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Les points marquants
- Des municipalités du sud de l’Albanie, notamment Berat, Gjirokastra, Përmet et Saranda, sont en plein essor économique grâce aux investissements soutenus par la Banque mondiale.
- Les mesures financées par les pouvoirs publics pour préserver les sites patrimoniaux et les infrastructures locales attirent les investissements privés, en particulier ceux des entrepreneurs des secteurs du tourisme et de l’hôtellerie.
- Ces investissements ont contribué à la création de milliers d’emplois, dont beaucoup sont occupés par des personnes souvent exclues du marché du travail, et ces nouvelles perspectives encouragent le retour au pays des expatriés.
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Villes anciennes, opportunités nouvelles
Pendant des années, les villes du sud de l’Albanie ont été marquées par une faible croissance et l’exode de leurs habitants, en particulier des jeunes allant chercher du travail ailleurs, alors même que l’attractivité touristique du pays progressait rapidement. Kristian Kondi, patron du restaurant Zonja Gjenë à Berat, se souvient : « Il y a dix ans, quand j’étais enfant, il n’y avait que deux ou trois magasins dans cette petite rue. Après 18 heures, c’était le calme plat, les lumières étaient éteintes et il n’y avait pas âme qui vive. »
Mais tout a changé, car les municipalités ont décidé de tirer parti de la richesse de leur histoire et de la beauté naturelle de la région, notamment des centres historiques inscrits à la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, des forteresses anciennes, une architecture de l’époque ottomane, des paysages côtiers pittoresques et bien plus encore. Dans le cadre du Projet de développement urbain et touristique intégré (PIUTD) (a), et en partenariat avec le gouvernement albanais, la Banque mondiale a aidé à restaurer des sites historiques, à améliorer les infrastructures environnantes et à développer les services touristiques, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives économiques et d’emplois aux habitants des villes de Berat, Gjirokastra, Përmet et Saranda et des alentours.
L’essor du tourisme dope la croissance locale et la création d’emplois
Le PIUTD était axé sur la restauration de 12 sites touristiques clés, tels que le bazar Qafa e Pazarit, la promenade de Saranda, ainsi que les citadelles de Berat, Borshi, Gjirokastra et Kanina, en les rendant plus accessibles. Près de 200 000 m² d’espace public ont été réaménagés, notamment par la réfection des rues pavées, le goudronnage des routes, la réhabilitation des esplanades et l’installation d’une signalétique, de trottoirs, d’éclairages, de nouveaux cheminements, de bancs, de rampes et de points d’information pour les visiteurs.
Le tourisme est aujourd’hui en plein essor. Selon l’Institut national de la statistique, l’Albanie a enregistré une augmentation de 82 % des arrivées de touristes en 2024 par rapport à 2019. Dans le sud du pays, les chiffres sont encore plus frappants : Berat a accueilli près de quatre fois plus de visiteurs au cours de la même période, et ils étaient six fois plus nombreux à Gjirokastra.
Cet afflux encouragé par les efforts des pouvoirs publics favorise la hausse des investissements privés. L’entrepreneuriat local est florissant, à l’image de familles qui transforment des maisons historiques en chambres d’hôtes. De nouvelles offres culinaires et culturelles sont proposées, et des sociétés investissent même dans de nouvelles infrastructures telles que des sentiers de randonnée et des pistes cyclables, des bus électriques, des bateaux de promenade et bientôt des tyroliennes. Toutes ces initiatives stimulent la croissance de secteurs comme le tourisme d’aventure et les loisirs de plein air. Depuis le lancement du PIUTD en 2019, le nombre d’entreprises associées au tourisme dans la zone soutenue par le projet a plus que doublé.
Cet écosystème grandissant de projets privés prolonge la saison touristique dans le sud de l’Albanie, diversifie les sources de revenus des habitants et transforme les sites patrimoniaux restaurés en centres économiques florissants. « Auparavant, les touristes ne venaient qu’en juillet et en août. Aujourd’hui, la saison touristique à Saranda dure toute l’année », souligne Rudina Liçaj, organisatrice de voyages de cette ville.
Toute cette activité économique a changé la donne sur le marché de l’emploi régional, en particulier dans des secteurs tels que l’hôtellerie, le tourisme et les transports. Fait important, cette croissance est inclusive : plus de la moitié des milliers de nouveaux emplois créés sont occupés par des personnes souvent exclues du marché du travail, en particulier les femmes, les jeunes et les personnes handicapées.
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Les nouveaux débouchés incitent au retour
[tweetquote:[tweetText=Les opportunités offertes par le développement du tourisme patrimonial en Albanie méridionale et les investissements du secteur privé qui en découlent ont également permis d’inverser le déclin démographique de la région, agissant comme un aimant qui incite au retour des expatriés.,tweetData=Banquemondiale,tweetHash=]] De plus en plus, ces derniers reviennent dans leur ville natale pour investir, innover et y faire leur vie. Kristi Magllara, qui est revenue à Saranda après avoir vécu quinze ans en Allemagne et en Autriche, gère aujourd’hui l’entreprise touristique de sa famille : « Sachant que le tourisme était en plein essor en Albanie, j’ai senti que c’était le bon moment pour rentrer chez moi, développer l’entreprise familiale et introduire de nouvelles propositions commerciales. »
« Je n’avais jamais imaginé revenir à Gjirokastra. Mais avec tous les investissements réalisés dans la ville, tant dans les infrastructures que dans tous les autres aspects de la vie, j’ai décidé de rentrer et d’investir toutes mes économies dans l’hôtellerie, dans la maison même où j’ai grandi », explique Hajdar Ceribashi, directeur de l’hôtel Aqueduct Inn de Gjirokastra.
Ce retour des expatriés revitalise les communautés et contribue à perpétuer le cycle d’investissement et de développement qui redynamise le sud de l’Albanie.
Un modèle de développement durable
Le PIUTD a pour vocation de préserver les atouts naturels et culturels de l’Albanie tout en stimulant la croissance économique. [tweetquote:[tweetText=De la restauration de la citadelle de Gjirokastra à l’investissement dans les infrastructures publiques, l’écotourisme et les services aux visiteurs, la durabilité est intégrée à tous les aspects du projet.,tweetData=Banquemondiale,tweetHash=]] Les autorités municipales ont acquis une expérience et des compétences précieuses, elles ont mis sur pied des unités touristiques pour garantir le développement et l’impact à long terme du secteur.
« Nous avons bâti et rénové plus que des routes, des places et des façades », affirme Ervin Ceca, maire par intérim de Berat. Nous avons créé un modèle de développement qui valorise la nature, la culture et notre population.
LIENS UTILES
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