COMMUNIQUÉS DE PRESSE

La Banque mondiale approuve un crédit de 1 milliard de dollars destiné à améliorer les conditions de vie des populations rurales et à stimuler l’économie rurale en Inde

05 juillet 2011




Le Projet national d’amélioration des moyens de subsistance en milieu rural financera également des investissements spécifiques dans 12 États représentant 85 % des pauvres vivant dans les zones rurales en Inde

WASHINGTON, 5 juillet 2011 - La Banque mondiale a approuvé aujourd’hui un crédit de 1 milliard de dollars pour le financement du Projet national d’amélioration des moyens de subsistance en milieu rural (NRLP), qui vise à renforcer la mise en œuvre d’une des plus vastes initiatives de réduction de la pauvreté au monde, la Mission nationale d’amélioration des moyens de subsistance en milieu rural lancée récemment par le gouvernement indien. L’objectif de cette initiative, financée à hauteur de 7,7 milliards de dollars environ, est de toucher 350 millions de personnes, soit près d’un quart de la population de l’Inde.

Promouvoir la participation et la transparence

Le projet permettra à la NRLM de créer un cadre institutionnel en mobilisant les pauvres des zones rurales, en particulier les femmes, au sein d’institutions locales robustes créées par elles-mêmes où, fortes du soutien du groupe, elles seront capables d’exercer un droit de regard et de demander des comptes aux prestataires de services d’éducation, de santé, de nutrition et de services financiers. S’inspirant des expériences déjà menées dans plusieurs États indiens, ce projet devrait favoriser la transformation sociale, confortant ainsi les efforts déployés par l’Inde en vue de réaliser les objectifs de développement pour le Millénaire (ODM) relatifs à la nutrition, à l’égalité hommes-femmes et à la réduction de la pauvreté.

« Le succès de la NRLM, qui devrait servir de base pour fédérer toutes les initiatives de réduction de la pauvreté dans un cadre unique, aidera l’Inde à marquer des progrès décisifs vers l’atteinte de certains de certains ODM clés dans un avenir proche », a déclaré M. Venu Rajamony, cosecrétaire au Département des Affaires économiques du ministère des Finances du gouvernement indien. « Les expériences passées dans la mise en œuvre de projets d’amélioration des moyens de subsistance ont démontré que de tels programmes ont permis d’accroître considérablement les possibilités pour les pauvres des zones rurales d’avoir accès à des services de meilleure qualité, que ce soit dans le domaine de l’éducation, de la santé ou des services financiers. L’appui de la Banque mondiale à ce projet est un exemple classique de reproduction par le pays, sur une échelle plus grande, d’expériences de portée limitée menées à titre expérimental au niveau local et au plan régional avec le soutien de la Banque mondiale, par le biais d’un vaste programme national bénéficiant d’une injection massive de ressources intérieures ».

Amplifier les succès déjà obtenus

Le Projet national d’amélioration des moyens de subsistance (NRLP) approuvé aujourd’hui permettra au programme d’étendre les succès enregistrés dans le cadre des initiatives passées visant à améliorer les moyens de subsistance aux autres régions du pays qui accusent un retard. Les projets de ce type financés par la Banque mondiale dans l’Andhra Pradesh, le Bihar, le Madhya Pradesh, le Rajasthan et le Tamil Nadu ont mobilisé quelques 35 millions de pauvres des zones rurales depuis 2000. Sous l’égide de la NRLM, le projet financera désormais de nouveaux investissements spécifiques dans 12 États abritant un grand nombre de pauvres, à savoir le Bihar, le Chhattisgarh, le Gujarat, le Jharkhand, le Karnataka, le Madhya Pradesh, le Maharashtra, l’Orissa, le Rajasthan, le Tamil Nadu, l’Uttar Pradesh et le Bengal occidental – où l’on recense le plus grand nombre de personnes vivant dans la pauvreté absolue et qui totalisent près de 85 % des pauvres des zones rurales en Inde.

Les projets d’amélioration des moyens de subsistance au niveau des États bénéficiant du soutien de la Banque dans plusieurs districts du Madhya Pradesh, du Bihar, de l’Andhra Pradesh et du Rajasthan démontrent que de tels projets ont jusqu’ici permis de mobiliser auprès des ménages une épargne supérieure à 1 milliard de dollars. Les groupes d’entraide ont des crédits d’un montant de près de 7,5 milliards de dollars auprès de banques commerciales et réalisé un chiffre d’affaires annuel de plus de 500 millions de dollars à travers la vente collective de produits agricoles et non agricoles.

« L’Inde rurale continuera de jouer un rôle important dans les décennies à venir et des programmes comme celui-ci aideront à construire le capital humain futur du pays qui réside dans ses villages », a déclaré M. Roberto Zagha, le directeur-pays de la Banque mondiale pour l’Inde. « Les projets menés par les États avec l’appui de Banque en vue d’améliorer les moyens de subsistance, qui ont touché plus de 35 millions de personnes, ont donné aux pauvres des zones rurales le sentiment d’être davantage les acteurs de leur propre destin, contribué à améliorer les services qui leur sont offerts et accru leurs moyens de subsistance. Par le biais du NRLP, la Banque mondiale soutient l’initiative du gouvernement indien en vue d’offrir des opportunités comparables à plus de 350 millions de personnes résidant dans les zones rurales ».

