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Accélérer les investissements pour l’eau au service des populations, des systèmes alimentaires, de la planète pour la prospérité en Afrique

Nous, les États et gouvernements africains, les représentants des organisations régionales, des Organisations de Bassins Transfrontaliers réunis à N’Djamena, République du Tchad, les 15 et 16 juillet 2026, à l'occasion du Forum africain de l'Eau,

Réaffirmations et constats

Réaffirmant que l’eau est le fondement de la vie, de la santé, de la dignité humaine, de la sécurité alimentaire, de la sécurité hydrique de la croissance économique, de la création d’emplois, de la transformation des systèmes alimentaires, de la résilience climatique, de la paix et du développement durable ;

Réaffirmant que l’eau constitue un levier essentiel pour concrétiser plusieurs priorités stratégiques, notamment : la réalisation de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, l’atteinte des objectifs de développement durable et la mise en œuvre des engagements climatiques de nos pays, et le deploiement de l’initiative Water Forward lancée par la Banque mondiale lors des réunions du printemps de 2026 ;

Reconnaissant que l’Afrique dispose d’importantes ressources en eau dont la valorisation durable peut transformer les économies, renforcer les moyens de subsistance et accélérer une prospérité partagée et inclusive ;

Préoccupés par le fait que des millions d’Africains n’ont toujours pas accès à des services d’eau potable, d’assainissement et d’hygiène sûrs et durables, tandis que les sécheresses, les inondations, la variabilité climatique, la dégradation des écosystèmes, l’urbanisation rapide et les situations de fragilité exercent une pression croissante sur les ressources en eau ;

Reconnaissant que relever ces défis exige des institutions fortes, des opérateurs performants et redevables, des réformes ambitieuses, une planification, une coopération régionale renforcée, une mobilisation accrue des financements publics et privés, concessionnels et innovants ainsi qu’un environnement propice à l’innovation, à l’entreprenariat et à l’investissement.

Décidons d’accélérer l’action autour des priorités suivantes :

  1. L’eau au service des populations : Garantir un accès universel, équitable, abordable, durable et résilient à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène, en accordant une attention particulière aux populations vulnérables, aux femmes, aux jeunes, aux zones rurales, aux quartiers urbains précaires, aux villes en croissance rapide, aux mégapoles africaines aux écoles, aux établissements de santé et aux communautés affectées par les crises.
  2. L’eau au service des systèmes alimentaires : Développer et moderniser des infrastructures hydrauliques et des systèmes d’irrigation durables, les équipements d’irrigation, les canalisations agricoles et oasiennes, des retenues d’eau et des stations pastorales, dans une approche intégrée du nexus eau-énergie-alimentation, afin de transformer les secteurs de l’agriculture et l’élevage, renforcer la résilience des producteurs face aux chocs climatiques, créer des emplois tout au long des chaînes de valeur agroalimentaire.
  3. L’eau pour la planète : Protéger et restaurer les rivières, fleuves, lacs, zones humides, aquifères, oasis, seuils d’épandage et bassins versants ; promouvoir les solutions fondées sur la nature ; renforcer la gestion durable et intégrée des ressources en eau y compris la cartographie, l’exploitation durable et la recharge des aquifères; et améliorer l’adaptation aux sécheresses, inondations et impacts du changement climatique notamment à travers des infrastructures résilientes, le stockage stratégique et les systèmes d’alerte afin de préserver les écosystèmes et les générations futures.

Nous nous engageons également à faire de l’eau une infrastructure économique stratégique, et un moteur central de transformation économique en accélérant les investissements dans les infrastructures hydrauliques, le transport , la production et de distribution d’eau, l’irrigation, l’assainissement, les villes résilientes, l’énergie, l’industrie, les mines et le tourisme ; en renforçant les chaînes de valeur productives et, lorsque pertinent, les capacités africaines de fourniture d’équipements et de services du secteur de l’eau ; et en créant un environnement favorable à l’investissement privé, à l’innovation et à l’entrepreneuriat.

