COVID-19 : Comment le Groupe de la Banque mondiale aide-t-il les pays à faire face à la pandémie ? Suivez notre actualité

publication 16 avril 2020

Maroc : rapport de suivi de la situation économique (Avril 2020)

Les travailleurs de la santé désinfectent l'équipement dans un hôpital au Maroc.

Télécharger le rapport Maroc: Français


Les effets mondiaux de la pandémie de COVID-19 viennent s’ajouter aux effets nationaux et à ceux de la sécheresse. Par conséquent, l’économie marocaine devrait pâtir cette année d’une récession, la première depuis plus de deux décennies. Le double déficit s’accentuera, ce qui augmentera considérablement les besoins en financements. Les demandes de financement extérieur se sont accrues, ce qui souligne également la nécessité impérieuse de consolidation des réserves de change. La dette publique et la dette extérieure augmenteront, mais resteront soutenables. Les perspectives restent sujettes à d’importants risques de dégradation de la situation, y compris dus à une aggravation ou une prolongation de la pandémie.

Avec la récente propagation du COVID-19 en Europe et le début de l’épidémie au niveau national, auxquels s’ajoute une grave sécheresse, l’économie marocaine a commencé à pâtir des effets négatifs de la pandémie. En conséquence, le PIB réel devrait reculer de 1,7 % en 2020. À moyen terme, en supposant un schéma de reprise en V après l’impact de la COVID-19, la croissance devrait reprendre à partir de 2021 pour atteindre 5,5 % à mesure que la production reviendra aux niveaux prévus avant la pandémie. L’inflation devrait baisser de 0,7 % en 2020 en raison du choc de la demande et de la contraction de la consommation privée.

Les perspectives restent étroitement liées à la nature de la pandémie, dont l’évolution est rapide, et aux ripostes apportées par les décideurs et à l’économie mondiale. Pour ce qui est de la demande, l’économie du Maroc dépend fortement des importations, du tourisme et des IDE de l’Europe. Le Maroc pâtira considérablement de la récession attendue de l’économie européenne. Son économie pourrait être également affectée si la demande intérieure continue de baisser en raison de la fermeture de nombreuses activités en vue de contenir la propagation de la pandémie et son impact sur les revenus des salariés et des entreprises. S’agissant de l’offre, le Maroc a commencé à être touché par la rupture des chaînes de valeur dont il fait partie. Toutefois, le fonds COVID-19 nouvellement créé pour atténuer l’impact économique et social de la pandémie pourrait bien permettre d’éviter la faillite d’un bon nombre d’entreprises et de sauver des emplois.