Le projet financera en particulier la création d’institutions regroupant les pauvres dans les États les plus pauvres de l’Inde. De nombreux investissements ont été réalisés, dont la création d’institutions populaires, à savoir des groupes d’entraide et la Fédération des groupes d’entraide par village, par grappe, par bloc et par district ; la promotion des groupes d’épargne collective et la promotion de la discipline financière ; l’investissement dans la formation aux mécanismes financiers et la planification des activités comme une tâche essentielle dans le processus de création des groupes d’entraide ; et la fourniture d’une aide aux groupes d’entraide pour leur permettre de faire face aux besoins de subsistance, notamment pour la satisfaction des besoins de consommation (tels que les urgences sanitaires, l’éducation des enfants) et pour l’exercice d’activités génératrices de revenu telles que l’achat de bétail, de semences, etc.

Étendre l’accès au financement et aux investissements privés dans les zones rurales de l’Inde

En encourageant l’épargne et une gestion financière prudente, de même que l’institution de mécanismes ayant pour rôle de dispenser des connaissances financières et des conseils en matière de crédit, les groupes d’entraide créeront l’espace pouvant permettre aux prestataires de services financiers, aussi bien les banques commerciales que les institutions de microfinance (IMF), d’offrir une gamme de services financiers abordables aux pauvres. Les programmes d’amélioration des moyens de subsistance actuellement proposés par les États ont permis d’ouvrir 1,5 million de comptes pour des groupes d’entraide et 4,5 millions de comptes d’épargne pour les pauvres dans des banques commerciales ; de créer 3000 bureaux d’assistance dans des banques commerciales afin de faciliter la fourniture de services bancaires aux clients pauvres et ont permis à 21 200 institutions communautaires d’exercer la fonction de « correspondants bancaires » au niveau des villages.

« La plupart des régions en retard, où seront concentrées les interventions du NRLP, se caractérisent par des services bancaires peu développés, notamment au regard de l’étendue du réseau des agences, un faible ratio crédit/dépôts et la réticence à prendre des risques lorsqu’il s’agit de financer les pauvres. Par conséquent, le partenariat avec les institutions financières formelles, y compris avec les IMF, élargira les possibilités d’accès au crédit offertes aux pauvres des zones rurales pour créer des micro- ou des nano-entreprises et se constituer des actifs, le NRLP contribuera à doter le secteur financier d’une clientèle responsable et de bonne qualité », a affirmé Parmesh Shah, chef d’équipe de projet et spécialiste principal du développement rural à la Banque mondiale.

Le projet s’inspirera des leçons retenues de certains des programmes d’amélioration des moyens de subsistance actuellement gérés par les États qui ont, par exemple, permis aux groupes d’entraide d’accéder à une épargne de plus de 1 milliard de dollars qui leur a permis d’investir un montant total de 9 milliards de dollars au cours des dix dernières années dans des microentreprises, petites entreprises et entreprises communautaires, favorisant ainsi l’expansion des marchés ruraux et incitant plusieurs entreprises privées et multinationales à s’associer à ces projets.

Développer les compétences professionnelles

L’aide fournie aux pauvres des zones rurales en vue de développer leurs compétences et leurs possibilités d’exercer un travail indépendant leur permettra de passer de la dépendance à l’égard des filets de sécurité à la constitution de leurs propres actifs productifs. Les groupements de producteurs dans les secteurs de l’agriculture, de la production laitière et le secteur non agricole seront mieux à même de moderniser les techniques utilisées afin d’améliorer la productivité et la qualité de leurs produits, d’accéder aux informations sur le marché, de développer les chaînes de valeur, d’inciter le secteur privé et les coopératives à entretenir des relations d’affaires avec eux et de négocier des conditions commerciales plus équitables pour la vente de leurs produits et services. Les grandes multinationales comme Hindustan Unilever se sont appuyées sur les réseaux de groupes d’entraide pour étendre leur rayonnement en milieu rural à 100 000 villages en Inde. Environ 500 000 jeunes issus de ménages pauvres ont été formés et placés dans des entreprises de premier plan comme Nokia, Hyundai, Samsung, HSBC, Group 4, More, Future Group, etc.

Le projet investira également dans un robuste Système d’information de gestion (SIG) qui aidera les Unités de gestion de la Mission pour l’amélioration des conditions de vie en milieu rural aux niveaux national et au niveau des États (les NMMU et les SMMU) à suivre les performances globales des groupes d’entraide et des fédérations en matière d’aide à la subsistance et sur le plan financier. Le projet mettra en place une architecture d’e-gouvernance pour le NRLM qui sera déployée jusqu’au niveau des villages grâce aux technologies de l’information et de la communication, notamment aux téléphones portables.

Ce crédit est accordé par l’Association internationale de développement (IDA), la filiale de prêts concessionnels de la Banque mondiale, aux conditions de l’IDA, pour une échéance de 25 ans assortie d’un différé d’amortissement de cinq ans.

Contacts médias
À Washington
Benjamin Crow
Téléphone : (202) 473-5105
Bcrow@worldbank.org


COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° :
2012/007/SR

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