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Du temps et de l’argent : une étude des problèmes de main-d’œuvre rencontrés par les productrices de coton en Côte d’Ivoire

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Photo: Olivier Girard for Center for International Forestry Research (CIFOR)

LES POINTS MARQUANTS
  • Le Laboratoire d’innovation de la Banque mondiale pour l’égalité des sexes en Afrique (Africa Gender Innovation Lab) s’appuie sur des données quantitatives provenant de l’Enquête de 2015 sur le niveau de vie des ménages (ENV), sur une enquête représentative auprès des ménages à l’échelle nationale et sur les données qualitatives réunies par notre équipe afin d’apporter un nouvel éclairage sur l’origine des problèmes de main-d’œuvre qui font obstacle à l’égalité des sexes dans le secteur de la production de coton.
  • Notre étude met en évidence quatre facteurs interdépendants à l’origine du problème de main-d’œuvre auquel les cultivatrices sont confrontées : liquidités insuffisantes, manque de contrôle sur la main-d’œuvre familiale, un temps de travail peu flexible et des rendements plus faibles.
  • Nous avons identifié une série de mesures, liées à la rémunération de la main-d’œuvre et aux normes de genre, qui sont susceptibles de remédier aux principaux problèmes qui pèsent sur la production et la productivité des femmes dans la filière coton.

Abidjan, le 11 mai 2017 –– L’écart entre hommes et femmes dans le secteur agricole, tant en termes de volumes produits que de productivité, a été abondamment étudié pour l’Afrique subsaharienne.

Le Laboratoire d’innovation pour l’égalité des sexes en Afrique (Africa Gender Innovation Lab – GIL) a produit un ensemble de données factuelles qui font apparaître les obstacles auxquels les agricultrices sont confrontées. Il a également calculé la taille et le coût de l’écart de productivité agricole et a proposé des solutions et des idées innovantes à expérimenter. L’un des principaux constats du rapport du GIL intitulé Levelling the Field est que le principal obstacle à l’égalité des sexes sur le plan de la productivité tient à la main-d’œuvre.

Nous avons récemment employé une méthode mixte, appliquée à la filière coton en Côte d’Ivoire, pour analyser et expliquer les problèmes de main-d’œuvre rencontrés par les agricultrices. Cette étude s’inscrit dans le cadre du Projet d’appui au secteur agricole dans ce pays et des efforts entrepris pour améliorer la participation des femmes à la production de coton. Nous avons commencé par quantifier l’écart entre les sexes, puis examiné ses causes et leur influence délétère sur la production et la productivité des cultivatrices de coton et, enfin, formulé des recommandations à l’intention des pouvoirs publics.