Algérie
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Cependant, le principal défi de l'économie algérienne réside dans sa forte dépendance aux revenus des hydrocarbures et aux dépenses publiques. Entre 2019 et 2023, le secteur des hydrocarbures représentait 14 % du produit intérieur brut (PIB), 83 % des exportations et 47 % des recettes budgétaires. Face à cette situation, l'Algérie ambitionne de diversifier son économie pour réduire sa dépendance à l'égard des hydrocarbures, diversifier ses sources de revenus et améliorer les perspectives d'emploi, notamment pour les jeunes, en raison de son profil démographique. Le taux de chômage était estimé à 12 % en 2024, avec des taux de 25,4 % pour les femmes et de 29,3 % pour les jeunes (15-24 ans).
Malgré le ralentissement de la production d'hydrocarbures,, la croissance économique s'est avérée robuste depuis la pandémie. Le PIB a progressé de 3,8 % en 2021, de 3,6 % en 2022 et de 4,1 % en 2023. Cette performance a été soutenue par une augmentation des dépenses publiques de plus de 60 % entre 2021 et 2023, dans un contexte de hausse des salaires et des retraites du secteur public, de l'introduction d'allocations chômage, de l'expansion des subventions alimentaires et de l'augmentation substantielle des investissements publics. La hausse des prix des hydrocarbures a permis de réduire le déficit budgétaire, entraînant des excédents de la balance courante en 2022 et 2023. Toutefois, la baisse des prix des hydrocarbures, couplée à des réductions des quotas de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), à une forte dynamique des importations et à une croissance soutenue des dépenses publiques, a mis les équilibres budgétaires et extérieurs sous pression.
À l’instar des autres pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) dépendants des hydrocarbures, l’Algérie est appelée à diversifier son économie pour stimuler la création d’emplois, un objectif clé compte tenu de sa démographie jeune. Depuis 2020, le gouvernement a entrepris plusieurs réformes pour stimuler les investissements étrangers et nationaux, en promulguant une nouvelle loi sur les hydrocarbures, en levant partiellement les restrictions sur la propriété étrangère des entreprises nationales, en adoptant une nouvelle loi sur l'investissement et en introduisant une nouvelle législation sur la monnaie et le crédit. Parallèlement, le Plan d'action gouvernemental de septembre 2021 a fait de la transition vers un modèle de croissance axé sur la création d'emplois et le secteur privé une priorité stratégique, notamment en appelant à la rationalisation des dépenses publiques, à la réduction des importations, à la stimulation des exportations hors hydrocarbures et à des réformes profondes de l'environnement des affaires, incluant la réforme des banques publiques et des entreprises publiques.
Malgré des efforts de diversification, l’économie algérienne reste largement tributaire des secteurs gazier et pétrolier, qui ont représenté entre 2020 et 2024 13 % du PIB, 83 % des exportations et 46 % des recettes budgétaires. Au cœur du modèle de développement de l’Algérie, le secteur public a permis des avancées significatives dans le niveau de vie, l’éducation et la santé avant la pandémie.
Mais la croissance de la productivité et la diversification économique sont restées limitées, poussant les autorités à engager des réformes pour stimuler l'investissement et le développement du secteur privé. La loi relative à l’investissement de 2022, la loi monétaire et bancaire de 2023, la loi sur le foncier économique de 2023, l’adhésion à la Zone de libre-échange continentale africaine en 2024 et la loi minière de 2025 témoignent de la volonté du gouvernement de bâtir un modèle de croissance diversifié, porté par le secteur privé, tout en préservant le rôle social de l’État.
Malgré un repli de la production d’hydrocarbures, la croissance s’est maintenue à un rythme soutenu depuis la pandémie, portée par le dynamisme de l’investissement et de la consommation des ménages, ainsi que par la hausse des dépenses publiques consacrées aux salaires et aux transferts. L’inflation, qui s’était envolée entre 2021 et 2023, s’est ralentie fin 2024, avant de refluer davantage en 2025. Toutefois, la baisse des prix des hydrocarbures et les réductions successives des quotas de l’OPEP, conjuguées à l’essor des importations induites par les investissements et à la progression des dépenses publiques, ont accentué la pression sur les équilibres budgétaires et extérieurs.
La réussite de la transformation économique de l’Algérie dépendra de sa capacité à impulser une croissance rapide et la création d’emplois, portées par le secteur privé, au service d’un développement durable et inclusif. Il sera essentiel de diversifier la croissance, les exportations et les recettes budgétaires pour réduire leur dépendance au carbone, tout en rééquilibrant progressivement les finances publiques.
14 avril 2026
La Banque mondiale soutient l’Algérie à travers une assistance technique et des services d’analyse alignés sur le Plan d’action du gouvernement. Cet appui se concentre actuellement sur quatre axes prioritaires :
- Les réformes des finances publiques, visant à maîtriser les dépenses et optimiser les ressources budgétaires. L’appui porte sur la mise en œuvre de la nouvelle loi organique relative aux finances, la diversification des sources de recettes de l’État, l’efficacité des services publics ainsi que la production et l’analyse de données statistiques.
- La diversification économique et le développement des exportations hors hydrocarbures afin de renforcer des sources de revenus plus durables. Cela inclut le soutien à l’entrepreneuriat, l’amélioration du climat des affaires et la facilitation des exportations.
- La transition énergétique, pour favoriser un mix énergétique plus propre et améliorer l’efficacité énergétique, tout en optimisant la gestion des ressources en hydrocarbures non renouvelables qui dominent actuellement le mix du pays. Cet effort contribue également aux objectifs climatiques et environnementaux nationaux.
- L’adaptation au changement climatique, avec un accent particulier sur la gestion des risques de catastrophes et la gestion durable des forêts.
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