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Points clés
- Financé par la Banque mondiale, le Projet communautaire de relèvement et de stabilisation du Sahel (PCRSS) vise à améliorer les conditions de vie des populations déplacées et touchées par le conflit, ainsi que celles des communautés d'accueil au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Au Niger, le projet se concentre sur la région de Tillabéri, abritant environ 246 774 personnes déplacées à l'intérieur du pays, soit 45% de la population nationale totale.
- Plus de 257 000 personnes ont déjà bénéficié de services socioéconomiques améliorés, notamment de l'eau potable, d’un soutien à l'agriculture et d’infrastructures communautaires. Plus de 32 000 personnes ont directement bénéficié d'investissements communautaires dans le secteur de l'eau, avec des forages alimentés à l'énergie solaire et des points de distribution modernes.
- Le projet a également créé des emplois temporaires grâce à des travaux publics à forte intensité de main-d'œuvre, au profit de plus de 2 210 jeunes, tandis que plus de 75 754 agriculteurs ont reçu des intrants agricoles pour reconstituer leurs moyens de subsistance.
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« Mes filles ne sont jamais allées à l'école, non pas parce qu'elles ne le voulaient pas, mais parce qu'elles ne le pouvaient pas », raconte Hadiza Mahamadou, 52 ans, mère de six enfants d'un village de la région de Tillabéri au Niger. « Chaque matin, avant même que le soleil ne soit levé, elles marchaient. Elles marchaient pour trouver de l'eau. »
Tillabéri, vaste région de l'ouest du Niger au carrefour de la zone tri-frontalière entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso est une terre de résilience et de difficultés. Pendant des années, l'escalade de l'insécurité a déplacé des dizaines de milliers de familles, submergeant des communautés dont les infrastructures étaient déjà mises à rude épreuve. Les femmes et les filles portaient le plus lourd fardeau : marcher pendant des heures sous le soleil implacable du Sahel avec des jerrycans vides pour atteindre des points d'eau souvent insalubres et surpeuplés.
« Nous savions que l'eau n'était pas propre », se souvient Hadiza. « Mais quel choix avions-nous ? Vous ne pouvez pas laisser vos enfants avoir soif. »
Le Projet communautaire de relèvement et de stabilisation dans le Sahel (PCRSS), financé par la Banque mondiale et mis en œuvre au Burkina Faso, au Mali et au Niger, repose sur la conviction forte que ni la paix ni le redressement durable ne peuvent être obtenus par la seule assistance humanitaire de court terme. Ils se construisent grâce à des investissements continus au cœur des communautés — dans les infrastructures qui soutiennent leur quotidien, dans les activités économiques qui assurent leurs moyens de subsistance et dans les liens sociaux qui renforcent leur cohésion et leur résilience.
Le projet s'inscrit dans le cadre plus large de l'engagement du Groupe de la Banque mondiale dans le cadre du SP500, qui vise à étendre la protection sociale à 500 millions de personnes pauvres et vulnérables d'ici 2030, en accordant une attention particulière aux femmes et aux populations vivant dans des environnements fragiles et touchés par des conflits.
À Tillabéri, le projet installe des systèmes d'eau alimentés à l'énergie solaire et modernise les points de distribution dans les communautés touchées par le conflit et les communautés d'accueil, offrant une chose rare dans ce contexte : la fiabilité.
Les résultats sont tangibles. En mai 2026, le projet a bénéficié à 257 069 personnes, dont des femmes, des jeunes et des personnes déplacées à l'intérieur du pays. Plus de 32 000 personnes ont bénéficié directement des investissements dans le secteur de l'eau. Plus de 75 754 agriculteurs ont reçu des intrants agricoles pour relancer leurs moyens de subsistance, et plus de 9 293 ménages ont reçu des biens essentiels pendant la phase la plus aiguë de la crise.
« L'eau, c'est la vie, mais l'eau propre, c'est la santé et l'espoir », a déclaré un membre de la communauté. « Aujourd'hui, nos enfants peuvent boire sans crainte. »
Pour Hadiza, l'eau potable a marqué un tournant. Avec les heures récupérées de son périple quotidien, elle a commencé à cultiver une petite parcelle près de chez elle et a rejoint un groupe agricole de femmes soutenues par le projet, ce qui lui a permis d'obtenir des semences, des outils et des formations.
« Avant, je n'avais pas le temps », a-t-elle déclaré. « Maintenant, j'ai un petit revenu à moi. Ma plus jeune fille est à l'école. C'est quelque chose que je n'aurais jamais pensé dire."
Non loin de là, Ramatou Idé, 38 ans, a été confrontée à une autre dimension de la même crise. Ayant fui la violence avec sa famille, elle est arrivée dans une communauté d'accueil presque sans actifs et avec des opportunités limitées. Gagner sa vie s'avérait difficile, et restaurer la stabilité, la confiance et la dignité l’a été encore davantage.
Grâce au programme de travaux publics à forte intensité de main-d'œuvre du PCRSS, Ramatou a obtenu un emploi temporaire dans la remise en état d'un centre de santé communautaire, sa première expérience professionnelle formelle.
« Je ne m'attendais pas à grand-chose », a-t-elle déclaré. « Mais le travail m'a procuré de l'argent, oui - et aussi autre chose. Une raison de me lever le matin. Une raison de me sentir utile. »
Avec ses gains, Ramatou a commencé à vendre de petites marchandises dans un étal au bord de la route, réinvestissant ses bénéfices avec prudence. Aujourd'hui, son étal propose des articles ménagers et des produits agricoles locaux, y compris des légumes cultivés par des femmes comme Hadiza.
Au-delà des histoires individuelles, l'ampleur de la création d'emplois par l'approche à forte intensité de main-d'œuvre reflète une stratégie délibérée visant à mettre de l'argent entre les mains des jeunes tout en reconstruisant les communautés à partir de la base. Grâce au ciblage communautaire, où les communautés aident à identifier les plus nécessiteux, 2 210 jeunes ont été recrutés pour des travaux allant de la réhabilitation de 77 infrastructures scolaires et de sept bâtiments administratifs à la construction de 200 latrines familiales, de sept parcs de vaccination et à l'aménagement de 11 hectares de périmètres agricoles irrigués près de Filingué.
Les contrats d’une durée d’entre deux et six mois permettent d’assurer un point d'ancrage, un historique de contribution et des bénéfices que beaucoup choisissent de réinvestir. Dans une région dans laquelle le déplacement a érodé le sentiment d'avoir une raison d'être chez les jeunes, ce modèle offre bien plus qu'une infrastructure. Il offre un intérêt dans le relèvement.
Retour au village d'Hadiza, où l'histoire ne s'achève pas par une seule récolte. En effet, elle a agrandi sa parcelle et commencé à approvisionner une petite coopérative, rêvant de vendre ses produits sur le marché régional.
« Nos terres sont fertiles », explique-t-elle en contemplant le paysage sec mais résilient du Sahel. « Elles avaient juste besoin d'eau. Et nous aussi. »
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