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Dans cet épisode, nous mettons en lumière le rôle fondamental de l'éducation dans la construction de l'avenir des jeunes africains, de la petite enfance jusqu'aux métiers du numérique et de l'agriculture.

À travers une immersion au Togo, au Sénégal et au Cameroun, nous vous montrons comment former les enseignants, soutenir les agripreneurs et accompagner les jeunes vers les compétences de demain peut transformer des vies et des communautés entières.

Le podcast People First est disponible en ligne, sur  Spotify  et sur Apple Podcasts. Pour ne rien manquer, abonnez‑vous et n’oubliez pas de noter et de commenter cet épisode.

Rama George : Bonjour à toutes et à tous ! Je suis Rama George et je suis ravie de vous retrouver dans cette nouvelle saison du Podcast People First.

Alors que des milliers d’élèves reprennent, ou ont même déjà repris, le chemin de l’école à travers le continent africain, nous nous intéressons à une question essentielle : comment l’éducation aide-t-elle les jeunes à construire l'avenir qu'ils imaginent ?

Nous avons rencontré des étudiants et des jeunes professionnels togolais, sénégalais et camerounais et tous ont un point en commun et en sont convaincus : l'éducation a le pouvoir magique de changer des vies et de faire grandir des communautés entières.

Donc aujourd'hui, nous suivons ensemble le parcours de ceux qui apprennent, de ceux qui transmettent, et de ceux qui innovent.

En juin dernier, nous étions au Togo pour parler du rôle de la nutrition durant les mille premiers jours de la vie d'un enfant. Mais grandir ne s'arrête pas à bien se nourrir. Encore faut-il pouvoir apprendre, découvrir et développer tout son potentiel.

Nous sommes donc de retour à Lomé pour rencontrer Kodjo Wotcha, directrice aux Jardins d’Enfants Publics d’Avénou qui nous rappelle pourquoi inscrire son enfant en éducation préscolaire est clé dans son développement.

Kodjo Wotcha : Le préscolaire de maintenant est un long processus. Voilà pourquoi déjà à 3 ans, l'enfant doit être admis au préscolaire. La petite section a son programme bien défini. La suite, c'est la grande section. Donc l'enfant est obligé de faire 2 ans de préscolaire pour avoir une bonne base. Parce qu'il y a certaines choses qui se font au préscolaire qu'on ne va plus répéter au CP1. Voilà pourquoi, chaque enfant est obligé de passer par le préscolaire.

Rama George :  Pour offrir à chaque enfant ces premières bases essentielles, le Togo investit dans l'éducation préscolaire avec l'appui du Groupe de la Banque mondiale.

Grâce au renouvellement des guides pédagogiques, des supports d'apprentissage et de la formation des éducateurs, les tout-petits bénéficient aujourd'hui d'un accompagnement renforcé.

Mais derrière cette ambition se trouvent aussi celles et ceux qui ont choisi de consacrer leur carrière à l'éducation.

À quelques heures de là, nous nous rendons à Adéta dans une des sept Écoles Nationales de Formation des Professeurs d'École réhabilitées pour former des enseignants du préscolaire et du primaire. Là-bas, de jeunes étudiants se préparent à devenir les éducateurs et enseignants de demain en apprenant bien plus qu'un métier : ils apprennent à accompagner les premières années qui façonnent toute une vie.

Parmi eux, Christine. À son arrivée, elle avait quelques inquiétudes. Aujourd’hui, elle s’épanouit pleinement dans sa formation.

Christine : Dès que je suis venue ici, qu’on a commencé les cours, j’ai eu beaucoup de satisfaction avec les professeurs qui nous accompagnent…. Les salles aérées nous permettent de bien nous concentrer pendant les cours. Nous sommes nombreux. S’il n’y avait pas d’aération, nous aurions chaud et nous aurions beaucoup de difficultés de concentration pour bien suivre le cours.

Rama George : Cette expérience individuelle reflète un effort plus large. Grâce au Projet d'amélioration de la qualité et de l'équité dans l'éducation de base, également soutenu par le Groupe de la Banque mondiale, de nouvelles infrastructures voient le jour et des milliers d'enseignants sont formés à travers le pays.

Mais qu'est-ce qui pousse ces jeunes à choisir l'enseignement ?

Pour Joséphine, la réponse s'est imposée sur le terrain, au contact des enfants.

Josephine : Ici à Adéta, c'est une formation pour le préscolaire. Pour les unités d'enseignement, nous avons la psychopédagogie, les activités créatrices et manuelles, les sciences technologies, la mathématique, les sciences humaines, l'informatique. Nous faisons aussi le sport.

Rama George : En deux ans, cette formation rythmée par plusieurs stages de terrain, permet aux futurs éducateurs d'acquérir toutes les compétences nécessaires pour mieux exercer leur métier.

Josephine : J’ai choisi l'éducation préscolaire. A chaque fois que je rentre en famille et que j'en parle, ma mère est émerveillée. Elle se dit qu'elle est rassurée par mon choix. C’est un monde tellement fascinant…je ne sais pas comment l’exprimer.

