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Développement des exportations en Tunisie

15 avril 2014


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Pont près de Radès, la zone industrielle de Tunis.

Photo : Dana Smillie l Banque mondiale

Le Deuxième projet de développement des exportations est venu soutenir la volonté du gouvernement tunisien d’instaurer un cadre propice aux exportations et de stimuler le commerce extérieur. Entre 2005 et 2012, la Tunisie a réussi à ramener le délai maximal des formalités commerciales pour la circulation des marchandises de 8,1 à 3 jours et de réduire, dans certains cas, les délais de traitement à quelques heures (contre 11 jours précédemment), notamment pour la déclaration en douane qui est passée de 3,6 jours à 15 minutes.

Du fait du démantèlement des Accords multifibres en 2004-2005 et de la diminution des échanges avec l’Union européenne via l’Accord d’association, la Tunisie s’est heurtée à une concurrence exacerbée pour exporter ses produits phares. Par ailleurs, les exportateurs tunisiens étaient souvent des sous-traitants de multinationales et non des opérateurs indépendants. La croissance des exportations était presque exclusivement tirée par des firmes de confection entretenant peu de liens avec les entreprises du pays. Les exportateurs tunisiens produisaient des produits relativement basiques, principalement des articles de prêt-à-porter, susceptibles d’être aisément supplantés par des marchandises similaires en provenance de zones de production moins chères. La vulnérabilité structurelle dont souffrait le secteur a été aggravée du fait du manque de préparation des entreprises on-shore à la concurrence internationale née des accords internationaux cités plus haut. Par ailleurs, les échanges commerciaux en Tunisie sont laborieux et coûteux, en raison de procédures et d’institutions déficientes.

Solution

Le Deuxième projet de développement des exportations, qui s’inspire des réussites et des points forts d’un projet précédent, entendait consolider les institutions commerciales en vue de développer les exportations, d’accroître la compétitivité des exportateurs et de renforcer les interactions entre les secteurs public et privé pour la gestion et la promotion des exportations. Le projet visait avant tout à élargir l’accès aux marchés étrangers et aux finances et à améliorer l’efficacité et la performance des opérations douanières et des contrôles techniques, afin d’optimiser ainsi la logistique commerciale. La grande capacité des organismes d’exécution et le fort degré d’appropriation des acteurs concernés, dès le lancement du projet, ont été déterminants dans la réalisation des objectifs fixés. Le soutien appuyé du gouvernement tunisien (notamment du ministère du Commerce et celui de la Coopération internationale) et de la direction de la Banque mondiale a également contribué à la réussite du projet.

Résultats

Le Deuxième projet de développement des exportations a été l’un des premiers projets au sein de la Banque mondiale à recourir à un mécanisme de don de contrepartie à grande échelle (le Fonds d’accès aux marchés d’exportation ou FAMEX) pour promouvoir le développement des exportations. Selon plusieurs entretiens qualitatifs menés avec des responsables de projet, il existe aujourd’hui 80 consultants en exportation à disposition des entreprises. L’évaluation réalisée en 2011 pour mesurer l’impact du projet indique que les entreprises bénéficiant du FAMEX ont connu une croissance annuelle de 5,5 % sur la période 2004-2008 et de 4,6 % pour les entreprises du groupe témoin.

  • Total des exportations réalisées : 84 % de l’objectif cible a été atteint, soit une hausse de 665 millions de dollars par rapport à un niveau de base nul.
  • Le délai maximal de dédouanement des marchandises est passé de 8,1 à 3 jours, soit une cible atteinte à hauteur de 83 %.
  • Le traitement des demandes de contrôle technique a été réduit à 2 jours en 2012 contre 11 en 2005 ; pour les biens réexportés, ce délai a été ramené à 3 heures en 2012 contre 11 jours en 2005.
  • Le délai de déclaration en douane est passé à 15 minutes en 2012, alors qu’il était de 3,6 jours en 2005.
  • Pour le nombre d’associations d’exportation et d’associations professionnelles soutenues par le FAMEX, le projet a dépassé la cible prévue de 133 % (on dénombre 93 bénéficiaires pour un objectif initialement fixé à 40).
  • Pour le nombre d’entreprises soutenues par le FAMEX, la cible retenue a été dépassée de 146 % (le nombre d’entreprises aidées étant de 1 239 contre les 500 prévues).
  • Pour le volume d’exportations supplémentaires des entreprises soutenues par le FAMEX, le projet a dépassé la cible de 4 %, soit 16,8 millions de dollars de biens exportés (550 millions de dollars réalisés contre 528 millions de dollars prévus à l’origine).

Contribution du Groupe de la Banque mondiale

La Banque mondiale a financé seule cette opération à hauteur de 44,9 millions de dollars, même si le projet, lors de sa phase de préparation, a bénéficié d’un don du Fonds japonais pour la politique et les ressources humaines (PHRD) d’un montant de 498 250 dollars.

Partenaires

Aucun partenariat bilatéral or multilatéral n’a été noué pour le financement de cette opération.

Perspectives

Les travaux d’évaluation de l’impact du projet sont fréquemment cités en référence dans le monde et servent de documents de base dans le cadre de débats sur les politiques de compétitivité des exportations. Depuis la clôture du projet, de nombreuses entreprises continuent de demander une assistance technique connexe. Grâce au projet, un secteur d’expertise-conseil pour l’aide à l’exportation a vu le jour. Le Projet de développement de la compétitivité et des exportations (P132381), en cours de préparation, entend renforcer les progrès réalisés au sein de composantes spécifiques et remédier aux carences identifiées dans la continuité et la conception du projet. Le Deuxième projet de développement des exportations a fait l’objet d’une transposition au Laos (Projet de modernisation des douanes) et au Cambodge (Projet de facilitation des échanges commerciaux). D’autres volets du projet, notamment la réforme des douanes, ont été reproduits dans le cadre d’autres initiatives financées par la Banque mondiale, au Viet Nam, par exemple.

Bénéficiaires

Les principaux bénéficiaires ont été les entreprises du secteur privé, les associations professionnelles, les ministères et les organismes gouvernementaux impliqués dans le système des échanges commerciaux en Tunisie. Parmi les bénéficiaires figuraient également des organismes publics comme l’Institut national de la normalisation et de la propriété industrielle, le ministère tunisien du Commerce et la Direction générale des douanes. S’il est possible que la population féminine ait bénéficié d’opportunités d’emplois inédites et d’une hausse de revenu, en raison de l’essor des entreprises exportatrices et d’un contexte global plus porteur, il convient de préciser que les indicateurs désagrégés n’entraient pas dans le cadre du suivi et de l’évaluation du projet. Toutes les institutions gouvernementales impliquées dans le projet ont indiqué, lors d’entretiens qualitatifs, qu’elles saisissaient beaucoup mieux l’importance de promouvoir les exportations dans le cadre d’une politique globale de développement économique.

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