Déclaration04 mai 2026

En bonne santé pour prospérer : Investir dans la santé au service de l’emploi et du développement en Afrique de l’Ouest et du centre

Excellences, distingués invités et partenaires, nous nous sommes réunis ici à Accra aujourd'hui pour débattre, au sens propre du terme, de la santé de l'Afrique de l'Ouest et du Centre. Il s'agit d'une question d'une importance capitale pour l'avenir de la région. Nous souhaitons exprimer notre profonde gratitude à Son Excellence le Président John Dramani Mahama ainsi qu'au Gouvernement et au peuple du Ghana pour leur chaleureuse hospitalité et pour avoir co-organisé cet événement important. Cette rencontre a rassemblé des Ministres de la Santé et des Finances ainsi que des représentants de pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre, aux côtés d'experts du secteur privé, de la société civile, de partenaires au développement, d'institutions régionales et de leaders jeunes. Elle témoigne d'un engagement commun envers la santé et le bien-être de plus de 500 millions de personnes vivant dans cette région aujourd'hui, et des 200 millions d'enfants qui naîtront dans ces mêmes pays entre 2025 et 2050. Nous avons saisi cette occasion pour contribuer au lancement de la stratégie Santé, Nutrition et Population (SNP) du Groupe de la Banque mondiale pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre. Nous affirmons qu'en investissant dans la santé aujourd'hui, nous pouvons garantir que la prochaine génération soit non seulement apte à survivre, mais également En Bonne Santé Pour Prospérer.

Nous reconnaissons et saluons le fort élan créé par les initiatives de souveraineté sanitaire et de mobilisation des ressources intérieures qui ont déjà tracé une voie à suivre, notamment la Réinitialisation d'Accra « Accra Reset », qui s'appuie à son tour sur les fondements du Programme de Lusaka « Lusaka Agenda ». La stratégie SNP - En Bonne Santé Pour Prospérer est délibérément alignée sur ces efforts, offrant un cadre technique et stratégique pour faire avancer les mêmes objectifs. En optimisant l'utilisation des ressources existantes pour mieux dépenser, tout en mobilisant des ressources intérieures supplémentaires pour la santé, nous pouvons réaliser et pérenniser des gains de développement à long terme. Il est également de plus en plus reconnu qu'investir dans la santé est à la fois un impératif de développement et aussi économique. Des populations en bonne santé sont plus productives, plus résilientes face aux chocs et mieux équipées pour stimuler la création d'emplois et la croissance économique. Renforcer les systèmes de santé et de nutrition est donc essentiel pour stimuler la productivité, favoriser une croissance inclusive et faire progresser la couverture sanitaire universelle (CSU).

La stratégie En Bonne Santé Pour Prospérer repose sur trois priorités stratégiques : Les Premières Lignes de Front (renforcement de la prestation de services axée sur les soins primaires), Réparer les Finances (garantir des investissements durables) et Préparer l'Avenir (renforcer la résilience des systèmes de santé). En appliquant ces priorités à notre travail quotidien, à travers des partenariats étroits entre les gouvernements nationaux et la Banque mondiale, un objectif régional ambitieux mais réalisable se dessine : atteindre 200 millions de personnes en Afrique de l'Ouest et du Centre avec des soins de qualité et abordables d'ici 2030, contribuant ainsi à l'objectif mondial du Groupe de la Banque mondiale d’atteindre1,5 milliard de personnes. Au cœur de cet effort se trouve un paquet universel de haute qualité en matière de SRMNIA+N, couvrant la santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et adolescente, ainsi que des services de nutrition conçus pour briser le cycle de la mortalité maternelle et infantile élevée et du retard de croissance qui freine notre potentiel économique.

Pour traduire ces aspirations en impact national, nous plaidons pour la réalisation de Pactes Nationaux de Santé dans chaque pays. Ces pactes, qui sont des accords de haut niveau visant à définir les engagements nationaux pour élargir l'accès à des soins de santé abordables et de qualité, contribuent à galvaniser le leadership politique, à clarifier les priorités de réforme des politiques et à rassembler le Ministère de la Santé, le Ministère des Finances et tous les partenaires au développement autour d'un plan unique dirigé par le pays — un plan, un budget et un système de rapport unique. Nous nous réjouissons également de la collaboration avec le Pôle de Connaissances pour la CSU, une plateforme de renforcement des capacités conçue pour nous aider à partager des données probantes, des outils pratiques et des opportunités d'apprentissage entre pairs.

À l'horizon 2030, un accès fiable aux médicaments, aux vaccins et aux fournitures grâce à des chaînes d'approvisionnement renforcées et à la fabrication locale est crucial. L'initiative AIM2030 a le potentiel de transformer la fabrication locale de produits médicaux, permettant à l'Afrique de produire des médicaments vitaux sur le continent. Dans le même temps, nous reconnaissons que le secteur public ne peut atteindre ces objectifs seul. Le secteur privé est un partenaire essentiel en matière d'innovation, de prestation de services et de développement des chaînes de valeur locales pour les contre-mesures médicales. De la fabrication pharmaceutique aux solutions de santé numérique, l'engagement du secteur privé est indispensable pour élargir l'accès et créer plus de 2 millions d'emplois potentiels liés à la santé en Afrique de l'Ouest et du Centre.

La plateforme régionale d'investissement dans la santé de la Banque mondiale à venir, l' « Approche Multi-Phase (MPA) pour la Santé et l'Emploi », contribuera à faire de l'investissement dans la santé un pilier fondamental de l'économie. En augmentant le nombre de médecins, d'infirmières, de techniciens et de sages-femmes qualifiés, nous améliorons simultanément les résultats sanitaires et créons des emplois sûrs et productifs — en particulier pour les femmes, qui constituent la majorité de la main-d'œuvre de santé.

L'accent mis sur les soins de santé primaires à recours numérique est à la fois stratégique et opportun. Des soins de santé primaires qui s'étendent au-delà des établissements de santé grâce à la télémédecine, aux agents de santé communautaires, aux pharmacies et aux écoles peuvent rapprocher les services de la population et accélérer les progrès vers la CSU. En outre, en investissant dans les agents de santé communautaires, nous pouvons combler les lacunes dans la couverture des services et instaurer la confiance nécessaire pour une prestation de services efficace, la surveillance des maladies et la réponse aux épidémies. Un système de soins de santé primaires solide constitue notre première ligne de défense contre les pandémies, le changement climatique et l'insécurité alimentaire. Les discussions ont également souligné l'importance d'impliquer les jeunes en tant que parties prenantes actives plutôt que bénéficiaires passifs, notant que d'ici 2050, l'Afrique de l'Ouest et du Centre abritera un jeune sur cinq dans le monde et que les résultats dépendront des choix faits avec eux.

En conclusion, nous remercions tous les délégués et experts techniques pour leur dévouement dans l'élaboration de cette Stratégie. Nous invitons désormais les 22 pays d'Afrique occidentale et centrale à rejoindre cet effort unifié. Nous appelons tous les partenaires, y compris le secteur privé, à se mobiliser pour soutenir les gouvernements. Nous invitons également les communautés à s'approprier la Stratégie et à contribuer à sa réalisation.

Ensemble, grâce à la mise en œuvre de la stratégie ‘En Bonne Santé Pour Prospérer’, nous pouvons garantir que chaque enfant né dans cette région ait la possibilité de s'épanouir dans un avenir sain, résilient et prospère.

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