Depuis toujours, j'ai aimé les enfants. Je ne m'y attendais pas et je dirais que j'étais venue juste parce que j'avais besoin de [trouver] un travail.

Ce qui m’a le plus marquée, c’est la confiance que les enfants nous font [a] nous, [les]éducatrices. Il y a une petite fille. Elle s’appelle Ange. Elle est très timide et elle avait très peur. On était en train de travailler…elle me disait : “Tata, je ne peux pas le faire.” Je l’ai rassurée. J’ai tenu sa main, et je lui ai dit de continuer. Depuis ce jour...quand il faut travailler, elle veut toujours venir vers moi. Elle s’accroche à moi. C’est quelque chose qui m’a vraiment touchée et j’ai vraiment senti que j’ai apporté quelque chose dans la vie de cette enfant. C’est une fierté pour moi d’avoir redonné confiance à cette fille. Je prie vraiment [pour] qu’elle puisse réussir et qu’en grandissant elle ait toujours confiance en elle et qu’elle puisse exceller sans qu’il y ait une personne derrière elle.

Rama George : Un peu plus loin, nous croisons Désiré et nous lui posons la même question. Pourquoi devenir instituteur ?

Desiré : Je vous fais une confidence : je suis membre de l'association scout du Togo. Et on a un groupe particulier dans le scoutisme est réservé aux tous petits. Moi, je suis plus spécialisé pour les adultes. Mais quand je viens chez les tout petits, à mon arrivée, tous accourent vers moi. Pourquoi ? Parce que j’aime jouer avec eux. J'aime partager des histoires très motivantes qui les inspirent et à être innovants dans leurs activités.

Rama George : Les témoignages de Joséphine et Désiré nous rappellent l’importance de donner confiance aux jeunes apprenants, mais bien plus que cela : investir dans le capital humain. C'est donner à chaque enfant les outils pour rêver plus grand.

Et parfois, ces rêves prennent des chemins inattendus.

Pour certains, ils mènent vers l'agriculture, un secteur en pleine transformation qui attire aujourd'hui une nouvelle génération de jeunes entrepreneurs africains.

Donc, direction maintenant le Sénégal.

À Thiès, l'influenceur et entrepreneur agricole Abdou Touré, alias "Tonton Vert", nous emmène à la rencontre d'une nouvelle génération d'agripreneurs. Aux portes de l'ISEP (l’Institut Supérieur d’Enseignement Professionnel), il nous invite à découvrir ces talents en plein apprentissage qui imaginent déjà l'agriculture de demain.

L’ISEP est une école soutenue par le projet de gouvernance et financement de l’enseignement supérieur axés sur les résultats et financé par le Groupe de la Banque mondiale. Depuis sa création en 2013, l’institut a formé plus de 7000 étudiants, dont près de la moitié sont des femmes, et il affiche des taux de réussite supérieurs à 99 %.

Dehors sous un manguier, nous constatons qu’une vingtaine d’élèves de la classe dite « durable » est en train d’étudier le compost avec leur professeur, Talla Ndiaye. Nous nous avançons avec Tonton Vert.

Tonton Vert : Vous allez bien ?

Professeur : Vous avez une classe en plein air. Bonne arrivée ! C’est la classe durable. Nous sommes avec le métier entrepreneuriat Agricole, qui est en train de faire un cours sur les techniques d’amendement.

Rama George : Alors que Tonton Vert pose des questions aux élèves, nous prenons Talla Ndiaye, Coordonnateur sciences agronomiques et agrobusiness en aparté pour comprendre vers quoi les élèves aspirent en étudiant à l’ISEP de Thiès.

Talla Ndiaye : Nous sommes au département sciences agronomiques et agrobusiness. Il y a le métier de technicien supérieur en exploitation agricole, le métier de technicien supérieur en entrepreneuriat agricole, le métier de technicien supérieur en conseiller agricole. Ces trois métiers sont exclusivement sous l’agriculture. Et maintenant, au sens large, nous avons le métier de production animale qui couvre tout ce qui est production bovine, production porcine, production équine et tout ce qui est basse-cour et aviculture etc. et pisciculture aussi.

Rama George : Derrière ces différentes filières, un même objectif : former des jeunes capables de répondre aux défis alimentaires du continent tout en créant leurs propres opportunités économiques.

Parmi les étudiants que nous rencontrons, Fatou a déjà une vision très claire de l'avenir qu'elle souhaite bâtir.

Tonton Vert : Fatou, pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

Fatou : Je l’ai choisi par passion, mais c’est également un métier, un domaine clé de développement qui entre dans le contexte actuel du Sénégal.

Tonton Vert : Quels sont vos rêves ?

Fatou : Mon rêve est de participer à servir mon pays et [atteindre] l’autosuffisance alimentaire et particulièrement la souveraineté alimentaire.

Rama George : Comme Fatou, de nombreux jeunes voient aujourd'hui l'agriculture comme un secteur d'innovation, d'entrepreneuriat et de transformation.

