la création de décharges contrôlées. Mais le Programme de collecte, de torchage et de valorisation du gaz de décharge va au-delà des dispositions légales : il encourage à extraire, à torcher et à utiliser le gaz de décharge pour produire de l’électricité ou de la chaleur. Les réformes ont instauré un cadre juridique régissant la participation du secteur privé au nettoyage des rues, ainsi qu’à la collecte et au traitement des ordures ménagères. Des contrats de concession pour la construction et l’exploitation de décharges contrôlées ont ainsi été signés avec des opérateurs privés.

À cause du coût, les municipalités hésitent à investir dans des projets d’élimination ou de valorisation du gaz de décharge. Ce programme incitera à réaliser ces investissements car il garantira aux municipalités ou aux exploitants de décharges privés un flux de recettes grâce à la vente de crédits carbone.

 

RÉSULTATS

  • Le premier projet mené au titre du Programme de collecte, de torchage et de valorisation du gaz de décharge concerne la décharge d’Oum Azza, située dans l’agglomération de Rabat, et a commencé à générer des crédits carbone en juillet 2015. 
  • Ce programme de gestion des déchets au Maroc ne contribuera pas seulement à réduire les émissions de gaz à effet de serre : il aura aussi des effets bénéfiques sur l’environnement et la santé publique, étant donné qu’il améliorera la qualité de l’air en faisant diminuer la pollution et les risques liés au gaz de décharge. 
  • En outre, il appuiera une politique de gestion intégrée des déchets urbains et mettra les ressources financières au service de pratiques sectorielles axées sur le développement durable au Maroc.