COVID-19 : Comment le Groupe de la Banque mondiale aide-t-il les pays à faire face à la pandémie ? Suivez notre actualité

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ARTICLE 27 juillet 2020

Semer des graines pour la résilience face à la pandémie de COVID-19 en Haïti

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Jerrica St Vil au milieu de son champs de haricots noirs.


LES POINTS MARQUANTS

  • La pandémie de COVID-19 augmente le risque d'insécurité alimentaire en Haïti, en raison de facteurs externes tels que les marchés financiers, la diminution des transferts de fonds des migrants et la fermeture des frontières.
  • La pandémie de COVID-19 augmente le risque d'insécurité alimentaire en Haïti, en raison de facteurs externes tels que les marchés financiers, la diminution des transferts de fonds des migrants et la fermeture des frontières.
  • Le secteur agricole local est essentiel pour éviter une nouvelle insécurité alimentaire, mais les agriculteurs haïtiens sont confrontés à un certain nombre de défis pour maintenir ou augmenter leurs productions

Jerrica St Vil, agent de santé Communautaire, et Abelard Jérémie, pasteur, vivent tous deux dans des zones rurales de la Plaine du Sud d’Haïti, l’une des plus importantes régions de productions agricoles du pays. Bien qu'ils aient tous deux d'autres vocations au sein de la communauté, ils ont toujours compté sur l'agriculture comme principale source de revenus pour leurs familles.

L’insécurité alimentaire, l’autre crise

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, le risque d'insécurité alimentaire en Haïti est accru. Même avant la pandémie, près de 35% de la population haïtienne avait déjà besoin d'une aide alimentaire urgente (Source : Programme alimentaire mondial). Aujourd'hui, la pandémie menace d'aggraver cette situation, en raison de menaces extérieures telles que la volatilité des marchés financiers mondiaux, la diminution des transferts de fonds des migrants de l'étranger et la fermeture de la frontière avec la République dominicaine, qui limite l'accès à l'approvisionnement alimentaire.  

Bien que le secteur agricole local ne contribue qu'à 45% des besoins alimentaires d'Haïti, il est essentiel de maintenir la production pour éviter une nouvelle insécurité alimentaire. L'agriculture est également la principale source de revenus pour de nombreuses familles rurales. Jerrica et Abelard ont ressenti le besoin d'investir davantage dans la production agricole pendant cette crise, à la fois pour répondre à la demande croissante de nourriture dans le pays, mais aussi pour maintenir leurs propres moyens de subsistance pendant cette période difficile. Cependant, ils sont confrontés à des défis pour maintenir ou augmenter leurs productions, tels que le manque de semences et d'engrais de bonne qualité, ainsi que les ressources pour le labourage et l'irrigation des terres, l'assistance technique, entre autres.

Suite aux récentes crises financières et des périodes de troubles sociaux qu’a connu Haïti, ainsi que des revers tels que les sécheresses, les ressources financières de nombreux agriculteurs se sont épuisées. La plupart des agriculteurs ont peu de ressources pour les services et intrants agricoles ainsi qu'un accès limité aux marchés. La pandémie n'a fait qu'exacerber ce problème, avec une baisse des transferts de fonds et une hausse des prix, et un accès réduit aux intrants et services agricoles.

« Au cours des dernières saisons de plantation, nous avons enregistré une baisse de productivité, ce qui a par conséquent provoqué une baisse de nos revenus », a déclaré Abelard. Jerrica a ajouté : « En raison de la diminution de nos revenus, nous n'avons pas eu suffisamment d'économies pour soutenir la prochaine saison de culture. »

Augmenter la production alimentaire et les revenus des agriculteurs

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Pasteur Abelard Jeremie inspectant son champs de maïs
Pour réduire le risque d'insécurité alimentaire pendant la pandémie, la Banque mondiale a rapidement débloqué un financement de 9,5 millions de dollars US pour le secteur agricole haïtien, suite à un plan d'action préparé par les ministères de l'Agriculture et de l'Environnement. Ces fonds, mobilisés par le biais de la composante d'intervention d'urgence (CERC) du projet Territoires productifs résilients, a pour but de relancer la production agricole. En coordination avec d'autres bailleurs de fonds, un soutien sous forme de subventions, d'assistance technique et d'intrants aux exploitations agricoles est fourni pour les périodes de plantation de printemps et d'automne dans les départements du Sud et des Nippes. Ce soutien renforcera et améliorera la nutrition, la disponibilité alimentaire dans les zones urbaines et rurales, et la résilience des familles vulnérables.

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Champs de maïs après deux semaines de plantation
L'équipe de coordination, comprenant des représentants des ministères de l'Agriculture et de l'Environnement, a travaillé en étroite collaboration avec les partenaires locaux pour mener les évaluations des besoins, superviser la distribution des semences et fournir une assistance technique. L'équipe a également profité de l'occasion pour sensibiliser le public sur la pandémie de COVID-19 tout en rappelant les mesures de prévention pour éviter sa propagation parmi les agriculteurs.

« Notre communauté a accueilli ce projet avec joie. Ce soutien est important pour nous car les membres de toute la chaîne de production, y compris les agriculteurs, les travailleurs agricoles, les commerçants et les consommateurs en bénéficieront », a déclaré Abelard.

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Croissance des champs de maïs après quatre semaines 
Au total, 17 600 agriculteurs des départements des Nippes et du Sud bénéficieront d'une subvention. Des intrants et des services pour améliorer leur productivité, tels que des semences, notamment du maïs, des haricots, des boutures de patates douces, des légumes, des légumineuses, des engrais, du fumier et de l'humus sont fournis, ainsi qu'une assistance à la préparation des terres et un soutien technique pour ensemencer 11 500 hectares au cours des deux prochaines saisons de culture.

"J'ai reçu des semences de maïs et de haricots noirs. J'ai également reçu un soutien pour le labourage et de l'engrais. Aujourd'hui, mes plantes commencent déjà à pousser", a déclaré fièrement Jerrica.


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