publication26 janvier 2026

Gestion des déchets dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord

French MENA 2026

Selon un rapport phare de la Banque mondiale intitulé Gestion des déchets dans la région Moyen-Orient et en Afrique du Nord, la région génère actuellement plus de 155 millions de tonnes de déchets chaque année, un volume qui devrait presque doubler pour atteindre 294 millions de tonnes d’ici 2050. La mauvaise gestion des déchets cause, chaque année, environ 7,2 milliards de dollars de dommages à l’environnement. Le gaspillage alimentaire à lui seul entraîne 60 milliards de dollars de pertes dans une région où une personne sur six est en situation d’insécurité alimentaire sévère. Le rapport analyse les défis et les opportunités que présente le secteur des déchets dans la région MENA. À la lumière de nouvelles données provenant de 19 pays et de 26 villes, il recommande des voies d'action différenciées pour améliorer les systèmes de gestion des déchets dans les pays à revenu élevé, les pays à revenu intermédiaire et les pays fragiles ou touchés par un conflit. Le rapport préconise d’investir dans la modernisation des systèmes de gestion des déchets, la réduction des pertes alimentaires et la promotion de mesures conformes aux principes de l’économie circulaire. Selon le rapport, 83 % des déchets collectés dans la région MENA pourraient être réutilisés, recyclés ou valorisés pour produire de l’énergie. La transition vers une économie circulaire pourrait également créer des emplois de meilleure qualité, en particulier dans les services de gestion des déchets et le recyclage, tout en transformant la crise actuelle en un moteur de croissance durable.

VUE D’ENSEMBLE

Entre population en plein essor, urbanisation galopante et hausse de la consommation, les pays de la région MENA sont confrontés à des problèmes croissants de production et de gestion des déchets. Avec 0,9 kg de déchets par personne et par jour, la région MENA produit plus de déchets que la moyenne mondiale (0,79 kg). La mauvaise gestion des déchets occasionne déjà à l’environnement des dommages estimés à 7,2 milliards de dollars par an.

Si les taux de collecte des déchets sont relativement élevés dans la région (près de 80 % en moyenne), le recyclage et le traitement restent nettement à la traîne. Moins de 10 % des déchets sont recyclés et plus des deux tiers sont mal gérés, ce qui favorise la pollution de l’air, du sol et de l’eau et la prolifération des déchets marins, tout en entraînant de graves risques pour la santé. La région présente également le plus grand volume par habitant de rejets plastiques en mer, la Méditerranée comptant parmi les mers les plus polluées au monde.

Le rapport met en avant trois priorités :

  • Accroître les financements par le biais de redevances versées par les usagers, de partenariats public-privé (PPP) et de mécanismes de responsabilité élargie des producteurs ;
  • Réduire les déchets alimentaires et d’emballages ;
  • Renforcer la redevabilité et la coordination entre institutions nationales et locales.

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  • La région MENA génère plus de déchets par personne et par jour que la moyenne mondiale (0,9 contre 0,79 kg/personne/jour).
  • La production de déchets dans la région s'élève actuellement à 155 millions de tonnes par an, et ce chiffre doublera d’ici 2050 si rien n’est fait pour y remédier.
  • La mauvaise gestion des déchets entraîne des coûts de dégradation de l’environnement estimés à 7,2 milliards de dollars par an.
  • À lui seul, le gaspillage alimentaire cause chaque année 60 milliards de dollars de pertes économiques.
  • La crise des déchets menace la santé, la croissance et le secteur du tourisme.
  • Actuellement :
    • 10 % seulement des déchets de la région sont recyclés, réutilisés ou compostés.
    • Environ 67 % des déchets sont mal gérés (non collectés, déversés à l'air libre, brûlés ou non suivis).
    • 83 % des déchets collectés pourraient être réutilisés, recyclés ou valorisés en énergie.
  • Le passage à un modèle d’économie circulaire pourrait permettre à la région MENA de récupérer 83 % des déchets qu'elle produit, tout en créant des emplois de meilleure qualité.
  • Une réduction de 1 % de la production de déchets permettrait d’économiser 150 millions de dollars par an.
  • Dans l’ensemble de la région, le secteur de la gestion des déchets solides emploie environ 400 000 personnes dans l'économie formelle et compte autant de travailleurs informels.
  • Pour atténuer l’impact de la mauvaise gestion des déchets sur l’environnement et atteindre l’Objectif de développement durable 11.6 pour des villes et des communautés durables, les dépenses annuelles doivent passer d’environ 7,7 milliards de dollars aujourd’hui à 11,6 milliards de dollars.
  • À mesure que les systèmes s’améliorent et que la production de déchets continue de croître, les investissements devront atteindre 22 milliards de dollars d’ici à 2050 pour parvenir à une collecte universelle, à une élimination contrôlée et à une gestion des déchets entièrement modernisée.
  • Il n’existe pas de solution simple et universelle, et l’application de solutions financièrement abordables passe par la responsabilité de tous.
  • Afin d’améliorer la gestion des déchets dans la région MENA, le rapport formule des recommandations différenciées selon les économies.

 

The World Bank

 

  • Les pays à revenu élevé peuvent réduire considérablement la mise en décharge et déployer des solutions circulaires pour traiter les déchets en amont ;
  • Les économies à revenu intermédiaire peuvent parvenir à une collecte universelle et améliorer le traitement et la valorisation des déchets ;
  • Les États fragiles et touchés par un conflit peuvent privilégier des approches techniquement simples et peu coûteuses, en s'appuyant en particulier sur la communauté.