Pour un développement porteur de changement au Nigéria

28 mars 2013


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Au cours des dix dernières années, le Nigéria a mené un ambitieux programme de réformes, dont la plus importante visait à baser le budget sur un prix de référence pour le pétrole, l’excédent étant déposé sur un compte spécial pour les excédents pétroliers. L’économie a réagi favorablement avec une croissance robuste — 7,6 % en moyenne — entre 2003 et 2010. Afin d’améliorer la gouvernance et le secteur pétrolier, le Nigéria a été l’un des premiers pays à adopter et mettre en œuvre l’Initiative pour la transparence des industries extractives avec notamment l’approbation d’une loi relative à cette initiative en 2007 et l’accès du pays au statut d’État « conforme » à ses normes en 2011. Les autorités nigérianes ont engagé une réforme du secteur de l’électricité en 2005, conscientes de la nécessité d’améliorer ses performances pour relever les défis du développement. La feuille de route adoptée en 2010 a relancé le difficile processus de mise en œuvre de cette réforme en définissant clairement la stratégie et les mesures à mettre en place par les autorités nationales pour réformer l’ensemble du secteur de l’électricité de façon à accroître l’approvisionnement, à promouvoir l’investissement privé et à remédier à certains des problèmes chroniques qui empêchent d’améliorer les services.

Défi

Malgré un bilan économique solide, le Nigéria connaît une pauvreté considérable, dont la réduction nécessite d'instaurer une forte croissance des secteurs non pétroliers et de mettre l'accent sur le développement humain. Les obstacles sont liés notamment au climat de l'investissement, à l'infrastructure, aux incitations et aux politiques ayant une incidence sur la productivité agricole ainsi qu'à la qualité et la pertinence de l'enseignement supérieur. En dépit des succès enregistrés dans le domaine du développement humain, le Nigéria ne semble pas en voie d'atteindre la plupart des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) à l'horizon 2015. Ces difficultés ont pour cause sous-jacente la question fondamentale de la gouvernance, en particulier au niveau des États. La décentralisation budgétaire confère aux 36 États et 774 collectivités locales du Nigéria une autonomie politique considérable, le contrôle de 50 % des recettes publiques et la responsabilité de la prestation des services publics. Dans la plupart des États, les capacités sont faibles et l'amélioration de la gouvernance sera une entreprise de longue haleine.

Solution

La stratégie de partenariat avec le Nigéria pour la période couvrant les exercices 2010 à 2013 définit trois priorités pour transformer et diversifier l’économie nationale : i) améliorer la gouvernance ; ii) soutenir la croissance dans les secteurs non pétroliers ; et iii) promouvoir le développement humain.

Le soutien en matière de gouvernance porte sur cinq domaines : transparence et responsabilité ; participation ; gouvernance sectorielle ; renforcement des capacités ; réforme judiciaire et gouvernance démocratique. Tous les partenaires contribuent au renforcement des systèmes de gouvernance en vue d'améliorer les résultats en matière de développement humain et de croissance, mais seuls le DFID et l'USAID axent leurs interventions sur la réforme judiciaire et les processus démocratiques. 

Résultats

  • Premier projet de lutte contre le VIH/sida : Outre le renforcement des capacités nationales de planification et de mise en œuvre de programmes de lutte contre le VIH/sida, le projet porte sur les changements de comportement et l'accès à des services de conseil, de dépistage et de prise en charge en vue de réduire la transmission de l'infection et son impact. Il a contribué à faire baisser la prévalence du VIH au niveau national de 5,2 % en 2003 à 4,6 % en 2008, tandis que la proportion de femmes (âgées de 15 à 49 ans) déclarant avoir utilisé des préservatifs lors de leur dernier rapport sexuel avec un partenaire autre que leur conjoint ou concubin a progressé de 6,5 % à 33,4 % entre 2002 et 2008.
  • Programme renforcé de lutte contre le paludisme : La proportion de ménages possédant au moins une moustiquaire imprégnée d’insecticide (longue durée ou non) est passée de 2,4 % en 2006 à 89,7 % en 2010 dans les sept États couverts par le projet de lutte contre le paludisme.

