COVID-19 : Comment le Groupe de la Banque mondiale aide-t-il les pays à faire face à la pandémie ? Suivez notre actualité

COMMUNIQUÉS DE PRESSE 12 avril 2020

Face à la crise du coronavirus, les pays d’Amérique latine et des Caraïbes doivent déployer des politiques cohérentes

WASHINGTON, 12 avril 2020 — La région de l’Amérique latine et des Caraïbes subit une sévère correction de sa croissance sous l’effet de la crise liée à la pandémie de Covid-19 (coronavirus) contre laquelle il va falloir déployer un certain nombre de mesures politiques pour soutenir les plus fragiles, éviter une crise financière et protéger l’emploi, selon un nouveau rapport de la Banque mondiale.

Dans son dernier rapport semestriel, intitulé The Economy in the Time of Covid-19, le Bureau de l’économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Amérique latine et les Caraïbes préconise de renforcer et d’étendre rapidement les programmes existants de protection et d’assistance sociales afin d’aider les populations vulnérables à supporter les pertes économiques engendrées par le confinement.

Dans le même temps, les gouvernements vont probablement devoir soutenir les institutions financières et les plus gros pourvoyeurs d’emplois.

« Nous devons aider les gens face à ces difficultés incroyables tout en veillant à ce que les marchés financiers et les employeurs parviennent à surmonter cette crise, souligne Humberto López, vice-président par intérim de la Banque mondiale pour l’Amérique latine et les Caraïbes. Cela implique de limiter les dégâts et de poser les jalons d’une reprise aussi rapide que possible. »

Depuis un an, la région subit une série de chocs économiques — troubles sociaux, effondrement des cours internationaux du pétrole et, maintenant, crise du coronavirus — au détriment de la croissance. Selon le rapport*, le produit intérieur brut de la région (hors Venezuela) devrait céder 4,6 % en 2020, avant un rebond attendu de 2,6 % en 2021.

La pandémie de coronavirus provoque un choc majeur sur l’offre, tandis que la demande émanant de Chine et des pays du G7 s’est effondrée, pénalisant les pays exportateurs de produits de base en Amérique du Sud comme les pays exportateurs de produits manufacturés et de services en Amérique centrale et aux Caraïbes, ces derniers étant pour certains victimes par ailleurs d’un effondrement du tourisme.

De nombreux pays de la région doivent affronter la crise avec des marges de manœuvre budgétaire limitées. L’importance du secteur informel complique la donne, l’accompagnement de tous les ménages et la protection de toutes les sources d’emploi étant difficiles à concrétiser. Quantité de familles vivent au jour le jour et n’ont pas les moyens de tenir pendant les périodes de confinement et de quarantaine, indispensables pour enrayer la propagation du virus. Beaucoup sont également tributaires des envois de fonds de leurs proches qui ont émigré, actuellement en chute libre. Pour aider les populations vulnérables à traverser cette crise, les programmes existants de protection et d’assistance sociales doivent être rapidement renforcés et étendus.

De leur côté, les gouvernements vont devoir assumer l’essentiel du manque à gagner. La socialisation des pertes pourrait conduire à prendre des participations dans des institutions financières et des entreprises stratégiques, à travers des opérations de recapitalisation — autant d’interventions jugées vitales pour préserver l’emploi et jeter les bases de la reprise.

Mais ces processus doivent être transparents et la gestion de ces actifs nouvellement acquis doit reposer sur des modalités solides, inspirées des meilleures pratiques des fonds souverains et des sociétés de gestion de patrimoine.

« Les gouvernements de la région sont confrontés à un défi considérable, puisqu’ils doivent à la fois protéger les vies humaines et limiter l’impact d’une récession économique, déclare Martín Rama, économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Amérique latine et les Caraïbes. Cela va nécessiter de déployer des politiques cohérentes et ciblées sur une échelle rarement atteinte jusqu’ici. »

Le dispositif de soutien du Groupe de la Banque mondiale face à la pandémie de coronavirus (Covid-19) :

Le Groupe de la Banque mondiale prend des mesures rapides et de grande envergure en vue d’aider les pays en développement à renforcer leur action contre la pandémie et à améliorer la veille sanitaire et les interventions de santé publique, tout en soutenant le secteur privé pour permettre aux entreprises de poursuivre leurs activités et maintenir les emplois. Il prévoit d’apporter jusqu’à 160 milliards de dollars de financements au cours des 15 prochains mois, afin d’aider les pays à protéger les populations pauvres et vulnérables, soutenir les entreprises et favoriser le redressement de l’économie.  

*En raison de la pandémie de Covid-19, les conjonctures économiques nationales et régionales sont très fluctuantes et sujettes à des évolutions quotidiennes. L’analyse présentée dans le rapport se fonde sur les dernières données nationales disponibles en date du 10 avril.


COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° : 2020/168/LAC

Contacts

Washington
Shane Romig
sromig@worldbank.org
Francisco Seminario
fseminario@worldbank.org
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