Nous reconnaissons le rôle essentiel du secteur privé en tant que partenaire stratégique de la transformation du secteur de l’eau, en matière de financement, de conception, d’innovation, de digitalisation, de maintenance, d’exploitation de services, de développement de solutions et de création d’emplois, notamment à travers les partenariats public-privé, la gestion concertée, les concessions, et les mécanismes de financement innovants.

Pour atteindre ces objectifs, nous nous engageons à :

  • Renforcer la gouvernance, la performance opérationnelle, la viabilité financière et la redevabilité des institutions et des opérateurs du secteur de l’eau, notamment par la digitalisation, la réduction des pertes d’eau et l’amélioration continue de la qualité du service;
  • Accélérer les réformes permettant d’améliorer la qualité, l’efficacité et la durabilité des services ;
  • Accroître les investissements publics et mettre en place un environnement favorable à la mobilisation des financements privés, concessionnels et innovants dans le secteur de l’eau, y compris auprès des banques régionales et multilatérales de développement, des investisseurs institutionnels et d’autres mécanismes adaptés aux contextes nationaux ;
  • Créer un environnement favorable à la participation du secteur privé, en renforçant les cadres réglementaires, la préparation des projets, les mécanismes de partage des risques et les partenariats public-privé, la gestion déléguée et les concessions ;
  • Promouvoir les données, les technologies numériques, l’innovation, les systèmes d’alerte et le renforcement des capacités pour améliorer la planification, la performance des systèmes et le suivi des résultats
  • Favoriser la participation des collectivités territoriales, des femmes, des jeunes, de la société civile et du secteur privé dans la gouvernance de l’eau ;
  • Renforcer la coopération régionale et transfrontalière, en consolidant le rôle des Organisations de Bassins Transfrontaliers comme plateformes de dialogue, de planification et d’investissements communs.

Nous appelons :

Les pays et les Organisations de Bassins Transfrontaliers à élaborer et mettre en œuvre des Pactes pour l’Eau comme instruments d’investissement et de mise en œuvre, définissant des priorités d’investissement, un portefeuille prioritaire de projets, des réformes sectorielles, des besoins financiers, des engagements nationaux et des partenaires ainsi que des mécanismes de coordination pour accélérer les résultats au service des populations, des systèmes alimentaires, de la planète et de la prospérité.

Les institutions financières internationales, les banques multilatérales de développement, les partenaires techniques et financiers, les investisseurs privés, les entreprises et les fondations philanthropiques à unir leurs efforts pour mobiliser les financements, partager les risques, soutenir l’innovation et accélérer les investissements transformateurs.

Les partenaires techniques et financiers à appuyer des programmes d'envergure et de long terme tels que le Programme de Développement, Résilience et Valorisation de l'Eau pour l'Afrique de l'Ouest (DREVE) initié par la Banque mondiale en partenariat avec les pays du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest et du Centre.

Mise en œuvre et suivi :

Les États sont invités à traduire les engagements dans les documents de planification, les cadres budgétaires, en mobilisant des ressources nationales à la hauteur des enjeux ; les partenaires techniques et financiers à aligner leurs interventions sur ces priorités, à renforcer leur coordination et à concrétiser leurs engagements par des financements prévisibles et durables ; le secteur privé est encouragé à accroître sa participation à travers des investissements innovants et la mobilisation de son expertise afin d'accélérer la mise en œuvre des solutions. Les États en collaboration avec les partenaires assureront un suivi régulier de la mise en œuvre des programmes nationaux et régionaux, notamment à travers les compacts nationaux et régionaux, des indicateurs adaptés des mécanismes et plateformes de revue périodique, des tableaux de bord lorsque pertinents, le partage des résultats, afin de mesurer les progrès accomplis et d'adapter les actions en fonction des besoins et des défis émergents.

Conclusion :

Nous réaffirmons notre détermination à faire de l’eau un levier majeur de transformation des systèmes alimentaires, de résilience climatique, de création d’emplois, de prospérité partagée, de paix et d’intégration régionale en Afrique.

Adoptée à N’Djamena, République du Tchad, le 15 juillet 2026.

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