C'est précisément l'esprit d'AgriConnect. Cette initiative lancée il y a un an par le Groupe de la Banque mondiale et ses partenaires comme le FIDA et la Banque Africaine de Développement, vise à connecter les petits exploitants agricoles aux marchés, aux financements et aux services dont ils ont besoin pour prospérer.

Car nourrir l'avenir du continent passe par les talents d'aujourd'hui : former les enseignants, soutenir les agripreneurs, et préparer demain grâce aux métiers du numérique.

En parlant de numérique, il est intéressant de comprendre comment il est perçu auprès des jeunes. C'est dans cet objectif que nous partons pour le Cameroun à Douala où nous rencontrons Patrick, jeune spécialisé dans le numérique et ancien stagiaire au bureau camerounais du Groupe de la Banque mondiale.

Rama George : Bonjour Patrick ! Alors, pourquoi as-tu choisi de te spécialiser dans le numérique ? Est-ce une passion à la base ?

Patrick : Ok, je vais être honnête, le numérique n’est pas ma première option. En réfléchissant sur ce que je pouvais faire, beaucoup de personnes m'ont conseillé, et m’ont dit le marketing digital. Et du coup j'ai commencé à taper dans mes premiers résultats de recherche en ligne. Mais au fur et à mesure que je suis rentré dans la matière. J'ai compris que ce n’était pas seulement le marketing digital. Ça peut aussi englober plusieurs métiers à l'intérieur qui peuvent s'ouvrir à toi.

En ce moment même, je suis en train de chercher à faire une formation en IA et communication digitale pour pouvoir me spécialiser et aussi à intégrer l'IA dans ce métier-là. Parce que je pense que ça va beaucoup m'aider. Ça va rendre mon rôle plus facile.

Rama George : Selon toi, comment les organisations comme la nôtre (je veux dire par là les institutions internationales) peuvent mieux mobiliser les jeunes autour du développement économique de leur pays ?

Patrick : Il faut une présence digitale. Pas des articles sur des sites web. Non. En Afrique, nous sommes plus sur Tiktok, Snapchat, WhatsApp, Facebook et Instagram. Donc, je trouve que l'idéal serait de mettre ces différents projets sur ces plateformes.... et pas seulement de les mettre, mais de les mettre dans le langage que les jeunes peuvent comprendre. [Car sinon] ils vont regarder ça, ils vont juste passer dessus parce que l’attention, c'est un problème que les humains ont : on a 3 secondes maximum pour voir si un contenu nous parle et ensuite on balance. Donc, je pense qu'il faut juste se mettre sur les bonnes plateformes et communiquer de la bonne manière, d'engager des jeunes dans ces différents projets, quels que soient ces projets.

Rama George : L'intelligence artificielle suscite beaucoup d'espoir mais aussi des interrogations. Quel message souhaiterais-tu adresser aux jeunes Africains qui s'y intéressent ?

Patrick : La majorité des jeunes ont tendance à utiliser l'IA comme un outil de remplacement. Ils demandent à l'IA de le faire et de le copier-coller. Après un certain temps, les gens vont constater que ce n’est pas vous qui faites le travail, c'est l'IA. Le jour où l'IA n'est pas là, vous allez [euh} rester sur place et vous allez être perdus.

Moi je trouve que l'essentiel c'est de comprendre, pas de faire juste pour faire. Comprendre pourquoi et comment tu le fais. Pour que le jour où l’IA n'est pas là, tu arrives à le faire. L'utilisation de l'IA doit être utilisée comme un outil d'assistance, comme un outil d'accompagnement et non pas comme un outil de remplacement.

Rama George : De Lomé à Adéta, de Thiès à Douala, un même message ressort de toutes ces rencontres.

L'éducation ne se limite pas à transmettre des connaissances. Elle ouvre des perspectives, révèle des talents et permet à chacun de trouver sa place dans un monde en constante évolution.

Derrière chaque salle de classe, chaque enseignant, chaque étudiant et chaque innovation, il y a une conviction : celle que les compétences d'aujourd'hui construiront les opportunités de demain.

Au nom de toute l’équipe, je vous remercie d'avoir été avec nous pour cette rentrée de People First.

Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager autour de vous et à nous retrouver très bientôt pour de nouvelles histoires de celles et ceux qui façonnent l'avenir du continent.

Je suis Rama George. À très bientôt.

À propos du People First Podcast:

People First Podcast vient apporter un éclairage humain et concret sur les thématiques de développement spécifiques aux habitants d'Afrique de l'Ouest et du centre, et sur la contribution du Groupe de la Banque mondiale. People First Podcast, pour un développement durable et inclusif !

À propos du Groupe de la Banque mondiale:

Le Groupe de la Banque mondiale est l'une des plus importantes sources de financement et de connaissances au monde pour les pays à faible revenu. Ses cinq institutions partagent l'engagement de réduire la pauvreté, d'accroître la prospérité partagée et de promouvoir le développement durable.

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Élève dans une des Écoles Nationales de Formation des Professeurs d'École au Togo. Crédit : Nicolas Vava – Groupe de la Banque mondiale
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