COVID-19 : Comment le Groupe de la Banque mondiale aide-t-il les pays à faire face à la pandémie ? Suivez notre actualité

Déclaration 17 avril 2020

Déclaration du président du Groupe de la Banque mondiale, David Malpass, à l’adresse du Comité du développement

SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI.

WASHINGTON, 17 avril 2020 — Le président du Groupe de la Banque mondiale, David Malpass, a prononcé ce jour l’allocution suivante lors de la réunion virtuelle du Comité du développement :

« Je vous remercie monsieur le Président. Bonjour, bon après-midi et bonsoir à vous tous à travers le monde, et bienvenue à la séance plénière du Comité du développement pour les Réunions de printemps 2020.

Il y a un an, j’ai eu le privilège d’assister pour la première fois à la séance plénière du Comité du développement en ma qualité de Président du Groupe de la Banque mondiale. Et, il y a six mois, lors de nos Assemblées annuelles, nous avons célébré la 100e réunion du Comité du développement.

Aujourd’hui, le contexte est très différent et plus difficile. Nous sommes confrontés à une crise sans précédent dont le monde entier se ressent des effets dévastateurs sur les plans sanitaire, économique et social.

Pour commencer, j’espère que vos familles et vous-mêmes vous portez bien et que vous tenez bon en ces temps difficiles. Je tiens également à exprimer ma plus sincère compassion aux millions de personnes à travers le monde qui souffrent de la COVID-19 ou qui ont perdu un être cher à cause de la pandémie.

Au-delà des conséquences sanitaires de cette pandémie, nous nous attendons à une récession majeure de l’économie mondiale. Selon nos estimations, un ralentissement beaucoup plus marqué que la Grande Récession est à craindre au regard de la baisse de la production, des investissements et des échanges commerciaux, ainsi que de la perte des emplois.

Et s’il est vrai que le monde entier pâtit des effets tragiques de la pandémie, il reste que cette crise frappera probablement le plus durement les pays — et les populations — les plus pauvres et les plus vulnérables. Les pays IDA, qui concentrent les deux tiers de la population mondiale vivant dans l’extrême pauvreté, seront sévèrement touchés.

Face à ces perspectives qui, sincèrement, s’annoncent sombres, je me félicite de cette occasion pour nous d’avoir une discussion franche sur la meilleure réponse que nous puissions apporter sur le plan du développement. Je vais vous faire part de ce que le Groupe de la Banque mondiale a accompli jusqu’à présent, mais qui, à l’évidence, ne suffira pas. Si nous n’agissons pas rapidement pour renforcer les systèmes et la résilience, ce sont les acquis du développement engrangés ces dernières années qui pourraient facilement être anéantis. Je vous invite à laisser vos déclarations écrites parler d’elles-mêmes, à vous exprimer ouvertement et à répondre à ce que les uns et les autres ont dit.

Je suis heureux d’être accompagné par la Directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, qui a été pour moi une excellente partenaire durant mes premiers mois à la Banque mondiale et qui est désormais un partenaire encore plus efficace maintenant qu’elle est à la tête du FMI. C’est avec grâce, enthousiasme et savoir-faire que Kristalina relève les défis de l’heure.

Point sur la réponse du Groupe de la Banque mondiale face à l’urgence de la crise de COVID-19

Je voudrais vous faire le point de notre réponse à la crise de COVID-19. Je souhaitais que nous agissions rapidement et à grande échelle. Jusqu’à ce matin, la Banque mondiale a financé des programmes liés à la COVID-19 dans 64 pays en développement, lesquels sont mis en œuvre par son personnel. Et d’ici fin avril nous aurons des programmes en cours dans 100 pays. Je vous remercie, ainsi que vos Administrateurs, pour le solide soutien apporté à cette réponse rapide.

Grâce aux ressources existantes, entièrement mobilisées et à octroyer massivement d’entrée de jeu, nous sommes en mesure de fournir 160 milliards de dollars de financements au cours des 15 prochains mois. L’IDA allouera 50 milliards de dollars de ce montant total sous forme de dons et de crédits hautement concessionnels.

Notre programme repose sur trois piliers, à savoir :

  1. protéger les ménages les plus pauvres et les plus vulnérables ;
  2. soutenir les entreprises et sauver des emplois, ce à quoi travaillent l’IFC et la MIGA avec des clients du secteur privé en vue de financer des lignes de crédit au titre de fonds de roulement et à l’appui du commerce ; et
  3. aider les pays en développement à mettre en œuvre des opérations sanitaires d’urgence et à renforcer la résilience économique.

