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Libéria : Ebola prive de travail pratiquement la moitié de la population active du pays

19 novembre 2014


L’économie tout entière subit les effets délétères de l’épidémie, qui aggrave considérablement la situation des populations pauvres et vulnérables

WASHINGTON, 19 novembre 2014 - L’épidémie d’Ebola a un impact considérable sur tous les secteurs d’emploi de l’économie libérienne, et même dans les comtés du pays épargnés par le virus. C’est ce que révèle la dernière vague d’enquêtes téléphoniques réalisées par le Groupe de la Banque mondiale en partenariat avec l’Institut libérien de la statistique et des services d’information géographique et l’organisation Gallup. Début novembre 2014, pratiquement la moitié de la population en activité dans le pays au moment où la crise s’est déclenchée ne travaille plus.

« Même les habitants des villages les plus reculés du Libéria, où aucun cas d’Ebola n’a été diagnostiqué, subissent les retombées de cette terrible maladie, explique Ana Revenga, directrice principale du pôle Pauvreté du Groupe de la Banque mondiale. Les secours doivent porter non seulement sur les personnes directement touchées par le virus mais aussi sur les communautés les plus démunies dont l’accès aux marchés, la mobilité et la sécurité alimentaire ne cessent de se détériorer. »

Les travailleurs indépendants sont les plus durement frappés, notamment parce que les marchés sur lesquels ils opèrent habituellement sont fermés. L’emploi salarié connaît lui aussi une très forte érosion. Globalement, 36 % seulement des travailleurs indépendants hors secteur agricole et environ la moitié des salariés qui étaient en activité avant le déclenchement de l’épidémie sont toujours au travail. Après un recul initial, le secteur agricole est celui qui résiste le mieux à Ebola.

Les difficultés qui prévalaient avant la crise, notamment en matière de sécurité et de prix alimentaires, se sont aggravées, le Libéria ayant connu une flambée du prix du riz importé (de près de 40 % par rapport à la moyenne en octobre). Mais plus de 70 % des personnes interrogées pour l’enquête ont déclaré n’avoir de toute façon pas les moyens d’acheter à manger, indépendamment du prix des aliments. Plus de 90 % des répondants disaient redouter ne plus pouvoir nourrir leur famille. Avec l’arrivée des nouvelles récoltes, les prix sont retombés et devraient poursuivre sur cette tendance, mais leur niveau reste inquiétant.

« Ces enquêtes par téléphone portable réalisées fréquemment nous permettent d’avoir un contact direct avec la population libérienne et de suivre l’impact d’Ebola dans le temps. Avec la levée de l’état d’urgence, nous espérons que le pire est derrière nous et que la vague d’enquêtes de décembre permettra d’enregistrer une évolution positive, indique Kristen Himelein, économiste senior à la Banque mondiale et auteur du rapport. Notre objectif est aussi de repérer les groupes qui risquent d’être exclus du processus de redressement, afin de pouvoir cibler précisément les interventions. »

Les questions d’enquête, dont la gestion est assurée par les équipes de Gallup dans le Nebraska, couvrent un large éventail de thèmes, de la connaissance du virus Ebola aux migrations en passant par l’emploi, les prix et la sécurité alimentaire. Un premier rapport analyse les résultats des sondages effectués en octobre et en novembre, tandis qu’une troisième vague d’enquêtes prendra fin à la mi-décembre prochain.

La réponse du Groupe de la Banque mondiale face à la crise Ebola

Le Groupe de la Banque mondiale mobilise actuellement près d’un milliard de dollars à l’intention des pays les plus éprouvés par la crise Ebola. Cette somme comprend, d’une part, une enveloppe de plus de 500 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA), le fonds de la Banque mondiale pour les pays pauvres, destinée à la riposte d’urgence et au déploiement accéléré de personnels de santé étrangers dans ces pays et, d’autre part, un financement d’au moins 450 millions de dollars provenant de la Société financière internationale (IFC) et visant à soutenir le commerce extérieur, l’investissement et l’emploi en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone. Pour plus d’informations : www.worldbank.org/ebola

Cette enquête vient compléter une analyse publiée précédemment par le Groupe de la Banque mondiale, selon laquelle la poursuite de la flambée épidémique dans les trois pays les plus touchés et sa propagation aux pays voisins pourraient se traduire par des pertes économiques de l’ordre de 32,6 milliards de dollars d’ici à fin 2015 et porter ainsi un coup très dur à des États déjà fragiles.



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COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° :
2015/205/POVGP

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