    La proportion d'enfants de moins de 5 ans souffrant de fièvre qui ont été traités dans les 24 heures avec un médicament antipaludique efficace s'est accrue de 3,7 % en 2006 à 6,9 % en 2010 et la proportion d'enfants de moins de 5 ans qui dorment sous des moustiquaires insecticides a augmenté de 3,6 % en 2006 à 41,8 % en 2010. Cet accroissement de la couverture faisait suite à l'achat et à la distribution, grâce aux ressources du projet, de 12,4 millions de moustiquaires et 7,5 millions de doses de médicaments antipaludiques. Le projet aide également à renforcer les systèmes de santé dans les sept États couverts, notamment en ce qui concerne la passation des marchés et la gestion de la chaîne logistique, le suivi et l’évaluation, et les communications.
  • Fadama II : Le projet Fadama II a contribué à la croissance dans le secteur agricole. Sa composante portant sur les moyens de production a permis aux bénéficiaires d’acquérir 75 599 pièces d’équipement dans le cadre de 7 766 sous-projets desservant 3,4 millions de personnes.

    Au terme du projet, en 2009, 50 % des bénéficiaires du projet Fadama II avaient enregistré une augmentation de 63 % de leur revenu réel. Ce résultat était prévisible compte tenu de la tendance mise en lumière par une évaluation indépendante effectuée par l’IFPRI à mi-parcours du projet afin d’évaluer son impact.

    Au terme du projet, 60 % des associations communautaires des fadamas (ACF) avaient mené à bien leurs plans de développement local et autres activités financées par le projet en utilisant des méthodes écologiquement viables et facilitant l’intégration sociale. Le projet a permis de créer 1 470 associations et de mener à bien 1 246 plans de développement local sur les 1 318 proposés, soit un taux de 95 %. En outre, plus de 90 % des micro-projets ou sous-projets proposés par les groupes d’utilisateurs des ressources des fadamas (GURF) au titre de la composante du projet portant sur les moyens de production ont été achevés. L’appui fourni au titre de cette composante a permis aux bénéficiaires d’acquérir 73 599 pièces d’équipement dans le cadre de 7 766 sous-projets. Au total, 6 301 GURF ont participé à ces sous-projets, soit quelque 3,4 millions de ménages. Les sous-projets financés dans le cadre de ce projet ont été approuvés à l’issue d’une évaluation rigoureuse de leur viabilité écologique et mis en œuvre dans une optique d’intégration sociale et de participation en utilisant le plan de développement local comme outil de planification et en appliquant les principes du développement de proximité.

    Six après le lancement du projet, le nombre de conflits entre les utilisateurs des ressources des fadamas a diminué de 75 %. En décembre 2009, six des États participants faisaient état de zéro conflit, et les six autres n’avaient signalé que quelques cas isolés de conflits mineurs, soit un recul de 85 % par rapport au niveau de référence. Ce progrès remarquable s’explique par l’adoption du plan de développement local comme outil de planification permettant à tous les groupes d’intérêt économiques/utilisateurs des ressources (agriculteurs sédentaires, éleveurs, cueilleurs, etc.) de participer ensemble à la définition des priorités de développement de leurs communautés respectives et de concrétiser ces priorités dans des activités d’investissement qui sont inscrites dans le plan de développement local et le budget correspondant. Un sous-projet d’investissement doit figurer dans le plan de développement local approuvé pour bénéficier d’un financement au titre du projet. Le plan de développement local n’est quant à lui approuvé qu’après vérification de l’intégrité du processus de planification, notamment en termes d’inclusion sociale et de participation. En outre, la composante du projet Fadama II portant sut les infrastructures prévoyait des activités expressément destinées à financer le développement des infrastructures communautaires telles que chemins affectés au bétail, réserves de pâturage et points d’eau. Le fait que les intérêts économiques des éleveurs aient été négligés dans le projet Fadama I avait entrainé des conflits entre éleveurs et agriculteurs et conduit à classer initialement Fadama II dans la catégorie des projets à risque. Dans ce contexte, la réduction des conflits est donc un progrès remarquable.
  • Projet de transport urbain de Lagos : Clôturé en 2008, le projet a été jugé très satisfaisant compte tenu des résultats suivants :
  1. Réduction du temps et des dépenses de transport des ménages pauvres
    - Temps consacré par les ménages pauvres aux déplacements sur les axes couverts par le projet
    - Dépenses de transport des ménages pauvres sur les axes couverts, en pourcentage de leur revenu.
  2. Réduction du nombre d’accidents.
  3. Nombre de jours de travail créés : inchangé
  4. Indicateur supplémentaire : Nombre de kilomètres parcourus chaque jour par le réseau d’autobus sous concession.


