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Les jeunes non scolarisés et déscolarisés en Afrique subsaharienne



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CE QU’IL FAUT RETENIR

Environ 89 millions de jeunes âgés de 12 à 24 ans sont hors du système scolaire en Afrique subsaharienne. Dans les dix prochaines années, 40 autres millions de jeunes auront probablement quitté l’école pour se retrouver confrontés à un avenir incertain, faute de qualifications professionnelles et de compétences pratiques.

Les caractéristiques de la population non scolarisée ou déscolarisée

  • La plupart des jeunes hors du système scolaire ont abandonné leurs études avant le cycle secondaire et nombreux d’entre eux n’ont jamais mis un pied à l’école.
  • La perspective d’un mariage précoce constitue pour les jeunes filles un obstacle majeur à la poursuite des études qui nuit à leur scolarité avant même qu’elles ne se marient effectivement.
  • Les jeunes qui vivent en milieu rural risquent davantage d’être exclus du système scolaire que les jeunes urbains, et la plupart d’entre eux travaillent.
  • Le niveau d’éducation des parents constitue le facteur le plus déterminant de la scolarité des enfants.
  • Le nombre d’adultes qui travaillent au sein du ménage influence considérablement les choix de scolarité et les décisions relatives aux études et à la vie professionnelle.
  • La médiocrité de l’enseignement scolaire influe sur la décision d’aller à l’école et/ou de poursuivre sa scolarité.
  • Dans les communautés pauvres rurales, les problèmes d’accessibilité, et notamment la distance des écoles, peut constituer un obstacle majeur à la scolarisation.

Les « points d’entrée » pour remédier à la déscolarisation

Il existe essentiellement trois points d’entrée stratégiques pour traiter le problème des jeunes non scolarisés ou déscolarisés.

La rétention des jeunes scolarisés et à risque : sachant que la plupart des jeunes « décrochent » avant d’avoir atteint le cycle secondaire, il convient d’agir avant pour les retenir à l’école.

  • On peut améliorer la rétention scolaire en intervenant davantage et plus tôt pour faire en sorte que les enfants soient scolarisés à l’âge approprié et en redonnant la priorité à l’amélioration de la qualité de l’enseignement primaire.
  • L’amélioration de la rétention exige aussi une information accrue des familles et des jeunes sur l’importance de l’éducation, en particulier pour les filles et en milieu rural. Le levier des subventions ou des incitations en espèces peut permettre aux élèves qui le souhaitent mais n’en ont pas les moyens de poursuivre leur scolarité.

La remédiation par l’enseignement extrascolaire : pour les jeunes déjà déscolarisés, l’enseignement extrascolaire est probablement le moyen le plus efficace pour les inciter à reprendre et à achever leurs études.

  • Les dispositifs de proximité sont particulièrement utiles lorsqu’ils visent simultanément le développement des compétences cognitives et techniques, des compétences nécessaires à la vie quotidienne et l’encadrement des jeunes.
  • La réussite de ces programmes passe aussi par une prise de conscience accrue de la nécessité, pour les jeunes déscolarisés, de travailler pour survivre, et donc par une certaine forme de souplesse pour prendre en compte ce facteur.
  • La poursuite et la pérennité de ces programmes requièrent des financements solides et de long terme.

L’insertion sur le marché du travail : les jeunes qui n’ont pas la perspective de reprendre leur scolarité doivent acquérir une formation pratique et de l’expérience en vue d’accroître leur employabilité.

  • Les contenus des programmes de formation professionnelle doivent intégrer le fait que la plupart des jeunes travailleront pour leur propre compte ou au sein de petites entreprises informelles.
  • Ces programmes exigent des actions coordonnées entre pouvoirs publics, entités régionales, ONG et secteur productif.
  • Pour améliorer les résultats des dispositifs de formation professionnelle, il convient d’accroître leur pérennité et de mieux en évaluer l’impact.

Dernière mise à jour: juil. 15, 2015



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