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BANGUI, 16 janvier 2021— Selon le dernier « Bulletin de suivi des prix », réalisé par l’Institut centrafricain de la statistique, des études économiques et sociales (ICASEES), en partenariat avec la Banque mondiale, les prix des produits alimentaires de base importés, comme le lait en poudre, le sel, le sucre et les oignons, ont enregistré une hausse généralisée de 15 % à 240 % sur les marchés de Bangui, de Bimbo et de Bégoua au cours de la première semaine de janvier.
Cette flambée des prix résulte de la vague d'insécurité et du blocage du corridor commercial entre Douala et Bangui. Des centaines de camions transportant des denrées essentielles, de l’aide humanitaire et des produits chimiques pour le traitement de l'eau sont bloqués à la frontière. Les prix d’autres produits locaux tels que l'huile de palme, le manioc et le bœuf ont également augmenté de manière significative - entre 16 % et 44 % - en raison des perturbations de l'approvisionnement interrégional provoquées par l'intensification du conflit armé dans la région.
Cette nouvelle vague de hausse et volatilité des prix est plus forte et rapide que celle enregistrée au début de la pandémie de COVID-19 en juillet 2020.
« Ces développements sont alarmants et touchent les personnes les plus pauvres qui ressentent déjà les conséquences négatives de la flambée des prix, n’ayant pas de réserves alimentaires ni d'économies pour y faire face », a souligné Han Fraeters, responsable des opérations de la Banque mondiale pour la RCA. « Les enjeux sont très importants et la situation actuelle doit être traitée de toute urgence pour éviter d'annuler des progrès durement acquis en matière de développement et de faire basculer davantage de personnes dans la pauvreté extrême. »
Après le ralentissement économique lié à la COVID-19 et les inondations d'octobre, la République centrafricaine, où plus de 70 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, subit maintenant son troisième choc en six mois.
Boris Ngouagouni
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