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Dans cet épisode spécial, nous partons à la rencontre de deux entrepreneuses inspirantes de la République du Congo. Grâce aux financements de la Banque mondiale, elles valorisent les ressources locales au sein de la filière agroalimentaire, tout en favorisant l'innovation, la création d'emplois et la transformation durable.

Leurs parcours illustrent la stratégie de l’institution, qui fait de l’agriculture un pilier du développement, comme en témoigne le lancement de l’initiative AgriConnect lors des dernières Réunions annuelles d’octobre.

Le podcast People First est disponible en ligne, sur Spotify et sur Apple Podcasts. Pour ne rien manquer, abonnez‑vous et n’oubliez pas de noter et de commenter cet épisode.

Rama George : Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de People First, le podcast de la Banque mondiale pour la région Afrique de l’Ouest et du Centre. Je suis Rama George, et je suis ravie de vous retrouver pour un épisode spécial sur l’innovation locale, la création d’emploi et la transformation durable. Direction la République du Congo.

À l'occasion du mois dédié aux femmes, nous partons à la rencontre de deux entrepreneuses inspirantes. Grâce aux financements de la Banque mondiale, elles valorisent les ressources locales au sein de la filière agroalimentaire. Leurs parcours illustrent la stratégie de l’institution, qui fait de l’agriculture un pilier du développement, comme en témoigne le lancement de l’initiative AgriConnect lors des dernières Réunions annuelles d’octobre.

Edith Diba, pilote de ligne devenue cheffe d’entreprise agricole et Joséphine Bouanga, pionnière des produits alimentaires biologiques. Deux trajectoires, un seul message : tout est possible, quand on ose produire, transformer et innover chez nous, au Congo.

Première invitée : Edith Diba. Elle fait partie du cercle restreint des femmes congolaises pilotes de ligne. Et elle s’est également donnée pour mission de rendre l’agriculture plus verte et plus moderne.

Elle est présidente d’Agrofield Business, une coopérative agroalimentaire qui valorise les fruits locaux en les transformant en chips de coco, Kitoko, qui veut dire « le délice qui croque » en langue locale. Deux saveurs, vanille et gingembre, à des prix abordables. On les trouve dans plusieurs boutiques de Brazzaville. Regardez ces emballages bleus et verts !

Avouez-le, vous aussi, vous aimez les chips ? Moi, j’en raffole ! Non, on ne parlera pas seulement de goût, mais aussi de transmission et d’avenir — à travers le “Made in Congo”.

La voici. Bonjour Edith. Pourquoi avoir créé Agrofield Business ?

Edith Diba : Au Congo, le taux de transformation agroalimentaire est tellement bas. Les agriculteurs plantent, par exemple, juste sur deux hectares. Ils savent que dans les deux hectares, ils vont perdre une moitié.

Si on pouvait minimiser les pertes, on pourrait avoir des revenus sur pratiquement deux hectares. Or, ce qui va se passer, c'est qu'on va toujours avoir beaucoup plus de pertes et on va utiliser beaucoup d'espace et très peu de revenus. »

Rama George : Et malgré ces difficultés, vous avez réussi avec votre coopérative. Quel message souhaitez-vous adresser à nos auditeurs et auditrices ?

Edith Diba : Quand on la fait abondamment l'agriculture intensive, ça peut détruire nos forêts.

Il faut savoir cadrer notre agriculture et utiliser des pesticides écologiques parce que ça permet de conserver nos terres. Si on utilise trop des engrais chimiques, ça détruit nos terres.

C'est important pour l'environnement. On peut transformer les déchets écologiques en charbon pour éviter la déforestation. Même si on ne peut pas la stopper, on peut la réduire.

Rama George : Vous avez une conviction simple, mais forte : produire, oui — mais sans détruire. Et cela passe par une transition énergétique, n’est-ce pas ?

Edith Diba : L'énergie solaire, c'est le plus important actuellement. Le soleil est gratuit ! Donc, mettre en place un système de conservation des fruits avec les panneaux solaires, ça va nous permettre de conserver les fruits, et de réduire le taux de perte post-récolte.

Agrofield Business compte aujourd’hui sept membres et souhaite encourager l’entreprenariat chez les jeunes congolais. Après un investissement initial de 10 millions de francs CFA de fonds propres, la coopérative a bénéficié du soutien de la Banque mondiale, à travers le Projet d’appui au développement de l’agriculture commerciale, ce qui lui a permis d’augmenter fortement sa production et son chiffre d’affaires.

Edith veut moderniser la chaîne de production pour répondre à la demande croissante. Un bel exemple de réussite !

Lorsque vous voyagez dans différents endroits en Afrique, il est probable que vous aperceviez de petites parcelles de terre, parfois à peine d’un hectare, bordant les routes. Ces sols jouent un rôle vital en nourrissant des millions de familles.

Il est indéniable que l’Afrique dispose d’une capacité de production agricole diversifiée, allant du maïs au riz, en passant par le café et le cacao. Cependant, le continent continue d’importer une grande partie de ses denrées alimentaires alors qu’il possède 60 % des terres arables non exploitées au niveau mondial. C’est ce qu’entend changer l’initiative AgriConnect, lancée par le Groupe de la Banque mondiale.

Son objectif : aider les petits producteurs à passer de la subsistance à la production prospère — et c’est exactement ce que font nos invitées d’aujourd’hui.

Passons maintenant à Joséphine Bouanga, ingénieure agronome, qui s’est lancée dans l’entrepreneuriat il y a plus de vingt ans, créant une société de transformation de produits agricoles locaux.

