publication 09 octobre 2019

Algérie : rapport de suivi de la situation économique (Octobre 2019)

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La croissance du PIB a atteint 1,5 % en 2018, contre 1,4 % l’année précédente, et s’est maintenue à 1,5 % au premier trimestre de 2019. La croissance du secteur des hydrocarbures a été lente, l’activité économique s’étant contractée de 6,5 % et 7,7 % en 2018 et au premier trimestre de 2019, respectivement, contrecarrant en partie les effets de la légère augmentation de la croissance hors hydrocarbures de 3,4 % et 3,9 % en 2018 et au premier trimestre de 2019, respectivement. Sur le plan sectoriel, les secteurs des services commerciaux, de l’industrie, de la construction et des travaux publics, et de l’agriculture continuent de stimuler la croissance hors hydrocarbures, qui a atteint 5,6 %, 4,6 %, 3 % et 2,7 % au premier trimestre 2019, respectivement.

L’incertitude politique devrait entraîner un ralentissement du secteur hors hydrocarbures en 2019. Des dirigeants d’entreprises de divers secteurs ont été arrêtés dans le cadre d’enquêtes sur des affaires de corruption, ce qui a eu pour effet de perturber l’économie en raison de changements soudains dans la direction et la supervision de ces entreprises, ainsi que de l’incertitude planant sur les investissements. Dans le secteur des hydrocarbures, l’incertitude politique atténuera l’espoir d’une augmentation de la production, la révision de la loi sur la fiscalité des hydrocarbures étant retardée. En conséquence, la croissance du PIB devrait se ralentir à 1,3 % en 2019. La période préélectorale risque également de retarder davantage le processus d’assainissement budgétaire programmé pour 2019, aggravant le déficit budgétaire à 12,1 % du PIB et augmentant le risque d’un ajustement plus brutal à l’avenir.

Sur le plan extérieur, le déficit du compte courant devrait se creuser pour atteindre 8,1 % du PIB, principalement en raison d’un déficit commercial nettement plus important. La découverte récente d’un nouveau champ gazier laisse entrevoir un rebond de la production et des exportations de gaz, mais uniquement à moyen terme, et si et seulement si le cadre d’investissement dans les hydrocarbures s’y prête.