Haiti
En Quelques Chiffres: HAITI
APERÇU: HAITI
Le développement d’Haïti continue d’être entravé par l’instabilité politique, l’augmentation de la violence et une hausse sans précédent de l’insécurité, qui exacerbent la fragilité du pays. Haïti demeure le pays le plus pauvre d’Amérique latine et des Caraïbes et figure parmi les pays les plus pauvres au monde.
Le niveau de violence et d’insécurité reste élevé depuis 2019, entraînant le déplacement de 1,4 million de personnes en mars 2026. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, en 2025, plus de 5 500 personnes ont été tuées et plus de 2 600 autres blessées par la violence.
Haïti est également l’un des pays les plus vulnérables aux aléas naturels, notamment les ouragans, les inondations et les tremblements de terre. Plus de 96 % de la population est exposée à ce type de chocs et, alors que les crises persistent, 5,4 millions d’Haïtiens peinent chaque jour à trouver de quoi se nourrir. Les progrès en matière de capital humain ont également stagné ou se sont détériorés, et les taux de mortalité infantile et maternelle demeurent élevés, en particulier parmi les ménages les plus pauvres.
Selon l’Indice du capital humain de 2020, un enfant né aujourd’hui en Haïti n’atteindra que 45 % de son potentiel de productivité à l’âge adulte s’il ne bénéficie pas d’un accès complet à une éducation et à des soins de santé de qualité. Plus d’un cinquième des enfants sont exposés à des limitations cognitives et physiques, et seuls 78 % des jeunes de 15 ans atteindront l’âge de 60 ans.
Le potentiel économique à long terme d’Haïti repose sur sa population jeune, sa proximité avec les principaux marchés d’exportation, l’importance des transferts de fonds de la diaspora et les opportunités dans l’agriculture, l’industrie légère et les services.
La réalisation de ce potentiel nécessitera toutefois de surmonter d’importants défis structurels et sécuritaires.
L’économie s’est contractée pour une septième année consécutive en 2025, dans un contexte d’intensification de la violence des gangs. Le PIB réel a reculé de 2,7 % en 2025, avec un déclin dans l’ensemble des secteurs économiques. L’inflation a atteint en moyenne 28,3 %, contre 25,8 % en 2024, sous l’effet de la hausse des prix des denrées alimentaires et du logement, qui a pesé de manière disproportionnée sur les ménages les plus pauvres. Les recettes publiques ont diminué pour atteindre 4,8 % du PIB. La part de la population vivant avec moins de 3,00 dollars américains par jour (PPA 2021) est estimée à 49,0 % en 2025.
Une croissance modeste du PIB est projetée pour 2026, sous réserve d’améliorations progressives de la situation sécuritaire, soutenues par la Force de suppression des gangs et par la tenue des élections prévues à la fin de l’année 2026. Les perspectives demeurent fragiles, en raison des risques liés à la transition politique, de l’incertitude entourant les flux de transferts de fonds dans un contexte d’évolution des politiques migratoires régionales, et de l’expiration de l’accès préférentiel aux marchés pour le secteur de l’habillement à la fin de 2026.
Les prix élevés du pétrole et des matières premières, liés au conflit au Moyen-Orient, pourraient également accentuer les pressions inflationnistes.
Le portefeuille de la Banque mondiale en Haïti comprend 17 projets pour un montant total engagé de 1,27 milliard de dollars. Ces projets couvrent divers domaines : soutien à l’éducation et à la santé pour les populations vulnérables, renforcement des infrastructures et des capacités gouvernementales pour répondre aux catastrophes naturelles, extension des services numériques dans les institutions publiques, ou encore élargissement de l’accès à l’électricité dans les zones rurales.
Toutes les activités de ces projets ont deux objectifs fondamentaux : sauvegarder les capacités institutionnelles et préserver le capital humain. En veillant à ce que l’État et la société conservent leur capacité, la résilience du pays face aux chocs sera accrue, rendant les efforts de développement plus durables. Les projets visant à renforcer la réponse du gouvernement aux catastrophes naturelles en sont un bon exemple.
Les projets financés par la Banque mondiale ont permis à des millions d’Haïtiens d’accéder à un abri lors de catastrophes naturelles telles que les ouragans et les inondations. La coordination et la réponse du gouvernement ont également été renforcées, permettant aux institutions locales d’agir et de se préparer plus rapidement. Ainsi, une catastrophe naturelle cause désormais beaucoup moins de dégâts aux moyens de subsistance qu’auparavant.
La Banque mondiale adopte des considérations de conception et de mise en œuvre de projets pour contourner les conditions de crise par : (i) l’intensification des partenariats avec l’ONU et d’autres agences pour la prestation de services dans les zones difficiles d’accès ; (ii) la priorité donnée aux projets hors de la capitale où la mise en œuvre est possible ; et (iii) l’introduction d’outils numériques et de la surveillance à distance de la mise en œuvre.
Par ailleurs, la Société financière internationale (IFC) complète les investissements de la Banque mondiale en soutenant le secteur privé haïtien afin de créer des emplois, d'améliorer la productivité et de développer des économies inclusives. En Haïti, l'IFC soutient les énergies renouvelables (ENR), les infrastructures, l'agriculture, les MPME et les PPP, par le biais de services d'investissement et de conseil.
La nouvelle stratégie prévoit environ 320 millions de dollars de financement sous forme de dons pour renforcer la résilience des populations les plus vulnérables. Elle s’articule autour de trois piliers principaux :
1. Renforcer la gouvernance économique et créer des opportunités d’emploi: Le Groupe de la Banque mondiale continuera de soutenir des actions à court et moyen terme susceptibles de catalyser des changements structurels à long terme, notamment en soutenant l’agriculture résiliente au climat et l’accès au crédit. L’amélioration des routes, de l’énergie, de l’eau et de l’accès numérique est également essentielle pour les populations engagées dans les chaînes de valeur agricoles.
2. Maintenir la capacité institutionnelle essentielle pour la prestation de services de base: La Banque mondiale soutiendra la modernisation institutionnelle au niveau central, la mise en œuvre de réformes clés de la décentralisation et la promotion d’une plus grande responsabilité et participation citoyenne à tous les niveaux de gouvernement. Il s’agira aussi de répondre aux griefs socio-économiques liés à l’inégalité et à l’exclusion, de restaurer la confiance du secteur privé et d’appuyer le gouvernement dans des domaines critiques de la prestation de services publics.
3. Préserver le capital humain et renforcer la résilience face aux catastrophes naturelles et aux chocs d’origine humaine: La Banque mondiale appuiera le gouvernement dans la préparation et la réponse aux urgences, la réduction des risques de catastrophe, la reconstruction des infrastructures de base et le renforcement de la résilience dans les secteurs des transports et de l’urbanisme. L’objectif est d’améliorer la résilience et la préparation dans les zones à haut risque climatique grâce à l’amélioration des systèmes d’alerte précoce, de la surveillance des maladies, de l’accès au réseau routier en toutes saisons et de la résilience des aéroports.
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