Bonjour Joséphine ! Comment avez-vous créé Enoce Bio ?

Joséphine Bouanga : « J'ai obtenu mon diplôme d'ingénieur de développement rural en juin 2000. Je suis confrontée au chômage. Je me suis donc tournée du côté d'Agri Congo pour aller faire un stage post-diplôme. »

Rama George : C’est donc là que tout a commencé n’est-ce pas ?

Joséphine Bouanga : J'ai fait six mois de stage à Agri Congo. Je me suis lancée dans la transformation des graines de céréales et légumineuses en farine alimentaire. Je devais marcher de boutique en boutique pour créer des points de vente parce que le marché, je ne l'avais pas étudié. Les gens étaient réticents.

Rama George : Votre parcours est marqué par la persévérance, les défis et surtout une vision. Pourquoi le bio ?

Joséphine Bouanga : « Pourquoi le bio ? Parce que le bio préserve l'organisme, ne désorganise pas l'ADN. Quand j'ai ouvert ma boutique que le bio n'était pas connu au Congo. C'était un autre défi à relever. J'ai commencé à sensibiliser les gens. Aujourd'hui, avec l'arrivée des réseaux sociaux, tout le monde est informé. »

Rama George : Aujourd’hui, vos produits sont vendus à Pointe-Noire, Brazzaville, mais aussi en République démocratique du Congo, à la diaspora congolaise en France, en Belgique et en Allemagne.

Combien de personnes travaille avec vous, Joséphine ?

Joséphine Bouanga : «  Aujourd'hui, je donne du travail aux jeunes qui sont désœuvrés. J'arrive à payer 24 personnes. Ce n'est pas évident. Je dois avoir les structures de qualité la logistique pour certifier les produits congolais. »

Rama George : Même si vous avez été limitée par la logistique et la quantité des produits, pensez-vous que la transformation locale est la clé de l’autonomie économique.

Joséphine Bouanga : « Les chaînes de valeur peuvent être valorisées dans notre pays, pourvu qu'on soit structuré.  Nous avons un bon climat, de bons sols. Il suffit qu'on détecte les activités dans chaque parti du pays, c’est-à-dire dans chaque département en tenant compte des potentialités agroécologiques de chaque département… oui, le Congo est capable !»

Rama George : Vous avez aussi bénéficié du soutien de la Banque mondiale à travers le Projet d'appui au développement des entreprises et à la compétitivité (PADEC) et le Projet d'appui au développement de l'agriculture commerciale (PDAC)— deux programmes qui appuient les entreprises locales. Ceux-ci ont permis à Enoce Bio de se structurer, d’investir et exporter. Vous transformez les opportunités en actions concrètes !

Joséphine Bouanga : Je ne peux pas m'étendre, je dis merci à la Banque mondiale.

Rama George : Quels sont les projets qui vous tiennent le plus à cœur dans les années à venir ?

Joséphine Bouanga : J'en ai deux, deux majeurs. Faire de cette farine, une farine continentale, mais aussi amener les Africains à se soigner à partir de solutions qui sont à leur portée. Donc, la valorisation des plantes médicinales.

Rama George : Quelle passion et ténacité ! Et surtout, quelle belle ambition : le “Made in Congo” n’est pas un slogan : c’est un engagement !

Rama George : Voici deux exemples de femmes cheffes d’entreprises qui ont su inventer, expérimenter, et partager leurs connaissances. Des solutions pour préserver les sols d’Edith, à la farine bio pour lutter contre la malnutrition de Joséphine, un même fil les relie : croire au savoir-faire local pour un développement durable du Congo.

Entreprendre, c’est croire au potentiel de son pays. Le Made in Congo, c’est plus qu’une étiquette. C’est une promesse : celle d’un avenir où la nature, la technologie et la créativité marchent ensemble.

Ainsi se termine cet épisode ! Merci à Joséphine Bouanga et Edith Diba pour leurs témoignages inspirants sur des exemples d’initiatives et projets financés par le Groupe de la Banque mondiale en Afrique sub-saharienne.

Merci à vous, chères auditrices et chers auditeurs de votre fidélité.

Partagez cet épisode pour faire briller le Congo !

Au nom de toute l’équipe, je vous remercie de nous avoir suivis et espère que vous avez apprécié ces témoignages.

Rejoignez-nous dans le prochain épisode pour explorer d'autres solutions innovantes qui contribuent à façonner l'avenir de l'Afrique.

En attendant, si vous aimez notre podcast, laissez-nous un commentaire et cinq étoiles dans l’appli Apple Podcast ou sur votre plateforme préférée de podcast. Vous avez des propositions de sujets pour nos épisodes à venir ? Nous serions ravis de répondre à vos intérêts et de valoriser votre fidélité.

Il n’y a plus qu’une chose à faire ! Nous contacter par mail : peoplefirstpodcast@worldbank.org

A très vite !

À propos du People First Podcast

People First Podcast vient apporter un éclairage humain et concret sur les thématiques de développement spécifiques aux habitants d'Afrique de l'Ouest et du centre, et sur la contribution de la  Banque mondiale. People First Podcast, pour un développement durable et inclusif !

À propos du Groupe de la Banque mondiale

Le Groupe de la Banque mondiale est l'une des plus importantes sources de financement et de connaissances au monde pour les pays à faible revenu. Ses cinq institutions partagent l'engagement de réduire la pauvreté, d'accroître la prospérité partagée et de promouvoir le développement durable.

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