Par ailleurs, nous coordonnons étroitement notre réponse avec les partenaires de développement que sont les États, le secteur privé, le FMI et les BMD régionales. Pour agir efficacement et obtenir un impact à grande échelle, nous faisons appel à des financements parallèles et à des cofinancements et invitons à utiliser le mécanisme commun d’approvisionnement en fournitures et matériel médicaux dont la Banque mondiale est le facilitateur.

Forts des augmentations récentes du capital de la BIRD et de l’IFC et de la reconstitution des ressources d’IDA-19, nous sommes désormais mieux placés pour accompagner nos pays membres dans leur réponse initiale à la crise de COVID-19. Je vous en remercie tout en faisant appel à vos souscriptions précoces.

J’ai le plaisir d’annoncer que les résolutions relatives à l’augmentation du capital de l’IFC satisfont désormais aux critères de majorité et ont été adoptées hier.

Bravo Philippe, et merci à tous ! Quatorze pays ont déjà inscrit la libération de leurs parts du capital de l’IFC dans leur budget. Nous les en remercions et exhortons tous les actionnaires à souscrire leurs parts sans délai et à accélérer les encaissements.

Initiative d’allègement du poids de la dette :
Appel international à l’action pour venir en aide aux pays IDA

Permettez-moi à présent de parler de l’initiative d’allègement du poids de la dette. Kristalina et moi-même avons milité pour un moratoire, et nous saluons vivement l’annonce faite mercredi par le G20 indiquant que les créanciers bilatéraux publics permettront aux pays IDA qui sollicitent un délai de grâce de suspendre leurs remboursements à compter du 1er mai. Il s’agit-là d’une prouesse énorme, et je félicite tous les acteurs qui y ont contribué.

Les créanciers commerciaux doivent également appuyer les efforts de réduction de la dette souveraine — et non pas profiter de la situation. Nous attendrons des pays IDA qu’ils s’emploient à obtenir un traitement comparable de leurs créanciers commerciaux.

La Banque mondiale effectuera rapidement des transferts nets positifs massivement accrus au profit des pays IDA à des conditions hautement favorables, et le FMI a ses initiatives propres qui sont aussi efficaces.

Le G20 nous demande de chercher des moyens d’élargir encore l’appui de la Banque mondiale — et avec votre accord, nous allons nous y atteler avec empressement. Ce faisant, nous devons préserver la capacité financière de la Banque mondiale à fournir de hauts niveaux de transferts nets positifs d’une manière soutenue. Comme vous êtes sans l’ignorer, le nom officiel du Comité du développement est « Comité ministériel conjoint sur le transfert de ressources réelles aux pays en développement ». Nous devons impérativement préserver l’assise financière de la BIRD et de l’IDA, leur cote de solvabilité et le faible coût des financements qu’elles offrent, pour être en mesure de continuer à transférer des ressources réelles aux pays en développement d’une manière efficace et à grande échelle.   

L’allègement de la dette est une très bonne mesure à effet rapide qui peut procurer de réels bienfaits aux populations des pays pauvres. Il est important que les pays qui en bénéficient utilisent les ressources additionnelles ainsi dégagées pour lutter contre la COVID-19 et divulguent l’intégralité des engagements financiers de leur secteur public. La Banque mondiale et le FMI ont été invités à surveiller les informations qui seront communiquées par ces pays ainsi que l’utilisation qu’ils feront de la marge de manœuvre budgétaire créée par cet allègement de dette.

Ce type de transparence générale concernant la dette et les investissements constitue une priorité de premier ordre pour le développement et la sortie de crise, et est particulièrement urgent dans le contexte de la COVID-19 et de la persistance de faibles taux d’intérêt. Il est essentiel de définir des principes de transparence qui permettront d’inverser la tendance à la sortie massive de capitaux des pays en développement et de rendre la dette et l’investissement plus productifs. De nombreuses mesures difficiles s’imposent pour assurer la transparence de la dette et améliorer la qualité des investissements. Je ne vais en citer que cinq :

  1. la divulgation des conditions des contrats de prêt et des calendriers de remboursement ;
  2. la divulgation de l’intégralité du stock de la dette publique et des dettes garanties par l’État, des obligations des entreprises publiques et des instruments assimilables à de la dette ;
  3. la prise de dispositions par les emprunteurs pour demander une dispense des clauses excessives de confidentialité afin de procéder à une communication transparente des données ;
  4. une utilisation efficace et prudente des garanties et privilèges dans le cadre des emprunts souverains ; et
  5. l’insistance pour que les emprunteurs et les prêteurs évitent de violer les obligations légales des autres créanciers, telles que les clauses de nantissement négatives.