Contribution du Groupe de la Banque mondiale

La Banque mondiale aide à lutter contre la pauvreté et à améliorer les conditions de vie des Nigérians. En mars 2013, plus de 130 prêts de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et crédits de l’Association internationale de développement (IDA) avaient été approuvés en faveur du Nigéria. Le portefeuille compte 24 projets nationaux et 3 projets régionaux financés par l’IDA, pour une valeur totale de 4,9 milliards de dollars d’engagements.


Partenaires

La stratégie de partenariat avec le Nigéria pour la période couvrant les exercices 2010 à 2013 regroupe la Banque africaine de développement (BAD), l’USAID, le DFID et le Groupe de la Banque mondiale. Les partenaires fournissent plus de 80 % de l’aide au développement du pays. En appliquant une stratégie commune unifiée, ils ont plus de chances d’accroître l’efficacité de l’aide au développement.

Les partenaires continueront de collaborer étroitement avec les autres principaux partenaires de développement du Nigéria, notamment les fonds, programmes et organismes des Nations Unies, l’Agence japonaise de coopération internationale, l’Agence française de développement (AFD), l’Agence canadienne de développement international et la Commission européenne. Certains de ces partenaires prévoient de collaborer à la stratégie d’aide au Nigéria pendant la période couverte.

Le DFID axera son action sur les domaines suivants : infrastructure et conseils stratégiques, climat de l’investissement et secteur des entreprises, systèmes de santé, vaccination, éducation des filles et renforcement de l’Assemblée nationale.

Les priorités de l’USAID sont les suivantes : politique budgétaire des États et réforme du système de passation des marchés publics, valorisation des ressources humaines, mise en place de chaînes de valeur agricoles, sécurité alimentaire, réforme du commerce, énergie et investissements dans la lutte contre le changement climatique.

La BAD mettra l’accent sur l’énergie, les transports, l’approvisionnement en eau et les systèmes de santé.

Les partenaires travailleront ensemble dans de nombreux domaines : climat de l’investissement, promotion des entreprises, systèmes de santé, lutte contre le VIH/sida et éducation des filles dans le nord du Nigéria (DFID, USAID et Banque mondiale) ; et secteurs de l’énergie et des transports (avec la BAD). Les activités des fonds fiduciaires seront davantage intégrées durant la période couverte par cette stratégie.

Perspectives

Afin d’améliorer la gouvernance, la stratégie de partenariat avec le Nigéria détermine la manière dont la Banque peur aider le gouvernement à renforcer ses propres systèmes à long terme (au-delà du contrôle fiduciaire des fonds alloués par l’IDA, étant donné que la Banque joue un faible rôle au Nigéria). La gouvernance est un thème à la fois central et transversal qui s’intègre dans la plupart des formes d’appui octroyées. Chaque partenaire interviendra dans les trois domaines de la stratégie, à des degrés divers. Le partenariat aide également les autorités nationales à faire face à la crise mondiale.

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85 %
Réduction du nombre de conflits au sein des 12 pays utilisateurs des ressources des fadamas.
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