La transparence contribuera à attirer de nouveaux investissements de haute qualité, dont un volume croissant de la part des investisseurs du secteur privé.

Les Réunions de printemps

Je voudrais prendre un moment pour revenir sur une semaine de Réunions de printemps hautement productive. Bien qu’il ait été indépendant de notre volonté, le format virtuel et sobre en carbone a été très efficace.

  • Mardi dernier, Kristalina et moi avons rencontré les dirigeants des BMD régionales pour la troisième fois en un mois afin de coordonner nos programmes et de discuter de l’allègement de la dette, des financements parallèles et conjoints, et des mécanismes communs de passation de marchés.
  • Mardi encore, les États-Unis ont accueilli une réunion des ministres des Finances du G7 et des gouverneurs des banques centrales durant laquelle notre proposition d’allègement du poids de la dette a reçu un écho très favorable.
  • Mercredi, comme je l’ai déjà indiqué, le G20 a annoncé soutenir l’allègement du poids de la dette, ainsi que la facilitation des échanges commerciaux et l’assouplissement des chaînes d’approvisionnement.
  • Mercredi toujours, Kristalina, Mari Pangestu, Geoffrey Okamoto et moi avons rencontré des représentants d’organisations de la société civile pour discuter des moyens de travailler de concert afin de faire face à la COVID-19, réduire le fardeau de la dette des pays les plus pauvres et renforcer le pouvoir d’action des femmes.
  • Hier, j’ai participé à la réunion du Comité monétaire et financier international et par la suite, j’ai rencontré des représentants d’organisations travaillant à la mise au point et à la distribution de vaccins.
  • Plus tard dans la journée, c’est avec impatience que je rencontrerai le président Ramaphosa d’Afrique du Sud, des ministres africains et bon nombre d’entre vous pour discuter de la réponse de l’Afrique face à la COVID-19.

Conclusion : perspectives d’avenir

Beaucoup a été accompli cette année, mais il reste un long chemin à parcourir. Autant avant que pendant la pandémie, le travail d’équipe au sein du Groupe de la Banque mondiale et la coopération à l’échelle internationale ont été et restent de grandes priorités. La ressource humaine est essentielle, et j’y travaille avec ardeur. Comme vous le savez, Axel van Trotsenburg est devenu Directeur général du Groupe de la Banque en charge des opérations le 1er octobre dernier. Pour renforcer nos compétences à travers le monde, Mari Pangestu nous a rejoints le 1er mars comme Directrice générale en charge de l’élaboration des politiques et des partenariats. Le 1er juillet prochain, nous nous enrichirons d’une nouvelle vice-présidence pour l’Afrique subsaharienne, compte tenu des énormes défis qui interpellent le continent africain. Je me félicite vivement de l’intégration rapide et des contributions immédiates d’Anshula Kant, Directrice financière du Groupe de la Banque, et d’Hiroshi Matano, qui a pris la direction de la MIGA. Avec les nominations de cette année, à savoir Mari, Anshul, Hiroshi et Axel, qui rejoignent Sandie Okoro, Shaolin Yang et Philippe Le Houérou, je suis convaincu de la solidité de l’équipe dirigeante du Groupe.    

Je voudrais tout particulièrement remercier l’ensemble des membres du personnel du Groupe de la Banque mondiale, qui travaille nuit et jour — beaucoup dans des conditions très difficiles — afin de nous permettre d’offrir des produits et services de qualité supérieure qui aident des millions de personnes.

Je remercie les Administrateurs du Groupe de la Banque mondiale, l’ensemble de leur personnel, ainsi que les Gouverneurs, pour l’aide qu’ils nous apportent alors que nous affrontons cette crise. Un merci particulier à Ken et Yvonne pour avoir animé cette réunion en format virtuel.

Je vous remercie tous pour tout l’appui et tous les encouragements que vous m’avez offerts durant l’année écoulée. Je vous en suis profondément reconnaissant. »


Contacts

David Theis
+1 (202) 458-8626
dtheis@worldbankgroup.org
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